#Football – D2F / P.Garrigues (ASPTT FA) : «On s’est tiré une balle dans le pied! »

Patrice Garrigues, le coach de l’ASPTT Football de l’Albigeois est revenu au micro du « Le #MagSport – RadioAlbiges » sur la déroute subie par ses joueuses face au FC Nantes (6-0) lors de la seconde journée de D2F.  Sans ambage et sans faux fuyant, l’entraîneur aveyronnais des rouges et jaunes tente de faire une analyse lucide de la situation, tout en se projetant déjà sur le derby face à Montauban, ce dimanche à Rigaud, qui revêtira une importance capitale pour la suite de la saison. Entretien avec un coach qui ne s’échappe pas dans l’adversité.

 

 

Patrice, on ne va te poser la sempiternelle question à savoir si ça va bien, parce qu’on imagine qu’après une défaite, même appelons un chat un chat, une gifle comme celle de Nantes, tu dois un peu avoir la tête sans dessus dessous ? 

 

Je ne cache pas que le retour autant qu’aujourd’hui restent très compliqués. On a la tête dans le brouillard. Moi, je ne suis absolument pas content et très, très en colère de ce qui s’est passé à Nantes, du moins de notre prestation, de notre manque de réaction, de notre apathie. Donc, non, ça ne va pas trop ce matin mais bon, on a quand même aussi un match à préparer dimanche. Donc, il ne faut pas regarder derrière. C’est passé, c’est fait, à nous de trouver les solutions, à nous de réagir. Maintenant, on va quand même orienter la semaine et les jours qui arrivent vers Montauban, c’est la priorité. De toute façon, on ne reviendra pas sur Nantes. On est passé à travers, on s’est raté, à nous d’en tirer les leçons et de surtout ne pas se rater deux fois d’affilée. 

 

Et puis, autant contre Brest on l’avait compris, il y avait des regrets, de la frustration. Là, sur la journée d’hier, l’ASPTT n’était pas invité ce dimanche ? 

 

Ah si, si, on a été bien accueillis, on leur a fait un sacré cadeau, au contraire. Là, ils nous ont bien accueillis, ils nous ont bien invités et nous, on a tendu la joue, on s’est tiré une balle dans le pied. C’est vrai qu’à Brest, le résultat n’était pas logique si tant est qu’il y ait une logique dans le sport. Je pense qu’on aurait dû ramener au moins un point de Brest. Donc, ça restait décevant mais encourageant. Autant de Nantes, il n’y a rien à en ressortir. On mérite cette correction et on ne va pas en parler. On n’a pas d’arguments à fournir. Quand on n’est pas bons, il faut savoir le dire, il faut savoir l’accepter mais il faut savoir réagir. Donc oui, on s’est fait corriger à Nantes, on mérite cette correction, on mérite ce 6-0 et peut-être qu’il y aurait pu en avoir un ou deux de plus, ça aurait été presque aussi normal. On ne va pas se cacher derrière des faux problèmes, on ne va pas faire l’autruche non plus à dire  » on a été bons « , a cherché des arguments. Non, on a été mauvais, point final. C’est cette réalité-là qu’il faut accepter et qu’il faut surtout utiliser pour se remobiliser et pour orienter tous nos efforts et toutes nos forces dimanche contre Montauban. Voilà la priorité. 

 

J’imagine que les ambitions initiales de jouer le haut du tableau vont être mises de côté pour se concentrer match par match maintenant ? Essayer de prendre chaque match comme une vraie guerre ? 

 

Oui, match par match, c’est une évidence. Après non, nos ambitions ne sont pas mises de côté parce-que quand même, certes, il va falloir qu’on prenne des points assez rapidement mais c’est que J2. Ca veut dire qu’il reste 20 matches derrière avec le nombre de points qui vont avec. 

 

Elles vont être mises entre parenthèses en clair ? 

 

Oui, bien sûr, tant qu’on n’a pas décollé, tant qu’on n’a pas pris de points. Les premières ont déjà 6 points donc oui, on va dire qu’ils prennent le large. Mais bon, pour autant, il y a encore beaucoup de points à prendre. Par contre, c’est sûr qu’il faudra montrer notre visage. Et puis, il faudra peut-être aussi arrêter de parler, de se trouver des excuses, de se croire beaux ou de penser à des choses un peu futiles. Etre concentrés sur le terrain et penser un peu plus au terrain parce-que c’est cette réalité-là qui, à la sortie, va nous faire avancer et trouver la sortie. Ce ne sont pas des paroles, ce ne sont pas des arguments, des excuses ou autres. Ce sont les faits qui vont faire que ça va changer. 

