#Foot – R2 / L.Lejeune (US Albi): «Sans subventions municipales, il n’y a plus de foot sur Albi!»

Mardi 14 janvier 2020, le président de l’US Albi, Laurent Lejeune, a accordé durant l’émission « Le #MagSport – RadioAlbiges » un entretien exclusif « Grand format » où il est revenu sur l’actualité et la situation du club Tarnais. Celui qui préside cette entité centenaire, a fait un tour d’horizon sur la situation économique et sportive de « l’USA » , tout comme sur le déficit de participation et de soutien du corps économique local dans le foot. Mais le président Lejeune est revenu sur uriques sujets brûlant qui ont émaillé l’actualité foot Tarnais. La fusion avec l’ASPTT, ses relations avec la municipalité, la passe d’armes médiatique avec François Enguilabert (Pdt Marssac RSRDT) ou encore les rumeurs de reprise de l’US par le duo Rachedi/Brault n’ont pas été éludées par celui qui envers et contre tout reste à la barre du Club de la cité épiscopaleMalgré le déclin sportif et financier durant la décennie passée, d’un club qui fut encore il y a peu le porte-drapeau du foot Tarnais, Laurent Lejeune mise sur la formation, avec l’espérance qu’une génération dorée émerge et vienne sortir l’US Albi de l’ornière.

 

Crédit photo Le journal d’ici (SR)

 

Mr Lejeune, on va vous souhaiter une année 2020 un peu plus calme que celle de 2019 parce qu’en 2019, il y a eu pas mal de soubresauts à l’US Albi, à commencer par votre démission courant du mois de Mars que vous avez ensuite reprise, quelques escarmouches avec la municipalité. Heureusement, il y a eu les filles de l’US Albi qui vous ont donné un petit peu de baume au cœur avec le parcours en Coupe de France. Mais, si on y rajoute la relégation de l’US Albi en R2, cette saison a quand même été compliquée ? 

 

C’était compliqué. On avait aussi acquis sur le terrain la montée de nos filles de R2 à R1 qui a été refusée par la ligue. Donc voilà, quand il y a des vents contraires, c’est parfois très, très difficile de lutter mais disons qu’il ne faut pas non plus s’arrêter sur ces moments-là. Il faut continuer et travailler pour qu’il y ait des jours meilleurs pour le club. 

 

Que ce soit vous, les dirigeants, les éducateurs ou les bénévoles, vous n’avez pas l’impression que, depuis une ou deux saisons, la marmite commence à être pleine et qu’il y a des gens qui se désespèrent ? Même vous, vous ne vous désespérez pas un peu à force, dans l’adversité ? 

 

Non, je crois que c’est juste une prise de conscience. C’est à dire que très peu de personnes ont compris que, quand l’US Albi était descendu de niveau national à niveau régional, ça allait être très compliqué pendant de nombreuses années. On avait  » prétendu  » que l’US Albi continuerait ou pourrait prétendre à remonter de suite. Mais déjà, il s’avère que ce qu’avaient fait le président Pérez et son groupe était déjà relativement exceptionnel avec le budget qu’ils avaient pour se maintenir autant d’années en CFA. Donc, aujourd’hui, on a effectivement l’impression que le club est au fond du gouffre parce qu’il est en R2 mais le vrai saut s’est passé du niveau national au niveau régional. Maintenant, c’est une petite différence de niveau mais c’est vraiment ce décalage entre ce qu’a été le club et ce qu’est le club aujourd’hui et depuis plusieurs années qui pose en fait problème. Mais, on en a conscience et on sait que c’est difficile pour beaucoup, surtout pour les anciens qui ont connu le club à un niveau autre. C’est en tous cas une autre page qui s’est tournée. 

 

Si c’était à refaire, quand vous êtes arrivé aux manettes de l’US Albi, vous auriez peut-être un peu plus martelé  » attention, on risque de manger notre pain noir pendant plusieurs années  » ? Peut-être ne l’avez-vous pas assez répété pour avertir  » les ouilles  » ? 

