#Rugby – Fed1 / P.Serena (Oloron) : «L’année prochaine, on pourra redevenir une place forte de la Féd1!»

A l’aube d’affronter le Sporting Club Albigeois ce samedi soir, Pierre Serena le vice-président du FCO, nous a livré un bilan à mi-parcours, ses impressions sur l’objectif maintien et une projection des ambitions béarnaises en fédérale 1. Focus sur un dirigeant qui vit le rugby avec émotion et qui aime par dessus tout sa terre natale.

 

Pierre Séréna lorsqu’il portait les couleurs d’Oloron / Crédit photo LaNouvelleRepubliqueDesPyrenees

 

Pierre, on est à quelques heures du début quasiment de la phase retour de Fédérale 1. On sait que, pour le FCO, votre objectif est le maintien. C’est un objectif qui a été scandé haut et fort depuis le début de saison. Vous ne vous êtes pas pris pour d’autres mais vous avez un objectif qui est ardu dans cette Fédérale 1 qui se professionnalise et qui s’arme ? 

 

Oui, c’est ça, surtout qu’on le rappelle, à l’intersaison, nous avions été lourdement pillés par des clubs plus huppés donc, on a reconstruit un groupe. L’année dernière, on a obtenu le maintien, cette année, c’était aussi la garantie de rester en Fédérale 1. On en prend le bon chemin mais rien n’est fait. Je pense qu’on sera un peu plus ambitieux l’an prochain si on obtient le maintien rapidement cette saison. 

 

On sait qu’il y a eu un démarrage très compliqué pour Oloron avec des recrues qui sont arrivées tardivement. On se rappelle que, lorsqu’il y avait eu le second match de la saison face à Albi, il y avait eu deux recrues qui avaient été présentées pendant ce match. Le fait que le recrutement ait été un peu tardif fait parti de la donne dans ce démarrage, on va dire, diesel ? 

 

Oui, bien sûr. Vous savez, quand on a un petit budget, on est obligé d’avoir peut-être sur la fin les dernières recrues parce-que, quand on est à la lutte sur un joueur au mois de Mai ou au mois de Juin, on est souvent battu financièrement. Donc, un recrutement tardif mais qui porte ses fruits petit à petit. On l’a vu, on a bien fini l’année avec deux victoires à Saint-Pée, un point de bonus dans le derby à Mauléon donc, dans l’ensemble, on a fini sur de bonnes notes positives, surtout que les résultats juste derrière nous arrangent aussi. On redémarre demain à Albi, un match compliqué. 

 

Pour vous, quand est-ce que le match déclic est arrivé dans la saison ? 

 

Je crois qu’il y a eu deux moments forts cette année. D’abord, ça a été la réception de Saint-Sulpice, une très belle équipe, où on a pris 5 points. 

 

On en sait quelque chose à Albi. 

 

Voilà, je sais que vous êtes tombé dans le traquenard là-bas chez eux. Et puis aussi, un match où on a battu Fleurance en étant menés de 12 ou 13 points à la mi-temps et où on revient avec beaucoup d’envie, avec beaucoup de force, beaucoup de caractère et on l’emporte à la 84e, je crois, sur la dernière action. Donc, il y a eu des matchs qui ont aussi soudé ce groupe et je pense que, petit à petit, la mayonnaise prend. C’est difficile parce-que, quand on reconstruit tout, et de la base jusqu’en haut, il faut du temps, il faut beaucoup d’indulgence. Mais on a vu que sur les trois derniers matchs, nos joueurs ont mouillé le maillot. On a vu aussi un état d’esprit irréprochable des joueurs et on a bien fini l’année 2019. Maintenant, on sait que rien n’est acquis, que rien n’est fait. Il reste encore 10 matchs, il peut y avoir des surprises mais on sait ce qui nous reste à faire pour obtenir le maintien. 

 

On t’a entendu parler du derby souletain/béarnais. Comment s’est passé ce match ? Est-ce qu’il a valu son pesant de cacahuètes comme prévu ? 

