#Rugby – Fed1 / J.Wanin (Albi) : «On va aller là-bas en toute humilité!»

Retrouvez la conférence de presse d’Arnaud Méla et Jérémy Wanin en amont du derby ASV Lavaur / SC Albi

Arnaud, pour poursuivre cette seconde partie de saison 2019-2020 de Fédérale 1, un petit derby tarnais, l’avant-dernier de la saison. Ce n’est peut-être pas le meilleur moment pour aller à Lavaur parce qu’ils sont un peu coincés dans le trafic de fond de classement. Ils vont avoir un gros objectif ce dimanche, celui d’essayer de faire trébucher le Sporting Club Albigeois ? 

 

AM : C’est sûr. De toute façon, les derbys, que ce soit maintenant, demain ou dans trois mois, ce n’est jamais facile à jouer. C’est une équipe qui n’a pas joué son meilleur rugby depuis deux mois mais je sais très bien que dimanche, ils vont jouer ce meilleur rugby-là. Nous, on le sait aussi, on se prépare à ça. On va également essayer de faire une grosse prestation pour pouvoir prétendre prendre des points là-bas. L’état d’esprit de l’équipe a été bon cette semaine, les joueurs savent très bien que ça va être dur, que ça va être une guerre des tranchées. Je pense qu’on a pas mal d’anciens albigeois à Lavaur donc, il va y avoir des joueurs très remontés. On l’a vu l’an dernier, ce n’était quand même pas simple. Et puis, il va aussi y avoir ce match de l’an dernier qu’ils auront en travers de la gorge donc voilà, on va se préparer à relever ce défi. 

 

Le mot  » discipline  » est revenu parce-que, samedi soir, tu nous a beaucoup parlé de discipline. Est-ce que dans ton discours de préparation de la semaine, la discipline a été au cœur de vos préoccupations à toi et à Jérémy ? 

 

AM : A chaud, je m’étais un peu trompé parce-que finalement, on a eu 11 pénalités contre nous. On les a eues dans une période assez serrée, elles sont arrivées les unes après les autres. C’est vrai que 11, c’est bien, on peut faire mieux. En-dessus de 10, c’est très bien, proche de 7 ou 8, c’est très, très bien. Donc, il est sûr que ce sera une des clés du match. La discipline est la clé de beaucoup de gains de matchs, il faudra qu’on appuie là-dessus. Et puis, jouer à 15, c’est toujours plus facile qu’à 14. 

 

L’objectif, c’est de faire un ? à la discipline à Lavaur ? 

 

AM : On va essayer, on verra bien comment ça se passe. Tant que tu as le ballon, tant que tu maîtrises les débats, c’est bien facile à discipliner. On l’a vu contre Oloron, les deux périodes un peu creuses qu’on a eues et en première et en seconde mi-temps, c’est là où l’on prend les pénalités. Donc, maîtriser le jeu et le ballon, c’est plus facile. 

 

L’année dernière aux Clauzades, la mêlée albigeoise avait un peu couiné à certains moments. Ça va aussi être un défi à relever ? 

 

AM : Oui, c’est une bonne conquête. Ils ont un axe gauche qui est costaud, il faut qu’on soit prêt à relever ce défi-là aussi. On a travaillé la mêlée cette semaine, on va essayer d’engager ce bras de fer et de le gagner parce-que l’an dernier, c’est vrai que ça avait été un secteur où on avait du mal à finir le match. 

 

Vous avez pas mal joué dans les couloirs samedi soir, c’était quelque chose que vous appeliez de vos vœux tous les deux. Est-ce qu’on va perdurer dans ce sens-là ou est-ce qu’on va mettre encore plus d’alternance pour créer de l’incertitude ? 

 

AM : On va voir. Il faut bien sûr s’adapter à l’adversaire, il faut essayer de jouer à l’endroit qui est le plus faible en face. Le jeu de couloir est un jeu plutôt aéré, tant que le ballon est plus ou moins sec ou bon, c’est plus facile d’y aller. Ce week-end, ça devrait encore être le cas. Si c’est ouvert sur le milieu de terrain parce qu’ils nous ferment un peu les couloirs au lieu du milieu de terrain, on essaiera de passer par le milieu. Mais la volonté en tous cas est bien sûr d’aérer le jeu, d’essayer d’aller chercher le bord du touche pour pouvoir jouer au rugby. Donc, c’est une volonté mais ce n’est pas spécialement mis en place pour Oloron. Ca a déjà été fait parce qu’on jouait des équipes très serrées en défense. Ce n’était pas le cas d’Oloron mais c’est vrai qu’aérer le jeu est toujours plus agréable à regarder. 

