#Rugby – Fed1 / Albi – Blagnac : Un homme un match (E.Rakas).

Pour la rubrique Un homme, un match, Le Mag Sport est avec Eric Rakas, 3e ligne et talonneur au Sporting Club Albigeois pendant 11 saisons. Il est notre invité en marge du match SCA/Blagnac de ce samedi 9 Novembre 2019.

 

 

Eric, comme nous l’avons spécifié, tu étais 3ème ligne et talonneur mais, avant d’être au Sporting Club Albigeois, tu étais à Graulhet ? 

 

Oui, j’étais à Graulhet de benjamins jusqu’à juniors. Je suis venu à Albi lors de ma dernière année de junior. J’ai fait un match en junior et après, tout le reste en équipe une. 

 

Tu étais déjà très précoce avec sûrement une propension à prendre les espaces de 3e ligne ? 

 

Oui, tout à fait. J’étais surtout un gros défenseur à l’époque et, par rapport à ma taille, j’étais une petite 3ème ligne puisque je fais 1m77. Le fait d’avoir joué 3e ligne et talonneur, à l’époque en groupe A contre des grosses équipes et des gros joueurs comme Dubroca, Dintrans au talonnage et après en 3e ligne, contre toute la grosse équipe d’Agen, les Blanco et tout ça, font que ce sont des joueurs que j’ai côtoyés et contre qui j’ai joué. 

 

Pour revenir à ce match, des Albi/Blagnac, il y en a eu beaucoup. Cela a d’ailleurs commencé en 85-86 pour les premières rencontres puis, il y a eu un petit blanc et, à partir des années 90, il s’en est joué quasiment toutes les saisons jusqu’en 98-99. On a sélectionné un match, le 16 Février 1986 à Blagnac où Albi s’impose 16 à 6. Est-ce que tu te rappelles de ce match ? 

 

Oui, je me rappelle de cette rencontre parce qu’on avait perdu au match aller à Albi. Donc, il fallait absolument leur rendre la pareille et gagner chez eux. A l’époque, c’était comme ça quand on perdait à la maison. Ça avait été un match qu’on avait bien préparé et où on avait mis pas mal de tactiques en place pour ce jour-là avec les frères Soulet, Bernard et Michel. Et ça a payé, puisqu’on a gagné ce match 16 à 6. 

 

Avec un 12 à 3 à la mi-temps. Effectivement, un match maîtrisé qui est parachevé à la fin par l’essai de Basauri sur un drop manqué de Laffargue relate La Dépêche. Tu te rappelles de cette action ? 

 

Non, je ne m’en rappelle pas du tout (rires). Je me rappelle des frères Médard qui prenaient beaucoup de ballons en touche, en fond de touche, ils jouaient 3e ligne tous les deux. Moi, en tant que relayeur, j’avais fait une grosse défense sur eux. C’est le souvenir qu’il m’en reste. 

 

Les grands, tu les pliais ? 

 

Oui, voilà. Peut-être pas tous mais la plupart (rires)

 

Les frères Médard, qui sont le père et l’oncle de Maxime Médard, qui officie actuellement en équipe de France et au Stade Toulousain. Pour en revenir au match, cette saison 85-86 est parachevée par une montée en groupe A. Vous terminez premiers de poule, devant Montélimar, Villefranche/Saône , et vous avez un match de barrage à Mazamet que vous remportez 6 à 3. 

 

Oui, contre Thuir, à Mazamet, et là, par contre, je me rappelle que c’est Piasek qui marque le seul essai du match. 

 

Il fallait en effet que ça se joue sur terrain neutre. 

 

Et Thuir qui était dans notre poule au cours de la saison. On les avait battus chez nous et on les avait aussi battus chez eux. Ils avaient de gros joueurs comme Imbernon,Casamitjanales frères Mascardo.On les avait dominés assez facilement sur les matches de poule par contre, pour cette montée, ça avait été juste (rires). 

 

Il y avait peut-être l’expérience d’Ibernonqui devait finir ? 

 

Non, justement, il n’y avait plus Imbernon. Il n’avait pas joué ce match et je pense qu’ils jouaient mieux sans Imbernon à l’époque qu’avec. Il traînait un petit peu, il était sur la fin. 

 

Aujourd’hui, tu es comme moi, tu as pris de l’âge. Quelle est ta situation aujourd’hui ? Tu es encore dans le milieu du rugby ? 