 

Ton binôme Clément Gallien, pour le citer, mettait en exergue dans nos colonnes ce matin que du fait que, on le sait, l’ASPTT n’est pas le plus gros budget de la D2, il manque un peu d’effectif et de profondeur de banc. Qui plus est, cela couplé à de nombreuses blessures. Pour toi, est-ce une des données primordiales du problème ? 

 

Bien sûr, je le rejoins tout à fait. Dans le sens où déjà, on n’avait pas un effectif important en quantité. En plus, nous avons perdu une joueuse qui a souhaité repartir pour différentes raisons. Donc, ça fait un manque cette joueuse-là. On attend une nouvelle joueuse, elle ne devrait pas tarder. Donc, on l’a compensée je dirai numériquement mais, elle n’est pas là aujourd’hui. Donc oui, nous n’avons pas un effectif très, très important cette saison, je dirai moins que les autres années. En plus, on a eu quelques petits pépins physiques, quelques blessures lors de cette prépa puis lors du match à Brest aussi. Ce qui fait que oui, au jour d’aujourd’hui, il nous manque un peu de quantité. C’est sûr que, une à deux joueuses en plus seraient les bienvenues et seraient nécessaires pour éviter d’être dans le dur et pour pouvoir faire des choix. Parce-que, à aujourd’hui, parfois, il est même compliqué de faire des choix, tant, du fait des blessures, les filles ne sont pas disponibles. En plus, certaines des filles qui sont dans le groupe ont du potentiel mais ce potentiel va peut-être s’exprimer dans quelques mois. Je pense qu’elles ne sont pas prêtes à aujourd’hui, elles ne sont pas mûres à aujourd’hui, si on peut parler ainsi. Donc, il va leur falloir un peu de temps. On va y arriver mais, le problème du haut niveau, c’est que le temps, on ne l’a pas forcément. Et on le voit déjà, on est à deux journées, on a zéro point, on a pris 7 buts. C’est compliqué de jongler avec cette nécessité de donner du temps pour que les filles arrivent à maturité et avec l’impératif de résultats qu’est le nôtre. Il ne faut pas se laisser distancer, voilà. 

 

Et puis mardi, vous avez un exercice pas simple à effectuer en tant que staff. Que ce soit toi ou toute ton équipe, vous allez récupérer des filles certes meurtries mais qu’il va falloir un peu secouer pour repartir à la guerre. Vous allez devoir jouer entre la matraque et la calinothérapie 

 

Oui, on va essayer de trouver les meilleurs mots pour essayer de prendre conscience. Moi, de toute façon, je pense qu’elles se sont rendu compte de leur prestation, de notre prestation. Est-ce que ça va être utile de revenir dessus indéfiniment ? On a bien vu comment tout le monde était abattu lors du retour et à la sortie du match. Pour moi, ça va être assez rapide ce retour de match. Pour moi, l’idée, c’est d’arriver à trouver les mots pour bien préparer Montauban et pour éviter un nouvel écueil dans les matches qui arrivent. Parce-que les deux matches qui arrivent sont quand même très, très importants. C’est surtout ça, je dirai, la tendance de la semaine. Ça va être très vite oublié Nantes et exploiter ce qui n’a pas marché pour avancer, pour rebondir et pour gagner dimanche contre Montauban. Enfin voilà, moi, je vais plutôt aller dans ce sens-là. Les accabler davantage, surtout non parce qu’elles le savent, tout le monde le sait. On ne va pas les enterrer deux mètres plus profonds, on est déjà à un mètre sous terre donc on ne va pas encore creuser un peu plus profond, c’est bon. L’idée, c’est plutôt de tendre des perches, une échelle pour les faire remonter et faire remonter tout le monde. Voilà le sens des propos qu’il va falloir qu’on ait mardi et cette semaine pour regonfler le groupe. 

 

On sait que vous êtes un staff très soudé et complémentaire. Vous avez fait un peu d’introspection, un petit mea-culpa en vous disant que, peut-être, vous aviez loupé des coches, que vous aviez loupé quelque chose ? Tu le ressens ou bien, pour toi, cela vient peut-être d’au-delà ? 

