#Rugby – Fed1 / N.Bouali (Châteaurenard) : «Retrouver un vrai rugby de tradition.»

Nassim  » Natcho  » Bouali, le coach de Châteaurenard, dans cet entretien réalisé à la veille de rencontrer Bourgoin ce samedi 19 octobre (défaite 22-6), ne fanfaronnait pas et restait dans l’humilité la plus stricte . Pourtant lui et ses hommes ont réalisé le « gros coup » de la précédente journée en faisant , « tomber aux pieds des tours » l’orge bressan (USBPA) ex pensionnaire de ProD2. Focus sur un coach qui nous explique avec simplicité mais efficacité, la genèse d’un exploit, par le retour à des valeurs historiques du club: un rugby basé sur le combat, la solidarité et l’agressivité .

 

 

On imagine qu’à Châteaurenard, vous devez avoir la banane parce-que vous avez fait le gros coup du week-end dernier en faisant trébucher le rouleau compresseur bressan, l’équipe de Bourg-en-Bresse. C’est quand même un joli scalp accroché à Châteaurenard ? 

 

Oui, c’est sûr que cette semaine, les joueurs, le staff, l’environnement du club, tout le monde a la banane. Ca a été une belle partie et c’est vrai que ça a été un bel exploit de faire tomber les Bressans ici, au pied des tours. Ils étaient invaincus et en plus, ils descendent de Pro D2 donc, ça a été dignement fêté samedi soir. 

 

Comment est arrivé cet exploit ? Quelles ont été les clés du match pour faire trébucher cet ogre bressan ? 

 

Les clés du match, c’est déjà qu’on était dos au mur en ayant reçu deux fois à la maison et en ayant perdu deux fois contre Aubenas et Céret, de pas beaucoup à chaque fois et avec de belles choses et d’autres dois de moins belles. Là, on se devait de gagner et en fait, on s’est dit les vérités. A un moment, on s’est rassemblé et on s’est dit qu’aujourd’hui, on allait arrêter de réfléchir à du rugby et mettre des choses en place pour retrouver un vrai rugby de tradition. On a été très agressifs avec une très bonne conquête, on a été très bons en défense aussi, avec beaucoup de jeu au pied pour les presser chez eux. Ils étaient peut-être venus un peu avec la fleur au fusil en se disant que ça allait être fait et finalement, ils ont trouvé à Châteaurenard des morts de faim. Et la différence s’est jouée là. 

 

Ce retour à l’ère d’antan, à ce rugby ancestral, ça a souvent le don de galvaniser le public. Et on sait qu’à Châteaurenard, vous ne manquez pas de supplément d’âme dans le public ? 

 

Oui, exactement. Franchement, pour être honnête, c’est ce que j’avais dit aux joueurs, de vite essayer d’enflammer le public, de vite le mettre dans leur poche pour que ce soit le 16e homme de l’après-midi et ça l’a été. Dès la première mêlée, on a senti que le public ressentait cette pression que les châteaurenardais voulaient mettre sur leur adversaire. Et après, c’est vrai qu’on a eu un public très chaud en ce samedi après-midi qui a poussé nos joueurs à réussir à faire l’exploit. 

 

Tu penses sincèrement que Bourg-en-Bresse sont venus de façon un peu présomptueuse ? Peut-être un peu galvanisés par tous ces supporters autour d’eux qui leur disaient qu’ils étaient quasiment déjà remontés en Pro D2 et que ne comptent que les joutes entre équipes pros. Ils vous ont peut-être pris un petit peu par dessus la jambe ? 

 

Oui mais, franchement, moi, je ne leur en veux pas parce-que c’est peut être un peu naturel. Je me mets à leur place, chez un promu qui a reçu deux fois Céret et Aubenas et qui a perdu, qui a pris presque deux fois 50 points à l’extérieur, ils ont fait un peu tourner mais pas beaucoup. Ce sont les histoires du rugby, c’est toujours pareil. Il y a des joueurs qui veulent plus s’y filer que d’autres et d’autres moins. Si on le joue 10 fois, peut-être qu’on va le perdre 9 fois  ou 9 fois 1/2 mais, pour nous, la plus importante, c’était celle-là. Il fallait la gagner, c’est fait. Moi, j’ai l’impression que mes joueurs étaient prêts à mourir pour gagner ce match et que les Bressans n’avaient pas trop envie de se faire mal. Ils pensaient qu’en faisant juste leur jeu, qui était très beau, il n’y a rien à dire, ça suffirait. Mais le rugby, c’est ça, c’est d’abord du combat et je pense qu’à un moment, ils l’ont oublié et ils se sont faits prendre à défaut sur ça. 

 

En plus, il y avait mes compatriotes tarnais qui vous avaient un peu mis la pression la journée d’avant en allant gagner à Castanet ? Je parle de Mazamet. 

 

Il est sûr que Mazamet nous avait mis un coup de pression parce qu’en gagnant contre Castanet, ils remontaient aussi au classement. Nous, on avait pas le choix sur ce match, il fallait gagner. Que ce soit Bourg-en-Bresse ou Bourgoin ou Narbonne, c’était pareil, on voulait tout faire pour gagner. La chose a été réussie, de belle manière en plus. 

