#Rugby – Fed1/ Stado Vs SCA: L’analyse d’Henry Broncan .

Le sorcier gersois, ancien coach du Stado Tarbes et du Sporting Club Albigeois, Henry Broncan, nous a livré son analyse sur là rencontre qui a opposé ses deux anciens clubs . Présent au Stade Maurice Trélut, « Papy Broncan » comme l’appelle affectueusement les supporters a été impressionné par la puissance et la profondeur de banc dégagé par les albigeois , face à une équipe de Tarbes qui n’a pas rechigné à relever le défi proposé par les joueurs d’Arnaud Méla. Entretien avec un observateur éclairé d’un sport et de deux équipes qu’il aime par dessus tout.

 

 

Henry, dans la presse, on avait beaucoup parlé de ce match avant qu’il n’arrive, on l’avait annoncé comme un choc. Cela n’a pas été les grandes envolées, cela n’a pas été  » la balle à l’aile, la vie est belle « , c’est normal, on est en plein mois de Décembre. Ça a été un vrai défi physique entre deux gros packs ? 

 

Oui, entre deux équipes complètes d’ailleurs. C’est vrai que derrière, on n’a pas vu de grandes envolées mais il faut savoir que les défenses étaient extrêmement bien en place, que c’était un petit peu dangereux de se lancer dans l’offensive à tout va. On a vu un vrai match de championnat, un match très âpre qui aurait peut-être pu basculer mais les meilleurs ont gagné cette rencontre-là malgré des efforts extraordinaires de l’équipe de Tarbes, que j’avais vu quelques temps auparavant à Lannemezan et qui était méconnaissable, bien meilleure que celle que j’avais pu voir et qui avait d’ailleurs été très décevante sur le Plateau. On a vu un vrai match de championnat, un vrai match d’hiver, très correct mais très rude. 

 

Dans sa réaction, Yannick Vignette nous disait que, le fait que Maxim Escur soit passé d’une équipe à l’autre avait peut-être fait basculer le match puisque le pack albigeois l’a un peu emporté sur celui de Tarbes ? 

 

Oui mais il faut savoir qu’il n’y a pas qu’Escur à Albi. Il y a le pack d’avants et surtout, j’ai été impressionné par les remplaçants aussi. C’est une équipe où les joueurs qui rentrent sont aussi bons que les joueurs qui sortent alors que Tarbes n’a pas ce luxe, d’avoir des remplaçants au niveau des titulaires. Des Tarbais qui ont été très bons, je le répète, très vaillants, qui se sont jetés, qui ont beaucoup donné mais on sentait que le potentiel d’Albi était quand même supérieur et que cette équipe d’Albi avait la possibilité d’accélérer quand elle le voulait. Elle a joué avec beaucoup de sobriété, le match qu’il faut pour gagner à l’extérieur. Je crois que les Tarbais ne peuvent s’en prendre à personne, ils ont donné beaucoup mais on sent qu’Albi est un ton au-dessus. 

 

On entendait des supporters râler un petit peu sur les réseaux sociaux parce qu’ils pensaient que si Berbizier avait eu un peu plus de réussite au pied, il y avait possibilité d’accrocher Albi. Vous pensez que Tarbes en avait la possibilité ? 

 

Berbizier n’a manqué qu’une seule pénalité donc, ça aurait pu faire 12 à 9, c’est vrai, une seule pénalité manquée par Berbizier. Et il est vrai que Boulogne de son côté a fait 100%. Mais, il ne faut pas mettre sur le dos de Berbizier, sur le pied de Berbizier, la défaite. La domination a quand même été albigeoise, la grosse occasion d’essai, d’ailleurs l’essai y est mais il y a eu mauvais geste de Nevers à la base qui l’a empêché, mais les seules occasions d’essai ont été du côté d’Albi. Tarbes n’a pas eu d’occasion d’essai durant tout le match en faisant quand même, je le répète, un bon match. Mais c’était très difficile d’écarter parce-que les défenses étaient très bien organisées des deux côtés. Donc, on était à la merci d’un contre et les équipes se sont donc surtout contentées de jouer devant avec des mauls très bien organisés. On sentait que la méthode albigeoise est quand même plus solide, qu’Albi avait vraiment les choses bien en main pendant toute la rencontre. Alors, bien sûr, les adeptes de beau jeu auraient voulu un peu plus d’envolées mais non, c’était un vrai match de championnat. 

