#Football – Ligue 2 / M. Debève (RC Lens) «Daniel Leclercq, c’est l’entraîneur qui m’a le plus fait jouer et le plus fait confiance.»

Formé sur les bords de la Garonne tant comme joueur que comme entraîneur, Mickaël Debève a fait parti des plus belles heures du football Sang & Or, sous l’égide du Druide, Daniel Leclercq. La disparition de ce dernier à 70 ans laisse un vide pour le douzième homme lensois et ses troupes.

Champion de France en 1998, vainqueur de la Coupe de la Ligue 1999, vous avez connu de superbes sensations sous la houlette de Daniel Leclercq. Que vous inspirait-il ?

On perd un monument. C’est quelqu’un qui est arrivé en tant qu’entraîneur adjoint au club. Mais moi je le connaissais déjà quand il était joueur. Je suis d’Abbeville donc je suivais le RC Lens quand j’étais petit. C’était déjà un joueur beau à voir jouer avec une grande technique. Je l’ai ensuite découvert quand il est arrivé adjoint avec Roger Lemerre lors de la saison 1996-97. Nous étions mal engagés cette année-là, mais nous avons réussi à nous sauver pour finir au milieu de tableau (13ème) et au final l’année suivante, il prenait les rênes de l’équipe. Ça a changé pas mal de choses dans ma vie.

Comment ça ?

C’était le premier entraîneur qui avait une patte différente de tout ce que j’avais connu juqu’à présent. Il prônait un football porté sur l’offensif, peu importe l’équipe en face de nous. C’était vraiment un compétiteur.

Les années en Sang & Or seront-elles pour vous les plus belles années en tant que footballeur ?

J’ai connu beaucoup de belles années, mais c’est vrai que j’ai été marqué par mes deux années et demi avec lui. La première année il fallait se maintenir, la suivante, nous sommes champions de France et la troisième année, nous jouons la Ligue des Champions et gagnons la Coupe de la Ligue. C’est clairement les plus belles années que j’ai connu en tant que joueur et les plus gros souvenirs que j’ai eu. Nous avions un groupe de joueurs fantastiques et une osmose entre la volonté du coach de nous faire jouer et nous joueurs qui avions tout à gagner et à prouver.

Aujourd’hui vous êtes sur le banc comme entraîneur adjoint du RC Lens, après une expérience comme coach principal au TFC. Les années Daniel Leclercq influencent-elles votre propre façon d’entraîner ?

Oui tout à fait. C’était un gros compétiteur, exigeant, et droit, mais surtout porté vers la gagne. Quand on est joueur à cette époque-là, ça nous marque. Quand derrière, on devient entraîneur, on se réfère à ce qu’on a adoré et ce qui a fonctionné. Effectivement, on essaye de s’inspirer de ce qui se fait de mieux en tant qu’entraîneur à mes yeux. Daniel Leclercq, c’est l’entraîneur qui m’a le plus fait jouer et le plus fait confiance et m’a permis de gagner des titres. Nous sommes très respectueux de ce qu’il a pu nous apporter.

Auriez-vous une anecdote vraiment marquante qui pourrait symboliser ce qu’était Daniel Leclercq ?

Cette anecdote, je pense que tous les joueurs doivent s’en souvenir et c’était tout lui. Lors de la saison 1997-98, nous étions à dix ou quinze matchs de la fin du championnat, nous étions loin des premières places et nous nous dirigions pour nous qualifier pour une place Européenne. Individuellement, il nous a tous posé la question, à savoir si nous pensions être capables d’être champions. J’ai été un des premiers à répondre que oui alors que nous étions loin à une dizaine de points. Tout le monde a confirmé, on se sentait capable de le faire. Ses mots c’était de dire « arrêtez de dire qu’on pourrait peut-être le faire, on va essayer, faisons le c’est tout. » Il pensait qu’on pouvait être champions, il était content de savoir que le groupe était sur la même longueur d’onde. La belle histoire c’est que ça a fonctionné, ça n’est pas toujours le cas. Mais ce sont des mots qui marquent lorsque l’on est dans un vestiaire.

Vos carrières respectives se sont poursuivent chacun de votre côté. Comment fut la suite de votre carrière après l’ère Leclercq ?

C’était un petit peu particulier par rapport à d’autres joueurs. C’était encore lui le coach lorsque j’ai décidé de partir. Nous étions un petit peu fâchés quelques temps. À la fin de ma carrière, quand je suis à Amiens, je décide d’arrêter à 33 ans. C’est la première personne qui m’a appelé pour me demander de venir en National à Valenciennes pour jouer avec lui. Ce sont des choses qui marquent les esprits. Nous nous sommes séparés un peu tendus, fâchés, et finalement c’est la première personne qui me rappelle. Ça montre le respect l’un envers l’autre. Nous sommes tombés dans les bras et nous sommes embrassés. Nous aurions bien voulu retravailler ensemble, malheureusement avec le président de Valenciennes de l’époque, ça n’a pas pu se faire. C’était Daniel Leclercq, quelqu’un de très dur, très exigeant. On pouvait se dire les choses, se fâcher, mais il y avait un très profond respect entre nous.

Depuis, vous êtes arrivés dans le staff de Lens. L’avez-vous revu depuis votre retour dans le Pas-de-Calais ?

Non je n’ai pas eu cette chance. Mais je l’ai recroisé régulièrement lorsque j’étais avec le TFC. Quand nous venions jouer à Lille, il venait souvent au match et à la fin de la rencontre, nous arrivions à nous retrouver pour parler un peu. La dernière fois c’était il y a deux ans et nous avons pu partager quelques souvenirs. Malheureusement, ça ne s’est pas fait à La Gaillette (centre d’entraînement du RCL).

Ces rencontres vous permettaient-elles encore d’en apprendre à son contact ?

Oui parce qu’il était connaisseur du football, du beau jeu. Nous avions des discussion constructives pour essayer d’améliorer et avoir des conseils. C’était un homme très discret, mais un amoureux du jeu. Il nous appelait les « Tiots », c’était très affectif et ça résumait son côté « si je peux t’aider, n’hésites pas à me demander des conseils. » Voilà comment était Daniel Leclercq.

Vous devez sûrement avoir envie de lui rendre un dernier hommage avec l’équipe ce week-end …

Le plus bel hommage serait de gagner contre Sochaux. Ça rendrait hommage à Daniel, et à toute sa famille qui doit être en ce moment très triste.

Nicolas Portillo

crédits photos rclens.fr

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