#Football – D2F / O.Cordier (ASPTT FA) : «Il ne faudra pas y aller en promenade »

 Ophélie Cordier et l’ASPTT FA disposent d’une histoire commune récente, mais déjà très riches émotionnellement. Pour l’ex messine, la saison est déjà parsemée de hauts (Victoire de prestige face à l’ASSE en pré-saison, la découverte du public de Rigaud lors du derby et un rôle prépondérant tant dans le vestiaire que dans le projet de jeu) et de bas (Blessures, début de saison compliqué pour les jaunardes) , tout cela la propulsant déjà, comme un des baromètres du groupe. A l’aube d’une 4ème journée de D2F, déjà capitale pour les ambitions albigeoises, Ophelie Cordier, nous a accordé un entretien, pour nous donner sa vision, de ce premier carrefour de la saison. Pour celle qui est une des recrues phares du mercato Tarnais, il est indéniable qu’elle et ses coéquipières, dimanche en Vendée, face à la Roche sur Yon, se devront d’entamer la rencontre avec un état d’esprit conquérant et des âmes de guerrières, car de ces éléments dépend la destinée de leur ambition.

 

Ophélie Cordier et Marine Louet (ASPTT FA) lors du déplacement à Brest. (J1 D2F) / Crédit Photo Michel Rousseau

Ophélie, on t’avait laissée à ton arrivée à l’ASPTT, courant du mois d’Août, en train de découvrir le club rouge et jaune. On va dire que l’acclimatation s’est très, très bien faite puisque quelques semaines après, tu es déjà vice-capitaine. Tu fais partie du collège des capitaines mis en place par Romain Brunot. Tu es comme un poisson dans l’eau dans cette équipe de l’ASPTT ? 

 

Oui, je me suis très vite sentie bien, comme je l’avais dit dans la précédente interview. Je me suis très vite intégrée, les filles m’ont très vite intégrée et c’est sûr que là, j’ai un poste à responsabilités. 

 

Qu’engagent ces responsabilités au jour le jour ? Veiller sur la vie de groupe, l’état d’esprit ? 

 

Oui, veiller à ce que tout le monde se sente bien et, s’il y a des problèmes, les faire remonter très vite pour que ce soit très vite réglé, que ça n’ait pas de répercussion sur les week-end. 

 

On a vu qu’il y avait un collège des capitaines. Cela veut dire quoi dans la pratique ? Vous vous réunissez combien de fois ? Comment ça marche, comment ça fonctionne ? 

 

On se réunit toutes une fois par mois avec les coaches pour faire remonter les infos nécessaires à faire remonter, qu’on voit avec Nicolas ce qu’il y a à mettre en place, ce qu’il faut régler comme les transports pour les toulousaines par exemple. Ou même s’il y a des conflits dans le groupe, c’est bien aussi de les dire, ce que les filles pensent. C’est bien qu’il n’y ait pas de choses cachées. 

 

On ne va pas se cacher derrière des faux-fuyants, vous avez eu un début de saison assez compliqué. Dans l’adversité, est-ce que ce collège des capitaines t’a déjà paru essentiel pour affronter les problématiques qu’a rencontrées l’ASPTT sur ce début de saison ? 

 

Je pense que le collège des capitaines a bien marché parce qu’on a eu la réunion juste après le match de Nantes. On a donc eu une réunion des capitaines après les deux matches compliqués avec les coaches où on a mis toutes les choses à plat. Après, on a fait une réunion avec les joueuses où toutes les choses qui s’étaient passées pendant la réunion avec les coaches leur ont été remontées. Et je pense que c’est ça aussi qui a en fait permis que tout le monde se reconcentre sur le même but. 

 

En plus, vous avez mis en place un petit système d’auto-punitions qui a été initié par les joueuses. C’est aussi une façon de se responsabiliser ? 

 

Oui, c’est aussi pour cela. C’est pour que les jeunes comme les anciennes, on sache ce que c’est d’être des guerrières sur le terrain, qu’on peut faire des erreurs mais qu’il faut aussi savoir les régler. 

 

Ophélie Cordier (ASPTT FA)lors de la 1ere journée de D2F à Brest / Crédit photo Michel Rousseau

On a beaucoup parlé de ce collège des capitaines. On va aussi parler de ce début de saison. On va reprendre chronologiquement. Tout d’abord, il y a eu la présaison avec un premier match contre Saint-Etienne qui avait amené des signaux très positifs dans l’état d’esprit conquérant, dans la solidarité. Et après, ça s’est un peu grippé. Comment peux-tu expliquer cette saison où s’était très bien parti et puis, où il y a eu des petits éléments qui ont fait que la mayonnaise n’a pas totalement prise ? 

 

Contre Saint-Etienne, dans le jeu, ce n’était pas quelque chose de très beau à voir mais dans la combativité, dans l’esprit de guerrière, on était là et c’est qui a fait qu’on a gagné le match. Et je pense que c’est ce qui a manqué après, parce qu’on s’est peut-être vues trop belles. On s’est peut-être vues trop belles et le fait de se remettre en question sur les deux matches qu’on a fait, les deux premiers matches de championnat, et bien, c’était peut-être un mal pour un bien d’avoir fait deux matches catastrophiques, surtout contre Nantes.  

 

Comment tu expliques ce match contre Nantes, ce gros trou d’air avec ce 6-0 ? Certes, Nantes est une équipe en train de marcher très fort mais, il n’y a pas que ça ? 

 

C’est sûr. Après, je pense que c’est un tout. Moi, je n’étais pas à Nantes mais j’avais autant de peine que les joueuses qui étaient sur le terrain. Je ne sais pas comment l’expliquer. Tout ce qui est remonté pendant la réunion avec les coaches, c’est que, peut-être, on ne s’attendait pas à ce que la D2 ait autant d’intensité cette année. 