 

Exactement, vous touchez exactement le constat qu’on en a fait. C’est à dire que, quand on est dans un club comme l’US Albi, quand on était en CFA, le club a joué avec quasiment 90% de joueurs qui venaient de l’extérieur donc, qui n’avaient pas été formés au club. Et, lorsque l’on descend d’un niveau national à un niveau régional, là, d’un seul coup, il faut faire la bascule avec la formation parce qu’effectivement, les joueurs qui ont connu le haut-niveau, en tous cas le haut niveau amateur, ne restent pas en R1, ça ne les intéresse pas et surtout, financièrement, les montants ne sont pas les mêmes. Donc, il faut travailler sur une génération et une génération, c’est 10 ans. Vos propos sont tout à fait justes, le constat était là mais le temps nécessaire pour reconstruire une formation digne de ce nom et sortir des joueurs de la formation capables de jouer en équipe 1 est lui forcément plus sur une durée de 10 ans au final que sur une durée de 2, 3 ans. 

 

On sait que l’année dernière, il y avait eu quelques passes d’armes avec la municipalité. Là, on arrive en période d’élections. On va dire qu’à l’US Albi, on va prolonger la trêve des confiseurs et attendre de voir ce qui sort des urnes ? 

 

Non. En fait, il y a eu beaucoup de propos ou d’intentions politiques qui m’ont été attribués et qui étaient faux et qui ont, je pense, semé le trouble dans les relations qu’on avait avec la municipalité ou simplement avec des personnalités politiques. Aujourd’hui, les choses sont claires même si l’année dernière, je le disais aussi mais aujourd’hui, à quelques mois des élections, la municipalité sait pertinemment que ce n’est pas mon créneau de bataille, qu’aujourd’hui je reste dans l’associatif et qu’en l’occurrence, c’est cet investissement-là auprès de la société qui m’intéresse. 

 

Il n’y avait pas que les intentions politiques. Quand vous êtes venu au Conseil Municipal qui a décidé de la subvention exceptionnelle au Sporting Club Albigeois avec des joueurs de l’école de foot et des éducateurs, ce n’était pas sur des intentions politiques. C’était quand même parce qu’il y avait un arbitrage et que vous vouliez que l’arbitrage aille dans un certain sens ? 

 

Oui mais je dirai qu’être président d’une association, c’est déjà en quelque sorte faire de la politique. Mais, c’était surtout pour montrer que l’US Albi, ce n’était plus forcément l’équipe CFA qu’il y avait il y a quelques années mais que c’était un club composé de jeunes, de parents, de mamans, de papas qui s’investissent tous les week-ends et toute la semaine de manière assez importante. On voulait le montrer après, avec un peu de recul, c’était peut-être un peu maladroit, ce n’était peut-être pas le bon moment. Mais c’est un club qui nous tient à cœur donc forcément, on réagit parfois avec le cœur aussi. 

 

En clair, si je vous écoute bien, vous aviez fait un coup médiatique qui avait mis un peu la pression sur la municipalité. On va dire que ça vous a quand même donné un brin raison puisqu’au bout du bout, vous avez eu une aide de la municipalité lors du Conseil Municipal suivant. Par contre, certains de vos détracteurs avaient dit que vous instrumentalisiez un peu des jeunes pour des histoires de grandes personnes. Est-ce que ça, vous l’avez entendu et est-ce l’une des erreurs que vous mettez en exergue ? 

 

Instrumentaliser des jeunes …ce n’était pas tant la présence des enfants qui était importante pour nous mais la présence des parents. Après, on avait laissé libre aux parents de venir ou non accompagnés de leurs enfants. Maintenant, il est sûr que si vous voulez montrer la détresse dans un quartier, vous allez montrer des gens qui sont en détresse. Si vous voulez parler des jeunes dans un club, vous allez montrer des jeunes. Il faut montrer que ce ne sont pas seulement des noms sur une licence et là, on ne parle pas seulement de quotas de licences, on parle de personnes, de jeunes qui sont là, de gens qui sont investis. C’est toujours perçu difficilement comme lors d’une manifestation. Vous manifestez, lorsque vous envoyez aujourd’hui des jeunes de 10, 11 ans manifester pour l’environnement, est-ce qu’ils ont tous conscience de ce qu’est la manifestation ? Je n’en suis pas sûr. 

