#Rugby – Fed1 / O.Pujo (Bagnères) : «Donner du fil à retordre à Albi.»

Nous sommes allés du côté de la Bigorre , à la rencontre de l’inoxydable Capitaine du Stade Bagnérais ,Olivier Pujo. Cet enfant de la vallée, élevé à la mamelle du rugby pyrénéen, à bientôt 38 printemps, s’éclate dans cette fédérale 1 qui s’arme et se professionnalise. Capitaine emblématique, d’un club qui a façonné l’histoire de ce sport, Olivier Pujo a quelques heures de recevoir l’ogre albigeois, veut porter haut sur le pré les couleurs et les valeurs du Stade Bagnèrais.

 

Crédit photo NRPyrenees.fr

 

Olivier, sans vous manquer de respect, on peut dire que vous êtes un des vieux grognards du Stade Bagnérais. Vous avez fait toute votre carrière dans le rugby bigourdan, au début à l’école lannemezanaise et maintenant à Bagnères-de-Bigorre. On peut allégrement vous appeler un étendard de ce rugby pyrénéen ? 

 

Je ne sais pas (rires). Même avant d’aller à Lannemezan, j’avais fait l’école de rugby à Bagnères donc c’est un peu le retour aux sources. J’ai fait un peu le tour du rugby bigourdan et ça fait plaisir maintenant d’accueillir des équipes comme Albi, même si on n’est vraiment pas à votre niveau mais ça plaisir de jouer contre des équipes comme la vôtre. 

 

Avec Lannemezan, vous avez un petit peu connu la Pro D2 pendant une saison. Puis après, vous êtes un de ces joueurs qui a toujours connu la Fédérale 1. Au jour d’aujourd’hui, comment jugez-vous cette Fédérale 1 par rapport au début ? Elle a quand même bien, bien, évolué ? 

 

Oui, elle a bien évolué. J’avais aussi joué en Pro D2 un peu à Tarbes, à mes débuts. 

 

Le tryptique a été fait : Lannemezan, Tarbes, Bagnères. C »est bon, toutes les cases ont été cochées ? 

 

Exactement. Donc, j’avais joué en Pro D2 à Tarbes pendant 3 ans. D’ailleurs, j’avais rencontré Arnaud Méla qui à l’époque jouait à Tours, c’était aussi ses débuts. 

 

Avec Mr Anturville à l’époque comme manager

 

Oui, exactement. C’est vrai que cette Fédérale 1, elle a progressé depuis 15 ans parce-que je pense qu’elle arrive quasiment au niveau de la Pro D2 d’il y a 15 ans, avec des équipes professionnelles, des joueurs préparés et un système de jeu mis en place avec des staffs qui étudient les équipes adverses. Donc, ça a beaucoup évolué, c’est bien pour les jeunes joueurs, ça peut être un tremplin pour eux pour avoir des possibilités pour aller plus haut. 

 

Il y a 10 ou 15 ans, vous auriez pensé que la Fédérale 1 serait un jour sur la chaîne l’Equipe et ferait 500 000 téléspectateurs tous les week-ends ? 

 

Non, c’est sûr que non (rires). Ça fait plaisir que ça se développe, que ce soit médiatisé comme ça parce-que, comme je vous le disais, ça peut être un tremplin pour certains joueurs et puis, pour les anciens comme nous, ça fait plaisir de passer quelques fois à la télé. Ça met un peu en valeur et même pour le club, pour la ville, c’est sûr que c’est valorisant et que ça fait plaisir. 

 

Je ne vais pas vous rajeunir. Vous parliez d’Arnaud Méla joueur, ça fait quelques années qu’il a raccroché les crampons. Vous allez avoir 38 ans le 28 Décembre, qu’est-ce qui vous passe à encore avoir la flamme pour continuer à ferrailler dans les rucks en Fédérale 1 ? 

 

Déjà, j’ai le plaisir d’aller m’entraîner et de rentrer le dimanche sur le terrain même si le lundi et le mardi, c’est de plus en plus difficile (rires). Mais bon, après on oublie. 

