#Rugby – Fed1 / C.Cazaux (Bagnères): «On va essayer de jouer, de rivaliser avec nos forces!»

Alors que le sporting club albigeois, se déplace ce dimanche , lors de la 12 eme journée de fédérale 1 , a Bagnères-de-Bigorre, nous nous sommes entretenus avec l’un deux coachs des hauts pyrénéens Christophe CazauxPour celui qui a tout connu sous les couleurs blanches et noires stadistes, ce match face à des albigeois qui caracole en tête, est un réveillon avant l’heure ses hommes vont pouvoir s’étalonner et qui sait faire vibrer Cazenave comme à la grande époque.

 

Crédit photo DDM

 

Christophe, vous formez cette année un duo avec David Fourtanet au Stade Bagnèrais. Pour ce club pyrénéen qui, comme tous les clubs pyrénéens, prône des valeurs de convivialité et de fraternité, faire la paire avec quelqu’un avec qui vous avez de grandes attaches amicales, c’est quelque chose de prépondérant ? Surtout en plus pour un objectif maintien, comme c’est le cas pour le Stade Bagnèrais, qui est une aventure pas comme les autres ? 

 

Exactement. On est un club assez famille, on le revendique. Entraîner avec David, avec qui j’ai joué pendant mon enfance et après également en adulte et on s’est aussi retrouvé dans le même service à la mairie, on est vraiment liés. On partage notre passion avec l’équipe fanion du Stade Bagnérais et, comme vous le dîtes, dans l’objectif maintien qu’on s’est fixé et qu’on espère relever. 

 

L’amitié n’est pas de trop dans ce genre d’objectif ? 

 

Ah non parce-que là, on est tous dans le même bateau. Il faut qu’on aille tous dans le même sens et c’est très important de bien s’entendre et d’être bien liés pour y arriver. 

 

Avant de parler de ce match entre Albi et le Stade Bagnèrais, qui va être un grand happy end pour votre club avant les fêtes de Noêl en recevant l’ogre de la poule, on va parler du Stade Bagnèrais. Il y a quelques années encore, avant la réforme de la Fédérale 1, le Stade Bagnèrais, tout comme Oloron ou d’autres clubs pyrénéens, tenait le haut du pavé en Fédérale 1. Maintenant, avec l’arrivée des clubs professionnels en Fédérale 1, il y a eu un renversement des pôles. Comment la base, les supporters vivent cet état de fait ? Parce qu’on l’a vu à Oloron, certains sont un peu pantois. 

 

Il y a des supporters qui aiment bien parcourir les phases finales. Et c’est vrai que là, il y a des déçus parce-que c’est compliqué pour accrocher le Du Manoir. Mais, il y a quand même cet engouement avec les gros clubs justement comme Albi. Nous, on a Tarbes à côté donc, revoir des Stado-Bagnères a fait plaisir à beaucoup d’entre nous. 

 

Ou aussi des Bagnères-Lannemezan qui valent leur pesant de cacahuètes ? 

 

Tout à fait mais, Bagnères-Lannemezan, on se rencontrait déjà, on fait partie de la même division. Maintenant, avec la suppression de la poule Elite, on a retrouvé Tarbes. Pour nous, c’est quand même gratifiant, comme de jouer Albi. Venir jouer Albi au Stadium, ce sont aussi de sacrés objectifs qu’on se fixe contre ces équipes-là. Après, c’est qu’on ne lutte pas dans la même catégorie, on le sait et ça nous enlève ce petit parfum de phases finales qui est quand même alléchant pour tout passionné de rugby. 

 

Et puis, quand il y a des grosses équipes qui viennent, comme Tarbes ou Albi ou voire d’autres, Cazenave retrouve son lustre d’antan. Parce qu’à Cazenave, des parties de manivelles, il y en a eu d’épiques ? 