 

A la fin de la saison, on ne retiendra qu’une chose : c’est qu’Albi est allé gagner à Tarbes. L’an dernier, Albi avait perdu de peu à Tarbes, on n’avait retenu qu’une chose, c’était la défaite. Là, on ne retiendra que la victoire. Dans ces matchs d’hiver, il faut aussi savoir faire le job ? 

 

Contre un bon Tarbes, attention. Ce n’est pas une petite victoire d’Albi, c’était un bon Tarbes. C’est vrai que, quand on voit les 3/4 d’Albi, on peut regretter un petit peu que des Pètre, que des Mafi, les ailiers Nabarro et l’autre, soient peut-être utilisés avec parcimonie. Mais, c’est toujours le vainqueur qui a raison au rugby et le vainqueur, c’est Albi. La méthode qui a été utilisée ce jour-là était certainement la bonne puisqu’elle a permis de gagner la rencontre. 

 

Vous pensez que c’est une volonté d’Arnaud Méla d’avoir voulu prendre Tarbes sur le défi physique, sur la conquête ? 

 

Moi, je crois mais je ne sais pas. Je ne connais Arnaud que de réputation, je l’ai salué avant le match et j’étais très heureux de le voir. D’ailleurs, j’étais très heureux de voir le président Roumégoux et son équipe, j’étais bien entendu très heureux de les rencontrer. Je connais un peu Arnaud Méla quand même, comme joueur, et je sais que cette méthode-là, c’est celle qui lui plaît. C’est celle qu’il a connue dans les clubs qu’il a fréquentés. Bien sûr, ce n’est pas le Stade Toulousain mais tout le monde ne peut pas être le Stade Toulousain. Et ce n’est pas parce qu’on aime le Stade Toulousain qu’on doit forcément imiter le Stade Toulousain. Là, c’est Albi et je le répète, ce qui m’a impressionné, ce sont les remplaçants qui rentrent. C’est le même niveau, l’équipe ne baisse pas de rythme. Actuellement, Albi, c’est du solide. Il faut toujours se méfier bien entendu parce qu’un match de rugby reste un match de rugby, mais j’ai vu Massy, Bourg, Narbonne, des équipes qu’Albi risque de rencontrer, à la télévision et  on ne ressent pas la même solidité dans les autres équipes. A Albi, ça lance en touche, ça a le ballon à deux mains, derrière, où ça injecte ou ça fait des mauls très solides, vous voyez, il y a ça. Et Boulogne, et bien, il gère ça. 

 

J’allais y venir à Kevin Boulogne. Son expérience, le fait qu’il est un certain vécu, c’est un vieux briscard Kevin Boulogne, ça sert quand même dans ces matchs couperet, dans ces matchs serrés ? 

 

Il me surprend Kevin parce-que, je peux le dire, je croyais que c’était la fin et non ! D’abord, je suis étonné par la longueur de son pied parce-que je ne le voyais pas avec un pied aussi long. Et après, bien entendu, il a toujours son métier, c’est un malin, c’est un madré. Et ça correspond très bien au jeu qui est pratiqué par cette équipe d’Albi. 

 

On dira juste qu’avec l’âge, il va un peu moins au charbon mais c’est un peu normal aussi ? 