 

Vaste débat

 

Je pense effectivement que c’est un débat qui doit se dérouler entre adultes. Mais, je voulais aussi montrer que l’US Albi, ce n’est pas seulement des adultes, qu’il y avait aussi des adultes. Et je pense que la municipalité le sait. En tous cas, maintenant oui, c’est sûr. 

 

Vous parlez des parents de ces enfants. Comment vivent-ils cette situation ? Parce-que certains ont été anciens joueurs ou proches de l’US Albi dans les années 80/90. Et maintenant, ils voient moins de résultats en tête d’affiche chez les seniors. Par contre, chez les jeunes, il y a quand même une formation qui subsiste et qui reste le poumon de ce club ? 

 

Qui est l’un des meilleurs clubs d’Occitanie, ce n’est quand même pas neutre. C’est à dire qu’on a tous nos jeunes à partir de U14, U15, U16, U18 au plus haut niveau régional. Donc, des clubs dans cette situation sur l’Occitanie, et je parle bien de toute l’Occitanie, il n’y en a pas 50. Et lorsque le club était en CFA, il attirait des joueurs de l’extérieur pour atteindre ce niveau. Là, aujourd’hui, on a ce niveau-là avec des joueurs d’ici, issus de la formation qui ont commencé soit tout petits puisqu’on veut que ce soit dans l’ADN de nos joueurs. C’est à dire qu’ils commencent le plus tôt possible pour qu’ils vivent, pour qu’ils parlent US Albi mais comme un sportif. On est satisfait de ce résultat-là. Maintenant, ce n’est pas forcément celui-ci dont on parle le plus souvent, malheureusement. On parle plus souvent des résultats des seniors R1 (R2 actuellement) que de la formation et des bons résultats de la formation. 

 

Quand on parle de formation, quand on parle de l’US Albi, club ancré dans son territoire, on ne peut pas ne pas venir sur le sujet qui est un serpent de mer en albigeois, c’est la fusion ou la création d’une structure englobant plusieurs clubs de la périphérie ou de l’albigeois. Le président Espié avait déclaré le 25 Juillet 2019  » on va commencer les discussions à la rentrée pour une nouvelle structure, un projet albigeois « . On l’a eu en Octobre, il nous disait que c’était au point mort. Du côté de l’US, on en est où du côté de ces discussions et de ces tractations ? Est-ce que ça avance ou est-ce que ça se fait au forceps ? 

 

Pour moi, la condition sine qua non, c’est que les deux clubs soient dans une situation financière saine avant de pouvoir entrevoir une quelconque fusion. Je ne parlerai pas des comptes de l’ASPTT Football de l’Albigeois, je ne les connais pas, parce-que ça va très vite mais je parlerai des nôtres. On est toujours en cours de reconstruction de trésorerie et on essaie de sortir des bilans de plus en plus positifs. Maintenant, notre bilan ne l’est pas encore assez. Comme je le disais, le travail de reconstruction pour le niveau sportif prend presque 10 ans, le travail au niveau financier, c’est aussi presque 10 ans. Donc, on y arrive petit à petit mais ce n’est pas fini. Quand on aura une structure saine financièrement et qu’on pourra reconstruire avec des capitaux propres positifs, il sera peut-être le temps de rediscuter mais là, pas pour l’instant. Tant qu’on est dans une situation négative, on ne peut pas. On a forcément d’autres postes à traiter avant de pouvoir envisager quoi que ce soit.

