#Rugby – Fed1 / B.Nogier (Villefranche) : «Faire en sorte que le CSV existe dans cette poule. »

Nous sommes allés à la rencontre de Bertrand Nogier, coach du CS Villefranchois, un des quatres promus de la poule 1 de l’élite fédérale. Pour les rodhaniens, dont le rugby terroir et les vertus amateurs sont un ancrage puissant, ce retour en fédérale 1 est appréhendé certes avec humilité, mais avec un appétit certain. Au cœur des terres beaujolaises, avec la Saône comme écrin , Bertrand Nogier patiemment, tente de faire maturer une cuvée rugbystique , qui avec un brin d’affinage pourrait devenir un 1er cru.

 

 

Merci, nous de même. Pour Villefranche, c’est un an I en Fédérale 1 après avoir passé de longues années en Fédérale 2. Ce club de la Saône revient en Fédérale 1. Quels sont vos sentiments pour ces premiers débuts entre autres face à Rumilly où vous avez réussi à engranger des points ? 

 

Effectivement, vous avez raison. En fait, ce n’est arrivé que deux fois dans l’histoire du club d’être en Fédérale 1. Une fois malheureusement où on a fait l’ascenseur et là, c’est la deuxième fois. C’est donc une satisfaction mais aussi une responsabilité, celle de faire en sorte d’y rester et de pouvoir assoir le club à ce niveau-là. C’est une année qui se profile où on a de l’humilité, beaucoup d’humilité. On sait que ça va être dur mais véritablement avec une envie de se maintenir  et de faire en sorte que le CSV existe dans cette poule. 

 

Le CSV arrive dans une poule 1 où il y a 4 promus. C’est peut-être un brin plus facile que d’arriver dans une poule avec deux promus ou un seul ? 

 

Je vais vous donner raison, c’est en effet une poule qui est plus abordable que celle qu’on aurait pu avoir donc on va la prendre. En même temps, ça reste une poule de Fédérale 1, il ne faut pas oublier des équipes comme Dijon, Massy et Mâcon et d’autres, Chambéry qui sont des équipes qui sont rodées à ce niveau-là, voire qui descendent de Pro D2. Donc, ça reste une poule quand même élevée, on va essayer d’exister mais vous avez raison, le fait qu’il y ait pas mal de promus fait qu’on a un peu plus de chances d’exister. 

 

Le CSV est un club qui a 111 ans d’histoire. Vous pouvez nous parler de son histoire ? Quel est le fondement de ce club, son ADN, sa racine ? 

 

En fait, le CSV a été créé au début par des amis caladois de Villefranche-sur-Saône donc c’est un club qu’on qualifierait plutôt de familial, tourné autour du terroir, du mélange calade avec le vin, le Beaujolais et puis en même temps, une région, une identité forte du bien vivre ensemble. Voilà, ç peu près, l’historique du club. 

 

C’est un peu un historique qu’on retrouve beaucoup en Fédérale 2. Cette base amateur, conviviale, avec des valeurs ancestrales du rugby mais là, vous arrivez dans une Fédérale 1 qui est en train de se professionnaliser. Ce n’est pas un peu un saut dans l’inconnu pour le CSV ? 

 

Justement, c’est le pari à tenir. Peut-être celui que le rugby a du mal à tenir c’est à dire à concilier un peu les deux. Faire en sorte que ce rugby dit de clocher persiste, que nos valeurs persistent tout en apportant quand même comme vous le dîtes une touche de rigueur et de professionnalisme. C’est le défi qui se profile pour le CSV dans tous les secteurs, en sportif, en administratif, dans tout. C’est faire en sorte d’allier les deux. 

 

En parlant un peu de cuisine interne, de combien est votre budget et avez-vous 100% de vos joueurs pluriactifs ? Etes-vous de ces clubs, comme Rumilly, où vous vous axez sur la pluriactivité de vos joueurs pour en faire un levier et une force ? 