 

Ils ne l’ont pas manqué, il a pris un tampon en fin de match. Vous savez, il valait mieux qu’il n’y aille pas trop au mastic parce-que je crois que les Tarbais avaient mis au point un système de défense sur lui et ils ne voulaient pas le manquer. C’est normal et c’est de bonne guerre mais, quand ils ont pu l’attraper, ils l’ont attrapé. Mais, c’est quand même quelqu’un qui a un métier énorme et qui est rassurant pour cette équipe-là. Après, ce qu’il y a de rassurant aussi, je le répète encore, c’est derrière ces 3/4 qui ont des gabarits d’avants. On sent qu’en face, on peut essayer de s’envoyer, ça fait mal. 

 

Et puis, mis à part Martin Doan, derrière, ils avaient tous tâté de la Pro D2 ou du Top 14 une fois dans leur vie. Ça montre quand même l’expérience qu’il y a dans cette équipe d’Albi ? 

 

Martin, je m’en souviens très bien quand il était minime, il était d’ailleurs avec le centre Séguret qui est parti à Lyon et qui est maintenant à Mont-de-Marsan. C’était une génération qui était entraînée par Mr Moroni, il y avait une très, très belle génération de minimes à cette époque-là qui montait à Albi. Il a de la qualité mais j’ai vu rentrer Veyrac, j’ai vu rentrer Castans, ce sont des jeunes de 20, 21 ans. Il y a des vieux à Albi, enfin des joueurs mûrs mais il y a des jeunes qui poussent aussi et ça, c’est très bien. 

 

Ça, ça vous plaît ! 

 

C’est très bien, bien sûr que ça me plaît, bien entendu. 

 

La formation, c’est votre dada, on le sait. D’ailleurs, ça doit vous faire bizarre d’entendre un minot (Martin Doan) que vous avez connu minime parler maintenant derrière un micro avec autant de maturité ? 

 

Bien entendu mais Martin a beaucoup de chance d’être dans ce groupe parce-que, ce que je ressens aussi, c’est la solidarité du groupe albigeois cette année. On les sent forts, on les sent unis et à travers les générations, de Matthieu André à Martin Doan justement. On sent qu’il n’y a pas de différence d’âge. Je crois que cet échec injuste de la saison passée à resserrer le groupe. On sent que c’est un moteur, ils ressentent cette injustice et ils veulent la venger, la rattraper. Moi, je les sens forts. Samedi,soir, devant je le répète un très bon Tarbes, en gros progrès, qui s’est envoyé avec une générosité extraordinaire, il fallait gagner à Tarbes et ce qu’on fait les Albigeois était quelque chose de très bien. 

 

Un élément qui corrobore ce que vous dîtes, dans le classement national des réalisateurs, Albi est l’une des rares équipes qui a deux joueurs dans les dix premiers. Et les deux joueurs ne sont pas des arrières, ce sont des avants, c’est Mohsen Essid et Vincent Calas. Cela montre quand même cette surpuissance du pack et du paquet d’avants albigeois ? Et, bien sûr, de l’équipe collective. 

 

Je vois régulièrement des matchs de Pro D2, le pack d’Albi n’a pas à rougir. Sur les centimètres et les kilos, ça y est, peut-être un petit peu sur le rythme mais ça, je pense que les matchs de Pro D2 sont tous à un certain niveau. Dans la poule d’Albi, comme il y a quand même des clubs faibles, qui sont en souffrance, ils y a donc des matchs qui ne sont pas toujours de haut-niveau, là, samedi soir, ça l’était. Alors, il y a des gens qui sont un petit peu déçus, qui voulaient du 4 essais à 3. Là non, c’était un match avec des défenses très bien organisées, je le rappelle. 

 

En parlant de tactique et d’organisation, j’imagine que vous connaissez Yannick Vignette, le coach de Tarbes ? 

 

Non, je ne connais pas Yannick Vignette, il était à Mauléon quand j’étais à Tarbes. 

 

Vous vous êtes croisés sans vous connaître ? 

 

Oui, voilà. C’est quelqu’un que j’ai découvert quand j’ai vu qu’il arrivait à Tarbes la saison passée mais je ne le connais pas du tout. C’est quelqu’un avec qui je n’ai d’ailleurs jamais échangé mais ce n’est pas grave. 