 

De toutes les façons, on sait qu’on est un groupe. Donc, je ne vais pas me disculper et dire  » oh non, ce ne sont que les filles qui se sont trompées « . On a notre part de responsabilité dans cet échec ou dans ce début de saison. Après, je ne vais pas faire des analyses, je ne sais pas à quel niveau il est parce-que je ne le sais pas encore franchement bien. Je ne sais pas ce qu’on a manqué, on va y réfléchir nous aussi. Mais, de toute façon, cet échec, il est global, il est général. Ce ne sont pas que les 11 filles qui étaient sur le terrain, que les 16 filles qui étaient là lors du déplacement, c’était l’ensemble du groupe qui a échoué. Donc, non, je ne me mets pas en dehors de tout ça et bien au contraire. Peut-être que c’est nous qui n’avons pas trouvé les bons mots à un moment donné, qui n’avons pas abordé la rencontre comme il le fallait ou qui n’avons pas su transmettre les bonnes idées, les bons mots. Non, il n’y a aucun souci, je ne me dédouane pas de cet échec-là, je m’engage dans cet échec. Et c’est aussi pour ça qu’on n’est pas bien aujourd’hui, parce qu’on se dit que nous aussi, on a raté quelque chose. Les filles sur le terrain se sont trompées, n’ont pas été performantes mais je pense que nous le staff, ou du moins moi, je n’ai pas été performant à un moment donné. Après, sur quoi, je ne sais pas. Est-ce que c’est la tactique, est-ce que c’est l’aspect motivationnel ? Je ne sais pas. Aujourd’hui, je suis dans l’incapacité de dire à quel niveau j’ai pu être défaillant ou j’ai pu mal préparer la rencontre. Mais je sais que j’ai aussi ma part de responsabilité dans cet échec et dans cette contre-performance. Donc, je me remets en question totalement et ça va être aussi peut-être l’occasion de discuter avec les filles qui vont nous dire peut-être que  » sur ça, nous, on aurait fait ça « . Ca va permettre d’amener un échange, un dialogue qui nous fera avancer. 

 

Tant que le dialogue n’est pas rompu avec les filles, il y a toujours moyen d’avancer ? 

 

Non, on n’en est pas là. Par rapport à ça, moi, je n’ai pas parlé lors du retour, je sais que chacun était dans sa bulle, sa tristesse, sa détresse, dimanche soir. Après, ça ne veut pas dire qu’on ferme la porte, qu’on se braque et qu’on se bloque. Au contraire, je pense qu’on est tous intelligents et ouverts et qu’on est capable d’aller les uns vers les autres. C’est ce qu’on a fait dès hier pour échanger et arriver à avancer, voilà l’idée. Moi, j’ai encore confiance dans les joueuses, j’ose espérer que les joueuses ont encore confiance en nous, je ne suis pas inquiet à ce niveau-là. Ce qu’il va falloir, c’est, je dirai, marquer des points, faire un bon match, un match consistant parce-que, le secret, c’est quoi ? C’est la performance et le résultat. Ca gomme tout, ça efface tout et ensuite, il y a des sourires. Tout va bien quand il y a des points et qu’il y a une bonne performance. Là, sur ces premières journées, c’est ce qui nous manque un peu. 

 

Sur l’état d’esprit, il y a souvent des coaches comme Pascal Dupraz qui disait que, quand on des situations comme ça, quand on a un gros revers, quand on est au fond du classement, il faut aborder tous les matches comme des matches de coupe. Ça va être le credo pour aborder ce derby face à Montauban ? 

 

C’est sûr, à plus d’un titre. Il s’avère qu’on joue Montauban donc c’est, je dirai, un derby. On sait très bien que tous ces clubs occitans ne s’apprécient pas sur le terrain. Après, c’est autre chose en-dehors mais, il y a des rivalités, il y a des tensions. Il se trouve que c’est Montauban qui arrive dimanche donc, par rapport à cette première approche là, oui, il va falloir être plus conquérants. Ce qui nous a manqué, entre autres, aussi à Nantes, c’est cette combativité, cette agressivité, cette envie, cette détermination. On peut être limité au niveau technique ou tactique mais si déjà, on met de l’envie, ça gomme certains écarts. Et là, on n’avait même pas cette envie. On était en retard dans tous les impacts, dans tous les duels. Je dirai comme au rugby, tant qu’on n’a pas la possession, on n’a pas la conquête, on ne peut pas jouer. Et là, c’était un peu pareil, on n’était pas conquérants, on était abattus, on était en retard sur tout. Donc, on s’est fait marcher dessus. 

