#Football – CDF / B.Marianella (Marssac) : «On a besoin de tout le monde.»

Brandon Marianella, l’attaquant du Marssac RSRDT nous accordé un entretien, où il sonne la mobilisation générale à quelques jours d’un 64 eme de finale historique pour le club Tarnais. Pour l’ancien joueur de l’US Albi, ce sommet de la saison des marssacois doit être appréhendé avec envie mais aussi sérénité malgré un adversaire 3 division au dessus. Fort du soutien du bouillant public Marssacois, Brandon Marianella et ses coéquipiers rêvent secrètement de goûter un tour de plus à la « Coupe » , et qui sait, voir arriver une écurie de ligue 1 à Maurice Rigaud. Mais avant cela les hommes de Mickael Bertrand doivent écrire une nouvelle page de leur belle histoire, dont Brandon Marianella est un des protagonistes certains, pour rentrer un peu plus dans la légende locale et combler les attentes d’un public qui a les yeux de chimères pour cette « équipe de village » portant haut les couleurs de son clocher.

 

 

Brandon, j’imagine que depuis quelques jours, depuis quelques semaines, tu ne penses qu’à une date, qu’à un jour, qu’à à un match, c’est ce 64e de finale ce samedi à 19h face à Pau. Tout Marssac est en train de se fédérer mais vous, les joueurs, vous devez quand même avoir la chair de poule qui commence à monter ? 

 

C’est vrai que j’y pense depuis quelques semaines maintenant, depuis que le tirage est tombé. Après, avoir la chair de poule, non. Je pense qu’il faut jouer ce match comme tous les matchs c’est à dire qu’on les prend les uns après les autres. Ce n’est pas parce-que c’est une Nationale ou autre qu’on va avoir la chair de poule. On a un bon effectif, on a les joueurs qu’il faut pour créer l’exploit. Donc, on va se préparer comme il faut sur les 3 entraînements qu’on a cette semaine. Ensuite, le verdict sera samedi et moi, j’y crois. 

 

Le plus dur pour un joueur de foot, et les coachs veillent souvent à ça, c’est de ne pas jouer le match dans la tête avant de le jouer réellement sur le pré. Tu es conscient de ce risque, de parfois jouer émotionnellement le match un peu trop avant ? 

 

Oui, c’est vrai. Au club, on parle beaucoup de ce match, on se dit qu’on est capable de le faire. C’est vrai qu’on le joue peut-être avant mais c’est normal. C’est un 64e de finale, le club n’a jamais vécu ça donc, c’est normal qu’on se fasse un peu de folies entre nous mais, on va vite redescendre sur terre .Dès ce soir, on a notre entraînement, on va bosser pour et dès le coup d’envoi samedi, la pression va retomber et on sera fixé sur notre match. 

 

On parle du 64e de finale mais avant, il y a eu un 7e tour, on va y revenir un peu. Ca a quand même été magique, épique, avec un stade Désiré Gache qui était comble. Comme je le disais avec Jonathan Lacourt, c’était quasiment Furiani il y a deux semaines à Désiré Gache 

 

Oui, c’est vrai qu’il y avait une vraie belle ambiance. Il n’y avait jamais eu autant de supporters à Marssac. C’était bien pour le club, c’était bien pour la ville. Sur ce match, à 10 minutes de la fin, on perdait toujours 1-0. Et dès que Jonathan Lacourt a marqué le 1-1, moi, dans ma tête, je me suis dit qu’on allait le gagner. On dominait tout le match et ce n’était pas possible avec le public qui poussait et l’envie et l’état d’esprit qu’on avait mis sur le terrain de perdre ce match, ce n’était pas possible.

 

En face, il y avait quand même un client en la personne de Baup junior comme je l’appelle, le fils d’Elie Baup dans les barres. Il avait les gants très, très, très chauds, la preuve, il t’a même sorti un pénalty. A ce moment-là, tu ne t’es pas dit  » si on se fait égaliser, j’ai bouffé la feuille de match « , comme on dit dans le jargon ? 