 

Oui, c’était un match sympathique parce-que, comme d’habitude quand on va à Mauléon, le stade était plein, on ressasse les anecdotes du passé. Ca a été un match très correct, Mauléon a mérité sa victoire. Ils ont mené du début jusqu’à la fin donc, ils ont vraiment fait un bon match. Et puis, gagner à Mauléon, ce n’est pas simple, ils ont des joueurs de grande valeur et de grande qualité, surtout derrière. Mauléon l’a emporté logiquement mais je crois que ce point de bonus était largement mérité. C’est dommage parce qu’on loupe 10 points au pied sur ce match mais, prendre un point de bonus, c’est déjà très bien. 

 

Et autour du match, il y a eu un brin de folklore qui participe à la littérature du rugby ? 

 

Bien sûr, on le sait, ça chambre, ça fait partie du derby. 

 

J’ai vu une histoire de panneaux ? 

 

Oui, un petit panneau qui, je pense, s’est égaré du côté de Mauléon (rires). J’ai trouvé très bon de l’avoir fait mais j’ai trouvé très bon aussi la réponse des Mauléonnais, surtout des socios. Les socios, c’est le club des anciens qui suit le club et la réponse m’a fait beaucoup rire. Et j’espère que ce ne sera pas une réalité à la fin de la saison parce-que, si on doit aller mettre le panneau à Ramis l’année prochaine en Fédérale 2, ça voudra dire qu’on est descendu. Donc, on ne va  pas aller jusque-là, ça fait partie du piment d’un match. Il y aura le match retour au printemps, début Avril, qui vaudra aussi son pesant d’or et on essaiera de rendre la monnaie de la pièce comme on dit à nos amis Mauléonnais

 

On se souvient que l’année dernière, vous aviez fait tomber Albi au mois de Janvier 2019. Cette année, premier match de reprise, vous arrivez au Stadium Municipal. C’est quand même un gros défi pour reprendre ? Il va falloir de suite, lors du second match face à Graulhet, aller chercher des gros points. Et Graulhet va vouloir aussi jouer sa vie face à vous ? 

 

Oui, on sait qu’un match de reprise, ce n’est jamais simple. Les joueurs chez nous ont profité des fêtes comme tout le monde. Les étrangers sont, pour la plupart, rentrés en famille, les joueurs de chez nous ont coupé aussi. On ne se fait pas trop d’illusions de venir à Albi aujourd’hui, ce n’est pas du tout le même championnat. On vient surtout pour faire bonne figure, pour reprendre du rythme parce-que je sais que reprendre du rythme sur un match comme ça, c’est important. Et surtout, bien préparer la venue de Graulhet dimanche prochain à Saint-Pée et là, ce sera une rencontre décisive dans l’objectif du maintien. Moi, j’espère de tout cœur, je le dis, j’espère qu’Albi va retrouver l’antichambre du rugby professionnel. J’ai encore ces images en tête, l’épopée des Béchu, des Gadi, des Guicherd, des Méla quand le samedi ils recevaient des grosses équipes du Top 14, ça nous faisait vibrer parce qu’on savait qu’Albi, c’était le petit et qu’ils étaient capables de tout. Et franchement, moi, je veux que ces clubs-là retrouvent l’antichambre du rugby professionnel parce qu’à Albi, ça pue le rugby comme à Oloron. Mais Albi mérite au moins d’être en Pro D2. 

 

Mais, on imagine que, si tes petits gars arrivent à faire un coup au Stadium, ça ne te déplairait pas non plus ? 

