#Rugby – Fed1 / G.Bertrand (Albi) : «Qu’on ferme un peu nos bouches et qu’on travaille!»

Nous sommes allés à la rencontre , ce lundi, quelques heures après la désillusion en terre Saint Sulpicienne (défaite 9-3) de Gaëtan Bertrand. Comme sur un terrain, l’ex joueur de Lavaur et Rodez, formé à la pépinière briviste ne s’est pas défilé lui qui assumait le capitanat lors de cette rencontre. Pour ce joueur de devoir , qui a appris les valeurs du rugby à Montignac , bastion dordognais d’une ovalie rurale, les vertus véhiculées par l’USSS ne peuvent que lui parler. Focus sur l’ « Ours de la grotte de Lascaux » , un des cadres du vestiaire jaune et noir , qui conscient des errements du week-end dernier, pousse un coup de gueule et enjoint ses partenaires à se ressaisir, dès samedi, lors du choc face au Blagnac Rugby.

J’imagine Gaëtan, qu’il y a des lundis où la tête pique et où on a le regard penaud ? 

 

Oui, un lundi matin compliqué après cette défaite compliquée aussi. On avait fait une bonne semaine de travail, on était partis pour faire un gros match là-bas et gagner. Pour nous, c’est une grosse désillusion. 

 

Comment expliques-tu, appelons un chat un chat, ce non-match du Sporting Club Albigeois ? Parce qu’on l’a vu tout au long de la seconde période, plus le match se déroulait, plus vous preniez la ficelle par le mauvais bout avec des chamailleries avec l’arbitre qui vous a mis plusieurs fois à 10 mètres, des combinaisons simples qui ne passaient pas. Qu’est ce qui s’est passé ? Est-ce la reprise qui vous a cassé un peu la chique ou bien ce match a t’il été pris par dessus la jambe ? 

 

Non, on avait mis un plan de jeu en place toute la semaine et on a eu du mal à le respecter. On a fait tomber des ballons, c’est vrai qu’on a été très, très indisciplinés. J’étais capitaine sur ce match, les fautes, elles y sont, il ne faut pas dire qu’il y a eu un problème d’arbitrage. On a eu du mal à respecter notre plan de jeu, on est tombé sur une équipe de Saint-Sulpice qui avait plus envie que nous sur le coup. Donc, avec l’envie et la bande de copains qu’ils ont, ils ont réussi à nous gagner. 

 

Oui, la bravoure était clairement du côté de Saint-Sulpice. On l’a vu sur un groupé pénétrant, qui est d’habitude une des forces du Sporting Club Albigeois. Pour paraphraser les mots de Romain Lalliard, ils vous ont marché dessus. C’est un moment où vous avez vraiment senti le match tourner, que ça serait vraiment compliqué d’aller arracher ces points à Saint-Sulpice ? 

 

Oui, c’est vrai que ce groupé qu’ils nous font en seconde période nous fait mal et on ne s’en est pas sortis. Après, j’ai trouvé qu’en première mi-temps, on était bien dans l’engagement et c’est vrai que ce début de deuxième mi-temps nous fait un peu mal parce qu’on n’arrive pas à prendre le score. Du coup, on court après le score, on court après les arbitres, on court après tout, on s’emmêle un peu les pinceaux et on se réveille les cinq dernières minutes du match, ce qui est trop tard. On aurait du tuer le match en première mi-temps. Je pense qu’on a quelques occasions, si on les met au fond, l’arbitre serait resté un peu de notre côté et il aurait géré son match. Sauf qu’on loupe le coche en première mi-temps. 

 

Reparlons un peu des dernières minutes. On a l’impression d’un air de déjà-vu comme contre Bourg-en-Bresse en Fédérale 1 Elite, contre Rouen lors de la demi-finale retour la première année ou même encore contre Rouen lors de la dernière demi-finale. On a l’impression que, dans les 5 dernières minutes du money-time où vous butez pour aller chercher la victoire, vous avez du mal à trouver la clé ? Que le Sporting a du mal à gérer ces situations pour aller chercher la victoire dans les cinq dernières minutes ? 

 

Compliquée à aller chercher dans les cinq dernières minutes, c’est vrai. Après, je ne sais pas si l’arbitre, dans sa tête, avait décidé de ne pas nous la mettre mais bon, on était super bien en mêlée, trois mêlées enfoncées, on s’est dit que ça allait quand même payer. Je ne voyais pas d’autre option, on aurait pu aussi aller en touche mettre un porté mais, vu les conditions climatiques, ça aurait été compliqué de la transformer bord de touche. On avait déjà le bonus défensif donc, pour nous, dans nos têtes, c’était vraiment essayer de marquer un essai le plus près des poteaux et pouvoir le transformer ou avoir un essai de pénalité. Après voilà, trois mêlées enfoncées, la 4e, le ballon sort, on ne sait pas trop comment, c’était un peu compliqué à gérer. On reste frustrés sur ces dernières actions mais on aurait dû se bouger un peu les fesses avant. 

