#Rugby – Fed1 / A.Potente (Lavaur) : «Ce sera vraiment au courage! »

Nous sommes allés à la rencontre d’Anthony Potente, l’ex capitaine de l’ASV Lavaur qui sera notre consultant pour la retransmission en direct du derby Tarnais face à Albi. L’ex joueur de Provence Rugby (ProD2) nous a éclairé sur sa vision du match et les ingrédients que ses ex coéquipiers devront mettre pour faire trébucher l’ogre Albigeois. Focus sur un jeune retraité du rugby qui garde un œil attentif sur la fédérale 1.

 

 

Anthony, on va te poser la sempiternelle question qu’on pose aux anciens : que deviens-tu ? Joues-tu encore au rugby et, j’imagine que tu as versé vers une reconversion qui était déjà entamée bien avant ? 

 

Oui, c’est ça. Au niveau rugbystique, j’ai tout coupé cette année. J’avais besoin de faire une petite coupure, du moins, on va voir cette année, de profiter aussi de ma famille et de mon nouveau travail. Donc, c’est aussi pour cela que j’ai fait cechoix-là cette année même si je suis encore jeune (rires). 

 

L’année dernière, tu étais reparti dans le rugby de série si je me souviens bien ? 

 

Oui, j’étais parti à Revel en Fédérale 3 faire une année qui était plutôt sympa et qui s’est très bien passée. On était à deux doigts de monter et puis, il y a eu des problèmes administratifs. Du coup, j’ai fait une reconversion dans le monde de la cuisine et je suis chez Aviva Cuisine qui d’ailleurs est partenaire du Sporting Club Albigeois. 

 

Le monde est petit

 

C’est ça (rires). Je suis à la vente et sur la partie technique donc c’était un gros changement pour moi car avant, j’étais plombier ce qui n’avait rien à voir. Mais, je suis très content. 

 

L’avantage aussi d’avoir versé dans le rugby fédéral version amateur/semi-pro, c’est que pour des joueurs comme toi, tu as un peu plus le temps de préparer la reconversion, glisserpas à pas pour qu’il n’y ait pas  » la petite mort  » du sportif comme on l’appelle ? 

 

Oui, c’est ça. Moi, j’avais eu un parcours un peu différent puisque j’ai toujours bossé en tant que plombier avant d’arriver pro. J’avais déjà mon boulot qui était bien ancré et c’est pour ça qu’à mon retour de Pro D2, j’ai eu l’occasion de faire une formation pendant un an et je l’ai fait. J’en suis très content aujourd’hui mais c’est sûr qu’on a souvent le cas des rugbymen pro qui délaissent un peu le côté après-rugby et se retrouvent souvent au pied du mur au dernier moment. 

 

Toi, tu es parti de Lavaur en apothéose, avec un titre de champion de France. Il faut quand même le souligner, vous êtes le dernier club tarnais à avoir été champion de France puisque vous l’avez été quelques semaines après le CO donc, c’est Lavaur qui tient la corde sur ce coup-là. Depuis que tu es parti, de l’eau a coulé sous les ponts, il y a eu une fin de cycle l’année dernière avec Mathieu Bonello et cette année, il y a un nouveau cycle qui repart. J’imagine que tu as un œil averti sur ce qui se passe à Lavaur. Comment tu vois les choses ? 

 

Sur deux ans, Mathieu a apporté sa façon à lui d’entraîner qui était plus dans un aspect qu’il avait connu, un aspect plus professionnel. Aujourd’hui, on a Nicolas Hallinger que je connais très bien et que je remercie encore tous les jours parce-que c’est un peu grâce à lui que j’en suis arrivé là où je suis arrivé et qui est totalement différent, surtout je pense sur l’aspect humain. Il a des valeurs que j’admire, il est plutôt franc, il sait parler à ses gars, il est plutôt fédérateur, ce que j’avais vraiment apprécié avec lui. 

 

En revenant à Lavaur, Nicolas Hallinger ne s’est pas facilité la tâche parce-que c’est un nouveau cycle qui commence, il faut que la mayonnaise prenne comme on dit souvent dans le jargon rugbystique. C’est quand même un beau défi et même un gros défi ? 

