#Rugby – Fed1 / D.Lelievre (ASBC) : « Peut-être, créer à nouveau une ProD3? »

Quelques jours après une belle victoire lors du derby (54-19 face à Chateaurenard) , le néo Président de l’AS Bedarides Chateauneuf du Pape nous accordé un entretien. Au delà de la fierté d’avoir gagner le première round de suprématie locale, le président évoque c’est an II du retour en Fed1 avec une sérénité logique au vu d’un mercato assez probant . Pour celui qui a remplacé David Bellucci à la tête du club vauclusien , la persévérance dans la volonté de créer un club rayonnant sur le territoire, est un des nombreux signes de continuité dans le changement. Mais David Lelievre compte bien laisser son empreinte sur les bords de la Sorgue et de l’ouvèze, et une qualification en Du Manoir pourrait en être un des prémisses. Parachuté par les instances, dans la poule la plus « épaisse » de Fédérale 1, David Lelievre et l’ASBC en appelle à une nouvelle refonte de la pyramide des compétitions. Mais en entendant au confluent des 7 rivières, on affronte la réalité du présent , l’esprit emplit d’espérance.

 

 

David, depuis début Juillet, tu as repris le flambeau d’un autre David, David Bellucci, dans ce club qui est le club fanion du rugby vauclusien. Quelles sont tes premières impressions pour tes premiers pas de président ? 

 

Le petit cadeau que David m’a fait n’en est pas vraiment un. En fait, c’est très, très prenant mais, le moteur de tout ça, c’est beaucoup de passion, une équipe formidable, des bénévoles incroyables et puis, un groupe sportif qui nous fait nourrir beaucoup d’ambitions et qui nous a déjà récompensés lors du derby contre Chateaurenard. 

 

On va y revenir sur ce derby mais revenons un peu sur tes premiers pas de président. J’imagine que David Bellucci doit t’aiguiller quand tu as encore quelques données qui t’échappent ou à découvrir ? 

 

En fait, il y a un triumvirat entre David Bellucci, Philippe Daminiani et David Lelièvre. On échange souvent sur certaines orientations. David, maintenant, est parti avec d’autres ambitions dans d’autres domaines. On se voit essentiellement les week-ends. Hier midi, je l’ai croisé dans le même établissement pour déjeuner donc oui, on échange. Après, on essaie aussi d’orienter le club un peu différemment, on essaie de s’ouvrir davantage aux clubs de notre département puisque, comme de partout, le rugby souffre, y compris au niveau des écoles de rugby. Il souffre de l’évolution de notre société, il souffre également de l’image que le rugby a quelques fois via certains médias. Donc, il faut que tous ensemble on travaille pour essayer de redorer le blason de notre sport et le redynamiser à l’échelle de notre territoire. Seuls, on n’y arrivera pas, c’est tous ensemble qu’on pourra faire quelque chose, je pense. 

 

Et puis, je sais que vous avez un grand rêve à Bédarrides-Châteauneuf-du-Pape, c’est de faire un jour un vrai club du Vaucluse qui soit structurant et qui soit la locomotive du rugby vauclusien ? 

 

C’est ça. C’est un peu le sens du projet que j’ai soumis au Comité Directeur quand j’ai été élu.. Donc, j’ai dirigé quelque chose sur trois ans. C’est effectivement d’arriver à fédérer les clubs et pas sous une seule bannière mais que, tous ensemble, on arrive à fédérer, que nos meilleurs jeunes restent dans le Vaucluse. Quand on voit aujourd’hui le centre de formation d’Aix-en-Provence, il y a un contingent de jeunes vauclusiens assez impressionnant. Ils sont allés là-bas parce qu’ils ne pouvaient pas s’exprimer sur nos terrains. 

 

L’an dernier, concernant Bédarrides, c’était l’an I du retour en Fédérale 1, cette Fédérale 1 qui a bien évolué depuis la dernière fois que vous étiez dans cette division. Vous vous êtes maintenus lors de la dernière journée, lors d’un quasi derby qui a été assez épique. Cette année, j’imagine que vous voulez avoir moins de sueurs froides, essayer de vous maintenir un peu plus tôt ? Et puis, comme on dit souvent avec les clubs qui jouent le maintien, si l’aventure est belle, le Du Manoir peut être touché du doigt ? 

