#Rugby – Fed1 / B.Bagate (CAP) : «Je suis un privilégié de vivre de ma passion!»

Nous sommes allés faire un petit bilan avec Benjamin Bagate sur la première moitié de saison du CA Perigueux , un bastion de l’ovalie qui tend à retrouver son lustre. Mais l’ancien coach du SC Albi et de Chambéry n’en oublie pas d’évoquer les situations diverses de ses ex joueurs (Villanove, Peluchon ,Lacroix, Rey ou encore Marchini) , avec lesquels, il a vécu des aventures humaines et sportives hors du commun. Fier du parcours des uns , inquiet pour la santé et la poursuite de leur carrière pour d’autres, quoiqu’il advienne « Benben » garde un côté « papa poule » avec ceux qui resteront dans son cœur comme ses « petits poulains ». Actuellement en train de monter un projet sur les skills à destination des écoles de rugby , Benjamin Bagate a pris son bâton de pèlerin, pour faire sienne, la devise de son grand père :  » le rugby, ça doit rester l’art de bien passer sa jeunesse « .

 

Crédit photo Dordogne Libre

 

Benjamin, nous avons eu Yohann Villanove , un de tes anciens poulain chambérien dans, nos colonnes qui ne tarissaient pas d’éloges sur ta personne. Ce petit Yohann, il a de la mémoire, il est fidèle. Si les cochons ne le mangent pas, on en fera quelque chose ? 

 

Oui, il fait partie de ces joueurs qui ont du talent. Ce sont vraiment des vrais joueurs de rugby c’est à dire que Yohann a cette très grosse qualité qui est de bien faire jouer les autres. Et quand on est demi d’ouverture aujourd’hui, c’est une grosse qualité. En plus de ça, il a un pied qui est très précis et notamment sur les tirs au but. Il est long aussi et c’est quelqu’un qui se remet beaucoup en question. En en plus, c’est un garçon qui, dans un groupe, tire tout le monde vers le haut. Au-delà du joueur, c’est quelqu’un de bien. C’est vrai qu’on garde de bons rapports et tu sais très bien que, si je fais ce métier là et si j’ai la chance de vivre ma passion, c’est pour des rencontres comme la sienne. 

 

On va dire qu’à Chambéry, tu as eu des joies et quelques peines mais Yohann fait partie des joies et des belles personnes que tu as rencontrées ? 

 

Oui, partout de toute façon. Yohann fait partie de ceux dont j’aime bien dire que j’ai de l’affection pour eux. Mais ça ne m’a pas empêché d’être dur avec eux quand je les avais comme joueurs mais j’aime bien ce rapport. 

 

Ah oui, tu es un peu Père Fouettard comme entraîneur ? 

 

Non, je ne suis pas Père Fouettard, j’essaie d’être le plus juste possible avec mes défauts et mes qualités. Parfois, ça peut être un peu colérique, parfois, ça peut être un management bienveillant. Je le fais un peu à l’instinct, à l’instar de ce que j’ai pu un peu faire avec Gabriel Lacroix ou Mathieu Peluchon ou Vincent Farré ou Morgan Marchini. Ce sont des gens avec qui je garde toujours contact mais à Chambéry aussi. Il y a Jérôme Rey qui aujourd’hui est à Grenoble, Paul Delmas qui est à Narbonne, ? qui est à Carcassonne. Ce sont aussi des belles personnes et je suis content de leur réussite. 

 

Mathieu Peluchon et Gaby Lacroix, on va quand même leur passer un salut affectueux puisque les deux sont dans le dur. Gaby pour une blessure, Mathieu aussi pour une blessure qui risque de mettre entre parenthèses sa carrière ou voire la faire se terminer brutalement. Toi qui travaille sur les skills, on entendait Yohann en parler, quand tu vois des joueurs comme Mathieu Peluchon qui subissent nombre de commotions cérébrales, ça te donne encore plus le peps et l’envie de travailler dans ce sens-là pour former les jeunes ? 

 

Oui parce-que ce n’est pas possible aujourd’hui que Mathieu, que j’ai régulièrement, ne soit pas bien. Il a encore eu des maux de tête aujourd’hui et ça fait un petit moment que ça dure. Aujourd’hui, c’est un sport, on doit y prendre du plaisir. J’aime beaucoup la phrase que disait mon grand-père  » le rugby, ça doit rester l’art de bien passer sa jeunesse  » et aujourd’hui, force est de constater qu’il y a des ratés. Gabriel, lui, a eu la jambe broyée. Il est venu me voir à Périgueux il n’y a pas longtemps. Lui pense à sa reconversion, il est dans le dur et quelque part, ce rugby que l’on veut destructeur et où il n’y a que l’aspect physique, ça devient un peu dérangeant. Parce-que des Gabriel Lacroix comme des Chelsin Kolbe, des Sofiane Guitoune, on en a besoin parce qu’encore une fois, notre sport n’est pas fait que pour les grands, les costauds et les puissants. 

