#Rugby – Fed1 / M.Buzy-Pucheu (FFR) : «Pour moi, il y a 3 clubs, capables de monter en PROD2.»

Le nouvel homme fort du rugby amateur hexagonal, Maurice Buzy-Pucheu, nous a fait la joie et l’honneur d’accorder à notre rédaction, une interview « Grand Format » (Réforme Fed1, PROD3, Espoirs, clubs éligibles à la ProD2, Droits TV, Multiplex sur la chaîne L’Equipe ….). Pour celui qui est depuis décembre 2016 vice-président de la FFR aux affaires régaliennes (commission de discipline etc…) et depuis juin 2019 vice-président délégué au monde amateur, le pain sur la planche ne manque pas. Succédant à Thierry Murie à l’honorifique et harassant poste de « numéro 3″ de la Fédé, ce béarnais pur sucre vient de réunir les présidents de fédérale 1 à Marcoussis, lors d’un séminaire le devenir de l’élite fédérale fut le cœur des discussions. Héritant d’une pyramide des compétitions à bout de souffle, et de clubs de fédérale 1 parlant d’une « PROD3 » comme d’un exutoire mais ne la désirant pas fondamentalement , Maurice Buzy-Pucheu veut relever le défi d’harmoniser cet échelon aux mille paradoxes. Pour l’ancien haut dirigeant du comité Bearn, avec trois clubs réellement capables de répondre au cahier des charges de la PROD2 , tenter l’aventure d’un échelon intermédiaire pro n’est pas obligatoirement le remède miracle. Mais tel un parlementaire de la III eme république, rompu aux joutes et débats d’assemblée fédérale, ne courbant pas l’échine face aux irruptions médiatiques de la vox populi ovalienne , « MBP » le mousquetaire de Bénéjacq, tout en croisant le fer à fleuret moucheté, tente la voie de la diplomatie et de la concertation. Focus sur un haut dirigeant du rugby français, qui est en outre d’une fidélité indéniable à son président, Bernard Laporte, compte bien en bon « Père tranquille » , tout en préservant l’âme rugby terroir, développer la maison « Fédérale 1″, fleuron mediatico-sportif de la FFR.

 

 

Mr Buzy-Pucheu, j’imagine qu’on ne devient pas vice-président de la Fédération Française de Rugby par hasard ou pas l’opération du Saint-Esprit. Vous avez du labourer le rugby pendant des années, surtout en terre béarnaise, pour gravir les échelons fédéraux ? 

 

Je suis dans le rugby depuis l’âge de 16 ans, 16 ans parce qu’il n’y avait pas d’école de rugby à l’époque. Je suis originaire du club de Bénéjacq, c’est le club dont je suis licencié, où j’ai été joueur, où j’ai été entraîneur, où j’ai été président. Ensuite, j’ai été sollicité par Jean Piqué, malheureusement récemment décédé, lors de sa candidature pour faire partie de son équipe. J’ai été élu au comité du Béarn en 1991, j’en ai été le vice-président et pendant 8 ans, responsable de la commission formation technique. Ensuite, j’ai aussi été président du comité départemental 64, des Basques et des Béarnais, de 2012 à 2016. En 2015, j’ai rejoint la candidature et le projet de Bernard Laporte et suite à cela, j’ai été élu avec lui et désigné vice-président des commissions régaliennes, c’est à dire discipline, règlements et appels, et depuis peu pour le rugby amateur. 

 

Cette nomination pour la vice-présidence du rugby amateur, vous la partagez maintenant avec Mme Pagès et Mr Arazo, c’est en remplacement de Thierry Murie qui a claqué la porte de la Fédération Française de Rugby. J’ai trouvé un article où vous aviez parlé de  » réactions de vestiaires « . Pouvez-vous nous parler un peu du déroulé de cette transition entre Thierry Murie et ce triumvirat pour continuer à porter le dossier rugby amateur qui est bien épais ? 

 

La démission de Thierry le concerne avec des décisions que, sincèrement, je ne connais pas toutes. Et je ne veux pas non plus les connaître car ce sont des choses qui me dépassent. Thierry a fait un très bon travail, il avait des qualités mais aussi, je pense, une absence d’expérience  » clubs « , c’est à dire décisions collégiales et autres. C’est peut-être ça qui a pu augmenter les problèmes qu’il pouvait avoir avec certains membres du comité directeur. Mais Thierry a été quelqu’un de qualité, il n’y a pas de problème là-dessus. Il a fait un très, très bon travail au niveau de la commission surtout au niveau de l’assainissement financier des clubs où il a fait un gros, gros boulot. 