 

Si, je me suis remis en question dès que j’ai manqué le pénalty. J’avais un peu le moral dans les chaussettes mais il fallait vite que je passe à autre chose parce-que si j’avais eu une occasion ou autre juste derrière, il fallait que je sois concentré. Malheureusement, on n’a pas eu d’autre occasion mais on ne s’est pas non plus fait égaliser. C’est vrai qu’il aurait fallu que je mette ce 3-1 mais tant mieux pour nous, on a gagné et c’est le principal. Pour revenir à Baup junior comme vous l’appelez, je l’ai eu par message juste après le match. C’est vrai qu’il a dit qu’il avait fait un gros match, moi, je l’ai félicité pour son match. Maintenant, il nous souhaite bonne chance pour la suite et il espère qu’on gagner Pau. 

 

Oui puisque toute l’équipe de Saint-Médard-en-Jalles, une fois le coup de sifflet final donné, tous les dirigeants sont allés voir les supporters en disant  » continuez comme ça. Un public comme ça, c’est ça l’esprit de la Coupe « . C’est là aussi le supplément d’âme que vous avez à Marssac parce qu’il y a tout le village qui est derrière vous. Moi, je le vois pour habiter à moitié à Marssac, quand on va chez le boulanger, quand on va chez le boucher, tout le monde parle de ce match de Coupe de France. On sent quand même qu’il y a quelque chose qui est en train de naître ? 

 

Oh oui, dans le village, tout le monde en parle. Même à Albi ou dans mon cas, dans le travail que j’effectue à l’école, on ne parle que de ça. Il y a un vrai engouement sur ce match. Ça fait plaisir à tout le monde mais il faut aussi garder la tête sur terre et ne pas non plus s’enflammer ou autre. Mais c’est vrai que c’est bien pour tout le monde, tout le monde est content. C’est historique donc, on va essayer de faire le maximum. 

 

L’adversaire Pau, 1ers de National quand ils ont été tirés, n’a pas le lustre de Rodez, de Niort ou de clubs de Ligue 2 mais ça a sûrement le niveau de Ligue 2. C’est vraiment le match piège par excellence parce-que c’est une équipe qui n’est pas bankable comme Lens ou autre équipe qui étaient venues à Rigaud mais ça reste loin d’être des peintres. C’est une équipe qui est trois divisions au-dessus de vous, ça va quand même être un gros défi sportif ? 

 

Oui, c’est un très gros défi. J’ai regardé des matchs de Pau à la télé dès que j’ai su qu’on les tirait. C’est vraiment très, très costaud, ça a vraiment le niveau Ligue 2. Ça va être très compliqué pour nous, à nous de nous accrocher dans nos valeurs. On ne va pas essayer de faire autre chose que ce qu’on fait d’habitude. On va faire notre jeu, notre football et on va essayer de les mettre en danger. Après, c’est Pau, ils sont 1ers de National, il me semble qu’ils n’ont pas perdu un match, ils ont encore gagné le dernier match. C’est très costaud avec des joueurs dont c’est le métier, ils s’entraînent tous les jours. 

 

On a vu que Nicolas Portillo, dès le tirage au sort fini, est allé interviewer Bruno Irlès, l’entraîneur de Pau. Il a dit que la Coupe n’était pas la priorité de Pau, qu’il n’avait pas eu le temps de regarder les vidéos de Marssac parce qu’elles n’existaient pas. Premièrement, comme on en parlait avec Steph Bedet, c’est sûrement un gros coup de bluff ou alors, comme le disaient certains membres du club que j’ai croisés, c’est aussi un petit manque de respect quand même ? 