 

Ca couine un peu le lundi matin au réveil ? 

 

Oui, ça couine un peu (rires). Mais, quand on joue des matchs tous les week-ends, qui plus est contre Albi, quand on rentre sur le terrain, on oublie tout ça. Cette année, on a eu la chance comme vous l’avez dit de passer à la télé, c’est vrai qu’on a la flamme. Et puis, à Bagnères comme dans d’autres clubs, il y a des valeurs et de bons jeunes qui arrivent. Ce sont des expériences donc, pour l’instant, j’ai encore envie de ferrailler un peu. 

 

En plus, vous portez  quand même un maillot qui est mythique. Le Stade Bagnèrais n’est pas un club qui est né de la dernière pluie, c’est un club qui a une histoire illustre. Ça donne aussi un supplément d’âme de porter ce blason ? 

 

Oui, bien sûr, c’est quand même une fierté. A tous les matchs à Bagnères, depuis cette année, il y a des anciens qui viennent donner le coup d’envoi. 

 

Et puis vous en avez quand même quelques illustres anciens. Je pense à Roland Bertranne mais il y en a d’autres. 

 

Justement, l’équipe de 79 est venu donner le coup d’envoi il y a 15 jours. Il y avait Roland Betranne et Jean-Michel Aguirre pour ne citer qu’eux mais c’est vrai que, même si on n’est pas à leur niveau, loin de là, il faut quand même essayer de montrer que le Stade Bagnèrais perdure, à notre niveau. Il faut se souvenir des anciens et faire le maximum, déjà par rapport à eux, même si, encore une fois, on est loin d’être à leur niveau, au niveau auquel ils étaient. 

 

En parlant de niveau, le fait qu’il y est maintenant des écuries professionnelles qui soient en Fédérale 1 a un peu rebattu les cartes. Il y a quelques années encore, que ce soit le Stade Bagnèrais, que ce soit Oloron, que ce soit des clubs comme La Seyne qui est maintenant en Fédérale 2, vous étiez quand même des clubs qui tenaient le haut du pavé en Fédérale 1. Vous, en tant que vieux briscard de ce groupe, avec les jeunes du Stade Bagnèrais, vous êtes un peu la transition qui fait la passerelle entre ces deux temps ? 

 

Oui, un peu. J’en ai l’exemple il y a 10 ans avec Lannemezan, on a été champions de France avec Lannemezan du coup, on est monté en Pro D2. Maintenant, une équipe comme nous, une équipe comme Oloron, ce n’est plus possible. C’est vrai que c’est une Fédérale 1 à deux vitesses mais, comme je le disais tout à l’heure, c’est le rugby de cette division qui se développe et c’est bien. C’est bien pour les équipes qui peuvent prétendre monter, qui se préparent bien à ce niveau, je pense. On a vu Nevers qui a mis du temps à monter et qui est maintenant bien installé en Pro D2. 

 

Qui était venu en avion à Bagnères une fois ? 

 

Oui, tout à fait. 

 

Ça avait fait quand même couler de l’encre dans la Vallée ? 

 

Exactement (rires). Donc, ça permet aux grosses équipes de pouvoir se préparer même si je pense qu’Albi n’a pas tous les week-ends une opposition qu’elle devrait avoir pour se préparer pour la suite. 

 

Albi est un peu la bête à abattre tous les week-end, tout le monde veut les faire trébucher. On avait vu à la télé que Bagnères avait failli faire trébucher les Ours Tarbais. Ca a sûrement du vous donner de la suite dans les idées surtout que là, vous êtes en dynamique ? Vous avez battu Pamiers le week-end dernier, vous êtes sortis de la zone de relégation, vous avez pris une bouffée d’air frais. Albi a fait le plus dur face à Tarbes, il y a toutes les conditions pour faire un petit guet-apens aux Albigeois ? 