 

Oui, c’est un beau défi parce qu’en plus, c’est une personne qui est partie du club pendant quelques années, qui avait un peu tout laissé de côté même s’il avait toujours un œil sur le club. C’est sûr qu’il reprend un cycle avec, je pense, pas mal de départs, il y a pas mal d’anciens qui sont partis. Il reprend un groupe peut-être un peu plus jeune avec un peu moins de profondeur d’effectif donc, c’est sûr que c’est un beau challenge surtout quand on voit les poules avec des armadas comme Albi ou autres. 

 

En deux ans, malheureusement pour Lavaur et comme on le disait, les choses ont évolué. Il y a deux ans, vous jouiez les play-offs pour aller chercher un titre de champion de France en Fédérale 1. Entre-temps, la Fédérale 1 a été grandement chamboulée. L’année dernière, vous avez joué le milieu du tableau pour aller faire en petit tour en play-off de Du Manoir. Ca ne s’est pas joué à grand-chose face à Nice, je pense qu’à un détail près, ça pouvait tourner dans l’autre sens. Par contre cette année, on voit que Lavaur est en train de jouer le maintien face à d’autres grands clubs comme Graulhet, Bagnères, Oloron, des clubs qui parlent quand même quand on connaît le rugby. Qu’est-ce que tu en penses de tous ces clubs qui ont tenu le haut du pavé dans l’ancienne Fédérale 1 et qui, maintenant, galèrent et sortent un peu les rames ? 

 

Moi, ce que j’en pense, c’est difficile, c’est difficile pour ces clubs. Je pense qu’à un moment donné, pour un club de rugby, il faut prendre des risques, il faut créer un tournant, il faut savoir le faire mais en se disant aussi  » est-ce qu’on ne va pas faire n’importe quoi ? « . C’est toujours dur de se comparer à des grosses structures, surtout sur les moyens financiers, sur les infrastructures du club, sur les personnes qui constituent l’effectif et qui bien souvent travaillent. C’est toujours compliqué aujourd’hui de dire à un joueur  » écoutez, on va vous mettre pro mais pour une misère niveau salaire « . Ce n’est pas faisable et pour moi, c’est là que c’est entre les deux et ce sera toujours le problème de la Fédérale 1. Et ce même s’ils font une poule Elite comme ils ont déjà eu fait où on se rend finalement compte que les clubs n’ont pas les finances pour monter. Donc, c’est toujours difficile de rivaliser avec ces clubs-là, c’est sûr. Après, en tant que sportif, c’est aussi sympa de jouer contre des équipes du style Albi, Bourgoin, Bourg-en-Bresse, Mass, des grandes structures, des clubs qui sont aujourd’hui sur le haut du tableau. 

 

Il y a un sujet qui m’intéresse dans ce que tu viens d’aborder, c’est un peu le professionnalisme au rabais. On sait qu’il y a des équipes de Fédérale 1 qui ont penché vers ça, qui n’ont pas de gros moyens mais qui ont penché vers le professionnalisme, un professionnalisme entre 1 000 et 1 300€ par mois. Tu penses que ce n’est pas une bonne solution ? 

 

Je ne dis pas que c’est une bonne ou une mauvaise solution. Les solutions, à un moment donné, il faut les créer, trouver des solutions pour que le club évolue. Après, je parle en connaissance de cause sur Lavaur. Pour moi, c’est impossible que le club, un jour, arrive à des structures pros parce qu’il y a déjà une base qui est compliquée au niveau des appartements, des jobs trouvés aux gars s’il y en a qui viennent ou à leur épouses. C’est tout l’ensemble. Je parle en connaissance de cause sur Lavaur, c’est un club qui a beaucoup de petits partenariats, de petits partenaires, on n’a pas un gros actionnaire majoritaire à part Pierre Fabre mais qui, on le sait depuis des années, baisse considérablement. Donc, c’est là où après, c’est compliqué. A part avoir quelqu’un qui vient et qui vraiment met des ronds sur la table, qui dit  » moi, j’investis et dans trois ans, on arrive à avoir une structure pro « . Hormis ça, je pense que la plupart des clubs, si ça ne monte pas ou que ça n’évolue pas d’ici un ou deux ans, les personnes en gros qui ont investi ne resteront pas, c’est sûr et certain. 

