#Rugby – Fed1 / S.Pardakhty (Albi) : «Au rugby, j’ai trouvé un mélange de passion et de force»

Ce mardi, nous avons eu la joie de recevoir dans les studios du « Le #MagSport – RadioAlbiges », Simon Pardakhty le 3eme ligne aile du Sporting Club Albigeois. Accompagné de son coéquipier Nicolas Chocou, l’Allemano-Irano-Chilien nous a livré son sentiment sur le début de saison des jaunes et noirs, avec l’humour et la bonhomie qui le caractérisent. Pour ce guerrier infatigable sur le pré, le rugby fut une découverte à l’âge de 16 ans, qui lui a permis de repousser les frontières de son Chili natal. Plus jeune international chilien, celui qui a été formé au Prince of Wales Country Club, à Santiago, a barroudé en Nouvelle Zélande, dans le Lot et l’Aveyron avant de poser ses valises auprès d’Arnaud Méla dans le Tarn. En définitive comme sur un terrain, Simon Pardakhty ne manque pas de générosité derrière un micro, le sourire en prime.

Simon, ce match (contre Fleurance) fut loin d’être une sinécure ? Ça a quand même été compliqué, il a fallu s’y employer ferme ? 

 

Honnêtement, oui, ça a été un match fermé mais on le savait depuis le début et ça s’est vu aussi en première mi-temps. Ça a été un match très serré, nous, malheureusement, on n’a pas pu concrétiser les opportunités. On a manqué un peu de chance mais aussi de discipline. Chaque fois qu’on était dans les 22 de Fleurance, on a fait des plaquages hauts, des petites fautes qui ont fait, qu’à la fin, il nous manquait quelque chose pour arriver au but et pouvoir marquer. 

 

On l’a vu en première mi-temps, surtout pendant les 20 premières minutes, c’était un peu  » la foire à la saucisse  » avec des ballons tombés, de l’indiscipline, souvent une mauvaise prise d’informations des joueurs. Comment tu peux l’expliquer ? C’est le match à l’extérieur de Saint-Sulpice-sur-Lèze qui était encore dans les têtes ou dans le cabeza comme tu dirais ? 

 

J’aimerai bien dire que non mais je pense que oui (rires). 

 

Il y a une petite part de vrai ? 

 

Oui, parce qu’il faut surtout qu’on montre tous les week-ends le même visage qu’on montre chez nous. Il faut qu’on réussisse à le faire à l’extérieur et, à Saint-Sulpice, on est vraiment passé à côté. C’était un match de faible intensité, on est jamais vraiment rentré dans le match du coup, ça a vraiment été dommage de passer à côté de cette opportunité. On ne voulait surtout pas rater une 2e opportunité contre Fleurance, encore à l’extérieur. Surtout après avoir fait un très bon match contre Blagnac à la maison. Donc, l’envie était toujours là mais il y avait une sur excitation de vouloir faire trop bien les choses, surtout de vouloir montrer aux supporters albigeois qui viennent tout le temps nous supporter à l’extérieur. On leur passe aussi le bonjour parce-que ça fait trop plaisir de les avoir à chaque fois. 

 

Oui, à chaque fois, ils sont 50, 60. C’est bien de les avoir dans les moments durs, ça vous permet de pousser, de serrer les dents ? 

 

Honnêtement, on les entend parfois plus eux que les autres (rires). 

 

Avec les tambours de Francine ? 

 

Oui, Francine est toujours là. Franchement, c’est magnifique et ça fait du bien. Ils savent qu’ils sont importants pour nous. Par rapport au match, il ne faut pas non plus enlever le mérite de Fleurance qui ont aussi fait une première mi-temps très courageuse. Heureusement, on s’est fait confiance, on s’est dit qu’on allait envoyer du jeu et c’est ce qui s’est passé en deuxième mi-temps. 

 

Arnaud Méla vous a un peu secoués à la mi-temps ou alors il vous a dit que ça allait passer, de continuer et de persévérer ?

 

Je pense que c’était un bon mélange des deux parce que c’est quelqu’un qui sait bien parler à ses joueurs. Surtout, il nous fait confiance du coup nous, on ne se met pas dans la panique. Il s’est passé exactement ce qu’il nous avait dit, qu’ils allaient craquer au bout d’un moment. Nous, on s’entraîne justement très, très dur toute la semaine pour avoir le niveau physique un peu au-dessus et ça s’est encore vu en seconde mi-temps. 

 

Est-ce que Jérémy Wanin vous a demandé de plus prendre les intervalles ou plutôt les extérieurs en 2e mi-temps ? 

 

On fait le point tous ensemble mais après, avants et 3/4, on se sépare. Du coup, on était dans deux vestiaires séparés, je n’ai pas pu trop entendre ce qu’il a dit. Mais, ce qu’on a pu voir sur le terrain, c’est qu’ils ont franchement joué le coup à 100%. A chaque fois qu’il y avait des intervalles, on est plus costauds, on avance, on casse des plaquages et après, c’est juste un enchaînement de jeu. Là où Jérémy et Arnaud se sont bien mis d’accord, c’est sur envoyer du jeu. Il fallait arrêter de sortir des balles lentes pour pouvoir envoyer du jeu et jouer plus vite. 

