#Rugby – Fed1 / B.Sicart : «Je suis attaché au SCA!»

Benoît Sicart alias « la Sique » , 3/4 aile et arrière du Sporting Club Albigeois nous a accordé un entretien ce vendredi, à quelques heures de la reprise de la fédérale 1. Il nous dresse ses sensations après une première partie de saison quasi-parfaite pour les jaunes et noirs, ainsi que ses sentiments sur la manière d’appréhender une seconde partie d’exercice qui pourrait finir en apothéose. Pour ce joueur digne héritier d’un rugby d’évitement qui faisait pléthore en d’autres temps, le sporting doit prendre au sérieux les adversaires du jour, les Béarnais du FC Oloron, conscient des redémarrages poussifs connus les hivers précédents. Ce jeune père de famille faisant maintenant office de taulier du vestiaire jaune et noir, ne feint pas son attachement au club, et ne rêve que d’une seule chose, ramener avec ses « frères » la ProD2 dans la cité épiscopale. Cela serait à coup sûr, la plus belle chevauchée humaine de « Benoit le dévoreur d’espace ».

 

Crédit photo Site des bénévoles du SCA – Pierre Bras

 

Benoît, le championnat reprend, cette seconde partie de championnat. L’hiver va bientôt se terminer mais déjà, un défi pour le Sporting Club Albigeois, essayer de faire aussi bien que lors des phases aller qui ont quasiment été un sans-faute mis à part un petit trou d’air à Saint-Sulpice. 

 

Tout à fait. Le but est de finir premier national, on ne le cache pas, on a dit haut et fort nos ambitions qui étaient au moins de finir dans les deux premiers. Là, on est premier à l’issue de la phase aller et même plus puisqu’on a déjà entamé les matchs retour donc il faut qu’on continue là-dessus. Il faut qu’on arrive fin Avril, à la veille des phases finales, à l’une de ces deux premières places et surtout à cette première. 

 

L’année dernière, on s’en rappelle, le démarrage post-réveillon avait été compliqué à Nafarroa, dans un terrain assez hostile, dans le bon sens du terme bien sûr avec une victoire des amateurs de Nafarroa. Cette année, c’est au Stadium, ça peut être gage de sûreté mais, c’est une équipe d’Oloron qui arrive un peu comme Nafarroa l’an passé, avec les crocs, parce qu’ils sont dans la lutte au maintien. Ce match de ce soir a quand même tout du match piège ? 

 

Oui, tout à fait. Oloron n’est un match à prendre à la légère, loin de là. On sait qu’au match aller, en début de saison, on avait eu du mal chez eux à dominer physiquement, on avait été imprécis. C’était le début de saison, on n’était pas huilé, on n’était pas rodé chose où, maintenant, on est plutôt bien dessus. Oloron est une équipe dont on sait qu’il ne faut pas trop la laisser jouer, ils ne sont pas trop solides mais ils aiment bien jouer à la balle. Donc, ils peuvent faire des choses assez incroyables, ils arrivent à avancer, à marquer des bonus. On a préparé à ça, on a repris jeudi dernier, ça fait une dizaine de jours qu’on a repris l’entraînement donc là, on est prêt, il n’y a pas de souci là-dessus. 

 

La reprise post-réveillon n’a pas été trop compliquée pour les joueurs et pour toi-même parce-que, parfois, ce n’est pas évident de remettre la machine en route ? 

 

On a repris le Jeudi 2 donc, on savait que ça allait être un peu dur après pratiquement 15 jours de vacances. Mais on n’a pas totalement coupé, on avait quand même des séances de physique à faire au milieu des repas de Fêtes. Ça a été assez dur parce qu’il fallait remettre la machine en route et que physiquement, c’est vrai que le corps a tendance à relâcher, à vite oublier les efforts physiques. Jeudi et vendredi, on a seulement fait du travail physique, on a fait beaucoup de tests. Ces deux jours nous ont fait du bien, on a mis la machine en route et lundi, on a attaqué la semaine plein pot. Franchement, il nous le fallait, il nous fallait reprendre deux jours avant. 

 

On sait que les équipes comme le Sporting Club Albigeois, qui visent les play-offs et la montée en Pro D2, font beaucoup de foncier au cœur de l’hiver pour arriver en pleines cannes au printemps. Pour des sportifs comme toi, ce doit être un peu compliqué d’emmagasiner de telles charges de travail entre les matchs et le foncier ? 

 

C’est sûr mais on sait qu’il faut en passer par là si on veut accéder aux phases finales et à la Pro D2 comme on veut le faire l’an prochain. Il n’y aura pas d’autre choix, il faut être prêt, on n’aura pas de transition cet été pour se préparer à la Pro D2. On s’y prépare déjà depuis l’année dernière voire même un peu plus. On continue encore et encore à s’entraîner pour ça. Après, le plus pénible dans ces charges physiques, ce sont les terrains d’hiver qui sont gras et où il faut arriver à courir dans la boue. 

 

Ça fait partie du folklore et du rugby ? 

 

C’est ça mais on sait aussi que les impacts physiques sont beaucoup moins importants qu’en Pro D2. 