 

Ça, c’est de l’arithmétique comptable. Si on parle d’arithmétique sportive, si on regarde les filles de D2F de l’ASPTT Football de l’Albigeois, elles sont très, très proches d’une relégation en R1. On ne leur souhaite pas mais c’est une probabilité. L’US Albi est aussi pas loin d’une relégation en R3. Pour l’instant, les résultats peuvent laisser entrevoir cette possibilité en fin de saison. N’est-ce pas quand même un constat amer d’un échec sur le football en Albigeois qui a un problème, qui a besoin d’un second souffle ou peut-être de changer des choses ? Pas des têtes mais des usages, des préceptes ? 

 

Aujourd’hui, il faut être clair. Pourquoi on se tourne autant vers le domaine public ? En tous cas vers les municipalités ou le Département pour avoir des subventions, c’est parce-que le privé ne joue pas son rôle contrairement à d’autres régions. Aujourd’hui, je pense que, que ce soit Bernard Espié ou d’autres présidents de clubs, ils vont diront tous la même chose : qu’on a très, très peu de participation des entreprises locales. Et peu importe que ce soit Bernard Espié ou Laurent Lejeune ou Pierre, Paul, Jacques, le privé a une vision d’investissement qui est assez limitée, notamment au ballon ovale. Et à partir de là, il n’y a quasiment plus rien. Il n’y a pas que les clubs de foot, je pense que si on prenait la boxe ou d’autres sports  

 

Ou le cyclisme

 

Ou le cyclisme, quoiqu’aujourd’hui, le cyclisme a bénéficié d’une certaine image avec le Tour de France qui a quand même permis de dynamiser un petit peu son rôle. Mais nous, en termes d’investisseurs privés, que ce soit Bernard ou moi-même, si demain on avait une entreprise qui nous dit, comme ça peut se faire dans d’autres clubs,  » j’ai un projet d’investissement, laissez-nous la place parce qu’on a un beau projet qui va s’accompagner sportivement et financièrement  » mais bien sûr qu’on ouvrirait plus que la porte ! On préparerait tout et c’est notre rôle. Mais aujourd’hui, on n’a pas ça. Ce n’est jamais un plaisir d’aller demander à Michel Franques ou à Stéphanie Guiraud-Chaumeil des subventions publiques pour faire tourner des clubs. Franchement, on n’y prend aucun plaisir et ça, c’est dommage. C’est dommage effectivement qu’on n’arrive pas à avoir des entrepreneurs qui soient vraiment investis dans cette cause-là. Vous pourrez me dire qu’à l’US Albi, il y a eu des problèmes. OK, soit, mais je ne vois pas non plus des investisseurs de manière massive venir à l’ASPTT et dire  » on va faire quelque chose à l’ASPTT « . Donc, je ne pense pas que ce soit un problème de personnes, c’est plus un problème d’attirance du sport. 

 

De structures ? 

 

Oui, peut-être aussi de structures. 

 

On voit que la fusion pose beaucoup de problème et que vous, vous voyez le côté financier, et que dans les deux clubs, certains sont attachés à leur école de foot, à leurs maillots, à leur entité, à leur petit clocher. Créer une SASP qui régit les équipes premières de chaque club, ça pourrait être une solution pour tendre vers une professionnalisation du football en Albigeois ? 

 

Il y a plein de possibilités, il y a plein d’ouvertures. La difficulté, c’est qu’on reste des bénévoles avec un emploi du temps qui est constitué à 80% d’aller chercher des finances pour équilibrer les comptes de l’année et voire même les comptes et les dettes de l’année précédente. C’est pour ça que je dis que la condition sine qua non, c’est d’abord d’avoir des comptes équilibrés pour pouvoir ensuite investir et développer sur d’autres axes qui sont réalisés dans d’autres villes. Là, le problème, c’est qu’on est sclérosé par ces problèmes financiers, on n’arrive pas à avancer. C’est la même chose dans le monde de l’entreprise. Si vous avez une entreprise sans tréso, sans assurance de chiffre d’affaires, sans carnet de commande, elle n’investit pas et un jour, elle meurt. Alors, l’associatif  a d’autres ressources et notamment des ressources municipales mais sinon, vous enlevez les subventions des municipalités et demain, vous n’avez plus de club sur Albi, ce n’est pas possible. 