 

Et vous aviez deux joueurs qui venaient de reprendre, un devant avec Sabri El Gouhl, un derrière avec Lucas Vaccaro

 

Sabri, c’est quelqu’un de bien même s’il parle beaucoup (rires). Je pense qu’il manque encore de confiance dans son corps parce-que ça n’est jamais évident, pour lui comme pour tout le monde, de reprendre un sport de contact comme le rugby au bout de 10 mois. Lucas a coupé 5 mois, Sabri 10 mois. Il faut que le corps reprenne l’habitude, alors qu’il est encore un peu abîmé, l’épaule dans le cas de Lucas, le genou pour Sabri. Epaule et genou, ce sont les deux choses les plus importantes et il faut quelques matchs pour retrouver la confiance mais au niveau de leur prestation sur ce match, je suis très, très fier d’eux. La rentrée que fait Sabri, il la fait bien, on est content, il fait son boulot. Lucas Vaccaro a été, à mon avis, un des meilleurs du match contre Fleurance. 

 

Lucas, il y a eu 10 minutes, un quart d’heure où il a fallu qu’ils prennent ses marques, on voyait qu’il se cherchait un peu. Et puis, une fois que les automatismes et la machine Vaccaro se sont remis en marche, on ne l’arrêtait plus ? 

 

Tu imagines, nous qui jouons tous les week-ends, on a parfois du mal à se remettre dans le match. Alors, au bout de six mois, c’est complètement normal. Mais je suis fier de lui, c’est un très bon joueur, un très bon garçon, il a vraiment fait un très bon match. 80 minutes, ce n’est pas du tout évident au bout d’une telle coupure de 5 ou 6 mois. 

 

On va changer un peu de registre et on va parler de toi. Il y a une question qui nous brûle les lèvres à Radio Albigèsdepuis longtemps : comment un allemano-chilien arrive au rugby ? Ce n’est pas pour faire injure à ces deux nations mais ce ne sont pas les deux nations les plus bankables ou les plus cotées du rugby. Comment es-tu venu à ce sport ? 

 

Mais pourquoi tu dis ça ? (rires)

 

J’ai cherché l’Allemagne dans les 6 nations mais je ne les ai pas trouvés

 

C’est parce-que tu étais nul au foot (Nicolas Chocou présent en studio )

 

Voilà, Nico a tout résumé (rires)

 

Tu t’es essayé au foot ? 

 

Honnêtement, j’aime presque tous les sports, si on enlève le golf. 

 

Pourtant, Jérémy Wanin adore ça, le rugby-golf

 

C’est pour ça qu’on ne s’entend pas bien (rires). Non, je rigole. 

 

S’il t’entend, il va te tirer les oreilles en pointe. 

 

Non, je rigole. Depuis tout petit, j’étais très, très sportif. En fait, je voulais être joueur de tennis professionnel mais finalement, ça ne s’est pas déclenché. J’étais dans le volley-ball, dans le foot et au bout d’un moment, j’ai commencé le rugby mais tard, vers 16 ans. Si je ne me trompe pas, ce n’était pas loin de la Coupe du Monde France 2007 et un pote de mon école m’a dit  » pourquoi on ne va pas essayer ce sport ? « . Lui, par contre, faisait 1m60 et 60 kgs du coup, c’était un peu drôle mais on s’est dit  » allez, on y va ensemble « . On est parti dans cette aventure de trouver ce nouveau sport qu’honnêtement, je ne connaissais pas beaucoup. Et depuis le premier jour, on s’est régalés, j’ai pu trouver un mélange de tous les autres sports. 

 

Quel était ton premier club ? 

 

PWCC, Country Club Chile. Le nom complet est Prince of Wales Country Club, à Santiago, au Chili. Du coup, je leur passe le bonjour, ils viennent de perdre la finale du championnat chilien. Ils ont fait une très belle saison mais ils perdent la finale. 

 

Et comment as-tu fait pour traverser l’Atlantique et te retrouver à Albi ? Enfin, à Rodez avant. 

 

Comme je te le disais, en commençant le rugby, j’ai trouvé un mélange de passion de force, un mélange de sports que j’ai beaucoup, beaucoup aimé. Du coup, ça m’a fait laisser de côté tous les autres sports pour me mettre à 100% au rugby. Au bout d’un ou deux ans, j’ai commencé à jouer avec la sélection de la région qui était Santiago. Deux ans après, j’étais avec l’équipe moins de 20 ans, dont je suis devenu capitaine au bout de 3, 4 ans. On a fait deux championnats d’Amérique du Sud et j’étais le plus jeune à jouer avec les seniors à 19 ans. Après ça, tout a commencé a monté très, très vite. Je ne voulais surtout pas m’arrêter là et continuer comme on le voit à la télé avec ce qui se fait de mieux, les néo-zed. Du coup, je me suis dit  » bon, si je veux être le meilleur, il faut que j’aille me tester avec les meilleurs « . Et on a pris la décision avec mes parents, qui m’ont beaucoup, beaucoup soutenu,  d’arrêter mes études car j’allais à la fac pour devenir prof d’éducation physique, et de partir en Nouvelle-Zélande. Je suis donc parti à Christchurch pour ma première saison. 

