#Rugby – Fed1 / C.Hamacek (UCS) : «Le projet du club est 2022 Pro D2 ! »

Le manager de l’Union Cognac Saint Jean d’Angely, Christophe Hamacek nous a accordé une interview grand format pour nous parler des ambitions de son club à quelques heures d’affronter son dauphin, Saint Jean de Luz. Mais le coach charentais, leader de la poule 4 de fédérale 1, nous parle aussi des affres du sport moderne : le racisme!

 

Crédit photo Sud Ouest

 

Christophe, on revient vers vous parce qu’en début de saison, on était venu voir Cognac Saint Jean d’Angely qui avait de hautes ambitions, la qualification en Jean-Prat, un peu ferrailler avec tous les ténors qui visent un peu la Pro D2. Aujourd’hui, au premier point de passage, on est à une journée des matchs aller, pour l’instant, vous êtes dans les clous ? 

 

Oui, on est bien même si le départ a été difficile. On a eu de nouveaux joueurs, quelques jeunes et le temps que tout se mette en place, il a fallu plusieurs semaines. Mais maintenant avec Nicolas Cabannes, on est assez satisfait de ce qui se passe. 

 

On ne le sentait pas venir mais c’est le cas, c’est la réalité. Cette Poule 4, au début, tout le monde disait qu’elle n’était peut-être pas la plus forte. Certains l’appelaient la plus faible avec celle d’Albi, ça, ce sont des préjugés d’avant saison et souvent, la saison vient les contrecarrer. Cette Poule 4, c’est surtout la plus homogène, c’est une poule très, très costaud. Il y a la poule 2 qui est la poule de la mort mais la poule 4 vaut aussi son pesant de cacahuètes ? 

 

En fait, c’est assez rigolo parce-que chacun trouve sa poule la plus difficile. Je ne sais pas comment sont les autres poules par contre, la nôtre est très relevée et même du premier au dernier, ce sont des matchs très difficiles. Il n’y a pas de gros scores, les équipes ne lâchent pas. 

 

Quand on voit le bassin qui fait tomber Dax ou Tyrosse, qui était il n’y a pas longtemps relégable qui fait là aussi tomber Dax ou Saint-Jean-de-Luz, ça montre quand même que cette poule est capable de tout. Il y a tous les résultats possibles ? 

 

Oui, effectivement, on ne peut pas se relâcher un dimanche. On ne se pose pas trop de questions de savoir si on peut faire tourner, mettre des espoirs pour les lancer parce-que tous les matchs comptent et tous les matchs se jouent à fond. 

 

Albi vous avait rencontré en match amical fin Août. On savait que vous étiez encore en rodage puisqu’en étant allés loin en Du Manoir, vous aviez eu une préparation physique tronquée. Ca y est, le décalage de préparation a été comblé, il a été absorbé ? 

 

Il n’y a pas que le décalage de préparation parce-que nous sommes un club en construction, avec un effectif bien moindre qu’Albi. Donc, il n’y a pas que la préparation qui va compter, il y a aussi l’effectif. On a des joueurs de qualité, on a un groupe au complet qui peut rivaliser avec toutes les équipes. J’aimerai bien qu’on se qualifie et qu’on ait nos 23 joueurs types, notre équipe type pour pouvoir jouer les phases finales parce-que là, on peut rivaliser avec tout le monde. A partir du moment où on a des blessures ou des espoirs qui sont aujourd’hui dans la difficulté, qui n’ont pas encore le niveau de la Fédérale 1, c’est plus ça que le niveau de prépa physique que nous n’avions effectivement pas en début de saison, qui m’inquiète pour l’avenir. Ce sera un facteur limitant pour pouvoir rivaliser avec les grosses écuries.

 

En parlant de blessures, vous pouvez nous donner des nouvelles de nos anciens albigeois, Visensang et surtout Mathieu Peluchon 

 

Ils ont fait des KO répétés donc ils sont aujourd’hui en convalescence. Après, il y aura encore des examens médicaux à faire mais je suis plutôt pessimiste pour leur avenir rugbystique. 