 

Que vous avez entre autres salué lors du séminaire de la semaine dernière ? 

 

Oui, tout à fait. Il n’y a pas du tout bon ou du tout mauvais, Ce qui est dommage, c’est que ces problèmes aient abouti à sa démission et n’aient pas pu être discutés, mis sur la table et autres. C’est un peu dommage. 

 

Donc, il n’y a pas eu de transmission entre vous et Thierry Murie pour le passage de pouvoir ? 

 

Il m’avait appelé en me disant de venir à Toulon. Ensuite, j’ai compris par d’autres personnes qu’il voulait prendre du recul et je n’ai pas souhaité envenimer. Est-ce que, pour lui, ça lui faisait mal ? Je ne peux pas vous dire. On avait les éléments pour travailler et j’ai voulu éviter ce cas personnel. 

 

Au-delà du cas personnel, quand vous avez dû investir le bureau de vice-président en charge du monde amateur, il devait y avoir des dossiers, comme on dit, sur le bureau. Quel était le dossier prioritaire que vous avez retrouvé ? On pense de suite à la réforme de la Fédérale 1 ? 

 

Il y a plusieurs dossiers. Il y a déjà les ligues qui interviennent car le rugby amateur, c’est certes le rugby fédéral mais c’est aussi le rugby régional. Pour ce dernier, ce sont les ligues qui en ont les responsabilités. Les ligues ont été créées il y a peu. On apprend à des personnes qui étaient habituées à travailler sur des périmètres limités et réduits à travailler sur des périmètres beaucoup plus larges. Il y avait des personnes qui se connaissaient, d’autres qui ne se connaissaient pas. Ça fonctionne bien, on a des très bons retours, surtout sur le fait que les oppositions étaient beaucoup plus harmonieuses qu’auparavant ce qui fait qu’il y a plus d’écart sur les championnats en ce sens. Mais, ce rugby est aussi à observer. Ensuite, le rugby fédéral dont le dossier principal est bien sûr la Fédérale 1. 

 

Ainsi que la pyramide des compétitions parce-que, toucher à la Fédérale 1, c’est un peu remettre en question toute la pyramide ? 

 

Il faut qu’on ait une vision mais pas une vision, je dirai, émotionnelle. Il faut qu’on ait une vision de travail là-dessus. C’est à dire que ce sera quelque chose qui sera travaillé, qu’on présentera ensuite ou qu’on devra présenter. Une pyramide, c’est une grosse base, et là, on s’aperçoit que la base est entre la Fédérale 2/3 et l’honneur. Puis, ça diminue au niveau des séries, de la 3e et 4e série. Donc, il y a quelque chose à peut-être redimensionner. 

 

Donc, cette pyramide des compétitions va mal et surtout, en Fédérale 1, il y avait une grogne qui montait. C’est ce qui vous a amené à faire un séminaire des présidents de Fédérale 1. 

 

D’abord, le séminaire de Fédérale 1 n’est pas né de la grogne. Il fallait qu’on se présente et que les clubs nous connaissent parce qu’on n’allait pas attendre la fin de la saison. Il y avait des sujets sur lesquels on avait des informations à amener aux clubs. Cette discussion a aussi été polluée par certains réseaux sociaux. Quand je vois qu’on va chercher Michel Drucker qui donne son avis, moi je veux bien mais bon … 

 

Paraîtrait-il, si mes oreilles sont bonnes, que le président de Mazamet au séminaire a dit d’entrée qu’il n’était ni Michel Drucker, ni Laurent Cabrol 

 

Oui (rires). Le séminaire a été un séminaire d’une très grande qualité. Très sincèrement, je me suis régalé. J’ai rencontré des personnes compétentes, il y a une vraie relation, pas passionnelle, le mot est trop fort, mais relation de travail, un grand respect entre les présidents. Et c’est quelque chose qui m’a un peu surpris parce qu’on me disait  » fais gaffe, dans les clubs de Fédérale 1, il va y avoir des tricheurs, ils vont essayer de te rouler dans la farine « . Mais non, j’ai trouvé des gens de qualité, il y a des jeunes présidents d’ailleurs et de grande qualité. Ils font partager l’expérience. Pour moi, ça a été un séminaire formidable. 