 

Pour rester dans le contexte médical et physique, on sait qu’il y maintenant presque deux ans, tu avais eu une grave blessure, une rupture des ligaments croisés, tu es revenu l’année dernière en cours de saison. C’est désormais loin derrière toi, tu n’as aucune gêne et tu as retrouvé l’intégralité de tes sensations ? 

 

Oui, bien sûr. Ca fait maintenant plus d’un an que je suis de retour à la compétition, j’avais repris mi-décembre 2018. Moi, ça va, il n’y a pas de souci. L’an dernier déjà, j’étais prêt pour les phases finales, il n’y avait pas de problème. Le but pour moi maintenant est d’engranger le plus de temps de jeu possible, de jouer tous les matchs et d’accéder à cette montée pour que la boucle soit bouclée. 

 

On sait que, quand on veut monter, il faut que l’équipe ait une âme. Avec les péripéties qui vous sont arrivés, on ne doute pas que vous en ayez une au Sporting Club Albigeois. Avec le recul que tu as, toi qui est maintenant un ancien de cette équipe, comment tu jugerais et analyserais cette âme ? 

 

Depuis quelques mois, ça va bien faire deux, trois, mois, on sent qu’il y a quelque chose qui se dégage de l’équipe. Les joueurs ont pris conscience de quelque chose, tout le monde connaît bien le projet. Franchement, sur les entraînements et sur les matchs, on est un peu plus serein, on est plus facile, on a plus de repères. Il y a vraiment quelque chose qui se dégage mais je ne saurai pas trop le retranscrire, le décrire. Vraiment, on se sent plus facile. Après, bien sûr, il faut encore … 

 

Il faut raison garder jusqu’au mois de Mai pour ne pas tomber dans l’euphorie ? 

 

C’est ça. Il faut surtout encore le prouver ce weekend parce qu’après 3, 4 semaines sans avoir jouer, il ne faut pas que ça retombe. Mais là, en tous cas aux entraînements, on a retrouvé ça cette semaine donc c’est chouette, on n’a pas perdu pendant 15 jours de vacances. J’espère que contre Oloron, on va réussir à se faire plaisir et à retrouver cette petite magie. 

 

On va passer sur une question un peu plus délicate. Chemin faisant, les années passant, tu n’es pas encore au niveau de Kevin Boulogne ou de Matthieu André mais tu deviens quand même un des vieux du vestiaire ? Ca fait quoi de devenir un des sages ? 

 

Je ne suis pas encore dans ce milieu-là mais ça fait bizarre d’arriver dans la trentaine. On va dire que ça sent le sapin, on est plus près de la fin que du début (rires). Mais c’est chouette d’être à Albi, dans un club qui est vachement humain, ça fait maintenant 4 saisons et c’est vraiment satisfaisant. 

 

On sait aussi que tu es un jeune père. La paternité, ça a changé ta façon d’appréhender le rugby, la façon dont tu vois ton sport ? 

 

Pas vraiment, non. La paternité, c’est quelque chose à part. 

 

Tu aurais pu peut-être prendre moins de risques ? 

 

Non, pas du tout, je ne pense pas à ça. Au contraire, la satisfaction à la fin du match est de prendre ma fille dans mes bras, de l’amener dans les vestiaires et de faire le tour du stade, ça, c’est la satisfaction. 

 

Totalement. On sait que maintenant, tu es bien ancré à Albi, malgré la descente en Fédérale 1, malgré deux échecs pour remonter en Pro D2. Qu’est-ce qui t’attache tant à cette ville et à ce club ? 

 

C’est l’histoire. Comme tu dis, j’ai connu ce club en Pro D2 et il faut qu’il remonte en Pro D2, surtout avec toutes les péripéties qu’il y a eu. C’est un club qui a eu beaucoup d’histoires, il y a eu aussi en coulisses beaucoup d’histoires. 

 

C’est un peu  » ombre et lumière  » ? 

 

Oui, c’est ça mais c’est un club attachant, c’est vraiment un club attachant. C’est vrai que c’est un club qui n’a pas beaucoup de moyens mais, avec les moyens du bord, on peut faire quelque chose. Comme je le disais tout à l’heure, c’est un club qui est vachement humain. Donc moi, oui, je suis attaché à Albi, je suis attaché au SCA et donc, du coup, c’est pour ça qu’il faut qu’on remonte. Et j’aimerai faire partie de cette aventure et mettre le club sur les rails de la Pro D2. 

 

Quand Arnaud Méla vous parle du Vigan, de ce qu’il a vécu lui en tant que joueur sur le Vigan, ça vous met quelques étoiles dans les yeux ? 

 

Forcément, on y accorde beaucoup d’intérêt. Nous, ce qu’on veut, c’est ramener aux supporters et au club cette montée. Donc, c’est clair que si on arrive à fédérer toute une ville, ce sera jouissif. 

 

Benoît, on te donne rendez-vous en Mai pour voir si tu iras au bout de tes rêves et du rêve de tes coéquipiers. 

 

Ca marche, pas de problème. 

 

Propos recueillis par Loïc Colombié

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