 

En fin de match, on voit Arnaud Méla vous demander à vous les joueurs de prendre la touche si le ballon est dans les 5 mètres. Vous prenez plutôt la mêlée. Qu’est ce qui vous fait, à vous joueurs, changer d’optique par rapport à la consigne du coach ?

 

Pour moi, la première option quand l’arbitre siffle la pénalité sur la ligne des 5 mètres, c’est d’annoncer la mêlée. Il siffle et une fois que je lui annonce la mêlée, il commence à reculer et à se mettre à 6, 7 mètres. J’avais annoncé mêlée et finalement, on a quand même sur la mêlée juste après pénalité pour nous donc ça ne changeait rien là-dessus puisque, si ça avait été aux 5 mètres, il m’aurait quand même dit mêlée et pas touche parce qu’il ne voyait pas où était la pénalité. Mais pour moi, au début, la pénalité était plus proche que ça. Mais bon, même en groupé pénétrant, je ne sais pas si on aurait marqué et transformé donc, on ne sait pas trop. 

 

Tu es vice-capitaine en temps normal mais, vu que Mathieu André est temporairement sur le flanc, c’est toi qui a récupéré le capitanat. Le poste de capitaine dans ce genre de match, où on a déjà l’arbitre un peu à dos, où c’est compliqué, ça doit être ardu à gérer. Quels ont été tes mots auprès des joueurs pendant et après le match ? Comment as-tu essayé d’endiguer un peu ce trou d’air albigeois ?  

 

Personnellement, j’avais joué à Saint-Sulpice avec Rodez à l’époque. Toute la semaine, j’avais mis tout le monde en éveil, on avait fait une bonne semaine de travail et je leur avais dit que ça allait être très compliqué. Pendant le match, c’était essayer de dire aux joueurs de garder leur calme, d’arrêter de parler à l’arbitre, d’éviter de faire des fautes un peu à la con et que ça allait passer. Ce n’est pas ce qu’on a réussi à faire, on n’a pas gardé notre calme, on a fait des fautes, on a parlé à l’arbitre et c’est compliqué. A la fin du match, j’étais un peu abattu parce que j’avais l’impression de revoir un peu les mêmes matches que l’an dernier contre Nafarroa ou Oloron où on n’arrive pas à scorer, où on n’arrive pas à prendre le match par le bon bout. A la fin de la rencontre, je leur ai dit :  » C’est pas compliqué, on a fait une erreur là, on a du boulot.  » On s’était vus peut-être un peu beaux mais on ne l’est pas donc, il faut qu’on continue à travailler. Qu’on ferme un peu nos bouches et qu’on travaille. 

 

Arnaud Méla et le président Roumégoux ont poussé un coup de gueule, un gros coup de gueule pour le président Roumégoux. Ca a eu un écho assez résonnant dans le vestiaire ? 

 

Oui, bien sûr. Après, on peut les comprendre, on sait qu’ils ont fait énormément pour le club pour continuer à garder le statut pro et je pense qu’ils ont remué ciel et terre pour garder ce statut. Donc, je peux comprendre que le président et Arnaud soient déçus. C’est vrai qu’on ne peut s’en vouloir qu’à nous-mêmes, ce n’est pas eux qui sont sur le terrain. Mais ça appartient aux joueurs et c’est important que les joueurs comprennent l’engagement que le président met parce-que c’est du temps, beaucoup de temps je pense pour lui. Arnaud, c’est pareil donc il faut qu’on rende un peu. On a tendance à recevoir beaucoup et à ne pas trop rendre. Là maintenant, c’est bon, il faut qu’on grandisse dans nos têtes et qu’on arrive à gagner ce genre de match. 

 

Aller chercher la première place nationale, vu que Massy avait trébuché le jour d’avant, ça trottait dans les têtes ? Vous en aviez parlé entre joueurs qu’il fallait aller arracher cette première place nationale ? 

 

Oui, ça trottait dans nos têtes. Bien sûr qu’on le regarde, bien sûr qu’on regarde les résultats des autres matches. Il fallait juste qu’on valide le ticket, sans parler de bonus ou quoi que ce soit, c’était vraiment déjà gagner ce match-là qui était très important. Et puis nous, on s’était fixé un objectif de début de saison, c’était d’être invaincus cette saison. Il n’y avait pas de calcul à faire, même si Massy avait perdu, c’était déjà prévu dans nos têtes qu’on allait là-bas pour gagner donc ça aurait dû normalement être une motivation en plus. Je n’ai pas eu l’impression que ça ait fait cet effet-là. 

