#Rugby -Fed1 / Un homme un match : SCA Vs FCO (Xavier et Philippe Rieuneau)

Le #MagSport -Radio Albigès est aujourd’hui en compagnie d’une fratrie jaune et noire, les frères Rieuneau, pour notre série d’article  » Un homme, un match « . Philippe et Xavier Rieuneau nous narrent avec passion leur confrontation avec le FC Oloron lors de la saison 91/92 à une époque ou béarnais et Tarnais étaient des frères ennemis de l’ovalie hexagonaleLes deux frangins nous livrent en outre leur vision du rugby actuel et du Sporting Club Albigeois, un club qu’ils gardent chevillé au corps.

 

Philippe me fait signe que ce serait plutôt  » Deux hommes, un match « . C’est exceptionnel parce qu’effectivement, on remonte un peu loin en arrière. On va être sur la saison 91/92 et sur un match aller à Oloron et un match retour à Albi, un match gagné à domicile pour Oloron et Albi leur a rendu la pareille chez eux face à Oloron qui était venu en leader. Messieurs, vous allez rebondir l’un sur l’autre. Je pense que c’est un peu dur de se remémorer mais on va commencer par le registre des satisfactions. Xavier, Albi gagne 22 à 0 alors qu’Oloron arrivait en tant que leader ? 

 

Xavier Rieuneau: Oui, j’ai peu de souvenirs de ce match là. Je pense qu’à l’époque, le paquet d’avants avait fait un gros match, on avait un 5 de devant assez dense qui avait dominé son rival. 

 

Par contre, pour toi Philippe, ce match est un peu un mauvais souvenir puisque tu te blesses ? 

 

Philippe Rieuneau : J’en ai un mauvais souvenir même si, cette saison-là, on était sur une dynamique très positive au moment de recevoir Oloron qui était le leader. On devait absolument gagner pour sortir et jouer les barrages du Groupe A. Et, effectivement, on avait à cœur de faire un gros match ce qu’on a fait ce jour-là sauf que j’y ai laissé des côtes et ma saison s’est finie lors de ce match-là. En tous cas, ça m’a empêché de finir la saison en beauté avec mes camarades puisqu’on a vécu une saison qui était très riche et très palpitante. 

 

Oui, avec des phases finales dont on reparlera peut-être plus tard. Si on reste un peu sur ce match retour gagné, Xavier, tu m’as confié une petite anecdote ? 

 

XR : Oui, une anecdote par rapport à Jean-Marc André,  » Citron « , qui avait marqué. Mais en fait, je ne suis pas sûr que ce soit lui qui ait marqué ce jour-là parce qu’il l’avait fait plus d’une fois. Quand, à l’époque, on marquait un essai collectif par les avants, il se débrouillait toujours pour ressortir avec le ballon ! Il se mélangeait aux avants et il sortait toujours avec le ballon donc le speaker annonçait :  » essai de Jean-Marc André « . 

 

PR : Il avait bien raison de le faire parce qu’à l’époque, il n’y avait pas la vidéo et on ne pouvait effectivement pas contrôlé qui franchissait la ligne avec le ballon. 

 

Pour nos lecteurs, je rappelle qu’il y avait 3 essais d’André, enfin, 3, on ne sait pas, un essai de Cadalen et un essai de Lorenzin. Trois essais, trois blessés, Philippe, Denardi et Barck en fin de match. Xavier, tu avais été cité sur la Dépêche comme étant un des hommes du match. Par contre, on va un peu évoquer le match aller où là, c’était un peu le contraire ? 

 

XR : Effectivement, j’ai eu une saison riche aux tirs au but mais Oloron a été, ce jour-là, le trou noir. Et, j’ai une anecdote : le seul souvenir que j’ai de ce match-là, c’est que j’avais un tee-shirt fétiche à l’époque. Et, quand je suis arrivé dans les vestiaires, Eric Ménal pourra vous le confirmer, j’ai déchiré mon tee-shirt. Je ne l’ai plus jamais revu, il est resté à Oloron. Le seul souvenir que j’ai, c’est que ça s’est joué en plein mois de Décembre et qu’on avait joué dans un bourbier à Saint-Pée. A l’époque, on jouait avec des ballons en cuir et les transmissions étaient très compliquées. Donc, effectivement, ce n’était pas les conditions les plus favorables pour jouer demi-de-mêlée. 

 

C’est sûr que, si on voit les ballons d’aujourd’hui et les ballons d’avant-hier, ce ne sont pas les mêmes. C’était des ballons en cuir qui se gorgaient d’eau et parfois même d’un peu de boue. 

 

PR : Ils prenaient du poids (rires). C’est peut-être pour ça que tu as raté les pénalités, parce-que le ballon était lourd. 

