Football – D2F / M.Louet (ASPTT FA) : «On a que le choix de se battre!»

Marine Louet est arrivée cet été à l’ASPTT FA, emplie d’ambitions et d’objectifs personnels, mais la réalité du pré a douché certains rêves et obligé tout le club de la cité épiscopale a érigé ce match contre Bergerac en opération commando. Pour la gardienne de but de l’ASPTT Football de l’Albigeois, après une entame collective désastreuse (4 défaites à l’extérieur et deux nuls à domicile), il est temps de trouver sur les terrains, les solutions pour soigner les maux d’un groupe grévé par les blessures et qui se cherche . Comme nous le stipulait dans cet entretien l’ex joueuse de Vendenheim, l’apport du fidèle public albigeois pourrait être un déclic et un soutien salvateur, lors d’une rencontre , ce dimanche à 15h au stade Maurice Rigaud, qui risque d’être une véritable guerre de tranchées au maintien en D2F.

Marine, on imagine que, quand tu es arrivée à l’ASPTT, tu avais des ambitions un peu plus hautes comme jouer le haut du tableau. Là, l’ASPTT se retrouve englué dans la zone de relégation après 6 matches. On imagine que c’est une petite, voire une grosse, désillusion pour toi ? 

 

Ce n’est pas tout à fait une désillusion dans le sens où, je suis d’abord arrivée ici pour des objectifs personnels. Après, il est sûr que les objectifs collectifs sont importants. Certes, on visait meilleure défense et meilleure attaque mais, aujourd’hui est tout autre et on peut revoir nos objectifs et continuer à travailler. Ils étaient peut-être un peu trop hauts depuis le départ. On a une équipe jeune et je crois toujours en elle, dans le fait qu’on va réagir ce week-end. Je pense franchement que l’équipe est capable de faire beaucoup mieux. Ça prendra du temps, il faut juste trouver la bonne manière de comment réagir. 

 

C’est une équipe, on le sait, très jeune avec en plus pas mal de blessures. Penses-tu que c’est aussi ça qui fait que les résultats sont assez décevants en ce début de saison ? Où y a-t-il peut-être d’autres problématiques comme un niveau technique à rehausser ? 

 

Oui, il y a eu beaucoup de blessures en ce début de saison mais je pense que chaque joueuse peut apporter ce qu’elle doit apporter. Pour moi, personne n’est indispensable, tout le monde a quelque chose à apporter à l’équipe. Et oui, il y a en effet un gros problème technique. On est peut-être pas bonnes techniquement mais on peut régler le tir en allant dans les duels, en allant à l’impact. On le voit aujourd’hui dans les gros matches, les petites nations font galérer les grosses nations parce qu’effectivement, elles savent défendre et elles savent embêter les autres et les empêcher de trouver les bonnes situations de frappes. 

 

Souvent, quand tu nous parles de ces petites équipes qui font trébucher les grosses équipes, c’est au mental et à la niaque qu’elles y arrivent. On a vu que, contre Nantes ou La Roche, le staff avait un peu mis à l’index un manque de réaction mentale ou un manque d’énergie psychologique. Tu penses que ceci a été comblé, que les filles ont su répondre positivement par rapport à cette défaillance ? 

 

Je pense qu’avec les filles, on essaie en tous cas de travailler dessus. Bien sûr que ce n’est pas toujours parfait parce-que rien ne peut être à la perfection. Il va falloir encore le travailler, en vouloir encore plus, avoir encore plus la hargne, avoir cette envie de gagner sur le terrain; D’avoir l’ascendant psychologique sur l’adversaire, c’est qui va faire qu’on sera des guerrières et qu’on gagnera des matches, peut-être pas dans la manière de jouer, mais dans l’impact.

 

On va aussi parler un peu de toi, de comment tu as vécu de début de saison. Il y a eu deux matches qui ont été marquants de par l’ampleur des résultats ; la défaite 6-0 à Nantes et le week-end dernier, 6-1 face à Rodez, qui plus est dans un derby. Pour le match contre Nantes, tu étais sur le pré. Quand on est dans un match comme ça, qu’en une mi-temps, on ne va pas se mentir, le match est plié, comment une joueuse de foot, qu’elle soit gardienne, milieu de terrain ou attaquante, vit ce moment délicat. Parce-que, dans la tête, ça doit quand même être très délicat ? 