 

Quand on entend les propos de Yannick Vignette après le match, il va dans votre sens. Albi était au-dessus ? 

 

Je crois que c’est la même analyse que la mienne (rires). 

 

Vous ne vous êtes pas croisés mais vous pensez pareil ? 

 

Il a exprimé exactement mon sentiment. Il n’y a rien à jeter dans les paroles qu’il a exprimées, c’est exactement la même chose. C’est moi qui avais fait venir Duny de Normandie à Tarbes, j’ai été très content de voir la performance qu’il a pu faire sur le terrain. Il est certain que derrière, ils ont eu un petit peu de mal à le remplacer. Mais le jeune Marmoiton a fait un bon match. Il faut savoir qu’il vient de Castres, il a été formé au centre de formation de Castres et je l’ai trouvé en progrès parce qu’il m’avait un peu déçu au début de la saison. Là, je l’ai retrouvé, il s’est quand même très, très bien accroché. Ce n’était pas facile, je le répète et c’est vrai qu’Escur a également fait un très bon match. La preuve, tant que la 1ère ligne de Tarbes a été au complet, elle a quand même tenu tête aux Albigeois. C’est tout de même une référence de tenir tête à la mêlée albigeoise. 

 

Pour rester dans la boutade, on sait que cet été, à un moment donné, Duny a failli signer à Albi. Le fait d’être normand a peut-être été rédhibitoire pour lui, ça a peut-être été un poids trop lourd à porter en terre albigeoise ? C’est bien sûr de l’humour. 

 

(Rires) Non, peut-être que ça arrivera, il doit avoir 23 ou 24 ans. 

 

Il a un profil qui plaît à Arnaud Méla.

 

Petit à petit, il est sollicité, je le sais et quand même, des clubs sont sur Duny à l’heure actuelle. Après, à lui aussi de continuer. Il a l’avantage d’être pilier droitier mais aussi gaucher, c’est rare de pouvoir assurer aux deux postes et il le fait. 

 

Il y a un secteur où Tarbes a réussi à  » faire pédaler dans la semoule » Albi, c’est la touche. Albi sont d’habitude impériaux en touche et c’est une touche quasiment stratosphérique. Et là, ils se sont fait contrer quelques fois. Qu’avez-vous pensé de cette touche albigeoise ? Elle était un peu moins huilée que d’habitude ?

 

Encore une fois, ce sont des doléances de riches parce-que quand même, la majorité des ballons, environ 9 sur 10 ont été cueillis à 2 mains par les Albigeois. Ils ont eu un petit peu de mal à s’organiser sur les mauls, enfin, l’arbitre a beaucoup laissé faire sur les mauls. Des joueurs sur le côté, etc, ce n’était pas très net, son arbitrage m’a un petit peu déçu. C’était difficile d’organiser des mauls parce-que ça partait un peu dans tous les sens. Et là, il a un petit peu manqué de sévérité me semble-t-il à l’égard des Tarbais. Mais moi, j’ai vu des prises de balle très nettes de Matthieu (André ) , de Calas. Encore une fois, je trouve vos critiques un peu dures à l’égard de l’alignement albigeois. 

 

Il y en a un autre qui était aussi exigeant que moi, c’était Matthieu André et c’est pour ça que je vous ai entraîné sur ce terrain-là. On l’a eu en interview à la fin du match et il était bien sûr très content d’avoir gagné puisque c’est une étape de plus passée pour le Sporting Club Albigeois dans sa quête de première place nationale. Et passée avec brio parce qu’il fallait y aller, gagner à Tarbes. Mais, il était un peu comme moi, comme il est exigeant, il était un peu chafouinédu fait qu’en touche et sur quelques secteurs, Albi se soit fait un peu bouger par les Tarbais. Nous la presse et les suiveurs avons l’impression que les joueurs ont cette année un curseur d’exigence bien supérieure à l’année dernière où, quand il y avait des copies à moitié réussies ou à moitié remplies, on s’en satisfaisait. Cette année, pas du tout et les joueurs sont souvent dans l’autocritique. C’est quelque chose de positif pour préparer des play-offs et les aventures qui attendent le Sporting ? 