 

Jérémy, on imagine que tu as analysé le jeu des arrières vauréens. Tu peux nous parler un peu de ce jeu de 3/4 vauréen 

 

JW : Oui, le jeu des arrières et le jeu de l’équipe de Lavaur en général, on a un peu regardé des images. C’est une équipe qui a une bonne conquête comme disait Arnaud, en particulier la mêlée. C’est une équipe qui, quand elle arrive à avoir des ballons qui sortent vite, comme beaucoup d’équipes, est capable de mettre beaucoup de vitesse derrière, d’enchaîner le jeu à condition d’avoir des sorties de ballons qui soient rapides. C’est aussi une équipe qui a quelques individualités qui permettent à l’équipe d’avancer, comme dans de nombreuses équipes. Mais les anciens joueurs qui ont joué à bon niveau, je pense à Baptiste Hecker derrière, je pense aussi au fils Hallinger qui joue au centre donc, ça fait deux centres qui sont de qualité. Ils ont de la vitesse sur le trio arrière/ailiers et un 9 qui arrive à bien distribuer le ballon. Ils sont aussi capables de tenir de longues séquences de jeu. Du moment qu’ils ont de la vitesse dans la sortie de ballons, c’est une équipe qui arrive à jouer un bon rugby. Ils sont un peu en difficulté mais on sent qu’ils apprécient de jouer ensemble et qu’ils arrivent à faire ensemble des choses qui sont intéressantes. Donc, il faut qu’on reste bien vigilant et qu’on prépare dans le plus grand sérieux ce match, ce qu’on a déjà fait cette semaine, parce-que ça va être un derby face à une équipe qui est capable de bien jouer au rugby. 

 

C’est un peu moins fort que la saison dernière, non ? 

 

JW : Ils ont perdu quelques éléments, ce n’est pas tout à fait la même équipe. Mais, on n’est pas habitué à ne pas respecter les adversaires. Il y a des choses qui sont importantes, l’humilité fait partie des valeurs qu’on essaie de véhiculer avec Arnaud. Donc, on va aller là-bas en toute humilité pour essayer de faire un bon résultat et de rapporter des points qui sont importants pour le classement de la poule et pour le classement national. 

 

Quand on parle avec des équipes qui vous affronté, quand Albi sort les barbelés et monte très fort en défense, ils ont l’impression de taper contre un mur. Ca les frustre, ça les dégoûte un brin. L’objectif va être d’entrée de jeu de mettre une grosse pression sur les vauréens 

 

JW : Ça fait partie de notre philosophie de monter fort en défense, on l’a vu, les équipes le savent. Ça ne nous empêche pas de prendre des essais comme on a pris encore un essai au Stadium sur une erreur défensive samedi soir. On a quand même parfois été confronté à se faire breaker dans la ligne donc la défense est encore perfectible et il faut encore qu’on travaille dessus. Mais, quand tu montes fort, tu t’ouvres parfois et tu peux provoquer des erreurs défensives. C’est une volonté qu’on assume de presser l’adversaire parce qu’on pense que c’est la meilleure façon de récupérer le ballon. On essaie d’être dans la philosophie d’attaquer l’attaque adverse, d’aller récupérer des ballons. Après, on l’adapte un petit peu en fonction des adversaires. Mais oui, sur un match important comme cela, c’est clair qu’ils ne vont pas se gêner pour venir nous monter fort dessus, on en est convaincu. 

 

A chaud à la fin du match, on a vu que le petit jeu de « baballe » dans l’en-but t’avait moyennement plu, quand il y avait eu la passe d’Alfi Mafi pour Julien Ménoret. Tu as digéré la chose ? Est-ce que tu as mis en place un système de cagnotte pour éviter qu’on joue un peu trop avec le feu côté albigeois ? 

 

JW : Tant qu’il y a essai, je te l’ai dit, moi, ça me va très bien. Je trouve plutôt le geste sympathique s’il y a essai. Il y a eu essai, c’est parfait, on était quand même avec un peu de largesse au score. Après, quand on passe la ligne, il faut qu’on marque l’essai. S’il y a une passe de plus, tant que l’essai est marqué, il est marqué. 

 

A l’extérieur, depuis le match à Saint-Sulpice, vous étiez un peu pêchus ou alors, vous assumiez un peu plus votre statut. Cette défaite à Saint-Sulpice a-t-elle été un peu un déclic ? 

 

AM : C’est sûr que cette défaite nous a fait du bien, pas sur le plan comptable, mais ça a réveillé tout le monde. Je pense qu’on avait encore la prétention de se dire qu’on pouvait gagner en faisant un match à 50 ou 60% dans l’intensité, dans l’envie, dans la préparation. Ce match là nous a permis de se dire que c’est faux. Même si tu es le meilleur joueur du monde, même si on avait le meilleur joueur du monde avec nous aujourd’hui, dans un match à 50% il ne passera pas parce qu’en face, les mecs sont prêts à relever le défi. Donc, ça nous a fait du bien, les joueurs se sont remis en question. Nous aussi bien sûr parce-que, quand on perd, on est les premiers à se remettre en question. En tous cas, c’est sûr qu’il y a eu une réaction après ça et je souhaiterai revivre des situations comme ça mais pas encore. 

 

On voit que ça pousse avec les petits jeunes que tu fais jouer chaque week-end. J’imagine que, pour vous deux, c’est un petit peu un casse-tête mais c’est quand même intéressant parce-que ça met de l’émulation et une émulation positive ? 