 

Non, bien sûr. Bien sûr que nous joueurs sont valeureux, ils sont tout ce qu’on veut mais, à un moment donné, il faut aussi être lucide sur la qualité physique, sur la qualité athlétique de nos joueurs. On ne peut pas comparer, nos joueurs s’entraînent trois fois par semaine. Quand certains sont d’après-midi et travaillent dans des usines, ils ne peuvent pas venir s’entraîner quand on joue contre une équipe d’Albi qui eux, ont rendez-vous au stade à 9h pour s’entraîner jusqu’à 17h. Ce n’est pas la Coupe de France de football où il peut y avoir des exploits, on en est lucides mais on va venir pour montrer une belle image du rugby béarnais et puis s’accrocher comme on peut mais surtout, ne pas ramener de blessé. Il sera important de revenir de ce match là avec des convictions en se disant qu’on a fait front mais qu’on a aussi bien préparé la venue de Graulhet. 

 

On a souvent entendu en écoutant les médias béarnais lors de vos matchs que vous aviez eu quelques soucis en touche depuis le début de saison. On sait qu’à Albi, le secteur fort, c’est entre autres la touche. Mais paradoxe, au match aller à Oloron, les oloronais s’étaient très, très bien défendus en touche et avaient parfois gêné les Albigeois. Cela ne viendrait pas d’un certain Alexandre Hubert qui connaîtrait quelques ficelles albigeoises ? 

 

Franchement, je ne sais pas. Je vais aux entraînements mais je ne tends pas assez l’oreille pour les joueurs. Oui, on a eu quelques soucis au niveau de la touche. Le problème est là, quand on a un groupe nouveau et qu’on reconstruit, il peut y avoir des moments où, en mêlées ça va et en touche, c’est moins bien et peut-être trois semaines après, c’est le contraire. C’est vrai qu’on a eu du mal sur la touche sur les derniers matchs mais on a retrouvé une bonne mêlée qui nous a fait marquer des points. Donc, si on peut avoir un début d’année avec et la touche et la mêlée, on ne s’en privera pas mais après, c’est un groupe neuf. Je le dis, il faut avoir beaucoup d’indulgence pour notre groupe et je crois que les supporters l’ont compris. On l’a vu au stade, depuis deux ou trois matchs, il y avait du monde, ça revenait pousser derrière nos joueurs et c’est ce qu’il faut. Et je reste persuadé que, si cette année on reste en Fédérale 1, je pense que l’année prochaine, on pourra redevenir une place forte de la Fédérale 1 et pourquoi pas rentrer dans les 6 premiers pour une qualification. 

 

On t’entend parler de patience, d’indulgence, de ce champ lexical. Dans ce même registre, il y a beaucoup de clubs qui, quand ça allait mal au début de la saison, aurait peut-être démis l’entraîneur de ces fonctions. A Oloron, non, Pierre Chadebech a été conservé. C’est peut-être ça la marque de fabrique, la stabilité, la continuité ? 

 

Oui bien sûr mais c’est facile de virer les entraîneurs quand ça va mal, de dire que c’est la faute de l’entraîneur. Nous, on sait ce qu’on construit, on construit un groupe nouveau, on ne peut pas demander de suite d’avoir des résultats. Il faut qu’il y ait de la cohésion, il faut qu’il y ait de l’amour aussi entre joueurs, il faut également que les joueurs se connaissent, ce n’est pas simple. Donc, virer l’entraîneur, je pense que non. C’est simplement du temps, attendre, serrer les boulons mais aussi se serrer les coudes. C’est dans les mauvais moments qu’on voit sur qui on peut compter. On a passé des mauvais moments et on a vu qu’en se serrant les coudes, en donnant plus aux entraînements de la part des joueurs, on est encore là. On est 8es aujourd’hui avec Lavaur, on n’a pas non plus un matelas d’avance qui nous permette de relâcher quoi que ce soit, mais il vaut mieux être devant qu’être dernier à la place de Graulhet aujourd’hui. Ce n’est pas simple pour tout le monde mais je pense qu’il vaut mieux être à notre place. 

 

On t’entend parler de l’année prochaine, d’avoir de nouvelles ambitions en cas de maintien. Il y a un nouveau levier économique ou structurel qui va arriver à Oloron qui te permet d’afficher ces ambitions ou bien, c’est que tu crois vraiment à ce nouveau groupe, à cette nouvelle génération qui monte ? 