 

Là où il y a eu le tremblement de terre avant la Coupe du Monde ? 

 

Voilà, je suis arrivé là-bas juste après le tremblement de terre, en 2011. C’était un peu catastrophique, pour tout le centre de Christchurch. Mai, au niveau des gens, de la vie, du rugby, c’était … waouh. S’il y a des gens qui m’écoutent et qui ont envie de vivre une expérience unique, il faut qu’ils le fassent mais sans réfléchir, mille fois. 

 

Après, tu es venu en Europe, à Rodez sous les ordres d’Arnaud Vercruysse. Puis, une année sabbatique et Arnaud Méla est venu te chercher pour te relancer au poste de 3e ligne puisqu’à l’époque, tu jouais 3/4 centre ? 

 

J’ai joué toute ma vie 3e ligne. Après cette saison en Nouvelle-Zélande, je suis passé à la ligne nord, du côté d’Auckland. Là, ce sont eux qui m’ont dit  » pourquoi tu n’essaies pas de jouer centre ?  » parce-que je faisais quelques centimètres de moins que les autres qui faisaient tous 2 mètres. Ca ne s’est pas mal passé et quand ma 2e saison s’est finie à Auckland, j’ai voulu enchaîner en France. Mon agent m’a contacté pour aller à Figeac, qui était un petit club en Fédérale 2 qu’honnêtement, je ne connaissais pas du tout. 

 

Figeac, c’est le pays d’adoption de Jérémy Wanin, c’est le Lot. 

 

Ah oui ? Le changement a été dur de passer de la Nouvelle-Zélande à Figeac. 

 

C’était rencontres en terre inconnue ? 

 

Oh, c’était dur ! Mais heureusement, ça s’est vite passé et je garde de bons souvenirs. J’ai grandi et j’ai appris sur tout. J’ai appris le français, j’ai grandi dans ma tête et plein de choses, du coup, je ne regrette pas. Après, j’ai enchaîné avec Rodez au centre aussi, avec Arnaud Vercruysse, un très bon entraîneur qui sait aussi très bien parler aux joueurs. Je l’aime bien et c’est lui qui m’a dit  » j’ai vu des vidéos de toi en 3e ligne, ça ne te dit pas de reprendre cette place-là ? « . 

 

Il y tenait et même, maintenant, il en est fier que tu sois 3e ligne. Quand on l’a au téléphone, c’est une de ses fiertés que tu sois passé 3e ligne parce-que pour lui, c’est ton poste, c’est là où tu es le meilleur. 

 

Au centre, je ne me trouvais pas mauvais (rires). Mais c’est vrai que j’ai joué 3e ligne toute ma vie, j’étais beaucoup plus à l’aise. Pour moi, c’est naturel alors qu’au centre, c’était trop forcé, ce n’était pas mon poste naturel. Arnaud Vercruysse a de bons yeux, il a bien vu ça. Il m’a demandé de rester une 2e année à Rodez comme 3e ligne, j’ai pris le risque de partir ailleurs et à la fin, ça ne s’est pas concrétisé. Du coup, je suis venu à Albi. 

 

Tu suis un peu le parcours des potentiels adversaires du Sporting ? Parce qu’on ne connaît pas encore les adversaires, il faut déjà que le Sporting Club Albigeois se qualifie même si, normalement, ça devrait le faire. Mais, on ne va pas non plus vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Est-ce que tu commences à regarder un peu ce que fait Massy quand ça passe à la télé ? A regarder un peu les matchs pour commencer à étudier un peu, voir comment ça joue et quelle est la donne ? 

 

Oui, bien sûr. Depuis le début de la saison, on savait que Bourg-en-Bresse et Massy allaient être les deux grandes équipes à battre. Mais, je pense qu’on sous-estime aussi les autres équipes. Il y a Dijon, Chambéry, Blagnac, Cognac, Saint-Jean-de-Luz. Il y a pas mal d’équipes qui peuvent être dans les phases finales. Nous, on y sera, c’est sûr. Est-ce qu’on sera 1er ou 2e national, ça, on en sera un peu plus dans les mois de Février ou Mars. Mais il y a pas mal d’équipes qui seront attendues en phases finales, pas juste Bourg-en-Bresse et Massy. 

 

Qu’est-ce qu’on pourrait te souhaiter à part la Pro D2 en fin de saison ? 

 

A part monter en Pro D2, je ne sais pas. Il faut que ce soit par rapport au rugby ? 

 

Rugby ou ce que tu veux

 

Il n’y a rien d’autre que monter en Pro D2. Si, le calme au Chili. 

 

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://hearthis.at/radio.albiges/le-magsport-19-11-2019/

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