 

C’est ça. Les supporters de Bagnères ont quand même été habitués par le passé à voir et surtout supporter de grosses équipes. Ca fait penser au passé, les nostalgiques sont contents. Moi, je trouve que cette division est peut-être déséquilibrée, notamment en termes de moyens et de moyens humains et c’est ça qui nous fait peur à nous en tant qu’entraîneurs mais après, elle est quand même agréable à jouer puisque ce sont des clubs prestigieux. 

 

On le dit souvent pour des équipes comme Bagnères où il y a des top team qui arrivent, ce sont souvent des semaines faciles pour les coachs parce-que vous n’avez pas besoin d’activer de leviers de motivation ? 

 

C’est ça. Là, tout le monde est prêt, un peu comme quand on joue des derbys, tout le monde veut jouer. 

 

Là, il n’y a pas besoin de leur rappeler leur entraînement ? 

 

Non, c’est bon, là, tout le monde était au parfum. Et pourtant, on a eu une semaine très, très compliquée avec des conditions atmosphériques épouvantables. 

 

Oui, j’ai vu hier une photo sur les réseaux sociaux ou c’était quand même assez dantesque. 

 

Hier soir, on s’est entraîné avec tempête de vent, tempête de pluie. On a quand même fait plus d’une heure sous la pluie, dans les flaques d’eau. 

 

Après le boulot parce qu’il faut le rappeler, vos joueurs sont pluriactifs. Pour tous, c’est après le boulot qu’ils sont venus défier la météo ? 

 

Tout à fait. Si je reprends l’emploi du temps d’hier soir, ils sont arrivés à 19h. Jusqu’à 19h15, ils ont vu une vidéo sur Albi, après, on est passé jusqu’à 20h30 sur le terrain. Et là, on n’en déroge pas, qu’il pleuve, qu’il vente, on est sur le terrain. On le prépare le plus sérieusement possible parce qu’il faut se mettre à la hauteur d’Albi. Il faut quand même qu’on soit plus sérieux que sur les autres matchs et on a fait, je pense, ce qu’il faut pour être prêt. 

 

En parlant d’entraînement, une semaine type pour le Stade Bagnèrais en termes d’entraînement, cela s’articule comment ? Sans rentrer bien sûr dans le secret des dieux, on ne vous demande pas de nous donner le tableau noir ! 

 

Non, non, ne vous inquiétez pas (rires)

 

Je ne m’inquiétais pas, je me doutais bien que je ne vous aurai pas avec cette ruse-là

 

Le lundi soir, ils ont de la récup avec notre partenaire Aquensis à Bagnères, qui est un centre thermo-ludique. Certains joueurs peuvent s’y rendre à partir de 18h. Le mardi, à 19h, il y a entraînement donc, généralement, on fait un retour sur le match du week-end et après, on se projette de suite dans le match qui va arriver. Jeudi, c’est un retour en vidéo sur l’équipe qu’on va jouer le dimanche avec le plan de jeu détaillé et la répétition, une répétition avec une opposition généralement le jeudi soir. Le vendredi soir, c’est la mise en place avec, comme on l’appelle, le  » Capitaine Run « . C’est le capitaine qui prend un peu ses hommes, qui leur fait faire les touches et les mêlées et les lancements qu’il souhaite. Et le dimanche matin, on se retrouve à 10h30, 11h pour, on appelle ça, une mise en train. 

 

Un réveil musculaire ? 

 

Pas forcément autour du ballon de rugby, on peut le faire sous forme de déverrouillage des articulations. On mange ensemble et on attend 15h tranquillement. 

 

Le nerf de la guerre

 

Voilà, c’est ça. 

 

On a eu écho qu’à Graulhet, pour préparer le match qui était importantissime face à Fleurance, les joueurs avaient demandé d’eux-mêmes aux coachs un jour d’entraînement supplémentaire, faisait des concessions sur leurs vies familiales et professionnelles. Ça vous arrive aussi à Bagnères qu’il y ait des joueurs qui soient demandeurs d’aller un peu plus loin pour essayer de combler le déficit d’entraînement, je parle bien sûr en temps, qu’ils ont par rapport aux pros ? 