 

J’évoquais au début la fratrie des frères Rieuneau. Combien de temps avez-vous joué ensemble sous le maillot jaune et noir ? 

 

PR : Moi, j’ai arrêté en 94 donc, 3 ans ? 

 

XR : Oui, moi, je suis arrivé en 1991 pour jouer avec lui. Je suis venu exprès à Albi pour jouer avec lui. Il a été plusieurs fois blessé mais on a réussi à faire quelques matchs 9 et 10, ou 10 et 13 ou 12. Pendant des années, je l’ai effectivement servi en étant 9 et, à la fin de ma carrière, j’ai fini au centre donc, c’est lui qui me servait. On s’est complété. 

 

Toi, Philippe, tu es un pur produit d’Albi ? 

 

PR : Non, je suis arrivé en 1986 de Montauban. J’arrivais de l’USM à l’époque, j’avais fait mon école de rugby à Montauban et je suis arrivé à Albi en 86. 

 

Et toi Xavier, tu venais d’Auch ? 

 

XR : J’ai aussi bien sûr été formé à Montauban jusqu’à junior avec un titre de champion de France. Et après, j’ai joué trois saisons au FC Auch, entraîné par Jacques Brunel qui faisait ses débuts d’entraîneur en 1988. 

 

PR : Avec Serge Mias

 

XR : Et Serge Mias qui était le demi-de-mêlée et le capitaine en alternance avec Stéphane Graou

 

Philippe, dans ta continuité, tu as été éducateur, entraîneur. Tu peux nous en dire un peu plus ? 

 

PR : Disons que j’ai un peu touché à toutes les catégories. J’ai été éducateur à l’école de rugby quand j’étais à Montauban et puis, quand je suis arrivé à Albi, j’ai fait ma carrière de joueur. Sitôt ma carrière de joueur finie, j’ai entraîné l’équipe une avec Thierry Maset, une saison avec Thierry Maset et une saison avec Henri Bethuing. Ensuite, j’ai coupé pendant quelques années pour revenir en cadet puis en junior Reichel il y a quatre ans de cela. 

 

Et toi Xavier, le virus t’a pris ou pas ? 

 

XR : Non parce qu’en fait, moi, j’ai joué jusqu’aux années Béchu, les deux premières finales en tant que joueur. J’ai entraîné avec lui la saison suivante et, pour des raisons personnelles, puisque j’ai eu mon premier garçon, j’ai tout abandonné. Maintenant, je rejoue un peu avec les Croisés pour retrouver quelques copains mais ça s’arrête là. 

 

Outre cette parenthèse sportive, que devenez-vous ? Parce-que parfois, on demande où sont les anciens, par ci, par là. On va commencer par Xavier. 

 

XR : Je travaille au Département du Tarn donc, je suis sur Albi et j’habite à Albi. J’ai deux garçons et, comme je viens de le dire, je vais de temps en temps retrouver les anciens, plus autour d’une bière que sur le terrain, les Croisés. Après, je fais du vélo avec mes collègues du Département et j’ai trouvé maintenant du plaisir à pédaler. 

 

Toi Philippe, tu ne quittes pas le Stadium ? 

 

PR : Non, je ne quitte pas le Stadium puisque mon bureau est au Service des Sports de la ville d’Albi qui se situe dans l’enceinte du Stadium. Donc, effectivement, je reste au contact du Sporting puisque je les côtoie quasiment tous les jours. Je les suis régulièrement puisque, dans le cadre de mon emploi du temps, je suis aussi d’astreinte sur les stades donc je vais aussi voir le Sporting régulièrement. Et puis, de temps en temps, un peu moins que Xavier, j’ai ma licence aux Croisés. J’ai ce qu’il faut, je suis assuré, j’ai ma licence et, quand je peux, je vais essayer de courir. Quand mon corps me le permet parce qu’effectivement, il y a quand même pas mal de séquelles de ma carrière de joueur. 

 

Encore les côtes oloronnaises 

 

PR : Il n’y a pas que les côtes parce-que, s’il n’y avait eu que ça, ça ne serait pas grave mais, tout le corps a chargé. On n’avait pas la même armure qu’ils ont maintenant. Les chocs étaient peut-être moins violents mais ce n’était pas la même préparation physique que les joueurs de maintenant. 

 

C’est certain. On a un peu évoqué Béchu en parlant. Vous, vous avez connu l’amateurisme quasiment pur et dur. Philippe, tu as un petit peu côtoyé les pros avec les cadets/juniors quand il y a eu l’époque Top 14/Pro D2 et encore maintenant. Qu’est-ce que vous pourriez dire des différences qu’il y a entre ces deux époques ? 