 

En plus, dans cette Fédérale 1, il y a une diversité qui représente un peu tout le panel du rugby français. C’est vraiment un championnat caméléon ? 

 

Caméléon, oui. On a eu une discussion sur le rugby amateur et le président de Graulhet m’a dit  » vous êtes le responsable du rugby amateur alors qu’il y a des clubs professionnels. Alors, on a le droit de se poser des questions. A partir de quel moment est-on professionnel ? « . Cette discussion a été hyper passionnante parce qu’on a discuté librement. On a débordé sur les schémas horaires parce qu’on sentait que c’était important et qu’il fallait qu’on continue à discuter sur ces points-là. On a continué le soir aussi. La Fédérale 1, c’est effectivement quelque chose qui mérite d’être étudié. Donc, les clubs ont souhaité rester sur la formule actuelle. C’est d’ailleurs ce qu’on avait envisagé au moins pour une année. Ce qui est sûr, c’est qu’on va créer un groupe de travail mais ce n’est pas comme en politique où on dit qu’on fait une commission pour en tirer quelque chose. Non, là, c’est quelque chose qui a du sens parce qu’il faut absolument qu’on s’occupe de la Pro D2. Si jamais la barrière entre la Fédérale 1 et la Pro D2 se casse, là, on pourra dire que c’est un gros échec. Donc, il faut absolument qu’on garde ce contact et ce contact, on peut le garder que si nous, on est en mesure d’apporter les clubs qui sont en capacité de jouer en Pro D2. Il y a deux cas : il y a les clubs qui sont actuellement en capacité de le faire et il y a ceux qui veulent le faire, qui ne sont pas prêts et qui le disent, qui disent carrément  » pour moi, c’est un objectif de 2, 3 ans « . Tout ça, c’est à prendre en compte. 

 

Actuellement, des clubs qui sont en capacité de monter en Pro D2 sont entre 6 et 8, grand maximum ? 

 

Non, pour moi, il y en a moins, il y en a 3. 

 

C’est quand même inquiétant que cette marche vers la Pro D2 est en train de devenir de plus en plus haute ? 

 

Les exigences de la LNR pour la Pro D2 sont beaucoup plus importantes. Le président Laclau l’a dit :  » Avec Tyrosse, j’étais en Pro D2 mais je n’avais pas les mêmes obligations « . Je ne connais pas les gens de Rouen mais on me dit qu’ils ont de grandes difficultés. Pas que des difficultés financières mais des difficultés de jeu, des difficultés administratives, il y a tout ça qu’il faut prendre en compte. 

 

Alors qu’à Rouen, il y a un gros mécène ? Il y a un modèle un peu à la Dumange à Nevers ? 

 

L’argent sert à payer des gens mais le milieu associatif aussi permet de trouver des compétences. Il n’y a pas que l’argent, il y a aussi le fait de se préparer avec des personnes en compétences pour gérer l’administratif et gérer aussi le financier et le sportif. 

 

On a entendu comme vous l’avez souligné la voix du web parler de Pro D3 à profusion. Par contre, des échos qu’on a eu du séminaire, la Pro D3 n’est pas ce qui emballait le plus la voix des présidents de Fédérale 1 ? Vous confirmez ? 

 

La Pro D3 ne dépend pas de la FFR, elle dépend de la LNR. Vous faîtes une Pro D3, qui la prend en charge ? Parce-que, si on fait une Pro D3, est-ce qu’on va trouver le nombre suffisant de clubs pour la peupler ? Moi, je ne crois pas. 

 

Et sur quels critères ? Sportifs, administratifs ? 

 

Ça a été soulevé lors d’une discussion je suppose un peu passionnée, où les gens se sont dits  » il y un, deux, Fédérale 1, qu’est-ce qu’on met entre ? « . Si on mettait quelque chose, pour moi, ce serait plus logique que ce soit quelque chose qui reste dans le milieu amateur c’est à dire soit une nationale comme cela se fait dans le foot. Mais une Pro D3, ça veut dire qu’on descend LNR et là, pour moi, je ne pense pas qu’ils soient d’accord pour supporter une compétition comme ça. 

 

On sait qu’un élargissement de la Pro D2 a été envisagé et discuté. Il y a des propositions qui vont être faîtes dans ce sens-là. C’est envisageable du côté de la LNR ou la LNR dira toujours niet ? 

