#Rugby – Fed1 / A.Méron (Tarbes) : «Si on se qualifie pas, ça serait une déception!»

Nous avons rencontré Albain Méron quelques heures avant le choc face à Blagnac Rugby(défaite 7-27) , pour faire le point sur le début de saison du Stado TPR. Le capitaine des Ours Tarbais, blessé au plancher orbital en fin d’année 2019, était loin d’être résigné dans la course au Jean Prat et s’élance avec appétit dans la dernière ligne droite des phases régulières de fédérale 1. Coup de projecteur sur un des joueurs cadres du projet tarbais, qui au passage n’oublie de faire connaître sa réprobation envers certains comportements en tribunes.

 

Crédit photo Jean Luc Castells

 

Albain, 2020 repart pour toi sur les chapeaux de roues puisque tu avais été un privé de biscuit en fin d’année. Tu n’avais pas pu jouer le choc contre Albi à cause d’un problème au plancher orbital. Tout est résolu puisqu’on a vu que tu gambadais sur les prés ce week-end ? 

 

Oui, exactement. Je me suis fait une triple fracture du plancher orbital le 30 Novembre contre Pamiers. Depuis, je n’avais pas pu rejouer, il me fallait absolument 6 semaines sans contact. Donc, j’ai rejoué le week-end dernier à Saint-Sulpice et j’étais content de pouvoir être sur le terrain pour la réception de Blagnac. 

 

On imagine que contre Albi, qui était quand même un des chocs de cette poule 3, tu avais un peu rongé ton frein. Etre privé de biscuit juste avant le match, c’est rageant ? 

 

Bien sûr. Je pense que, quand on est un joueur de Fédérale 1 et qu’on a un peu d’ambition et qu’on aime un peu le beau rugby, j’étais forcément très, très déçu d’être privé de Tarbes/Albi. Parce qu’au final, avec le match reporté de Graulhet, je n’ai loupé qu’un seul match mais, pour moi, j’ai loupé le match le plus intéressant de la saison. Les blessures, on ne les contrôle pas, on ne les gère pas, elle est arrivée au mauvais moment mais on fait avec et puis la saison continue. 

 

Et il y aura un ultime match contre Albi qui aura lieu au Stadium Municipal qui aura des goûts de play-off. On sera à quelques semaines des play-offs, ce match va valoir son pesant d’or ? 

 

Oui, bien sûr. On sait ce qui nous attend sur notre dernier match de championnat. Ce sera Albi et ce sera très compliqué mais pour l’instant, c’est encore loin dans nos têtes. On va se concentrer sur les matchs qui arrivent à court terme et on se mettra en place correctement pour le choc à Albi. 

 

Comme tu le dis, entre maintenant et le match à Albi, il y a de l’eau qui coulera sûrement sous les ponts. On va déjà revenir sur le match du week-end dernier où vous êtes allé vous imposer à Saint-Sulpice-sur-Lèze, et en tant qu’Albigeois, on en sait quelque chose, ce n’est pas une mince affaire ?

 

Non, je pense qu’on était tous conscients en arrivant à Saint-Sulpice qu’on allait rencontrer une très belle équipe, vaillante et qui sait bien jouer au rugby. On avait calculé la mesure du match et ce qu’ils allaient nous proposer c’est à dire beaucoup d’agressivité et envoyer beaucoup, beaucoup de jeu, ce qu’ils savent vraiment bien faire. On savait à quoi s’attendre, je pense qu’on a répondu présent. Même si ça a été très compliqué, je pense qu’on a réussi à rester à quelques points d’eux au score une bonne partie du match et on n’a pas lâché le morceau. Mais c’était très compliqué face à cette belle équipe de Saint-Sulpice. 

 

Quand vous êtes passé devant après l’essai marqué à Saint-Sulpice, il paraît que, dans le stade, c’est devenu un peu incandescent ? 

 

Oui. Nous, on était un peu focus sur le match mais c’est vrai que, sur le terrain, c’était très correct alors qu’apparemment, sur les bordures, c’était un petit plus chaud et nous, les joueurs, on a pu s’en rendre compte au coup de sifflet final. C’est sûr que ce ne sont pas des choses qui nous réjouissent, ce n’est pas pour cela qu’on joue au rugby mais des personnes comme cela, il y en a dans beaucoup de stades et il faut faire avec. 

 

Ce sont des publics, on va dire, à l’ancienne, de la Fédérale 1 d’antan ? 

 

Oui, c’est ça. Là, on est dans la fédérale profonde quand on voit ce genre d’individu et ce genre d’action face aux équipes qui viennent chez eux. Si on pouvait le changer, on le ferait mais maintenant, aujourd’hui, c’est compliqué dans le rugby français amateur. Comme je vous le disais, il faut faire avec et il faut continuer à avancer malgré tout. 

 

Si on t’a sollicité, c’est aussi parce-que vendredi, il y avait match et un beau match. Parce-que, tu nous parlais du choc contre Albi mais le Tarbes/Blagnac qui se  joue vendredi sous les caméras de l’Equipe TV, c’est aussi un très, très beau choc (Entretien réalisé avant la rencontre). Surtout que vous avez une revanche à prendre puisque Blagnac était venu vous châtier ? 

 

Oui, on avait une revanche à prendre puisqu’au 3e match de championnat, on était allé perdre chez eux à Blagnac. Là, on les reçoit et évidemment que c’est un match très, très important pour nous les joueurs et pour l’ensemble du club. 