 

On l’a vu lors de cet automne/hiver, il y a un club qui a cassé la baraque dans le foot tarnais, c’est Marssac qui a eu un parcours magnifique en Coupe de France. On a vu une petite passe d’armes entre vous et le président Enguilabertsuite à une phrase que vous avez eu juste avant le 64e de finale de Coupe de France. Déjà, avec le recul, ce n’était pas un peu malheureux de faire cette déclaration juste avant une grande fête pour le football tarnais et marssacois ? 

 

Non, elle a été sortie de son contexte. 

 

Pour les lecteurs qui ne la connaissent pas, on va la répéter :  » A titre de comparaison, Marssac a dix fois plus de budget pour ses équipes seniors, 150 000€ contre 15 000 pour l’US Albi. »

 

Non, ce n’est pas du tout ce que j’ai dit. Ce que j’ai dit à La Dépêche, c’est que, lorsqu’ils avaient fait un article en Septembre, ils annonçaient eux-mêmes un budget de 140 000€ pour le club. Après, dans la Dépêche, l’article a visiblement été fait pour mettre de l’huile sur le feu mais encore une fois, je n’ai pas d’animosité particulière ni de sentiment positif non plus envers Marssac. Je n’ai malheureusement pas le temps, je ne connais pas bien cette structure, je ne connais pas bien l’entente. Il y a beaucoup de clubs, il y a beaucoup de rassemblements. Non, ça a été sorti du contexte. Après, comme toute phrase sortie du contexte, ce qui était intéressant, c’était de voir les réactions derrière et de voir toutes les personnes qui se sont un peu déchaînées contre moi. Mais ça, ça fait partie du poste de dirigeant d’une assoc

 

Vous avez pu parler de cette histoire sereinement, entre quatre yeux avec François Enguilabert 

 

Non parce qu’en plus, on ne se croise pas. Honnêtement, on ne se croise pas. Je l’a vu une fois cette année, c’était en début de championnat, j’étais allé voir nos 17-2 qui jouaient là-bas à Marssac. Lui doit être sur les terrains quand moi je suis sur les terrains et vice-versa donc non. Après c’était, je ne vais pas dire maladroit de la part de l’article, je pense que c’était volontaire mais ce qui m’avait agacé dans les propos là, c’est que je pense que l’évènement Coupe de France pour Marssac se suffisait à lui-même. On n’avait pas besoin d’appeler le président de l’US pour avoir son ressenti. C’était la fête de Marssac, c’était la fête du football albigeois dans sa grande dimension. Mon avis au final était peu important et ne l’est d’ailleurs toujours pas donc c’était là pour essayer de faire une espèce de comparaison mais ce sont deux choses parfaitement distinctes. Le parcours qu’a eu l’US Albi en Coupe de France en 2007 était autre que celui qu’a eu Marssac, ce n’était pas les mêmes conditions, il n’y avait pas les mêmes joueurs. Là, on était sur un très, très beau parcours avec des joueurs qu’on connaît très bien en plus. 

 

Oui, car un grand nombre est passé par les rangs de la maison US Albi ? 

 

Oui, bien sûr mais comme la plupart des joueurs qui jouent dans la région. Ce qui est peut-être toujours, on ne va pas dire agaçant, c’est qu’effectivement on se fait taper dessus pour de soi-disant propos ou en tous cas des propos sortis de leur contexte alors que des garçons surtout comme Brandon Marianella) que j’apprécie énormément, je pense lui-même a très bien su faire la différence entre les propos écrits et ce que je pense réellement. Donc, ça ne m’inquiète pas plus que ça mais c’est toujours embêtant de vouloir monter les uns contre les autres, ce n’est jamais positif. 