 

J’ai lu l’article, j’ai regardé. Je ne vais pas dire que c’est un petit manque de respect. Il dit ce qu’il veut mais, quand il viendra à Marssac, il sera bien accueilli et nous aussi, sur le terrain, on va bien accueillir les joueurs. S’il ne veut pas jouer la Coupe de France, qu’il nous laisse gagner le match, à quoi ça sert de venir ? Non, moi je pense que c’est un coup de bluff. Il prépare la montée en Ligue 2 mais je pense que s’il n’est pas content de passer en 32e quand il y a la Ligue 1 qui rentre, qu’il dise qu’il ne joue pas la Coupe de France à fond, j’y crois à moitié. 

 

Qui dit Ligue 1 dit qu’il pourrait recroiser son grand ami Killian M’Bape ? (Rires)

 

Exactement (rires)

 

On va aussi repasser sur toi parce-que tu es un jouer assez atypique. Même si tu es jeune, tu as beaucoup baroudé. Tu es passé par l’US Albi, par Marrsac, par de nombreux clubs. On sait que tu as quand même un attachement fort à l’US Albi, tu y es passé plusieurs fois. L’année dernière, tu as fait partie de ceux qui sont restés pour essayer de sauver le club. Quand tu vois la situation aujourd’hui, qu’est-ce que ça t’inspire ? J’imagine beaucoup de peine ? 

 

Oui, j’ai beaucoup de peine quand je vois les résultats du club, ça me fait mal au cœur. Concrètement, j’ai passé mes belles années là-bas, ce sont eux qui m’ont fait progresser et qui m’ont fait découvrir aux yeux de tout le monde. Donc, quand je vois qu’ils sont à 8 matchs pour 8 défaites, c’est vrai que ça me fait quelque chose. Mais, j’espère qu’ils vont se ressaisir. Comme j’ai entendu, ils sont à deux points de l’avant-dernier ou quelque chose comme ça. Mais c’est vrai que, quand je vois leurs résultats, ça fait mal. Même quand on en parle avec les joueurs entre nous à Marssac ou avec le coach, on ne rigole pas. On est vraiment déçus car l’US Albi, c’est vraiment un gros club de base. 

 

C’est une locomotive à la base ? 

 

Oui, voilà, c’était un bon club. Tout le monde voulait signer là-bas, moi le premier. Quand j’ai su que l’US Albi voulait me faire signer, j’étais le plus heureux. Donc, quand je vois comment c’est maintenant, c’est catastrophique on va dire. 

 

On le demande souvent aux dirigeants, que ce soit à l’ASPTT ou à l’US Albi, ils disent oui à chaque fois mais ça ne se fait pas. La fusion ASPTT/US Albi et même au-delà, parce qu’on entendait le président Enguilabert dire que, peut-être dans quelques années, un grand club de métropole albigeoise ou d’agglomération albigeoise aurait peut-être du sens pour que le football puisse exister à côté du rugby. Toi, en tant que joueur, est-ce que ça te plairait qu’il y est un gros club d’agglomération ou tu penses que ça perdrait un peu de son âme et que des clubs comme Marssac perdraient son âme à fusionner avec des US Albi et des ASPTT ? 

 

Moi, je verrai plutôt l’entente ASPTT/US Albi parce-que nous, à Marssac, fusionner avec Albi, non. Marssac reste un village, je ne vois pas le club de Marssac fusionner avec le club de l’US Albi même si l’US Albi est vraiment une grosse ville et un grand club. Marssac, ça reste Marssac, l’US Albi reste l’US Albi. Moi, je vois mieux l’ASPTT et l’US Albi fusionner ensemble et faire un seul et gros club et faire remonter ce gros club au niveau où il doit être. Il ne doit pas être à ce niveau-là en tous cas. 

 

A l’ancien niveau CFA 2, CFA, le niveau naturel de l’US Albi ? 

 

Exactement. 

 

Cette année, tu as signé à Marssac. Tu es venu pour l’enjeu sportif parce-que ça jouait en R1 ou parce qu’il y avait le côté club de village, club sympathique, club convivial et l’état d’esprit qui t’ont plus aussi ? 