 

Puisqu’on parle de Matthieu André, je le connais très bien puisque je l’avais fait venir du Stade Toulousain à Albi, il y a déjà quelques années. C’est un des plus anciens à part Dedieuqui est bien entendu encore plus ancien que lui. Ce que je veux dire, c’est que Matthieu André a toujours été comme ça. C’est quelqu’un qui a toujours été extrêmement pointilleux, extrêmement exigeant. Et je pense qu’en prenant de l’âge, il l’est encore plus (rires). C’est aussi la qualité de ce joueur-là. 

 

C’est un peu une machine, un ordinateur Matthieu André ? 

 

Voilà, il ne fait de cadeau à personne, il ne s’en fait pas à lui pour commencer. Et c’est très bien qu’il soit comme ça parce-que bien sûr, il ne faut pas s’emballer. Il est certain qu’être premier avec une seule défaite, remporter beaucoup de matchs assez largement, il ne faut pas laisser d’excès de confiance et surtout la suffisance qui est le pire dans le rugby. C’est pour ça que des Arnaud Méla, des Matthieu André, les leaders, Kevin Boulogne certainement aussi ont raison d’être extrêmement exigeants envers eux-mêmes et envers leurs camarades. C’est normal et c’est très, très bien. 

 

Et puis, la volonté du staff est aussi de faire monter ce groupe en puissance au fur et à mesure de la saison, pour arriver au top niveau en Avril-Mai pour les play-offs. Ça ne sert à rien d’être au top en Janvier pour ensuite avoir le creux en Mars-Avril ? 

 

Oui, je vois qu’il fait beaucoup tourner, ça, c’est très bien. Il faut intéresser un maximum de joueurs à la préparation du printemps et des phases finales. Je pense que ça se fait quand même dans la sérénité et c’est très bien. On sent de la sérénité dans cette équipe c’est à dire que, même si les Tarbais avaient réussi à passer devant, Albi avait le potentiel pour accélérer et pour s’imposer là-bas. 

 

Le seul risque pour Albi ou pour les équipes de la poule 3,  ce ne serait pas le manque d’intensité qu’il peut y avoir dans certains matchs ? On va dire la variable qu’il y a, les hauts et les bas par rapport à la poule 2 de Narbonne ? 

 

C’est ce que je disais tout à l’heure, il est certain que dans cette poule, à part Blagnac et Tarbes ça manque d’intensité, même s’il y aura sûrement un match difficile à Lannemezan. Lannemezan a été profondément vexé et je connais pas mal de gens à Lannemezan. Ils ont été terriblement vexés, ils ne s’attendaient pas à une telle raclée à Albi. Mais, sur le Plateau, il y a aura un match intéressant à voir parce-que, sur le Plateau, ce ne sont pas les mêmes. Je ne parle pas de violence, je parle d’engagement physique. Ils ont été blessés dans leur orgueil et le match à Lannemezan sera intéressant, là-aussi, il y aura un bon petit test. 

 

Par rapport au fait que Lannemezan ait été vexé, pour brancher un peu Arnaud Méla qui est de là-bas, je lui ai dit  » ce n’est pas la meilleure façon de faire une déclaration d’amour à ton pays de leur mettre 55 points « , il m’a répondu  » oui mais c’est aussi une forme de respect de jouer un match à fond « . 

 

Bien entendu. Il a tout à fait raison, c’est ça le respect. C’est ça, quand on peut mettre 50 points à une équipe, on lui met 50 points. Et c’est la meilleure façon de les respecter, de leur montrer qu’on les prend au sérieux. Je le comprends mais je me mets à la place des gens de Lannemezan. Quelques-uns m’ont appelé après le match parce-que j’ai vraiment des amis là-bas, ils étaient vexés, ils râlaient. Mais ils n’en voulaient pas à l’équipe d’Albi, ils savaient très bien qu’Albi avait fait son match. Ils s’en voulaient et s’en prenaient à eux-mêmes. 