 

Ça ne nous est pas encore arrivé mais on est très à l’écoute de leurs ressentis et de leurs besoins. La parole n’est pas unique, il n’y a pas la parole des entraîneurs point final, il y a aussi un échange qu’on a avec eux au quotidien, toute la semaine. Donc, ce n’est pas arrivé mais, s’il faut y arriver, on le fera. Le décrassage du dimanche matin, c’est aussi en fonction de leurs souhaits. On essaie de les mettre dans les meilleures conditions pour le dimanche à 15h. 

 

J’imagine que lundi, vous avez du épier et regarder le match d’Albi contre Tarbes. Qu’est-ce qui vous a le plus impressionné ? Un peu comme Henry Broncan, le rouleau compresseur qu’est le Sporting Club Albigeois devant ? 

 

On le savait déjà parce qu’on les a joués deux fois l’an dernier et au match aller au Stadium à Albi. Moi, ce qui m’a impressionné, c’est surtout l’opposition qu’avait su mettre en place les Tarbais. Ils ont vraiment été présents sur le secteur défensif. En fait, ils ont contrarié Albi parce qu’ils étaient présents dans toutes les phases de défenses, dans toutes les phases de plaqueurs/gratteurs donc ils ont retardé les ballons aux albigeois et ils ont su les faire déjouer. Ce sont surtout les Tarbais qui m’ont impressionné. Albi sont vraiment au-dessus, on sent que quand ils déroulent, ils passent sur tout le monde. Mais, j’ai bien aimé le comportement des Tarbais. 

 

Les joueurs albigeois ont été très, très surpris et agréablement surpris par l’intensité de ce match. Pour certains, ils ont trouvé que ça tapait très, très fort dans le bon sens du terme. 

 

Quand c’est retranscrit à la télé, je peux vous dire que, quand vous êtes au bord du terrain, vous pouvez multiplier par 10 l’intensité que l’on voit à la télé. Donc, je me doute que ça a du taper très fort mais après, c’est le rugby de maintenant, il y a du défi, l y a du défi physique. C’est grâce à ce défi physique qu’on déséquilibre les défenses, pour après ou les contourner ou les percer. Et les Tarbais se sont vraiment bien accrochés, ils ont répondu présents alors qu’ils avaient en face, et moi je le dis, le Top 1 de la Fédérale 1 car pour moi, Albi est la plus belle équipe, quand on voit les autres matchs à la télé. Donc, rivaliser avec Albi, c’est déjà un grand pas de fait dans la construction de son jeu et de sa saison. 

 

Tout ogre a un défaut dans la cuirasse. Albi, comme toutes les équipes, en a quelques-uns. L’année dernière, on avait vu que des équipes comme Saint-Jean-de-Luz qui savaient jouer dans le désordre, avaient réussi à mettre de la folie dans un rugby pro très normé, très huilé, très mécanisé. Parfois, ça pouvait déstabiliser les Albigeois. Ca peut-être une des cordes à votre arc ce dimanche ? Ou ce n’est pas dans l’ADN du club de jouer dans le désordre ? 

 

Nous, on aime toutes les formes de jeu notamment le jeu offensif puisque le jeu de Bagnères, je vous le rappelle un peu, c’est le jeu léché des Jean Gachassin, Aguirre ou Beltranne. C’est un peu l’image qu’ils nous ont inculquées. Maintenant nous, toute proportion gardée, on essaie de prôner ce jeu-là aussi mais après, je vous rappellerai que, quand Albi a été embêté ? Quand ils ont eu des conditions défavorables contre eux c’est à dire terrain gras, impraticable ou conditions épouvantables. C’est ce qui s’est passé l’an dernier à Nafarroaou même contre Saint-Jean-de-Luz. 

 

Contre Saint-Jean-de-Luz, non, le terrain était très bon. On était allé le commenter, il faisait un soleil radieux à Kechiloa

 

D’accord

 

Normalement, il devrait faire beau à Bagnères ce dimanche ? 