 

Déjà, je crois à ce groupe, petit à petit parce qu’on le voit qu’en travaillant, qu’en ayant un peu plus de cohésion qu’en début de saison, c’est en train de prendre. Nous, je pense qu’on n’aura pas de levier économique, même si cette année notre budget a un peu augmenté. Mais, je pense qu’en recrutant bien avant, on peut recruter malin et c’est pour ça, si les joueurs font bien le job sur les 4 ou 5 prochaines rencontres, on a déjà attaqué le recrutement, on a déjà rencontré des joueurs pour l’année prochaine. Il y a des joueurs aussi qui peuvent venir chez nous pour se relancer et c’est bien parce qu’on a des exemples à montrer dans notre club. Anthony Aléo est passé par Oloron et joue aujourd’hui en Pro D2 à Montauban, Jean-Baptiste De Clercq était oloronais l’année dernière et fait quand même quelques feuilles de match à l’Aviron Bayonnais, Florent Massip a passé deux ans à Oloron et est aujourd’hui le meilleur buteur de Pro D2 avec Provence Rugby. Donc, Oloron est aussi un tremplin pour les joueurs qui ont de l’ambition. On a quand même récupéré Sunia Vola qui était le pilier de Vannes et qui, l’année dernière, a fait 16 feuilles de match à Vannes et qui n’était plus invité cette année. On l’a récupéré et il nous fait plus que du bien. Donc, je pense que c’est aussi recruter malin et pour rencontrer malin, il faut être en avance sur tout le monde. 

 

Et il y a un cadre, le Béarn, qui n’est pas déplaisant. Comme le disait Henry Broncan récemment, le Béarn est une terre bénie pour le rugby ? 

 

Oloron, c’est le rugby, le sport roi dans le Béarn, c’est le rugby. Dans chaque village, il y a un club, il y a une identité donc oui mais maintenant, il n’y a pas que ça. Il peut y avoir l’identité rugby mais aujourd’hui, on sait que les joueurs cherchent tous de l’oseille (rires). Aujourd’hui, on peut avoir un cadre idéal mais, si on n’a pas d’argent, ce sera quand même compliqué de faire venir un joueur. Donc, il y a d’autres atouts aussi qu’on est capable de mettre en valeur comme l’emploi et peut-être également que d’anciens joueurs qui n’ont pas d’emploi, qui n’ont pas de formation peuvent aussi être intéressés pour venir à Oloron. 

 

Pour terminer, quels sont les mots d’ordre pour cette deuxième partie de saison pour le FCO ? Aller décrocher le maintien le plus rapidement possible ? 

 

Tout à fait, c’est ça, tu as tout dit. Il faut de suite qu’on décroche le maintien dans les 6 prochaines journées c’est à dire qu’il nous faut 3 victoires et je pense qu’on ne saurait pas loin du maintien. C’est aussi s’occuper très rapidement du recrutement, finaliser rapidement les joueurs pour pouvoir être de nouveau compétitif l’année prochaine. Si on fait ça, je pense qu’on ne sera pas trop mal. En tous cas, moi, j’admire mes joueurs pour ce qu’ils font parce-que, la saison n’est pas finie mais, ça a été difficile par moments. On s’est serré les coudes et aujourd’hui, on relève la tête petit à petit et j’avais dit après Albi que ce serait quand même difficile de venir gagner à Oloron. 

 

Je m’en souviens

 

J’avais dit  » il va quand même falloir venir se le peler « . Il n’y a que les deux gros pour le moment qui ont gagné à Oloron, c’est Albi et Tarbes. On va recevoir Lannemezan, on va recevoir Bagnères, Graulhet, Mauléon et je peux vous dire qu’il va falloir se peler pour venir gagner à Saint-Pée, ça, c’est sûr. 

 

Le rendez-vous est pris, le message sera envoyé clairement et on se donne surtout rendez-vous dès aujourd’hui pour un beau match de rugby entre Tarnais et Béarnais. 

 

Pas de souci, merci beaucoup

 

 

 

 

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