 

C’est ça. L’objectif qui a été donné au staff, compte-tenu de notre poule qui est plutôt relevée, c’est entre 6 et 9. 6, c’est effectivement comme tu viens de le dire, si on arrive à toucher quelque chose et à continuer l’aventure sportive. Et puis 9, histoire d’être sauvé bien plus tôt que la saison passée. On est quand même sur une poule, quand on voit les résultats, les grosses écuries sont quand même bien, bien à l’heure malgré qu’on soit en tout début de saison. Donc, il y a des sujets qui vont être difficiles à surmonter. 

 

Quand tu as été nommé président, quelques jours après, il y a cette poule qui est tombée. Tu as quand même dû tomber un petit peu de ta chaise parce-que c’est du lourd, c’est de l’épais ? On entendait l’autre jour Nassim Bouali dire que, ceux qui allaient jouer le haut du tableau allait se tuer entre eux. C’est quand même une poule qui ressemble à une demi-poule élite ? 

 

On s’est effectivement gratté la tête quand c’est tombé. Le recrutement, de toute façon, était bouclé donc, on ne pouvait plus faire grand-chose. On avait recruté en espérant peut-être avoir une poule du même niveau que l’année dernière en se disant  » là, on va aller chercher 5 ou 6 « . Quand on a vu ça, on a révisé nos ambitions sportives à la baisse parce qu’il faut rester raisonnable, sans parler des budgets où il y a un monde. Mais effectivement, quand tu prends Narbonne, Bourg-en-Bresse, Bourgoin et je vais m’arrêter là mais, ils sont six faciles à, comme te l’as dit Nassim, s’entretuer pour sortir de la poule. 

 

Oui, parce-que, quand on rajoute Aubenas, Nîmes, Hyères-Carqueiranne ou encore Nice, ça fait même quasiment sept. 

 

C’est ça. 

 

Tu nous parlais du mercato. Il y a quand même un mercatoqui a de la gueule pour un club comme Bédarrides. Il y a des joueurs de valeur qui sont arrivés cet été ? 

 

Beaucoup oui. On a quasiment 40% de nouveaux joueurs par rapport à l’année dernière et la feuille de dimanche, sur le XV de départ, il y en avait une bonne moitié qui était de nouveaux joueurs. Oui, ça a de la gueule. Ca a de la gueule parce qu’on s’est bien, bien renforcés en première ligne, on a bien travaillé également sur la touche, on a une deuxième ligne qui est très sympathique. Et puis, on a deux noms épiques qui d’ailleurs, ont attirés beaucoup de monde dimanche, Matanavou et Lucas Daminiani, la toute dernière recrue. 

 

Arrivé de Béziers

 

Oui, et s’il continue comme ça, on ne va pas le garder longtemps de toute façon. C’est tout le mal que je lui souhaite, que je nous souhaite. 

 

Je sais qu’il y avait des yeux qui étaient portés sur lui du côté d’Albi, qui l’ont regardé attentivement quand il y a eu une recherche d’arrière du côté d’Albi

 

Oui, je sais même qu’un des clubs favoris de notre poule le regarde de très près aussi, encore aujourd’hui et qu’il y a quelques touches encore du côté de la Pro D2. En fonction de ce qui va se passer dans les semaines qui viennent et le démarrage de la Coupe du Monde, ça ne me surprendrait pas qu’on ait un coup de fil pour qu’il devienne joker médical.

 

C’est le risque de beaucoup de clubs de Fédérale 1 qui ont fait de bonnes pioches. Avec cette Coupe du monde, ce sont parfois des revers qui peuvent arriver dans les clubs. 

 

C’est ce que je lui souhaite parce qu’il le mérite, il a encore du potentiel. Il aura le temps de revenir jouer chez nous faire briller le maillot. Très clairement, on l’a vu dimanche, il est un cran au-dessus. Sa place n’est pas parmi nous, il doit évoluer dans la division supérieure, c’est une évidence. 