 

On avait eu Pierre Belzunce à chaud, quelques minutes après le coup de sifflet final. Il avait donné rendez-vous aux Albigeois en leur disant qu’au match retour, les gars du Plateau allaient montrer ce qu’étaient les valeurs du Plateau et leur ADN qu’on ne renie pas puisqu’on connaît l’ADN de Lannemezan. L’année dernière, ils avaient fait une remontada fantastique. 

 

Et ce sera très, très bien.  

 

On a vu samedi d’anciens coéquipiers, rivaux d’un soir mais néanmoins très amis dans la vie, Maxime Escur et Alexandre Duny. Des amitiés comme ça dans le rugby avec des gars qui se font front après sur le terrain, c’est aussi ça qui font les valeurs et les vertus du rugby ? 

 

Ça, on le retrouve surtout chez les piliers. C’est vrai que les piliers qui sont dans le même club travaillent beaucoup ensemble, travaillent souvent en opposition, droitiers/gauchers etc, aux entraînements. Il y a des liens très forts chez les joueurs de la première ligne, ça, c’est incontestable. Je crois que les amitiés les plus profondes se retrouvent chez ces joueurs-là. Souvent, ils n’ont pas l’honneur des journaux et ce sont très souvent des gens humbles parce qu’ils savent très, très bien que les piliers, ce sont eux aujourd’hui qui dominent mais dimanche prochain, ils peuvent être dominés. C’est chaque fois un travail, c’est chaque fois des entraînements, c’est chaque fois des remises en question chez les joueurs qui opèrent à ce poste-là. D’ailleurs, moi, ce sont les joueurs que j’aime le plus, j’adore les piliers et les qualités des piliers. 

 

On a l’impression que, même s’ils ne se connaissent pas et qu’ils s’en foutent plein la courge pendant un match, il y a un respect mutuel qui est inné entre piliers

 

Tout à fait. Vous savez, les entraîneurs commencent toujours leur équipe par la première ligne. Ça prouve toute l’importance qu’ils méritent. Parce-que ce sont des joueurs qui méritent. 

 

Vous nous l’avez dit, vous voyez Albi remonter en Pro D2, vous le souhaitez. 

 

Attention, je ne veux pas qu’Albi tombe dans un excès de confiance. Ils ne le feront pas. 

 

Ne nous portez pas la scoumoune ! 

 

Non, je ne fais pas l’oiseau de mauvais augure. Il faut rester vigilant, méfiant, un match de rugby est toujours une remise en question permanente et il faut rester humble. Albi, je pense, saura restez humble pour aborder les phases finales dans les meilleures conditions possibles. Ce dont je suis certain, c’est qu’il y a du potentiel, qu’il y a du monde, qu’il y a un effectif suffisant et que tout devrait bien se passer. En plus, on sent qu’en cas de blessure d’un joueur, il y a des joueurs qui peuvent prendre la place derrière. Ça, c’est très important parce-que parfois, il y a des équipes qui sont bâties sur deux ou trois individualités. Là, je trouve qu’à Albi, c’est surtout le collectif qui est la force d’Albi à l’heure actuelle et c’est très important parce-que, bien sûr, si on a un joueur dominant qui est blessé, on ne sait plus quoi faire après. Tandis que là, il y a plusieurs joueurs dominants et ça, c’est très bien. 

 

Parlons un peu de Tarbes. Vous les voyez arracher la qualification en Jean-Prat dans ce mano à mano avec blagnac

 

Je pense qu’ils se sont vraiment très bien repris après le gros échec à Lannemezan. Je pense que Blagnac est un petit peu en difficulté malgré les bons résultats qu’ils ont. Après, j’espère bien sûr pour les Tarbais qu’Albi ira gagner à Blagnac. 