 

Il est sûr qu’Albi est vraiment au-dessus de nous. A Tarbes, le contexte était différent parce-que c’était un derby, il faisait mauvais et je pense que ça nous a pas mal avantagés. On va préparer Albi comme il faut, de la meilleure manière possible, on sait que ça sera très, très compliqué. Mais une chose est sûre, c’est qu’on va donner le maximum, qu’on va se battre jusqu’au bout. Après, on verra comment on peut s’en sortir mais on va donner le maximum et j’espère qu’on arrivera quand même à donner du fil à retordre à Albi. 

 

On n’en doute pas. Je pense que, côté albigeois, les joueurs s’attendent à une réception comme il se doit. En plus, c’est un match qui va être suivi par une autre équipe tarnaise. Je pense à Graulhet qui va suivre de manière assidue le résultat de Bagnères parce-que ce sont des mano à mano avec Graulhet, avec Oloron, avec d’autres clubs comme Fleurance ou Pamiers ? 

 

Oui, tout à fait. On est en concurrence directe avec ces équipes mais, pour l’instant, notre objectif c’est dimanche. Faire le maximum que l’on puisse et n’avoir aucun regret. De toute façon, nous, on a rien à perdre donc, on va se lâcher, donner le maximum, être présent en défense. Après, je ne veux pas tout dévoiler non plus (rires). 

 

Je comprends bien, vous n’allez pas nous donner les secrets du tableau noir

 

Non, tout le monde écoute (rires). Blague à part, nous on va donner le maximum et essayer de … 

 

Porter haut les couleurs du club ? 

 

Voilà. Nous, on a rien à perdre, on va essayer de porter haut les couleurs de Bagnères pour aussi faire plaisir aux spectateurs et à toute la ville. Parce-que c’est un honneur de recevoir Albi, de recevoir des équipes comme ça donc, on ne peut pas galvauder ce match. Donc, on va faire comme je vous l’ai dit, le maximum. 

 

On l’a compris, vous êtes un enfant du rugby pyrénéen. Si on pouvait faire un résumé de ce dernier, quel serait-il, quel est l’ADN et quelles sont les valeurs qui, pour vous, caractérisent ce rugby pyrénéen ? 

 

Par rapport à l’ancien temps dont en parlait, c’est vrai qu’il y avait toutes les équipes du rugby pyrénéen en haut du tableau 

 

Qui claquaient des genoux pour aller dans les Pyrénées ? 

 

Et oui. Ca, ça a bien changé parce qu’autant que Tarbes que nous que Lourdes en Fédérale 2, le rugby pyrénéen est un peu en perdition mais on essaie quand même de nous battre à notre niveau et ne rien lâcher tous les week-end même si c’est certaines fois plus compliqués. Mais, on essaie quand même de véhiculer ces valeurs avec aussi Lannemezan que j’ai oublié de citer. C’est un peu partout pareil dans ces clubs mais on essaie, encore une fois à notre niveau, de faire perdurer ces valeurs de combat, d’amitié. 

 

De convivialité et de fraternité ? 

 

De convivialité, oui, tout à fait. 

 

En clair, si j’essaie de résumer vos propos, un rugby peut-être un peu en perte de vitesse et encore, ce serait à prouver, mais qui garde son âme ? 

 

Voilà, je pense que c’est un bon résumé. 

 

Maintenant, il ne nous manque plus qu’à vous donner rendez-vous sur le terrain, nous dans les tribunes presse, vous sur le terrain. On vous souhaite de nous montrer le meilleur visage de Bagnères en espérant que les Albigeois en feront autant et qu’on aura une belle partie de rugby dans ce stade mythique. 

 

Tout à fait. Merci beaucoup à vous de nous donner un peu de temps de parole, à nous les petits clubs. Et moi, je souhaite qu’Albi remonte. Je pense qu’ils auraient dû remonter l’an dernier donc, j’espère que ça sera pour cette année. 

 

Vous remuez le couteau dans la plaie mais ça fait plaisir à entendre. 

 

Non, non, ce n’est pas remuer un couteau dans la plaie. J’espère vraiment qu’ils vont remonter cette année. 

 

Je plaisantais. C’est un soutien qui sera apprécié comme il se doit. Merci beaucoup Olivier et à très bientôt. 

 

Merci à vous

 

 

Propos recueillis par Loïc Colombié

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s