 

En parlant de propos, vous nous avez dit en amont de cette interview qu’il y avait eu des propos sur nos ondes qui vous avaient un peu heurté ou secoué. Ce sont les propos de Xavier Feuch à notre micro au mois de Décembre. Quelles sont vos réactions face à ces propos d’un ancien joueur de l’US Albi qui a été coach dans pas mal de clubs tarnais ? 

 

Je trouve ça totalement déplacé de sa part de laisser sous-entendre que les  » difficultés financières  » seraient dues à notre gestion. Lorsque j’entends parler de dépenses, un sou est un sou, je pense que Xavier (Feucht) a complètement dévié. Je ne comprends pas trop son intérêt. Mais, ce que je sais, c’est que quand on a repris le club, il y a avait une dette et que, dans un club, il y a deux types de personnes. Il y a ceux qui viennent pour y prendre plaisir, qui sont totalement bénévoles sans aucun défraiement et puis, il y a ceux aussi qui y trouvent le moyen d’arrondir un petit peu leurs fins de mois. Et visiblement, le fait de ne pas avoir appelé ou ne pas avoir fait appel à Xavier Feuch a pu lui faire générer quelques frustrations. Mais oui, c’est très désagréable d’entendre ce genre de choses. 

 

Ca peut aussi venir du fait qu’il ait joué à une époque où l’US Albi tenait le haut du pavé et que le fait de voir l’US Albi en R2 et peut-être, on ne vous le souhaite pas, en R3 la saison prochaine, ça lui fend le cœur ? 

 

Ce n’est pas une raison pour avoir des propos comme cela, ça ne sert à rien. D’une part, ce n’est pas constructif. D’autre part, le constat, la comparaison avec l’ASPTT et Marssac, dire que ces deux clubs sont attractifs par rapport à l’US Albi, c’est encore une fois vouloir opposer trois clubs qui travaillent certes dans le football mais en tous cas de manière différente. Sur la gestion, moi j’ai l’historique du club, je sais quelles sont les personnes qui ont mis le club aux Prudhommes, qui ont aussi coûté de l’argent au club. Donc, je pense que de temps en temps, il faut faire attention à ses propos. Quand on est joueur, on est joueur, quand on est dirigeant, on dirige et quand on est coach, on est coach. Mais vouloir essayer d’avoir une analyse complète, moi, je l’invite. La porte a toujours été ouverte au club pour tout le monde et elle l’est aussi pour lui. S’il a besoin de comprendre et de savoir ce qu’est une gestion, notamment une gestion d’assoc, et je lui expliquerai très volontiers. Et encore une fois, comme je le disais tout à l’heure, ce n’est pas facile du tout d’aller voir la municipalité pour demander de l’argent, c’est tout à fait contraire à ses propos. Il n’y a rien du tout de facile d’aller demander de l’argent. Nous aujourd’hui, que ce soit Bernard Espié (Pdt ASPTT FA) ou moi-même, on essaie d’équilibrer des comptes avec des données financières, avec des demandes de joueurs, avec des demandes d’éducateurs, avec des coûts structurels. Ce sont tous ces éléments-là qui font qu’aujourd’hui, dire que l’US Albi, c’est triste de le voir à ce niveau, non. Ce n’est pas triste, ça correspond au budget qu’à l’US Albi aujourd’hui, c’est une réalité. Ce n’est pas une question de tristesse, c’est une question de réalité. On a un budget qui correspond à notre niveau. Après, si des gens sont intéressés pour investir ou autre, je pense que la porte est plus que grande ouverte mais, jusqu’à preuve du contraire, quand il y a besoin d’argent, il n’y a pas énormément de personnes qui remettent de l’argent dans le club. 