 

Mentalement, c’est en effet très compliqué, que l’on soit gardienne ou sur le terrain. Mais je pense que, à partir du moment où le match sera plié, que OK le résultat sera ce qu’il est, qu’on aura pris tel nombre de buts, il faut continuer à travailler. Même si on en prend 5, 6, il ne faut jamais arrêter de travailler ni baisser les bras car, là où on peut progresser sur un match, on n’aura pas besoin de le travailler sur un autre. 

 

Samuel Fau nous parlait du fait que, à l’issue du match contre Rodez, il y a avait eu une mise au point entre filles. Comme on dit dans le jargon, l’abcès a été crevé, vous vous êtes dit les choses entre quatre paires d’yeux. Tu penses que c’était vraiment le bon moment, que c’était salutaire, un besoin de crever cet abcès ? 

 

Oui, c’était en effet un besoin de crever cet abcès. Après, pour ma part, je pense que ce n’est pas vraiment le bon moment de réagir à chaud. Certaines diront le contraire et elles ont tout à fait les arguments pour. Mais moi, je pense qu’en parler plus tard, prendre du recul sur les choses et essayer de trouver des solutions est plus simple que de réagir à chaud après le match. Je sais que, personnellement, quand je le dis tout de suite dans l’effet, je vais peut-être dire des choses que je ne pense pas. Et, je pense que c’est pareil pour d’autres filles donc oui, je pense que c’est mieux de réagir peut-être un peu plus tard. 

 

L’avantage, c’est qu’après La Roche sur Yon, on avait reproché au groupe d’être un peu apathique, là, il y a eu réaction. Donc, s’il y a réaction, c’est qu’il y a eu prise de conscience ? 

 

C’est ça, on est plus dans le déni, on se rend compte qu’il y a un gros problème, que ce soit au niveau collectif et surtout je pense, du mental. Certaines parlent de manque d’envie mais je pense qu’on ne peut pas manquer d’envie de jouer au foot parce-que c’est pour chacune de nous une passion. Je pense qu’il y a un autre problème collectif et il va falloir qu’on trouve une solution rapidement pour sortir de là très vite. 

 

Ce dimanche s’annonce à Rigaud, à Albi, un match capital. Bergerac arrive, 0 point, dernier de la poule, face à l’ASPTT avant-dernier avec deux points. Ça va être un match  » à la vie, à la mort, malheur au vaincu « . Comment allez-vous l’appréhender ? Avec le couteau entre les dents ? 

 

Honnêtement, on n’a pas le choix, ce week-end, c’est la victoire. Quelle que soit la manière dont on gagne, il faut qu’on y aille et franchement, j’ai confiance en l’équipe. Quand je suis arrivée ici, j’ai découvert une famille et je pense qu’avec une famille, tant qu’on reste unis et soudés, même si on a des choses à se dire, en restant unis, on peut vaincre n’importe qui. 

 

Même question qu’à Samuel Fau. On sait qu’à Albi, il y a un avantage, c’est le public qui a toujours été là derrière les joueuses, quelle que soit la période, descente ou montée, qu’il y ait eu des coups de grisou ou de moins bien. Est-ce que tu as un petit mot à leur dire pour qu’ils viennent nombreux dimanche supporter les filles de l’ASPTT ? 

 

Je vous dirai que, pour ma part, étant à Vandenheim l’an passé, il n’y avait presque pas de public. C’est vrai que, lors de mon premier match à Rigaud, ça m’a fait au chaud au cœur d’entendre certaines chants, de les entendre nous encourager. Et franchement, je pense que ça aide beaucoup les filles. Parce-que, de se sentir soutenues à la maison, on est obligées de se battre. On ne peut pas lâcher les bras si vous êtes derrière nous, on a que le choix de se battre alors, venez nombreux. 

Propos recueillis par Loïc Colombié

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