 

Je ne sais pas, je n’ai pas participé avec eux à des discussions sur ce sujet. Je pourrai vous en dire plus le jour où il y en aura. Eux, à la limite, la situation actuelle leur convient mais moi, ce que je ne veux pas quand même, c’est qu’un jour ils ferment la porte. C’est à nous de préparer les clubs de Fédérale qui veulent accéder en Pro D2 à être en capacité de le faire. 

 

Le levier pourrait être la chaîne L’Equipe qui propose de plus en plus de supports sur la Fédérale 1 ? 

 

La chaîne L’Equipe, je l’ai découverte par des amis il y a deux ans qui m’ont dit qu’il n’y avait pas de Fédérale 1 sur cette chaîne car je n’étais pas au courant et j’ai été regardé. La chaîne L’Equipe participe au fait de valoriser cette compétition et, pour nous, ils jouent le jeu. Ils ont augmenté les retransmissions puisque maintenant, il y a des retransmissions du match du week-end le lundi qui pour nous sont plus faciles à gérer puisqu’il n’y a pas d’obligation d’horaire sportive ou autre. Mais, la chaîne L’Equipe fait partie d’autant plus qu’ils ont de très, très bonnes audiences. 

 

C’est une belle vitrine. 200 000 spectateurs lundi pour le match Albi/Blagnac du samedi, c’est quand même joli. 

 

Plus de 200 000. 

 

Je parle du match en différé, pas du match en direct. 

 

Ah d’accord

 

Selon les informations que j’ai eues, le match d’Albi du lundi a fait 200 000. Pour un match en différé, c’est joli. 

 

Ils sont dans une audience supérieure au match du jeudi de la Pro D2 sur Canal Plus. 

 

Alors que la Pro D2 génère énormément de droits TV donc, il y a aura peut-être possibilité, quand le contrat L’Equipe arrivera à échéance, d’aller leur demander de faire un geste supplémentaire ? 

 

Bien sûr. C’est dans deux ans donc pas la saison prochaine mais à l’intersaison de la saison d’après où les droits seront rediscutés et certains seront en augmentation. 

 

Il se bruisse dans les couloirs de la Fédérale 1 que la chaîne L’Equipe envisagerait de faire des multiplexes sur la Fédérale 1, à court ou moyen terme mais qu’on en arriverait toujours à ce problème structurel, le serpent qui se mord la queue. Il n’y aurait pas assez de clubs avec des structures pour accueillir la chaîne L’Equipe ? 

 

Oui, c’est sûr que la retransmission d’un match télévisé en soirée exige qu’on ait la possibilité de le faire, je parle techniquement. Il y a des clubs, vu l’argent qu’ils mettent à disposition, on ne peut pas exiger d’eux qu’ils fassent des aménagements nécessaires pour ces retransmissions. Mais tout ce qui va sur une augmentation de l’intérêt qu’ils vont donner à cette compétition est, pour moi, de nature à être encouragée. 

 

Dans ce séminaire, on a aussi parlé de la catégorie espoirs, des jeunes. La réforme des espoirs qui est toute nouvelle a du mal à passer dans certains coins de France. Dans d’autres, ça a été plus facile. 

 

Vous parlez de celle qui a été mise en place il y a trois ans ? 

 

Oui mais dont l’abaissement des critères d’âge est effective cette année. Il y a des clubs qui ont du mal à l’encaisser, d’autres qui l’ont encaissé plus facilement. Comment avez-vous répondu à ces clubs ?

 

Il y a plusieurs problèmes. On va mettre un groupe de travail spécifique sur celui-là. Il y a des clubs qui parlent des 35 joueurs que nous avions mis en place pour les équipes de catégorie Crabos et autres. Sur les parties espoirs, on avait limité à 35 pour palier justement au fait qu’on avait abandonné les couleurs de licences. On voulait éviter que des clubs fassent leur marché et, avec 50 joueurs pour une équipe, il en reste pas mal sur le carreau. On a eu des demandes sur plusieurs niveaux : sur ce niveau, sur des questions d’âge. Je pense que, là-dessus, il faut qu’on donne des possibilités à la catégorie espoirs soit qu’on modifie aussi la double licence ou plutôt qu’on lui fasse des aménagements. Il y a plusieurs aspects sur lesquels il faut qu’on se penche et on va y travailler très rapidement.