 

Ils annoncent très beau, il devrait faire très beau dimanche. Donc, ils ont les conditions pour déployer leur jeu et nous, on va essayer de jouer, de rivaliser avec nos forces, de les empêcher de déployer leur jeu et on tiendra ce qu’on pourra. Je sais que les garçons mettront tout en œuvre pour s’accrocher le plus possible. 

 

On ne doute pas de la bravoure du rugby pyrénéen, Albi en fait l’amère expérience l’année dernière à Oloron et à Nafarroa. Et beaucoup de joueurs alibigeois hier en conférence de presse craignaient le match piège par excellence. 

 

Je ne pense pas. Franchement moi, je les sens cette année, d’ailleurs on en avait parlé avec Arnaud Méla au match aller, sûrs de leur force et bien concentrés vers leur objectif qu’ils ont à atteindre, c’est à dire la Pro D2. Et je ne les sens pas cette année trébucher comme ils ont pu trébucher l’an dernier en phase de poule. 

 

Pour Bagnères, votre objectif au long court est le maintien et plus si affinités. Si vous pouvez accrocher les phases finales, c’est tout le mal qu’on vous souhaite et ça ferait grand plaisir à tout le peuple de la vallée bagnèraise. Il y a des matchs comme Albi qui, je l’ai bien compris, sont comme un bonbon au miel, ce n’est que du bonus. Mais, il y a d’autres matchs qui vont arriver dès la reprise et que vous avez sûrement cochés. Quels sont les matchs charnières pour le Stade Bagnèrais 

 

Justement, après Albi, on a notre match en retard avec un déplacement à Mauléon. Ca, c’est un match très important et, juste après les fêtes, on a un autre match important avec un déplacement à Graulhet. Ce sont des matchs à double enjeu parce-que, si on arrive à accrocher des points et à gagner, ce serait cerise sur le gâteau puisqu’on ferait la différence avec des concurrents directs. 

 

Surtout qu’un Stade Bagnèrais/Graulhet, il y a 20 ans, ça aurait fait la une du Midol 

 

Tout à fait (rires), quand Graulhet était en groupe A. On va préparer le groupe du mieux possible pendant ces matchs-là. Après, la saison est encore longue puisqu’on a toute la phase retour à assurer. L’objectif N°1, comme on l’a dit en début d’interview, c’est le maintien. Nous, on aimerait l’avoir le plus tôt possible pour aller chercher une 6e place mais là, avec notre première partie, ce sera je pense compliqué

 

La victoire du week-end dernier a quand même vraiment duêtre salutaire et faire pousser un grand  » ouf  » de soulagement ? 

 

Il fallait, Pamiers est aussi un de nos concurrents directs donc, on ne pouvait pas se permettre de perdre et surtout à Bagnères

 

Pamiers, s’il se ressaisit, ne peut peut-être pas être un concurrent direct qui peut monter plus haut ? On l’avait vu en début de saison, ils avaient fait un début de saison assez tonitruant mais là, ils ont l’air d’un peu  » piocher « . 

 

Oui, Pamiers est un concurrent donc, il faut qu’on le prenne sérieusement. On l’a pris le plus sérieusement possible mais, pour moi, ce n’est quand même pas une équipe qui encore à sa place puisqu’ils ont quand même beaucoup de joueurs ex-pros ou de professionnels qui sont encore en activité chez eux. Pour moi, ils vont remonter rapidement au classement. 

 

D’accord. Il ne manque plus maintenant qu’à vous donner rendez-vous dimanche pour ce match entre Bagnères et Albi en espérant qu’aux pieds des Pyrénées, on ait une belle fête du rugby. 

 

Oui, en espérant que tous les voyants soient au vert surtout la météo, parce-que là, on vit des jours exécrables avec des tempêtes de vent et de pluie. Et de recevoir Albi dans les meilleures conditions. 

 

 Propos recueillis par Loïc Colombié

 

 

 

 

 

 

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