 

PR : Déjà, au niveau de l’engagement physique, on est rentré dans une autre planète du professionnalisme avec des joueurs qui viennent par contrats dans les clubs. Effectivement, quand on regarde les équipes qui composaient les années 90/91, c’était une bande de joueurs qui restaient ensemble, pas une carrière mais de nombreuses années, des copains de nombreuses années. En termes de relations, je ne suis pas sûr que les professionnels de maintenant puissent jouer un jour dans les Croisés ou avoir une association d’anciens comme c’est le cas actuellement. Ensuite, au niveau entraînement, on est sur une autre planète. Ils sont à deux entraînements par jour actuellement, nous, on était à 2, 3 entraînements par semaine. Donc en effet, les conditions de pratique n’étaient pas les mêmes d’où des côtes fragiles qui ne sont peut-être pas aussi bien protégées qu’elles auraient pu l’être. Il ne faut pas oublier que quand nous on jouait à l’époque amateur, à l’époque, je ne veux pas faire le vieux guerrier mais, quand on faisait des déplacements à Bourgoin, à Voiron, le lendemain, à 8h, on avait un boulot et c’était un boulot autre que le rugby avec de la récupération et des kinés ou des médicaux autour de nous. Donc, les conditions n’étaient pas du tout les mêmes. 

 

C’est certain. Et toi, Xavier, quel est ton regard ? 

 

XR : Moi, j’ai donc connu la période d’Eric Béchu quand il est arrivé. C’était un peu plus orienté professionnel, on s’entraînait un peu plus souvent, tous les soirs, bien qu’on ait notre métier à côté. Mais, au niveau du jeu par exemple, tout était schématisé, peu d’espaces pour l’improvisation. Il fallait rester dans des schémas de jeu, des schémas sur 5 temps de jeu, maintenant, ils en ont peut-être encore plus. Ça manquait un peu d’improvisation. On avait encore un esprit de groupe, Philippe y faisait allusion, on était encore amateurs donc beaucoup de joueurs étaient du coin, un recrutement un peu plus local. On n’avait pas d’étranger, enfin, je ne crois pas et donc, il y avait quand même une certaine ambiance. Mais la plus belle ambiance, c’est moi quand je suis arrivé à Albi, les années dont on parlait tout à l’heure, les années 91/92. Beaucoup de joueurs avaient été formés à Albi, je pense à Fred Linas, Bruno Lorenzin, Marc Denardi,  » Citron « , Basso. Il y avait aussi Rakas, Philippe Gonzalès, j’en oublie sûrement. Il y avait un bon amalgame entre les anciens, les nouveaux, les jeunes, les avants, les trois-quarts. Je me rappelle que tout le monde se retrouvait le dimanche soir, très festif, et on se retrouvait facilement à 15 joueurs de la feuille de match le soir autour d’un verre. 

 

Aujourd’hui, vous êtes au fait de l’actualité du Sporting. Comment voyez-vous la suite en Avril/Mai ? Philippe ? 

 

PR : Effectivement, on a un regard un peu plus affiné sur le jeu que veut pratiquer le Sporting, qui est un peu plus marqué sur le terrain. Alors, je ne sais pas si l’opposition est moindre mais les joueurs sont beaucoup plus concernés, quelle que soit l’opposition. Ils ne lâchent pas les points, la preuve, le match d’Oloron. L’année dernière, ça s’était soldé par une défaite à Oloron, cette année, on n’a pas lâché le morceau et on est allé s’imposer à Oloron. Je pense que, dans l’esprit des joueurs, ils sont un peu plus matures dans la gestion du jeu. On a l’impression que, dans le contenu, c’est beaucoup plus affirmé, on va dire. J’ai bon espoir, en plus, le titre de N°1 National ne peut que renforcer cette idée-là. Et je pense que cette année, il faut qu’on aille au bout. De toute façon, on ira au bout. 

 

Xavier, tu es plus un spectateur, un supporter ? 

 

XR : Oui, plus un spectateur. Pour moi, c’est ce championnat qui est un peu dommage parce qu’on a quelques matchs importants dans la saison. Après, il y a trop de différences, par exemple, Graulhet, qui est une équipe amateur et Albi, dont on peut dire que c’est une équipe professionnelle. Donc, il y a quelques matchs importants, il y aura Blagnac, Tarbes et après les phases finales. Les phases finales, c’est un coup de dés, je souhaite de tout mon cœur que, cette année, le dé tombe du bon côté pour le Sporting et pour nous. On jettera les dés, voilà. 

 

Je vous remercie tous les deux d’être venus et de nous avoir gagé un peu de temps dans vos vies professionnelles et privées. 

 

XR et PR : Merci Didier

 

 Propos recueillis par Didier Revellat

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