 

On va revenir sur le championnat. Dans ce championnat, il y a un épouvantail qui est bien au-dessus des autres, c’est Bourg-en-Bresse. On entend parfois des supporters de Bourg dire  » on en a marre de cette Fédérale 1, il n’y a que des équipes amateurs, ce n’est pas notre niveau  » même si cela ne fait que deux matches qu’ils évoluent en Fédérale 1. Les joueurs, on le sait, n’ont pas souvent ce genre de raisonnements, là, ce sont des raisonnements supporters. Est-ce qu’un petit club comme le vôtre, quand tu entends ce genre de propos, ça vous donne des idées un peu comme Nafarroa l’année dernière qui est allé faire trébucher Albi et Tarbes ? De dire  » ah, on n’a pas le niveau mais on vous attend à la maison  » ? 

 

De toute façon, on a une réputation plutôt rugueuse à la maison. On les prend match après match. Ce genre de discours pique un petit peu les joueurs au vif mais on essaie de les canaliser. Il est clair que Bourg, en fonction de ce qu’aura donné le championnat jusque-là, ce n’est pas forcément un match qu’on va cibler. Il y a d’autres sujets sur lesquels il faut qu’on concentre nos ressources pour vraiment aller prendre des points. 

 

Enfin, si vous pouvez accrocher le scalp, je ne pense pas que vous ferez l’impasse ? 

 

On est bien d’accord, on aime bien ça en plus chez nous. Et puis, sportivement, tu ne peux pas dire le contraire de toute façon. Mais, si on doit y laisser des forces et des ressources, car certes on a un effectif qui est plus conséquent que l’année dernière mais il n’est pas pléthorique non plus. Il faut ménager tout : l’infirmerie, les cartons jaunes et plus donc, on gèrera ça. C’est clair que Bourg, ça serait un beau scalp pour le club. On aura aussi, je pense, une affluence assez sympathique au niveau des tribunes. 

 

Le trésorier se frottera les mains, ça fera une belle buvette

 

C’est ça. On a battu un record dimanche mais, peut-être que pour eux, en fonction de la météo, ce sera une réédition. Les commentaires que font certains, je les comprends. Justement, on en parlait encore avec les arbitres dimanche. Il y a quand même, à l ‘échelle des 4 poules de Fédérale 1, 2, 3 clubs par poule qui sont très sérieusement au-dessus, ne serait-ce que budgétairement. Le budgétaire emmène le sportif, il n’y a pas de secret. Peut-être qu’à terme, prendre deux clubs de Pro D2, les clubs que j’ai cités par poule et puis, créer peut-être à nouveau une fédération intermédiaire ou une Pro D3, je n’en sais rien. 

 

Après, la Fédération te dirait que la balle est dans le camp des clubs, que quand les clubs auront les moyens et arriveront à être dans les clous financiers, ils referont une Fédérale 1 Elite. 

 

Oui mais bon, systématiquement, on nous en met sur la couenne avec des obligations, même si cela s’est quand même allégé. Il faut rendre ça au président, à Laporte, ça s’est quand même allégé. Mais, il y a des choses qui sont assez contraignantes. On a une DNACG qui certes, est censée être là pour nous aider mais, il y a quand même des contraintes que, pour le coup, je découvre. Parmi les choses que je découvre depuis le mois de Juillet, tout ce qui est contraintes administratives, financières et autres, c’est très lourd à piloter. Et, quand tu es un club, je ne parle même pas des moyens, nous, nous sommes les petits, chaque centime et chaque centimètre que tu fais doit être contrôlé. 

 

On va passer sur le sujet d’actualité. Dimanche, il y avait match mais, il y avait surtout derby et un derby que vous avez gagné, on va dire haut la main, on ne va pas s’en cacher, avec plus de 50 points. Ca a dû être une première grosse émotion pour toi en tant que président ? 

 

Oui, pas dormi de la nuit de samedi à dimanche. J’ai même appelé Philippe Daminiani samedi à 18h30 pour dire  » Philippe, comment vas-tu ? Moi, ça ne va pas « . J’avais à nouveau une sensation qui avait disparu depuis de longues années, qui apparaissait avant certains matches quand je jouais. 

 

La mythique boule au ventre

 

Exactement (rires) ! Je n’ai vraiment pas dormi de la nuit de samedi à dimanche. En plus, en ouvrant le journal dimanche matin, j’ai vu des déclarations qui étaient faîtes par Châteaurenard, histoire de remettre un petit peu d’adrénaline supplémentaire. 