 

L’obligation pour les clubs de Fédérale 2 de monter va t’elle perdurer ? 

 

Là-aussi, dans la discussion qu’on va avoir, on va y associer un ou deux clubs de Fédérale 2. J’ai eu des échos, j’entendais par exemple le président de Lombez lors d’une journée à Miélan pour le match Astarac/Auch. 

 

A Miélan, chez Henry Broncan

 

Oui, chez Henry Broncan qui a souhaité jouer le derby sur le stade de Miélan et pas sur celui de Mirande parce qu’il pensait que c’était plus un terrain à derby (rires). 

 

Ca ne m’étonne pas d’Henry

 

Oui, Henry est un grand malin et un grand connaisseur, reconnu par tous. Et, pour en revenir à ce qu’on disait, le président de Lombez me disait  » moi, ça ne m’intéresse pas de monter en Fédérale 1 « . Et j’ai eu écho d’un autre président peut-être de poule, je ne citerai pas le nom pour rester discret, mais qui disait aussi  » je ne suis pas intéressé « . Quand on examine ces faits, on a le droit de s’interroger. Ce n’est pas forcément lié au championnat mais, pour le président de Lombez, c’est à cause de la catégorie espoirs. Donc, il faut qu’on examine toutes ces choses-là calmement et pas en se disant que c’est  » de la merde « . Tout le monde a droit à du respect et tout le monde a besoin qu’on écoute l’analyse de son cas. 

 

On a bien compris que ça avait été une rencontre collaborative. Quelle est la feuille de route que vous vous êtes fixé avec les présidents ? 

 

Ah oui, j’ai eu des retours de textos et de mails de présidents qui m’ont dit merci. Ça a été un grand succès, une grande confiance et je pense que, là-dessus, on n’a pas le droit de décevoir. La feuille de route, c’est que la commission va être mise en place très, très rapidement, justement pour ces éventuelles possibles modifications de règlement puisque ça, en effet, il faudrait qu’on présente un comité directeur fin mars. Donc, ça va aller très, très vite mais ça ira avec l’expérience des présidents style Christian Laclau de Tyrossequi a une expérience de Fédérale 1, qui a été en Pro D2 même si c’était à une autre époque mais surtout de formation avec des clubs aux alentours. Il y a aussi des aménagements à faire, par exemple, «  Coco «  Laclau, lui, président du club de Tyrosse, il travaille avec Soutons, il travaille avec Capbreton-Hossegor, avec Saint-Jean-de-Marsacq. Ils ont des écoles de rugby et en minimes, ils rassemblent tout le monde. Ils ont trois équipes minimes qui sont dans le Côte Sud Landes et à partir de ça, ils font progresser les jeunes et les font jouer dans des catégories. Il dit que, quand ils font des équipes de niveaux cohérents  » à tel âge, j’ai des problèmes parce-que je suis obligé de faire des mutations « . Des mutations, c’est de l’argent donc il y a des idées à avoir. Bien sûr, il y a les clubs auxquels sont affiliés les joueurs mais il faut trouver une solution intelligente pour que ces rassemblements aient la possibilité de faire un point chaque année et de faire jouer les jeunes à leurs niveaux sans que cela engage des responsabilités au niveau formalités ou financières coûteuses. 

 

Pour les clubs comme Tyrosse ou encore Bédarrides qui a un projet à court ou moyen terme de faire un club de territoire, de province vauclusienne, c’est une planche de salut ce rugby de territoire pour lutter face aux grandes métropoles ? 

 

La mise en place des bassins qui a été faite, c’est quelque chose d’absolument nécessaire. 

 

Cela peut permettre de lutter face aux métropoles qui sont émergentes dans le rugby fédéral ? 

 

Oui, je pense que des bassins sur lesquels il y a des clubs de différents niveaux, c’est un bassin idéal. Les Fédérales 1, à partir du moment où elles sont dans un état d’esprit constructif avec les autres clubs, je pense que c’est justement à eux d’amener cette démarche-là. 

 

Tout à l’heure, vous nous avez évoqué la raison financière. Vous parliez de trois clubs qui pourraient, à votre sens, monter en Pro D2. Vous pouvez nous donner les noms de ces trois clubs et, est-ce qu’il y a malheureusement déjà des clubs qui, cette année, portent inquiétude à la Fédération à cause de leur santé financière en Fédérale 1 ? 