 

AM : Oui, positive et puis, il faut que ce soit un moteur. Ces jeunes sont moteurs pour les vieux parce-que quand tu as un jeune qui arrive très jeune, tu te dis  » j’avais prévu trois, quatre ans mais peut-être qu’il va me sortir  » donc, tu vas ‘bosser encore plus. Et puis, il faut que ce soit aussi moteur pour les jeunes de chez nous, de l’école de rugby, des espoirs. Il faut qu’ils continuent à bosser dur parce qu’il faut qu’ils se disent que jouer au Stadium, c’est possible. Donc, c’est entraînant pour tout le monde et moi, je suis très content qu’on ait des jeunes qui viennent pousser la porte de la une plus vite que prévu. 

 

On parle des jeunes, parlons un peu des vieux. Tu as poussé Matthieu André à aller jusqu’à 300 matchs ? Il en a fait 200, tu essaies de le pousser pour qu’il aille jusqu’à 300 ? 

 

AM : 300, il va falloir qu’il se donne un peu (rires). Mais, 300 avec Albi parce-que je pense qu’il en est à plus au total, il doit en être à 250, il les fera je pense. De toute manière, ça ne me dérange de faire jouer un très jeune s’il est bon et un vieux, s’il est bon, ça ne me dérange pas de le faire jouer non plus. Il n’est pas encore très vieux, il a encore de la marge. Je n’ai pas de souci avec ça, j’essaie de faire jouer les meilleurs donc qu’il soit jeune ou vieux, je m’en fiche. 

 

Et puis, Matthieu André est aussi une ode à la fidélité au club ? 

 

AM : Bien sûr. De toute manière, s’il a fait 200 matchs avec ce club, c’est qu’il a été fidèle à ses couleurs et ce sera certainement un des premiers qui méritera cette montée, qui l’affectera positivement et qui sera touché. Parce qu’on est quand même passé par des années un peu galère et lui en  a eu pas mal parce qu’il est passé après les années fastes du club donc, c’est sûr que de retrouver cette Pro D2, ça va lui faire le plus grand bien. Et j’en serai le premier heureux pour lui. 

 

Parlons un peu de ton homologue vauréen, coach Hallinger. On sait que tu l’apprécies beaucoup par contre, vous avez des problématiques diamétralement opposées. Toi, tu joues le haut du tableau, lui, il joue le bas, toi, tu as un groupe qui est maintenant mûr, lui, il a un groupe en début de cycle. Vous avez échangé un peu sur ce sujet ? 

 

AM : Non, on n’a pas échangé mais moi, je serai très content d’échanger après le match. C’est comme ça, nous, on joue le jeu, on essaie de gagner partout. On a été gagner chez des concurrents directs à lui donc il devait être content ce jour-là. Maintenant, c’est à nous d’aller faire le match chez eux. Et on continuera derrière ça à essayer d’aller gagner partout. Il doit souvent être content qu’on fasse souvent de bons matchs à l’extérieur, il comprendra si on fait un bon match chez eux. Je ne dis pas qu’on va y gagner mais en tous cas, on va essayer d’y faire un bon match. 

 

Vendredi, j’imagine que toit et Jérémy allait être devant la télé pour regarder le choc de la poule 3 entre  Tarbes et Blagnac ? 

 

AM : Oui, on va regarder ce match. Les Tarbais ayant gagné à Saint-Sulpice, ils vont venir mettre la pression sur les Blagnacais. Donc, on va regarder ça de près et on va voir comment ils ont évolué. Ces matchs là nous permettent de nous régler aussi et sont importants pour nous. 

 

Le mot d’ordre pour ce match ? 

 

JW : Déjà, j’en profite pour remercier les supporters qui se déplacent à chaque déplacement, qui mettent en place des bus de supporters et qui sont présents au Stadium. Là, ça va être un déplacement qui est court donc, je pense qu’ils seront présents en nombre pour soutenir leur équipe. Et puis, ça peut être un derby sympathique qui va l’être encore plus s’il y a des albigeois derrière nous donc ça, ça va être sympa. Les remercier déjà de tout ce qu’ils font pour nous depuis le début de cette saison et les autres mais cette saison en particulier. Après, le mot d’ordre, on va rester sur les mêmes mots c’est à dire prendre du plaisir à jouer ensemble en essayant de faire le meilleur match possible et d’aller chercher des points là-bas. 

 

 

La question bonus : on a vu la liste de la maire sortante sortir avec un joueur du Sporting Club Albigeois dessus, Martin Doan en l’occurrence. C’est bien pour lui, il s’investit dans son territoire. Toi et Jérémy n’avez pas été sollicités pour vous engager sur une liste ? Et puis, tu n’as pas le temps ? 

 

AM : Non, je pense qu’il va déjà falloir habiter à Albi. Moi, je suis content pour Martin qu’il soit là pour sa commune, c’est bien. On n’a pas encore échangé avec lui. 

 

 

 

 Propos recueillis par Loïc Colombié

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