 

Pour les deux, que ce soit pour Mathieu ou pour Thibaut ? 

 

Oui, malheureusement. Ce sont d’excellents joueurs, qui manquent énormément au groupe, de grosses qualités de joueurs mais aussi de leaders. Donc, on fait sans, on a fait rentrer quelques jeunes qui, au bout de quelques rencontres, se sont mis au niveau. Ça aussi, c’est quelque chose de positif. 

 

On sait qu’à Cognac, vous aviez de grosses ambitions. Mais, comme on a dit, cette poule est homogène, il y a d’autres équipes qui ont bombé le torse cet été, qui veulent aller tâter du Jean-Prat. On sait que Niort ne dirait pas non à aller faire un petit tour en Jean-Prat, que Dax bien sûr, parce-que les légendes restent éternelles, en rêve aussi. Saint-Jean-de-Luz, dans la lancée de la saison passée, est aussi candidat et même fermement ancré. Et puis, on voit qu’il y a Nantes qui traîne par-ci, par-là. Pour vous, maintenant que vous avez rencontré toutes les équipes, quel est le challenger le plus sérieux ?

 

Je ne sais pas, il me semble que Nantes peut considérer quelque chose de bien. Il faudra voir Saint-Jean-de-Luz au printemps, voir comment ils vont passer l’hiver. 

 

C’est surtout ça le problème à Saint-Jean-de-Luz. On va dire que la balle à l’aile la vie est belle mais, en plein hiver sous des trombes d’eau, c’est un peu plus compliqué. 

 

C’est effectivement un peu plus compliqué donc, il va falloir passer l’hiver. Il n’y a pas d’équipe qui se détache. Cafonctionne beaucoup par réactions. Nous aussi, on a perdu à Marmande, un match qui était à notre portée. Il faudrait être un bon devin pour savoir qui finira dans les deux premiers. 

 

On avait le président Arpoulet à notre micro mardi dernier, Marmande, c’est un peu l’équipe qui renverse l’ordre établi, qui a surpris tout le monde. Le président Arpoulet nous dit que non, qu’il avait monté une équipe pour ça. Mais on est beaucoup, dans la presse ou chez les suiveurs, à ne pas les avoir vus venir du coin du bois les Marmandais ? 

 

Oui et puis, ils ont de bons joueurs, ils sont généreux donc, ce sont de bons clients. 

 

On va aussi parler d’un fait d’actualité qui nous a grandement interpellés. Vous avez parlé d’abrutis dans les stades par rapport à des propos qui ont été tenus entre autres sur Sabri Gmir. Vous pouvez nous éclairer sur ça, surtout pour nos auditeurs parce-que ce sont quand même des fait qui, dans les stades, sont graves et doivent être proscrits ? 

 

C’est surtout un enchaînement de propos stupides et racistes et qui, au bout d’un moment, sont fatigants. Je pensais qu’au rugby, on était à l’abri de ça. 

 

Malheureusement non

 

Malheureusement, on est le reflet de la société. La saison dernière, Isikili, que vous connaissez bien, qui a joué à Albi, a eu droit à des bananes par un spectateur. C’est pour dire le haut niveau. 

 

Pas par un spectateur d’Albi ? 

 

Non, non. Voilà, c’est plus une accumulation de propos dégueulasses qui commencent à me fatiguer, surtout que c’est médiocre. On en veut beaucoup aux Fidjiens mais les Fidjiens sont talentueux donc, ils gênent beaucoup. Nous, on fait avec le règlement qui est le même pour tous, à savoir qu’on a tant de licences C et B à faire jouer. Moi, j’aimerai qu’il y ait beaucoup de joueurs du cru qui puissent jouer, il faudrait investir dans la formation, être encore meilleur. Au lieu de tenir des propos dégueulasses, ils feraient mieux de se retrousser les manches et de nous aider à former de bons gamins. Les Fidjiens que nous avons, Sabri, sont des supers mecs. Humainement, on s’y retrouve donc bien évidemment que j’ai encore plus envie de les défendre. 