 

La porte, vous l’avez ouverte au mois de Mars. Vous avez démissionné pour laisser la place à une nouvelle équipe, aux bonnes volontés qui voulaient venir. On avait entendu parler de Mr Rachedi, de Mr Brault, de Mr Benedet, d’autres noms qui se sont murmurés dans le microcosme du foot albigeois. Tout compte fait, au bout du bout, personne ne s’est présenté ou n’a pointé le bout de son museau. Et je vous reprends dans une phrase que vous avez eu dans notre média, vous aviez dit en reprenant votre démission  » Jamais je ne lâcherai le club en rase campagne « . Actuellement, est-ce que le club est en meilleure santé, va mieux qu’en ce mois de Mars l’année dernière qui avait été quand même très compliqué ? Vous n’aviez pas passé un printemps radieux. 

 

Oui, ça va mieux parce-que le coût de la R2 est inférieur aussi à la R1. Le fait que notre équipe 2 soit descendue aussi en district, le coût est inférieur aussi. Donc forcément, si on arrive à préserver nos ressources, nos dépenses ayant un peu baissées, on va pouvoir s’en sortir un peu plus, en tous cas un peu mieux. Maintenant, ce qui est très compliqué dans ce genre de chose, on parle quasiment d’une association qui fonctionne quasiment avec 150 000€ de budget, avec un nombre d’équipes très important donc, il y a un coût de fonctionnement. Lorsqu’on me dit  » oui, il y a de l’argent qui serait là pour être investi  » mais l’argent, aujourd’hui, c’est ce qui donne le pouvoir aux personnes. Croyez-moi, si quelqu’un avait 30 000 ou 40 000€ à mettre pour prendre le club, ce n’est pas moi qui l’en empêcherait. Par contre, là où je vais effectivement l’empêcher, c’est prendre le club si je n’ai pas la certitude que cet argent est réellement disponible pour le club. Le but n’est pas de mettre le club dans une situation plus dramatique. Vous allez peut-être me dire que c’est ultra protecteur de ma part mais aujourd’hui, quand je regarde un club comme Limoges qui vient de déposer le bilan et qui était en liquidation judiciaire, il y avait à peu près 200 000€ de dettes. Nous, on en avait 150 quand on a repris le club. Aujourd’hui, le club repart à 0, on ne sait pas si les jeunes de Limoges vont pouvoir continuer. Donc, peut-être qu’effectivement, de temps en temps, être protecteur ou surprotecteur, ça permet en tous cas de garder l’identité de l’US Albi depuis 1911. Mais, ça ne veut pas dire qu’on ne passera pas la main, c’est complètement faux. On passera la main quand on aura des certitudes sur les personnes qui reprennent le club. Si vous achetez une maison, vous donnez des cautions, vous donnez des garanties qui vous permettent de prendre possession de l’habitation. Et bien, c’est un peu la même chose. Moi, je veux bien laisser le club mais je veux être sûr que demain, que ce soit mes jeunes de U6 à U18, ne se retrouvent pas dans une situation qui serait encore plus complexe que celle qu’on vit aujourd’hui, tout simplement. 

 

Pour terminer, quelles sont les projections, quelles sont les perspectives ? On ne va pas se mentir, la décennie 2010 a plutôt été une décennie du déclin sportif et économique à l’US Albi. Que peut-on souhaiter à ce club centenaire pour cette nouvelle décennie, la décennie 2020 ? 

 

Ça fait beaucoup de souhaits pour l’US (rires). Je pense que, ce qui est important, c’est que la formation continue à se développer et qu’on puisse non plus avoir des subventions qui soient calquées sur le niveau de l’équipe 1 mais sur le travail qui est accompli au niveau des jeunes. Après, si l’US Albi arrive à avoir des partenaires privés qui soient intéressés et qui puissent donner à ce club des moyens plus importants pour pouvoir au moins retrouver le niveau national. Parce qu’après, la quête de niveau n’est pas non plus quelque chose en soi de primordial. Mais au moins que le club soit structuré et que, ce que l’on fait à l’école de foot, on puisse le retrouver en seniors. Ça, ce serait déjà très, très bien. 

 

Propos recueillis par Loïc Colombié

 

 

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