 

Ça fait partie du folklore ça ? 

 

Exactement. Mais c’était pas mal parce qu’à 11h, on est allé voir nos joueurs qui étaient en train de faire la mise en place à Châteauneuf-du-Pape, et les quelques mots qu’on avait prévu de leur transmettre en complément de la palabre qu’on avait fait jeudi soir, on les a appuyés sur cet article de journal. Je pense que, si certains n’étaient pas motivés, là, ils l’étaient pour le coup. 

 

C’est un peu la méthode de Bernard Tapie, d’afficher les coupures de presse dans les vestiaires pour motiver les gars ? 

 

Très juste, il l’avait fait une fois, je ne sais plus à l’occasion de quelle rencontre. 

 

Contre le PSG bien sûr

 

Le PSG, oui (rires). Loin de moi la comparaison, c’était anecdotique mais … Bon, c’est facile de parler après la victoire, surtout de la manière dont ça s’est passé mais on a un certain nombre de valeurs chez nous. L’hospitalité, on les a bien reçus, mais l’humilité aussi, on n’a pas fait d’excès d’orgueil contrairement peut-être à nos homologues du jour. 

 

Quel va être maintenant le plan de marche pour Bédarrides ? J’imagine que le but est de finir ce bloc en beauté pour avoir déjà une petite poire pour la soif pour l’hiver ? Car cet hiver risque d’être rude. 

 

Le match de dimanche était un match charnière. Je ne vais pas dire malheur au vaincu mais c’était quand même un peu ça vu les calendriers respectifs des deux équipes. Au-delà du derby qui, effectivement, a apporté une saveur particulière, c’était important de commencer enfin à gagner. J’avais dit qu’on allait débuter notre championnat dimanche dernier, ils l’on débuté de la plus belle des manières, 8 essais, 51 points, le bonus. Tout va bien, au-delà du bonheur de notre trésorier également. Mais, les trois matches qui viennent sont, je ne vais pas dire cruciaux, mais très, très importants. On va à Aubenas dimanche et quand je vois le résultat qu’il y a eu et la prestation rendue par Châteaurenard face à Aubenas, on se dit que si on revient avec un point d’Aubenas qui sera quand même difficile à bouger, je pense, ça peut être pas trop mal. Après, on va à Nîmes avec des ambitions que je pense affichées et ensuite, on va recevoir Céret. Sur ces trois matches-là, il faut qu’on sorte avec un bilan très positif. Çafera 5 matches, on sera quasiment à la fin du 2e bloc, et là oui, on y verra déjà plus clair. 

 

On va te poser l’avant-dernière question, la question qui chaque fois fait que tu vas te faire des amis ou des ennemis. Pour toi, qui vois-tu remonter ou monter en Pro D2 et qui sera la ou les surprises de cette saison 2019-2020 ? 

 

Pour moi, il y a 4 équipes. Bourg, on en a parlé tout à l’heure, Narbonne, Albi et Massy. 

 

Et en surprise, en trouble-fête un peu comme Saint-Jean l’année dernière ? 

 

Je pense qu’elle pourrait arriver de notre poule. J’aurai mis un petit billet sur Bourgoin, même s’ils n’ont pas envie de remonter tout de suite. Ils nous avaient dit encore deux ou trois saisons pour des raisons de constitution budgétaire. Mais je pense qu’il y aura au moins un des deux promus qui sortira de notre poule, c’est une évidence compte-tenu du niveau. 

 

Dernière question. Ton prédécesseur, David Bellucci, disait souvent qu’à Bédarrides, vous étiez des gilets jaunes. Pour toi, comment qualifierais-tu le club ? 

 

Oui, l’image est belle, c’est vraiment ça. Mais les gilets jaunes, la première version des gilets jaunes. 

 

Oui, pas la version qui traîne très en longueur, je comprends bien 

 

Exactement. Oui, je suis solidaire de cette image et de cette référence que David avait formulée à l’époque. 

 

Vous allez, j’imagine, essayer de renverser l’ordre établi cette saison et c’est tout le mal qu’on vous souhaite. 

 

Tout à fait, je te remercie. 

 

Avec plaisir David, à très bientôt

 

A très bientôt, au revoir

 

Propos recueillis par Loïc Colombié

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