 

Les 2. J’ai déjà signé à Marssac parce-que je voulais rester en R1, je voulais rester au niveau DH. Et j’ai signé aussi parce-que mon frère évolue là-bas et que, comme l’US Albi était descendu, je me suis dit que je voulais mettre un peu le foot de côté et jouer pour le plaisir, pour jouer aussi avec mon frère et mes amis qui ont signé à Marssac. Donc, c’était pour rester en DH et jouer pour le plaisir avec mon frère. Mas après, ça a pris de l’ampleur, on est en 64es de finale et en haut de tableau donc, c’est parfait. Donc, j’ai peut-être fait le bon choix. 

 

On va revenir ce sur 64e de finale. C’est quand même un match à enjeu, un match à pression, attention. Vous avez la chance à Marssac d’avoir un joueur aguerri qui a connu la Ligue 1, la Ligue 2, le National et qui maintenant, la trentaine arrivant, vient transmettre aux joueurs comme toi, un peu plus jeunes que lui, je parle de Jonathan Lacourt. Est-ce que, pour préparer un match comme ça, vous vous inspirez un peu de Jonathan, vous lui demandez des conseils ou comment appréhender ces matchs à forte pression ? 

 

Non, moi personnellement, je ne lui demande pas trop de conseils. Après, c’est vrai que pour moi, jouer à ses côtés à chaque match, que ce soit en championnat ou en Coupe, ça m’aide beaucoup parce-que je sais que j’ai un poids à côté de moi. Je peux m’appuyer sur lui, sur le terrain, on s’entend quand même bien, j’essaie souvent de le trouver ou autre. C’est vrai que c’est un très bon joueur, il nous aide beaucoup, il marque beaucoup de buts. Mais moi, non, pas beaucoup de conseils, je laisse venir les matchs mais c’est vrai que, jouer à ses côtés, c’est quand même un plus. 

 

Samedi, à 19h, il y a match. Ce sera en direct sur nos ondes sur Radio Albigès. Quand on commente les matchs, on aime bien qu’il y ait une grosse ambiance comme l’autre jour à Désiré Gache. A Rigaud, le stade est plus grand donc, il pourrait y avoir encore plus de monde, plus on est de fous, plus on rit. Est-ce que tu peux nous faire un petit appel aux Marssacois et aux amateurs de foot tarnais pour qu’ils se déplacent tous samedi à 19h, au Stade Maurice Rigaud, pour venir pousser derrière le dernier prétendant tarnais à la Coupe de France, Marssac ? 

 

J’ai juste un mot à leur dire, qu’on aura besoin de tout le monde pour essayer de passer ce tour et d’aller en 32es de finale, ce qui serait vraiment exceptionnel pour ce club. On a besoin de tout le monde, pour ceux qui veulent venir, c’est à 19h au Stade Maurice Rigaud, il y a aura les billets sur place. Si vous voulez amener vos enfants, c’est gratuit pour les moins de 12 ans. Donc, emmenez vos enfants, emmenez toutes les écoles de foot. On a besoin de tout le monde et puis, la place n’est pas chère. Ca ne sera que du bonus, bonne ambiance, des drapeaux, des tifos. Rien que pour l’ambiance et pour l’affiche, ça serait bien de venir. Normalement, à 19h, personne n’a quelque chose à faire. 

 

Le message sera passé et on invite tous les amateurs de sport à venir voir Marssac, le petit village d’Astérix, le petit village d’irréductibles gaulois qui renverse l’ordre établi. 

 

Et bien voilà

 

Merci Brandon et à samedi sur le pré, en espérant que tu nous claques un ou deux buts et que surtout, toi et tes coéquipiers, vous nous rameniez un 32e de finale à Albi avec une Ligue 1, ce serait l’apothéose. 

 

On va essayer, ça serait magnifique. 

 

 

 Propos recueillis par Loïc Colombié

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