 

Il va peut-être falloir faire revenir les « molosses » du Sporting pourvous donner la grinta comme l’année dernière (le joueurs du SCA avait dirigé en octobre 2018 un entraînement d’initiation au rugby pour inculquer les valeurs guerrières de leur sport) ? 

 

Pourquoi pas (rires) ? En tous cas, il faudrait être plus déterminés. Si on n’a pas envie, pour moi, c’est la base, le mental, la détermination, le psychologique. Et là, on ne l’avait pas du tout donc, c’est là-aussi où il va peut-être falloir aussi travailler, savoir ce qu’on a envie de faire de nous, ce qu’on veut. 

 

Bien sûr. L’échec peut-être admis mais du moment, au moins, qu’il y a la combativité ? 

 

Oui, et là, pour moi, c’est la base. Si on fait toute la saison comme ça, on va encore récolter ce qui s’est passé contre Nantes. Après, je sais que les filles n’ont pas montré leurs vrais visages dimanche. Parce qu’on l’a vu lors des matches de prépa, on a été capable de se révolter et de montrer tout autre chose. 

 

Entre autres le match de Saint-Etienne qui était un exemple de solidarité, de combativité ? 

 

Bien sûr. Donc, je sais qu’on peut le faire, à nous d’être capables de le mettre en application sur un match officiel et dès dimanche contre Montauban. Mais, je sais aussi que les filles ont fort pouvoir de réaction donc j’attends cela dimanche. 

 

Pour faire la synthèse de tes propos, une ASPTT touchée mais pas abattue ? 

 

Ah non, on n’est pas coulés, loin de là. Après avoir reçu, comme tu dis, une gifle, voire une rouste, on a la joue rouge mais de suite, ça va revenir et on va partir conquérants, avec de l’envie et e la détermination. Sinon, si c’est pour poser les armes, on les pose maintenant. Je pense qu’on n’en est pas là ni dans cet état d’esprit là. Oui, on a essuyé deux revers, on a zéro point à J2 et bien, il faut marquer des points à J3 et après, les choses reviendront petit à petit. On va avoir des retours de blessures, etc, et tout va rentrer dans l’ordre, j’espère. Donc, un discours je dirai quand même encourageant pour la suite. 

 

Il n’y a que deux journées, il y a encore de quoi voir venir et une marge de progression qui est non négligeable. 

 

C’est pour cela qu’on refera un point un peu plus tard. Après J2, oui, on a eu deux défaites mais il n’y a pas péril en la demeure. Il faudra être capables de réagir. 

 

C’est ta 3e année à l’ASPTT, tu en as vu d’autres des départs compliqués et puis, souvent, vous êtes arrivés à redresser la barre ? 

 

Oui, c’est pour ça que je ne suis pas trop inquiet. J’ai confiance dans le groupe. En plus, je trouve que, humainement et dans l’état d’esprit, c’est l’un des meilleurs groupes que l’on ait cette année depuis 3 ans. Donc, je pense que les filles vont être capables de discuter entre elles, de regonfler un peu leur moral et tous ensembles, je pense qu’on va faire quelque chose de bien contre Montauban et enfin lancer notre saison. Surtout qu’en plus, c’est à domicile donc, on a aussi cet enjeu-là de bien démarrer à Rigaud. Parce qu’à l’extérieur, personne ne nous a trop vus. Alors oui, on a été suivis sur les différents directs qu’il y a pu avoir mais les gens n’ont pas assisté physiquement et visuellement à cet échec. C’est vrai qu’il ne faudrait pas que ce soit le cas à Rigaud. Et je dis juste pour conclure qu’il ne faut pas négliger Montauban. Je pense que Montauban a un nouveau visage, que Montauban n’est plus le même Montauban que les années précédentes donc il faudra aussi être très, très prudent sur l’approche de ce match-là.

 

En clair, pour ce premier match que nous commenterons en direct sur Radio Albigès, pour le retour des jaunardes à Rigaud, comme tous les supporters, on attend des jaunardesqui renversent la table et surtout, mettent les tripes et leur cœur sur la table pour faire monter la marmite de Rigaud. 

 

Oui, on l’espère et c’est ce qu’on va préparer tout au long de cette semaine. 

 

Merci Patrice et on espère que, la semaine prochaine, tu seras là pour nous annoncer des bonnes nouvelles et un renouveau, une renaissance de cette saison 2019-2020 de l’ASPTT. 

 

J’y compte bien. 

 

Rendez-vous est pris

 

Merci Loïc

Propos recueillis par Loïc Colombié

 

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