 

On va prendre un peu de champs. On connaissait tes inquiétudes quand tu as été jeté dans cette poule de la mort en tant que promu, tout comme Mazamet. Vous étiez deux équipes très inquiètes arrivant de Fédérale 2. Après 5 matches, quelle est un peu ton analyse de cette poule 2 ? Ce n’est pas si insurmontable que ça bien que l’écart soit grand ? 

 

Je pense qu’il va y avoir trois championnats. Il y a les ténors qui vont se battre pour le haut du tableau, puis un ventre moi qui, j’ai l’impression, se dessine avec Bédarrides, Nîmes et ces équipes-là, et enfin les 3, 4 équipes qui vont se battre pour le maintien avec Mazamet, Castanet, Céret, sans manquer de respect à Céret où on a des amis là-bas, Il va y avoir plusieurs niveaux dans ce championnat mais c’est vrai que ça va quand même être rude. Aller gagner, c’est difficile, gagner à la maison, c’est difficile aussi. Tout le monde va partout pour tout le temps gagner donc, ça va être très dur de se  maintenir mais on va faire tout ce qu’il faut pour. 

 

On va parler de ce temps de bloc. On dit souvent que l’appétit vient en mangeant, vous avez fait tomber l’un des ogres. Mais là, il va vous falloir avoir l’estomac vraiment costaud et calé parce-que vous vous déplacez à Bourgoin. Là aussi, c’est un superbe challenge sportif ? 

 

Oui, c’est un super challenge sportif mais, il y a deux choses dans le rugby. Il faut toujours respecter son adversaire et il ne faut pas être prétentieux. Si tu es prétentieux, tu as le même retour que quand tu ne respectes pas. Franchement, on y va pour faire un bon match de rugby. C’est un bel endroit pour jouer, pour que mes joueurs découvrent Pierre Rajon. Certains l’ont connu, d’autres non, c’est l’histoire du rugby français. On va y aller pour prendre beaucoup de plaisir. On ne manque pas du tout de respect à Bourgoin, ça va être très, très difficile, on le sait mais, on y va pour essayer de faire honneur au maillot. De faire un match, de ne pas être ridicules mais on n’est pas aussi prétentieux pour dire qu’on va aller gagner à Bourgoin. On y va pour faire une bonne partie de rugby, que les jeunes découvrent cet environnement et ce sera avec grade fierté et grand plaisir qu’on va aller se présenter à Rajon ce soir. 

 

Pour rester dans le registre gastronomique, on va dire, après ce match à Rajon, il y aura un petit trou normand d’une semaine, une petite pause d’une semaine. Et après, arrive un nouveau bloc. Quel est le menu de ce nouveau bloc pour Châteaurenard ? 

 

Ce bloc-là est très attendu chez nous puisqu’on reçoit Mazamet. Après, on se déplacera à Castanet et on finira le bloc par la réception de Narbonne. 

 

Donc, deux équipes qui vont jouer le maintien comme vous avec après un des cadors de la poule 2. Ca va être un bloc assez crucial, un des tournants de la phase aller de cette saison ? 

 

Je ne dirai peut-être pas de la saison mais c’est vrai que c’est très important pour nous dans cette phase aller. Il faut absolument qu’on gagne à Mazamet et qu’on fasse un très bon match, voire même essayer de faire un bon coup à Castanet. Donc, on va se préparer comme il faut. On aura entre une semaine et quinze jours de repos pour préparer la réception de Mazamet qui va arriver avec des intentions aussi parce qu’on joue le même championnat. Donc, à nous d’être bien prêts pour entamer ce bloc et après, finir par la réception de Narbonne, où on essaiera de refaire une fête du rugby et de faire un bon match. 

 

En fait, Narbonne ne sera que du bonus ? 

 

Oui, exactement. 

 

Pour finir comme souvent au Mag Sport, la question décalée. En avant-saison, tu nous avait parlé d’une chanson qui traînait dans les vestiaires en cas de victoire contre les grosses équipes. Bourg-en-Bresse, c’est THE grosse équipe de la Fédérale 1. On peut avoir la teneur de cette chanson parce qu’on est un peu restés sur notre faim la dernière fois ? 

 

(rires) Il faudra que je t’écrive les paroles parce-que moi, je ne la connais pas trop bien mais les joueurs oui. C’est une reprise, une chanson qu’ils ont retravaillée au sein du club qui est vraiment pas mal. Il faudra l’écouter, la prochaine fois, je te prendrai le morceau et je te la ferai écouter. 

 

Si tu nous l’envoies, on en fera un jingle pour les joueurs ou les acteurs de Châteaurenard. 

 

Pas de souci, promis, je te l’envoie. Je l’ai en plus.

 

Ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd et on reviendra très, très bientôt à Châteaurenard pour voir comment se passe cette saison en Fédérale 1 et d’ici là, peut-être que vous aurez réalisé un nouvel exploit et fait encore parlé de vous. 

 

Merci beaucoup. J’espère qu’on fera un bon deuxième bloc avec une belle réception de Narbonne pour être tranquille. 

 

Propos recueillis par Loïc Colombié

Plus d’informations dans le #MagSport – RadioAlbiges du 18 octobre 2019 : https://hearthis.at/radio.albiges/le-magsport18102019-version-podcast/

 

 

 

 

 

 

 

 

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