 

Totalement. On va quand même te demander de nous parler de ton aventure à Périgueux avec un mythe du rugby, Jacques Delmas. Pour l’instant, c’est une affaire qui roule ? 

 

Oui, pour l’instant, on est premiers. On a toujours Limoges qui nous talonne à deux points. On a eu la chance d’aller gagner chez eux un match important en Novembre. On a perdu un match à ? dans des conditions un peu particulières. Il pleuvait mais pour les deux équipes, on est passé un peu à côté. Ce qu’il y a d’intéressant et surtout la vérité d’aujourd’hui ne sera peut-être pas celle du printemps mais, ce qu’il y a d’intéressant, c’est qu’on progresse. Et, j’ai la faiblesse de penser que les joueurs prennent du plaisir. Ne nous croyons pas trop vite arriver parce qu’encore une fois, ce qui va compter, ça va être au printemps. Mais continuons à bosser et on aura un avenir j’espère réjouissant au printemps. 

 

La Fédérale 1 est un objectif pour cette saison ? Et, si d’aventure vous y arrivez, est-ce que vous avez les reins solides et la structuration pour ? 

 

Oui, effectivement, la Fédérale 1 est un objectif. Après, encore une fois, si on peut y arriver cette année, tant mieux. C’est un objectif, on ne se cache pas derrière des mots, si on peut, oui, on va accéder à la Fédérale 1. Mais on sait que ça va être difficile, on sait qu’on va croiser avec une poule où il y a notamment Langon et Fleurac, des équipes qui sont déjà prêtes pour la Fédérale 1. Nous, le président est en train de tout mettre en place au niveau des structures pour que ce soit possible, il est en train de travailler. Financièrement, il est présent et heureusement, il a sauvé le club. Tout est réuni pour qu’on y arrive, maintenant encore une fois, la vérité est celle du rectangle vert et ça se jouera, on l’espère, en confrontation aller/retour en 8es de finale. Ca voudra dire qu’on a passé les 16es. Ah, et pendant que je te tiens, j’ai ouï dire au travers de certains articles que vous étiez (RadioAlbiges / Le #MagSport) un peu mis en difficulté par certaines personnes qui n’ont de cesse que de vous critiquer (Par le biais d’un groupuscule non officiel organisant une campagne de déstabilisation avec la complaisance ou la connivence de certains médias locaux.) . Donc, tu sais que moi, je dis ce que je pense et je voulais dire ici et t’apporter tout mon soutien parce-que je crois que tu fais beaucoup pour le sport et notamment dans la région albigeoise. Tu es quelqu’un de bien et je sais que tu en souffres. Permets moi juste de te donner mon soutien et tu sais, il n’y a que ceux qui ne font rien qui n’attirent pas les critiques. Je sais de quoi je parle donc continue à être critiqué, ça veut dire que tu es bon et que vous êtes bons. 

 

Merci. Ca fait chaud au cœur un soutien de Benben dans les rucks dans ces moments. Ca me fait chaud au cœur et à moi et à toute l’équipe du Mag Sport et bien sûr à la direction de Radio Albigès. Comme tu le dis, il y a des empêcheurs de tourner en rond mais on fait fi de l’adversité et on trace le cap. Je vais finir avec ma dernière question : au bout de 6 mois à Périgueux, tu pourrais nous dresser un petit bilan personnel ? 

 

Tu sais moi, j’ai toujours pensé que j’étais un privilégié de pouvoir vivre de ma passion. Je remercie encore Jacques Delmas de m’avoir fait confiance parce-que c’est un privilège de travailler avec quelqu’un qui a un palmarès comme ça. Je remercie aussi les joueurs parce-que sincèrement, sans eux, on a beau dire, on a beau faire, ce sont eux qui décident le dimanche. Je me régale d’être au milieu des joueurs quelque soit le niveau et surtout, je me régale d’autant plus cette année que j’ai vraiment l’impression que ça porte et qu’on progresse, encore une fois. Après, ma vie est toujours sympa avec mes enfants, ils se sont bien adaptés à la région, ils ont la chance d’avoir leurs grands-parents du côté de mon épouse qui sont sur Saint-Thiriet-la-Perche, juste à côté. C’est aussi un retour pour moi puisque j’avais joué dans ce club en Top 16 à l’époque. J’ai revu des vieilles gloires du club avec qui j’avais joué. Je suis un privilégié, pourvu que ça dure et surtout, que le CAP arrive à retrouver le rang qui est le sien. 

 

 

 Propos recueillis par Loïc Colombié

 

 

 

 

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