 

Non, pas du tout. Je suis parti d’Albi pour faire un an de plus à Gaillac qui était venu me voir pour que je fasse un an de plus parce qu’ils avaient l’ambition de monter en première division. On a fait une super saison où on perd en demi-finale contre Pézenas et on n’est pas monté. Pézenas est d’ailleurs champion de France cette année-là. Moi, j’étais déjà pas mal blessé et j’ai continué à me blesser cette saison-là donc, j’ai arrêté pour partir dans l’arbitrage, sur les conseils de Jean-Claude Moulinier, mon président à l’époque mais aussi mon chef dans le milieu du travail puisque je travaille à Tarn Habitat. 

 

Tu t’es donc tourné vers l’arbitrage ce qui t’a permis de continuer un peu dans le rugby à travers cette fonction qui n’est pas facile. Toi qui n’a pas connu le professionnalisme, tu l’as découvert un petit peu via le Top 16, où tu as officié en tant qu’arbitre de touche ? 

 

Oui, tout à fait. En tant qu’arbitre, je me suis régalé. Au début, je l’ai fait parce-que je voulais entraîner donc, j’ai passé mon diplôme d’entraîneur. Je me suis dit que devenir arbitre me permettrait de faire une coupure et m’apporterait un plus pour l’entraînement. Mais l’arbitrage m’a tellement plu que j’y suis resté. Pa rapport au professionnalisme, je me suis aperçu de la différence en faisant les matches au centre en Fédérale 2 et à la touche en Top 16, une différence qui était déjà en train de s’instaurer. 

 

Et toi, quel est ton sentiment ? On ne peut bien sûr pas toujours revenir en arrière mais, 10 ans plus jeune, tu étais presque à l’orée du professionnalisme et tu aurais pu goûter à ses joies. Est-ce que tu penses que ça t’aurait plu, cet environnement, ces entraînements, en faire ton métier ? 

 

Moi, personnellement, je ne pense pas que ça m’aurait intéressé. J’ai préféré vivre tout ce que j’ai vécu dans le rugby avec la grosse amitié qu’on avait, l’esprit d’équipe, jouervraiment pour l’équipe. A partir du moment où on est professionnel, on est plus individuels bien sûr. Mais, j’ai plus de souvenirs de soirées, d’entraînements, d’amitié que des matches en fait. 

 

Un peu l’esprit clocher et maillot ? 

 

C’est vrai. Mais j’ai bien aimé, en arbitrage, justement, retrouver l’esprit clocher dans les clubs que j’ai arbitrés. Et moi personnellement, c’est déjà tellement physique maintenant que je n’aurai pas pu jouer parce-que je n’ai jamais fait une séance de musculation en tant que joueur de rugby. On s’entraînait trois fois par semaine mais, à la salle de muscu, je n’y suis jamais passé (rires). 

 

Il y a peu, l’actualité rugby était à la Coupe du Monde. Quel est ton regard sur cette Coupe du Monde ? 

 

J’ai bien aimé le Japon. J’ai adoré les matches du Japon que j’avais déjà vu il y a deux ans en France quand il y a avait eu le match nul, que les japonais auraient mérité de gagner. J’aime bien le jeu des japonais mais aussi celui des filles de l’équipe de France. Après, sur l’autre jeu, ça m’est un peu difficile parce-que c’est tellement physique que je trouve que ça devient lassant. 

 

Stéréotypé aussi ? 

 

Oui, voilà, tous ces petits tas par exemple. Par contre, je me suis régalé sur le dernier match de l’équipe de France, qu’ils auraient dû gagner, où ils ont joué derrière. C’est de qui me plait, quand il y a du jeu et que ça vole un peu de partout. 

 

Tu es un peu comme Arnaud Méla, tu es un homme de devant, de devoir, Quelqu’un qui va au combat mais qui aime le beau jeu et le jeu des 3/4 ? 

 

Ah oui, c’est vrai. Je me rappelle des Codorniou, des Jo Maso, des joueurs qui, maintenant, n’auraient pas pu jouer. Pour moi, c’est ça le rugby et là, on le retrouve de moins en moins. De temps en temps, on dirait que ça revient sur certains matches mais pendant un moment, c’était assez bloqué sur un jeu d’avants, avants et 3/4 d’ailleurs, physique. On n’arrivait pas à les différencier. 

 

Il y a des 3/4 d’aujourd’hui qui auraient joué devant il n’y a pas longtemps et même aujourd’hui d’ailleurs ? 

 

Tout à fait, quand on voit les mensurations, ça n’a rien à voir avec mon époque (rires). 

 

On te remercie Eric et on te souhaite le meilleur 

 

Merci à vous aussi. 

 

Propos recueillis par Didier Revellat

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