 

Le budget, je ne pourrai pas vous le dire, ce n’est pas ma partie. C’est le président qui vous en dira plus, moi, je ne m’aventurerai pas sur ce chemin-là. Par contre, sur l’idée des contrats et de la pluractivité, oui, nous avons essentiellement des contrats pluriactifs. Le club a essayé de faire un recrutement intelligent, avec des joueurs d’expérience comme Hemani Paea, Ikapoté Fono qui vont apporter toute leur expérience. On avait déjà Sébastien Bouillot, Fabio Da Silva et Maxime Fray qui avaient joué à l’étage supérieur. On essaye d’avoir un recrutement qui nous permette à la fois d’avoir de l’expérience tout en essayant de garder une ossature club et une ossature régionale pour conserver cette identité. 

 

Parlons un peu aussi de votre départ. Lors de la première journée, vous avez battu Rumilly, une autre équipe qui accède à la Fédérale 1. Quels ont été les tenants et les aboutissants de ce match ? 

 

C’est un match qui s’est bien passé pour nous parce qu’il y a eu la victoire à la fin. C’est un match qu’on abordait quand même avec deux défaites en matches amicaux face à des équipes qu’on avait choisi de prendre rodées à la Fédérale 1. Les joueurs l’on bien abordé, l’ont surtout abordé avec un bon état d’esprit, avec l’idée de ne rien lâcher et d’essayer justement de gagner ce premier match à la maison. On sait que c’est important et pas forcément très facile de toujours commencer un championnat à la maison, surtout un championnat qu’on découvre. En plus, face à une équipe qui sera quand même un concurrent direct car aussi promu donc, c’était très important de bien commencer, c’est chose faite. Après, tout n’a pas été parfait. On a l’ambition de produire un jeu où on va essayer de déplacer. C’est quelque chose que tout le monde dit maintenant mais on va essayer de déplacer un peu le ballon. Il faut que tout ça se mette en place. C’est long, ça prend du temps mais en tous cas, les victoires aident les choses à se mettre en place plus vite. 

 

Vous nous parliez de patrimoine, d’ADN viticole et vinicole pour le CSV. Dans deux semaines, vous recevrez un autre club qui a un gros patrimoine et ADN vinicole et viticole, le CS Beaune. Et qui plus est avec un coach qui a de grosses attaches à Villefranche-sur-Saône. Ça va être un match dans un contexte assez particulier, ce match face au CS Beaune ? 

 

Je connais l’entraîneur qui est à Beaune. Je ne sais pas si on peut parler d’un match particulier parce qu’on est quand même assez éloignés. En tous cas pour nous, ce sera un match important car, dans ce bloc-là, on reçoit deux fois. Il faudra absolument qu’on est une victoire de plus donc, il va falloir monter notre niveau de jeu, notre intensité parce-que là, on va rencontrer une équipe qui elle est rodée à ce niveau-là et qui a des ambitions et des prétentions. A nous de faire en sorte d’exister et de ramener cette victoire. 

 

Et puis, pour un club comme vous qui vise avant tout le maintien, après l’appétit vient en mangeant si d’aventure vous faîtes une belle histoire sportive et humaine, gardez la piaule inviolée comme on dit et aller gagner des matches face aux promus, ça fait partie du job pour accrocher ce maintien ? 

 

 On sera un peu plus mesuré. De toute façon, à chaque fois qu’on fera un match, on rentrera avec l’esprit de gagner, ça, il n’y a aucun souci là-dessus. Par contre, être invaincus à domicile, en sachant les équipes qu’il y a dans la poule, c’est un objectif un peu plus compliqué, un peu plus difficile à atteindre. Mais, bien ficeler les matches, faire en sorte gagner le maximum de matches à domicile et pourquoi pas chez des concurrents directs, aller jouer une carte à l’extérieur, oui, effectivement. Ça, c’est plus dans nos cordes, c’est ce qu’on va essayer de s’attacher à faire. 