 

Vendredi dernier, on avait Christophe Hamacek, le coach de Cognac-St-Jean-d’Angely qui dénonçaient des propos racistes qui sont de plus en plus prégnants dans les stades de rugby. Vous n’avez pas l’impression que c’est un des maux du football qui est en train de s’exporter dans les tribunes de rugby ? 

 

C’est le football qui nous a lancé dans le rugby professionnel, on s’est mis à le suivre un petit peu. J’espère que non, moi, pour le moment, je n’ai pas encore vu ça. Dans notre Gers, ce n’est pas encore arrivé et j’espère que ça ne viendra jamais. Aucun racisme dans les tribunes gersoises, ça, j’en suis certain. 

 

Autre sujet, la place des femmes dans le rugby qui devient de plus en plus prépondérante et qui amène, comme vous l’avez dit, un vent de fraîcheur. L’article et la déclaration que vous nous aviez faits sur le rugby féminin, je tenais à vous le dire, a été très, très apprécié dans le milieu du rugby féminin, on a eu énormément de retours. Vos propos leur sont allés droit au cœur et surtout aux filles de Blagnac. 

 

Quand j’ai vu nos filles battre les All-Blacks, malheureusement elles ont été battues par les Canadiennes en 1/4 de finale à 7, c’était fantastique. J’ai été surpris du jeu, de la détermination de nos petites françaises, qui ne sont pas trop petites d’ailleurs. Elles sont à la fois de très belles et d’excellentes joueuses de rugby, vraiment. C’était magnifique, dans le tournoi à 7 de Dubaï, j’ai pu voir leur match contre les filles des All-Blacks, qui sont elles aussi remarquables, un match avec un super niveau, c’était magnifique. Et que ça continue, et que ça dure. 

 

Et pour finir, où en êtes-vous avec votre équipe de Miélan ? 

 

On a battu Lourdes dimanche dernier, difficilement mais on a battu Lourdes. Et pour Miélan, battre Lourdes, c’est pour nous un exploit. On continue à s’accrocher, c’est dur, c’est dur mais on a des blessés, justement chez les piliers qui sont cassés de partout. S’il y a des piliers du Tarn qui veulent venir dans le Gers, on a un très beau pays, on mange très bien, il y a du soleil aujourd’hui, on les accueillera avec un grand plaisir. 

 

On a eu écho aussi que vous avez croisé les supporters d’Albi et j’imagine ceux de Tarbes car vous avez été coach de Tarbes, vous avez dû laisser le même souvenir que vous avez laissé à Albi. Par contre, j’ai une question de notre consultant Didier Revellat alias Big Moustache qui vous avez interviewé l’an dernier lors du match Tarbes/Albi. Il vous a cherché partout, il se demande où vous étiez caché car vous étiez bien caché dans les tribunes. Il voulait venir vous saluer car vous êtes un peu son idole et il était déçu de ne pas vous avoir vu. 

 

(Rires) Vous savez, j’aime bien voir les matchs tranquille et j’étais tranquille. Sinon, je commence à discuter, à bavarder, je me perds et je ne peux pas me concentrer sur la rencontre et j’adore pouvoir me concentrer sur la rencontre. Alors, j’étais bien tranquille. Après, il faut savoir que mes amis d’Albi ont quand même su me trouver là où j’étais parce qu’ils se doutaient que je me retrouvais dans un des coins des tribunes Trélut. J’ai presque un siège attitré là-bas. J’ai d’ailleurs été rejoint par des joueurs de Lannemezan qui sont venus. On a justement pu parler d’Albi/Lannemezan et du 55 à 0.

 

Maintenant, pour boucler la boucle, il ne manque plus que vous veniez au Stadium pour nous faire un petit coucou et ça sera avec plaisir qu’on vous tendra le micro de Radio Albigès. 

 

Mais bien entendu, il n’y aucun problème, je viendrai mais pas encore parce-que j’ai encore du travail dans mon club.

 

 

 

 Propos recueillis par Loïc Colombié

A réécouter en podcast : https://hearthis.at/radio.albiges/magsport-direct-version-podcast-191210/

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