 

On sait que Tarbes, c’est souvent une très belle mêlée et vous ne dérogez pas à la règle cette saison. Le paradoxe c’est que, contre Blagnac, c’est un des matchs où vous étiez passé au travers en mêlée. Là, c’est un de vos objectifs à toi et à tes coéquipiers, de relever le gant comme on dit ?

 

Oui, c’est vrai qu’en début de saison, quand on les a rencontrés chez eux, on avait été dominé dans ce secteur de jeu. Maintenant, du temps a passé, nous, on a essayé de travailler sur nos erreurs, sur ce qui n’avait pas été. On verra demain si on a réussi à évoluer positivement sur le secteur de la mêlée ou non. 

 

Le fait que les suiveurs parlent toujours d’Albi et Blagnac comme potentiels qualifiés ou qualifiables en Jean-Prat et qu’on oublie souvent Tarbes, c’est un levier de motivation pour vous ? Parce-que, vous le prouvez tous les week-ends sur le terrain, il ne faut pas oublier Tarbes ? 

 

Les gens pensent et disent ce qu’ils veulent, nous, je crois qu’on ne regarde pas trop et qu’on n’écoute pas trop ce qui se passe autour de nous. On se concentre surtout sur les joueurs, sur l’équipe et on essaie de s’améliorer de week-end en week-end avec les erreurs que l’on a faites le week-end précédent, de faire notre bonhomme de chemin. On essaie de donner la meilleure copie possible chaque week-end et on verra où ça nous mène mais, on n’est pas trop dans un objectif de voir à plus long terme et d’écouter un peu ce qu’il se passe sinon on ne s’en sort pas. 

 

Honnêtement, en début de saison, c’était un peu  » qui vivra verra  » parce qu’on sait qu’il y avait eu un été compliqué. Du Manoir ou Jean-Prat, vous ne vous étiez pas trop positionné sur les objectifs. Maintenant qu’on arrive au cœur de la saison 2019-2020, si au bout du bout il n’y avait pas la qualification en Jean-Prat, il y aurait quand même un petit goût d’amertume parce-que vous êtes en train de faire le taf pour rester collés dans le peloton de tête ? 

 

Oui, bien sûr. On sait qu’on est une équipe jeune, peut-être en manque d’expérience, mais on a de très bons joueurs dans notre équipe. Et c’est sûr que, si on n’arrivait pas à se qualifier dans les deux premiers, ça serait malgré tout une déception même si rien ne serait fini et que derrière, il y a encore les phases finales en Yves-du-Manoir. Mais, comme je le disais, on va donner le meilleur de nous-mêmes à chaque match jusqu’au dernier match du championnat et on verra en fonction de notre classement ce qu’on peut espérer pour les phases finales. 

 

On sait que tu es un grand passionné de rugby. J’imagine que tu regardes un peu ce qu’il se passe et ce qui se fait à côté dans les autres poules, en poule 1, 2 et 4. Quelles sont les équipes qui, pour toi, sortent maintenant du lot et quelles sont les équipes qui t’ont un peu, voire grandement surpris ? 

 

Je pense que les leaders nationaux, les équipes qui peuvent le plus prétendre à la montée vont être Bourg-en-Bresse et Albi. Derrière ces deux équipes-là, il y a toutes les équipes qu’on connaît et qu’on entend, il y a Blagnac, il y a Dijon, Massy … Il y a pas mal de clubs qui ont de très bonnes équipes, je pense aussi au Stade Niçois, Narbonne peut-être un petit plus en difficulté malgré qu’ils aient une belle équipe mais c’est sûr qu’il y a quand même pas mal de belles équipes qui peuvent prétendre jouer l’accession en Pro D2. Maintenant, la vérité, c’est le terrain et on verra déjà à la fin de la phase régulière ce qu’il en est. 

 

Et une équipe comme Saint-Jean-de-Luz qui, avec très peu de moyens, arrive à faire des miracles ? Toi qui a connu le professionnalisme, quand tu vois que tous ces joueurs sont amateurs ou semi-pros, ça ne te met pas quand même des étoiles dans les yeux de voir ce qu’ils sont capables de faire avec peu de moyens ? 

 

Si, si, bien sûr. Moi, je considère que c’est énorme ce que font des équipes comme Saint-Jean-de Luz. C’est vrai que l’année dernière, ils étaient dans les deux premiers en début de championnat et tout le monde disait qu’à un moment, ils allaient se casser la figure parce qu’ils n’ont pas l’effectif ni le nombre d’entraînements pour ça. Au final, ils sont restés en haut et cette année, ils confirment qu’ils sont encore une équipe importante de la Fédérale 1. Donc, c’est certain qu’il y a de belles petites équipes qui sont encore amateurs mais qui prouvent que le rugby se joue en équipe et avec de l’envie et des valeurs. Et ça, c’est important. 

 

Pour conclure, on va finir avec la sempiternelle question. Pour toi, quelle va être la clé du match, de ce choc entre Tarbes et Blagnac dans votre antre ? 

 

Je crois que ça va être deux équipes qui savent à peu près jouer au rugby et qui savent mettre en place leur plan de jeu assez facilement. Maintenant, là où peut se faire la différence, c’est déjà d’une part sur l’envie et sur l’engagement. L’équipe qui ne sera pas présente là-dedans laissera l’autre équipe gagner sans problème. Ensuite, ça va être des détails, à l’image un peu du match contre Albi il y a quelques semaines où on avait peut-être fait un petit peu trop de scories, rendu un peu trop de ballons. Albi, eux, avaient été un peu plus propre là-dessus et voilà, les matchs comme cela se jouent sur pas grand-chose. En plus de ça, le temps ne devrait pas être très favorable, il devrait pleuvoir. 

 Propos recueillis par Loïc Colombié

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