 

je ne saurai vous le dire, volontairement. Mon expérience dans les commissions régaliennes, c’est à dire discipline, règlements et appels, nous obligent à nous assurer que ces commissions fonctionnent bien mais sans aucune forme d’influence ou de contact qui pourraient amener à ne pas avoir une sérénité dans leur analyse des faits. Donc, j’utilise exactement la même forme pour la DNACG, ils font leur boulot. 

 

Pour ne pas que vos propos viennent parasiter leurs décisions ? 

 

Voilà, tout à fait. Là-dessus, c’est un principe, principe moral peut-être mais pour moi nécessaire. 

 

Donc, vous ne nous direz pas s’il y a des clubs pour l’instant en difficulté, ce qu’on n’espère pas parce qu’à chaque fois, ça n’apporte pas une belle image ? 

 

Non, pour l’instant, je ne veux pas savoir. 

 

On va arriver à la fin de cette interview. On sait que Bernard Laporte a assisté à ce séminaire. Quels ont été les mots du président de la Fédération Française auprès de cette base fédérale ? 

 

Bernard, comme à son habitude, est toujours très, très direct dans ses propos. Il était venu avec ce qu’on avait dit, à savoir que la Fédérale 1 était dangereuse, que des clubs couraient un gros risque et quand il a entendu les clubs qui représentaient le bas du classement plus susceptibles d’être mis en danger, il a entendu des  » non mais nous, on a surtout envie de conserver les derbys, de conserver notre émergement dans la Fédérale 1 « . Ce que les clubs avaient déjà dit l’an dernier à Thierry Murie quand il les avait réunis fin Avril. Donc, à partir de ce moment-là, Bernard a dit  » OK, on continue comme ça  » mais, on travaille quand même sur des éventualités, qu’on soit prêt. Je vous dis, ce qui est primordial dans le rugby, c’est de prendre des décisions émotionnelles et très rapides. Il faut que ce soit étudié c’est à dire que si un jour, on dit  » on fait ça, il y a telle conséquence « . Qu’on ne présente pas que les bons côtés, qu’on dise  » attention, il y a tel risque à tel niveau « . Et, à partir de là, les clubs seront à même de discuter, de juger et d’amener aussi des améliorations. 

 

En parlant de danger, quand il y a des Bourg/Mazamet ou des Albi/Graulhet, pour imager, est-ce qu’à la Fédé vous brûlez un cierge pour qu’il n’arrive rien ? 

 

Vous avez malheureusement toutes les catégories qui pratiquent le rugby où il y a une notion de danger. Il y a également d’autres disciplines qui sont malheureusement accidentées. Quand on voit des jeunes au foot l’an dernier qui sont décédés, pas sur des chocs mais sur des problèmes cardiaques. La presse en a parlé mais, imaginons que ce soit dans le rugby, ça aurait fait 400 pages de plus. On a entretenu autour du rugby un climat … 

 

Anxiogène ? 

 

Oui, anxiogène. On ne regarde que les mauvaises choses. 

 

En parlant de bonnes choses, Benjamin Bagate, à notre micro et à celui de Sud-Radio, travaille à une solution pour éduquer, entre autres méthodes par les skills,  les plus jeunes à absorber, à anticiper, à avoir des postures et des réflexes pavloviens par rapport aux chocs. Vous, à la Fédé, ce genre d’initiative vous parle ? 

 

Bien sûr ! Tout ce qui est de nature à préparer les joueurs dans des affrontements directs, bien sûr. D’ailleurs, je crois qu’au Japon, Didier Retière me disait que quand ils sont allés voir le Sumo qu’ils avaient justement beaucoup appris sur des attitudes, des positions. 

 

La transversalité du sport et le fait qu’on puisse puiser dans chacun ? 

 

Il faut s’ouvrir. Le rugby doit s’ouvrir là-dessus c’est à dire que, jusqu’à présent, on était sur des situations d’affrontements mais directes, sans étude d’absorption du choc, comme le fait un petit peu le judo ou d’autres disciplines. Bien sûr que tout ce qui est de nature à rendre les joueurs dans une situation sans mise en danger, c’est à développer. 