 

De ton époque pas trop lointaine, parce qu’on ne va quand même pas te vieillir plus que tu ne l’es, il reste quand même quelques soldats de la grande aventure de 2018. Comment vivent-ils maintenant ce changement de cap ? J’imagine que les Baptiste Hecker et compagnie, tu les as encore au téléphone ? 

 

Oui, on s’appelle souvent, on a toujours un groupe sur les réseaux où on s’écrit assez régulièrement. Comment ils le vivent ? Je pense que c’est dans la continuité dans ce qu’on fait depuis quelques années. Après, c’est sûr qu’au niveau résultats, il y a peut-être un peu moins de résultats cette année. Je fais entièrement confiance à Nicolas Hallinger et je sais que ce sera peut-être un peu plus long que ce qu’il imaginait mais je pense qu’il arrivera à faire ce qu’il veut faire. 

 

Demain, il y a quand même un match qui est importantissime. Un derby qui est aussi important pour Lavaur, parce qu’il faut aller essayer d’accrocher des points au maintien. On voit que pendant cette journée, il va y avoir d’autres matchs où des équipes qui jouent le maintien vont s’affronter. Je pense à Graulhet et à Oloron. Il n’y a pas possibilité de faire l’impasse sur ce match ? On a vu des équipes faire l’impasse sur des matchs face à Albi, Cognac ou Blagnac pour se concentrer sur les matchs du maintien. Là, il y a tellement besoin de points qu’il va falloir tout donner demain au Clauzades 

 

De toute façon, on le sait tous, quand on joue le maintien, si on perd nos matchs à la maison, c’est déjà compliqué et à l’extérieur, c’est encore plus compliqué. Des matchs comme Albi, je pense que ce sont des matchs qu’on peut gagner une fois sur 10 au mental, en jouant vraiment avec les tripes et en essayant de les faire déjouer ou autres. Si on rivalise contre une équipe comme ça rugbystiquement, c’est compliqué, je pense que ce sont vraiment de grosses armadas. On le voit, on voit potentiel d’Albi, je suis allé les voir deux, trois fois cette année, il est sûr qu’on n’est pas sur la même catégorie en termes d’intensité physique, en termes de volume de jeu et puis, tous les joueurs qu’ils ont et qui ont envie de remonter très, très vite en Pro D2. 

 

On le sait, l’année dernière, Albi avait trébuché en Janvier à Nafarroa et à Oloron. Vous auriez pu faire une petite cure au Pays Basque côté vauréen pour aller un peu vous imprégner des valeurs et des recettes qui ont fait trébucher le Sporting Club Albigeois dans les bourbiers hivernaux ? 

 

Moi, j’étais allé les voir contre Saint-Sulpice. C’est ce genre de match-là qui peut faire sortir Albi de son roulement. Mais c’est sûr que, pour moi, ce sera vraiment au courage, il n’y a pas d’autre mot. 

 

Du cœur et du courage à Lavaur, il n’en manque pas ? 

 

Non, je ne pense pas, ça devrait aller (rires). 

 

Question bonus, humour. On t’a lancé une invitation pour venir commenter ce match et ce derby en direct, à la radio entre Lavaur et Albi. Tu as préparé les bonbons au miel et tu t’es fait chauffer la voix ? 

 

(rires). Alors là, on va voir, ça va être la surprise, ça va être un peu la découverte. Mais vous allez m’aider de toute façon, il n’y aura pas de problème. 

 

Tu seras comme un talon, au chaud entre un pilier gauche et un pilier droit. 

 

Ca va alors, on ne sera pas perdu (rires). 

 

Anthony, on te donne rendez-vous tout à l’heure sur nos ondes et aux Clauzades pour vivre ce derby du Tarn, en espérant que cela soit un beau match de rugby tarnais. 

 

Ça marche, pas de soucis

 

 Propos recueillis par Loïc Colombié

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