 

Et eux, comment vivent ils cette situation ? Parce-que même si ce sont des compétiteurs, des joueurs de haut-niveau qui se font une carapace, ça doit quand même toucher et prendre aux tripes ? 

 

Hier, on avait une conférence de presse et Isikili a répondu à un journaliste qu’il ne le vivait pas bien et que c’était douloureux. Ca fait suite pour eux à un message sur Facebook qui les comparait à des  » mercenaires de la pirogue « . 

 

On ne fera pas de commentaire

 

Voilà, ça se passe de commentaire. 

 

Et les joueurs, parce qu’on parle souvent de prépa mentale, de soutien psychologique dans le sport de haut niveau, c’est là où ce genre de levier peut être utile quand les joueurs sont confrontés à ce genre de faits ? Parce-que oui, la prépa mentale est pour optimiser la compétitivité des joueurs pour les psys qui interviennent mais, là, il y en a peut-être grandement besoin pour des joueurs qui ont été meurtris ? Parce qu’on les attaque dans leur chair, dans leur âme ? 

 

On a une chance d’avoir en plus une supportrice qui fait aussi partie du comité directeur, qui est psy et qui fait énormément de travail bénévole auprès des joueurs qui le souhaitent .Après nous, on est quand même une grande famille, on s’entend réellement très, très bien. C(est un club où on passe de bons moments, où ça rigole, où ça chambre et c’est un sujet que nous avons abordé en face et ensemble. Le fait que les joueurs vivent très, très bien, il y a beaucoup de solidarité. Donc, les joueurs le prennent avec solidarité et mépris, parce-que ces propos sont méprisables. 

 

Pour changer de sujet et revenir dans quelque chose d’un peu plus structuré que des propos nauséabonds, vous savez la question que je vais poser. L’actualité pour le moment, c’est la réforme de la Fédérale 1, la réforme de la pyramide des compétitions, une hypothétique Pro D3, Super Fédérale ou Fédérale 1 Elite, que pense le coach Christophe Hamacekde tout ce mic-mac 

 

Déjà sportivement, je trouve que ce serait bien qu’il y ait une Pro D3. Je pense qu’au niveau de la sécurité des joueurs, parce qu’on oublie d’en parler, c’est dangereux. Je me rappelle l’année dernière d’un match contre Hendaye, qui est un bon club avec beaucoup de jeunes du cru. Ce n’était pas aussi structuré que nous le sommes, avec des joueurs moins costauds tout simplement. Je me rappelle d’un gamin qui avait fait un KO à l’aller et au retour. Tout ça me gêne énormément. Donc, il y a aussi un danger à ce niveau. Après, ce qui est demandé maintenant pout monter en Pro D2 me paraît très compliqué. A la fois, pour la sécurité des joueurs, il faudrait faire une Pro D3 mais quels clubs vont pouvoir participer à cette Pro D3 tellement les exigences sont hautes pour accéder à la Pro D2. 

 

L’autre jour, le nouveau vice-président de la Fédération Française de Rugby en charge du monde amateur nous disait que pour lui, et ça n’engageait que lui car il n’y a pas encore tous les éléments tangibles et tout n’a pas encore été analysé, il n’y avait que trois clubs qui étaient réellement capables de monter en Pro D2. On peut compter Cognac dans ces trois clubs ? 

 

Malheureusement non mais c’est ce que je vous disais, les exigences sont telles maintenant, et j’ai l’impression qu’elles vont devenir encore plus importantes, que ça veut dire que c’est difficile. 

 

Surtout qu’il faut le rappeler, ce sont des exigences financières mais aussi structurelles avec le stade, les lumières, la sécurité. Il y a plein de critères qui rentrent en jeu. Ça devient comme au foot avec des normes drastiques ? 