 

Tu trouves qu’il y a un cap qui est passé pour la D2 ? Le niveau est encore monté d’un cran ? 

 

Oui, surtout dans ce groupe là je pense. C’était à peu près le même groupe l’an dernier mais il y avait beaucoup d’écart entre les équipes. Là, je pense qu’il y a beaucoup moins d’écart et que celui qui va l’emporter sera celui avec des guerrières sur le terrain à tous les matches. 

 

En parlant de guerrières sur le terrain, il y avait un 3e match qui sentait déjà un peu le soufre, un derby contre Montauban, un derby occitan. Mais en plus, pour vous, ça revêtait une importance primordiale puisqu’il fallait aller gagner les premiers points. Et dans ce match, on a vu des joueuses de l’ASPTT qui avaient vraiment le couteau entre les dents ? 

 

Je pense qu’il n’y avait aucune fille qui n’avait pas le couteau entre les dents parce qu’on s’est dit que l’ASPPT, ce n’était pas le visage qu’on avait montré lors des deux premiers matches. Donc, c’était vraiment le moment de montrer de quoi on était capables et de dire qu’on n’allait pas se faire marcher dessus à tous les matches comme ça. 

 

Et puis, il y a les supporters qui se sont pris au jeu. On a vu que durant tout le match, la pression est montée crescendo, il y avait un public derrière qui poussait. Ca a aussi fait partie des choses qui vont ont motivé à aller vous arracher, à ne rien lâcher face à des Montalbanaises qui n’étaient pas venues faire du tourisme ?

 

Oui, c’était ça. Je pense aussi que le public, ça a bien servi, le fait de jouer à Rigaud, le fait de jouer à domicile, de savoir que du monde allait nous regarder de savoir qu’il fallait montrer un autre visage de l’ASPTT pour ne pas que les gens soient déçus, de montrer une bonne image. Et je pense que ça a bien marché parce-que je crois qu’on a montré un bon visage malgré le fait que, dans le jeu, ce ne soit pas encore ça. Au niveau de l’intensité et du combat, on était là, on était présentes et je pense que c’est pour ça qu’on arrive à récupérer un point contre Montauban. Même si on s’attendait à avoir les trois points, on espérait avoir les trois points. 

 

Ce n’était pas loin. Peut-être que s’il y avait eu un arbitrage un peu autre, les trois points aurait pu être envisagés ? 

 

C’est sûr que l’arbitrage n’a pas été très correct. Mais, de toute façon, on va dire que ce sont les risques du football, ça arrive. 

 

 Si on fait un résumé de l’état d’esprit, une généralité, on va dire un peu une banalité, c’était un peu moins jouer à la baballe et mettre un peu plus de tampons ? 

 

Oui, c’était plus être là dans les duels, montrer qu’on était là. On a aussi remarqué les jeux directs. Nous, on aime bien jouer au ballon mais qu’avant de jouer au ballon, à un moment donné, il faut pouvoir se créer des occasions pour pouvoir marquer. En plus, on a joué sous un nouveau système de jeu qui nous a aussi permis, je pense, d’être plus offensives que défensives. On défendait beaucoup et là, le 3-4-3 nous a bien servi pour jouer tous nos apports offensifs. 

 

On va basculer maintenant sur le match de ce week-end parce-que l’ASPTT a glané son premier point face à Montauban mais reste quand même dans une zone de turbulences. Il est impératif d’aller décrocher des points à La Roche, La Roche-sur-Yon qui est aussi une équipe en difficulté. Là, c’est une opération commando qu’il faut faire dimanche ? Il faut vraiment y aller en mettant les tripes sur la table ? 

 

Là, il faut y aller comme on est parties contre Montauban sauf qu’il faut se dire qu’il faut vraiment les trois points parce qu’on ne peut même pas leur laisser un point, ce n’est pas possible. Sinon, on leur fait espérer à eux une remontée au classement et nous, ça va nous remettre la tête dans le sac parce qu’on va se dire  » mince, ce sont les derniers et nous, on perd « . Et pourtant, je pense que La Roche est une très bonne équipe aussi. C’est juste qu’ils sont peut-être comme nous, qu’ils ont aussi certainement eu un début de saison difficile. Et, je pense qu’ils vont avoir les crocs parce qu’en plus, ils sont à domicile et ça va être comme nous le week-end dernier. Et nous, vu qu’on y va, il ne faudra pas y aller en promenade. 

 

C’est vraiment le match de la mort. Malheur au vaincu ? 

 

Oui. Et je pense que si nous, on gagne ce match, après on aura un week-end de repos avant de jouer Toulouse. Donc, ça va être encore un derby qu’il va falloir gagner. Et une fois qu’on aura joué Toulouse, on ne sera pas loin de Rodez, ça doit être ça. 

 

Rodez, un match qui plaira beaucoup au préparateur mental, Romain Brunot ! Ce sont des derbys qu’il affectionne. 

 

C’est ça mais je pense que toute l’équipe les affectionne.

 

Rendez-vous déjà est pris pour ces derbys face à Toulouse et à Rodez mais, avant, il y a un match à La Roche sur Yon dimanche qui est capital. Pour conclure cette interview, les trois mots d’ordre pour ce match ? 

 

Gagner, combattivité et solidarité. 

 

Merci Ophélie. On te donne rendez-vous en début de semaine pour voir si l’ASPTT ramène sa première victoire à l’extérieur.

 

J’espère qu’elle la ramènera. En tous cas, je suis sûre qu’elle la ramènera si vraiment on met tous les ingrédients pour réussir. 

 

Propos recueillis par Loïc Colombié

 

 

 

 

 

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