 

On sait que, quand on est vice-président de la FFR, même si c’est du sport, ça revêt un côté politique. Quand on fait de la politique, souvent, on prend un dossier, on prend une maison, une compétence à appointer et on essaie de l’amener un peu plus loin, un peu plus haut, un peu plus fort. Quel est votre programme pour que, quand l’ère Maurice Buzy-Pucheu sera terminée, on puisse tirer un bilan ? Quel est votre objectif ? 

 

Je vais vous dire une chose. Mon objectif, c’est que je fasse de bonnes choses pour le rugby. Je vous rassure, je n’ai aucune ambition personnelle. J’ai 72 ans, si à 72 ans on a besoin du rugby pour dire qu’on a donné un sens à sa vie, c’est qu’on a vraiment tout loupé. Moi, je ne suis pas dans ce cas-là, je ressens le rugby de manière totalement bénévole et j’ai toujours été habitué à ça. Et les pratiques au plus haut niveau où j’ai évolué, c’était en Fédérale 2, bénévolement. C’est à dire que j’ai pu apporter mais surtout, connaître tous ces gens, connaître tous ces présidents, toutes ces personnes qui se mettent en responsabilité tous les dimanches et tous ces bénévoles pour qu’on les aide, pour qu’on les écoute surtout. Bien sûr, il y a des gens qui sont agressifs sur les bords de touche ou autres ou même en responsabilité . Mais tout le monde mérite d’être respecté et à partir du moment où on aura établi et rétabli ce lien direct qui est lié au respect, déjà en première qualité, j’estimerai que j’aurai rempli mon rôle. 

 

on sait que vous êtes un président ancré dans votre territoire. Dans quelques jours, quelques semaines, il va y avoir un derby haut en couleurs entre Mauléon et Oloron. Est-ce qu’on aura la chance de vous voir pour ce derby de votre territoire ? 

 

J’ai de très bonnes relations avec les deux présidents, qu’ils s’agissent de Benat Queheille à Mauléon et de Laurent Malié à Oloron. 

 

Deux présidents dynamiques

 

Laurent, à Oloron, vit des moments un peu compliqués, c’est toujours un peu compliqué à Oloron, mais il engage une grande énergie. Le problème d’Oloron, c’est qu’ils n’ont pas ce socle d’anciens que peut avoir Auch par exemple. L’autre jour, j’étais stupéfait quand j’étais à Miélan, il y avait une trentaine d’anciens joueurs d’Auch avec leurs chemises, leurs jeans. L’histoire d’un club, c’est ça, c’est la référence du passé, on parle de racines mais les racines, c’est ça. Mauléon a cette culture de façon passionnée. Quand on voit que Benat a rallié et maintenant, leur file un coup de main dans la gestion joueurs. Si vous allez au match, c’est avec grand plaisir que je vous rencontrerai, il n’y a pas de problème. 

 

On vous remercie Maurice Buzy-Pucheu d’être venu à notre antenne et on sent que vous avez ancré au fond de vous ce rugby de terroir, ce rugby de villages à l’ancienne. Même si comme Pierre Serena le dit, la fédérale n’est plus un sport amateur où on se bat pour un clocher et une paire de chaussettes, on sent que vous voulez quand même faire vivre et survivre cette âme de la Fédérale 1. 

 

Vous savez, demandez à Benat Queheille à Mauléon, demandez à Xabi Etcheverry l’an dernier à Nafarroa ce qu’ils pensent de la Fédérale 1. Ils l’ont respectée tout en respectant leurs valeurs, ils ne se sont jamais plaints, ils ne se plaignent pas, ils jouent le jeu, ils se lancent des défis. Pour eux,  lancer des défis, c’est aussi une forme de culture, se dire  » je veux aller plus loin, me perfectionner, je veux devenir meilleur « . 

 

Tout a été dit, la boucle a été bouclée. On vous dit à très bientôt sur les ondes de Radio Albigès et dans les colonnes du #MagSport. 

 

Avec grand plaisir. En espérant que vous puissiez continuer longtemps à véhiculer toutes ces valeurs de la région, d’Albi et espérant pour ce club de pouvoir retrouver un jour le niveau auquel il a opéré jusqu’à présent. Mais je fais confiance à Arnaud Méla que j’ai connu puisqu’il avait joué avec mon fils à la Section Paloise. Et je dis que le club est entre de bonnes mains. 

Propos recueillis par Loïc Colombié

Réécouter l’itw en intégralité : https://hearthis.at/radio.albiges/magsport29112019/

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