 

L’année dernière dans la poule 4 qui ressemble pour partie, sans les équipes méditerranéennes, à cette poule 1, on a vu que les équipes qui se sont maintenues comme Beaune, Vienne et Villeurbanne, étaient pas loin de décrocher le Du Manoir. Cela s’est joué à quelques points, à une victoire de plus, ça basculait dans le bon sens. Pour Villefranche, c’est imaginable d’aller au bout du bout, accrocher un maintien et basculer dans ces play-offs de Du Manoir ?

 

Ça, ça serait prétentieux de vous dire ça tout de suite, on n’a fait qu’un match. D’abord, on va mettre les choses dans l’ordre. Ce que vous me dîtes, ça sera envisageable, on verra en fonction de notre classement dans la deuxième partie de saison, voir où est-ce qu’on en est. Pour l’instant, on prend les choses l’une après l’autre : bien commencer, faire qu’au bout de ce bloc 1, on termine avec 8 points sur les trois premiers matches et après, voir comment les choses se présentent et au fur et à mesure, l’objectif évoluera de lui-même. Mais, pour l’instant, c’est le maintien, bien aborder ce premier bloc et faire en sorte qu’il y ait 8 points à la fin. On pense d’abord à ça. 

 

Ne pas mettre la charrue avant les bœufs et si, d’aventure, il y a Du Manoir, ça sera la cerise sur le gâteau ? 

 

Oui. 

 

On verra si les vendanges sont fructueuses ou pas en fin de saison ? 

 

C’est ça, exactement (rires)

 

On va vous demander le jeu un peu casse-gueule, c’est le jeu des pronostics. Pour vous, quelles seront les équipes qui vont frapper dur à la porte de l’accession en Pro D2, que ce soit dans votre poule ou dans les autres poules ? 

 

Allez, au jeu des pronostics, je vais mettre la pression à nos voisins. L’USB et Massy, déjà sont deux ex -pensionnaires de Pro D2, et auront, je pense, les armes et la volonté de remonter donc, il faudra compter sur eux. Après, il y en a d’autres mais voilà les deux que je vois. Pour pronostiquer des choses, voilà les deux. 

 

En clair, vous voyez un retour en Pro D2 des deux qui sont descendus ?

 

Oui. Moi, j’aimerai bien que l’USB remonte. Massy, c’est un peu plus loin donc je m’en fiche un peu mais si l’USB pouvait monter, accéder en Pro D2, la région et le secteur ont besoin d’une équipe qui soit la locomotive. Pour l’instant, c’est l’USB et espérons que, dans quelques années, le CSV aura les mêmes ambitions. On n’en est pas là mais pour l’instant, l’USB doit et mérite être en Pro D2. 

 

Pour finir cette interview, deux questions qui reviennent sur le CSV. On sait qu’une montée en Fédérale 1, ça crée une dynamique. Est-ce qu’en termes de public, d’adhésion populaire, il y a eu un effet montée en Fédérale 1 ? 

 

Oui, on l’a vu sur le premier match même si ça change un peu. Avant, on ne jouait que le dimanche. Maintenant, en Fédérale 1, on aime bien jouer le samedi soir donc on s’est adaptés un peu à ça même si ce n’est pas tout le temps et partout. Donc oui, il y a eu une dynamique mais cet effet ne va perdurer que si le CSV se maintient. Mais, c’est une terre de rugby. 

 

Dernière question : l’état d’esprit du CSV pour cette saison 2019-2020 en Fédérale 1 pour son retour ? 

 

L’état d’esprit en quelques mots : humilité mais aussi ambition, ambition de faire en sorte d’atteindre notre objectif, c’est à dire de se maintenir. 

 

Le cap a été donné et on ne manquera pas de jeter un œil attentif sur la saison du CSV pour voir si vous vous maintenez et si d’aventure, vous pouvez aller chercher un peu plus haut quelque chose qu’on appelle le Du Manoir. 

 

Merci à vous

 

Propos recueillis par Loïc Colombié

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