 

On est quasiment au tiers de ce championnat. A Radio Albigès-Le Mag Sport, on s’est amusé à faire des projections. Si le championnat s’arrêtait maintenant, quelles seraient les phases finales de Jean-Prat ? Albi tomberait potentiellement contre Narbonne. Qu’en penserais-tu, si on était en Avril, d’avoir un adversaire comme Narbonne ? 

 

On a vue que Narbonne s’était vraiment bien renforcé cette année donc c’est vrai que c’est une belle équipe, qui est en pleine progression depuis le début de saison. C’est assez compliqué de calculer maintenant contre qui on va tomber mais je pense que, de toute façon, il faudra qu’on sorte deux gros matches ou plutôt 4 gros matches aller/retour pour les quarts et les demies. Au vu de leur poule, Narbonne ou Dijon dans une autre poule ou encore Saint-Jean-de-Luz, sont très, très bien cette année. Donc, je pense que tous les quarts de finale vont être durs et que les demi-finales seront très compliquées. 

 

De toute façon, pour monter en Pro D2, il faut battre tout le monde ?

 

Exactement. C’est un quart et une demie qui se jouent donc, il faudra battre tout le monde. C’est vrai que c’est toujours mieux de se mettre à l’abri en finissant premiers nationaux pour essayer de choper potentiellement un mec un peu plus faible. Donc on verra mais, si c’est Narbonne, ce sera Narbonne et puis on se défilera  pas. 

 

Un petit mot quand même sur les vainqueurs, sur Saint-Sulpice. Ce club fleure bon le rugby d’antan, un club-house digne des clubs de séries ou de Fédérale 2 ou 3 avec des ambiances survoltées, un public très chauvin mais très convivial, très à la bonne franquette. Et puis, une équipe qui a eu du courage, une bravoure sans nom. Toi qui aime bien ce côté-là, ça a quand même dû énormément te parler ? 

 

Bien sûr, moi, je viens de là. Bon, j’ai joué aussi en espoirs à Brive et Perpignan, je ne suis pas uniquement du rugby amateur. Mais, c’est vrai que moi, ce sont des choses que j’ai envie qu’on mette en place. C’est de l’engouement, ce sont des liens d’amitié, ce sont des mecs qui jouent ensemble depuis qu’ils ont 14 ans. C’est un équipe de potes qui n’ont rien lâché sur le terrain, qui n’ont pas démérité, qui ne se sont pas sortis et qui n’avaient peur de rien. C’est super important, quand on se lève et qu’on voit que les mecs en ont encore sous la pédale et qu’ils ont encore envie, c’est compliqué pour nous d’arriver à passer dessus. C’est un club amateur qui aime bien la bonne ambiance et vivre ensemble et ça s’est vu dimanche. 

 

Un dernier mot pour les supporters albigeois parce qu’il y avait quand même 50 à 60 supporters qui avaient fait le déplacement. Il y en a beaucoup qui sont rentrés dans la cité épiscopale avec la mine déconfite. Certains aussi se sont un peu lâchés sur les réseaux sociaux, ça, ça fait partie des affres modernes, on n’épiloguera pas là-dessus. Mais, tu as peut-être un petit mot en tant que représentant des joueurs et vice-capitaine pour les supporters jaunes et noirs ? 

 

C’est sûr que beaucoup se lâchent sur les réseaux sociaux. 

 

On aimerait parfois les voir sur le terrain à votre place…

 

Ca nous pique aussi. Qu’ils ne pensent pas qu’on rentre chez nous, qu’on boit notre bière avec les copains et que ça y est, c’est oublié. Nous aussi, ça nous pique, et on s’excuse auprès d’eux, surtout pour tous ceux qui sont venus, de leur avoir fait une pâle copie comme celle-là. A la fin du match, on était vraiment dépités et dégoûtés. Il faut qu’on se remette en question et, pour les supporters, qu’ils continuent à venir nous encourager. On aura besoin d’eux tout au long de la saison et on a envie de se racheter le plus vite possible, contre Blagnac. 

 

Contre Blagnac, un match de gala, un match capital, un match qui va commencer à égayer la saison du Sporting Club Albigeois. Parce-que tout le monde commence demande des matches en money-time, là, il y en a un. Il va falloir que tout le peuple albigeois se fédère derrière le peuple jaune et noir pour que vous fassiez une belle prestation ? 

 

Oui, clairement. C’est le match premier contre deuxième, celui qui gagnera samedi prendra la première de la poule. Donc, c’est bien après un match comme ça de se choper un bon gros match pour qu’on se remette les idées au clair et ça va nous donner un peu une idée d’où on se trouve en ce moment. 

 

Propos recueillis par Loïc Colombié

 

 

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