 

C’est ça, il y a beaucoup de choses si bien que je crains qu’on ne dénature le championnat. Nous, avec les joueurs, on a envie d’être champions de France. Se dire qu’on va se battre et on en oublie presque ça, c’est avoir envie de se battre pour un titre. Nous, on revient à ça, prendre du plaisir et aller gagner au rugby. Après, c’est vrai que je trouve que c’est un non-sens. Il peut très, très bien y avoir des équipes qui n’iront pas au bout et qui monteront en Pro D2 cette année et d’autres qui iront peut-être très loin et qui resteront en Fédérale 1. Ça me gêne un petit peu. 

 

Si on suit un peu votre propos, je fais un peu des projections mais, si on a envie d’avoir une finale palpitante et pas un match d’exhibition comme l’année dernière avec deux équipes qui savaient déjà qu’ils étaient en Pro D2 et qui l’avaient annoncé toute la semaine et ils avaient bien raison même si à Albi, on aurait préféré la faire à leur place pour certains mais ce n’est pas grave, il faudrait en clair qu’il y ait deux équipes qui ne puissent pas monter en finale. Au moins, on serait sûr qu’on aurait une vraie finale entre deux équipes qui se battent pour un bout de bois ? 

 

Exactement. Nous, c’est vrai que le projet du club est 2022 Pro D2 mais parmi les clubs riches, nous sommes pauvres. Il y a des clubs, et même dans notre poule, avec des budgets bien supérieurs au notre. Mais malgré tout, peut-être que le travail qui est fait, que le recrutement habile nous permet d’avoir une équipe compétitive et surtout un état d’esprit de la part des joueurs qui ont envie d’aller tutoyer les plus gros. 

 

Quelle est la feuille de route pour les deux derniers matchs de ce bloc d’avant fêtes de Noël ? 

 

Je dis toujours, c’est gagner. Les journalistes qui viennent faire leur travail et me demande  » qu’est-ce que vous voulez faire dimanche ? Et bien, gagner « . Ils restent deux matchs, bien évidemment qu’on a envie de les gagner. 

 

Le but est de verrouiller temporairement la première place ? 

 

Oui, je crois que si on bat Saint-Jean-de-Luz et qu’on bat Bergerac, si on avait deux victoires, je crois que ce serait loin d’être acquis mais on devrait frapper fort avant la trêve. 

 

Vous allez regarder la météo avant d’aller à Saint-Jean-de-Luz ? 

 

Il pleut toujours au Pays Basque. Donc, le béarnais que je suis est enchanté d’aller jouer sous la pluie au Pays Basque et même Nicolas Cabannes le montois. Il fait toujours beau à Mont-de-Marsan, il est content qu’il pleuve ce week-end. 

 

Méfiez-vous, s’il y a un rayon de soleil à Saint-Jean-de-Luz, il ne suffit que d’un rayon de soleil pour que le ballon ne fuse très vite. 

 

Oui, c’est vrai (rires). Ils jouent très, très bien au rugby. 

 

Oui, une très équipe Saint-Jean-de-Luz qui, avec pas beaucoup de moyens, arrive à faire de belles choses sportivement. 

 

Oui, après, il y a un potentiel de joueurs énorme. 

 

Il y a un bassin comme on dit. 

 

Voilà, il y a un gros bassin, il y a un vivier de bons joueurs de rugby et tant mieux et heureusement. Nous aussi, on joue au rugby, on fait beaucoup de passes également mais c’est vrai qu’on a des joueurs très puissants. Donc, on serait stupide de ne pas se servir de leur puissance pour faire du jeu direct. Gagner les co-leaders, sur la continuité, ce serait un peu ça, ce qu’on souhaite mettre en place avec Nicolas Cabannes dans notre rugby. 

 

On va suivre ce Saint-Jean-de-Luz/Cognac avec attention et à distance. Et vous apporterez tout notre soutien de la part de l’équipe du Mag Sport et de Radio Albigès aux joueurs de Cognac qui ont subi les affres du racisme et de la bêtise humaine. 

 

Merci beaucoup

 

 Propos recueillis par Loïc Colombié

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