#Rugby – Fed1 / S.André (SAT) : « la Fédérale 1 est vraiment en mutation! »

A Firmin Daudou, chaque dimanche de match, c’est l’effervescence pour venir voir jouer le SA Trélissacois, quintessence du rugby de clocher. Dans ce Périgord terre d’ovalie, Sylvain André, cultive avec amour l’identité d’un club, au budget modeste mais aux racines profondes. A Trélissac , au cœur d’une ville/village de 6600 habitants, le rugby reste le poumon d’un territoire qui ne respire que par lui. Focus sur « coach André« , un entraîneur pluri-actif qui à l’heure de l’ultra compétitivité, voit encore son sport par la notion de plaisir.

 

 

Pour le SAT, une nouvelle saison commence avec une poule qui n’a pas trop changé, il n’y a pas grand-chose qui a bougé à part le nom : l’année dernière, c’était la poule 1, là c’est la poule 4. Mais, les adversaires sont connus cette année Sylvain ? 

 

Oui, dans l’ensemble, ce sont des équipes qu’on a joué l’année dernière. Après, il faut prendre en considération le fait que ce soit la seule poule, si je ne me trompe pas, où il n’y a pas d’équipe qui monte de Fédérale 2. Donc, le niveau va être très, très homogène puisque, sur les 12 équipes, je crois qu’on est 7 à s’être qualifiées la saison dernière, que ce soit pour le Jean-Prat pour  » la consolante « . Du coup, ça va être je pense une poule très costaud et tous les points vont compter. Je vois mal une poule avec des équipes un peu en difficulté donc je pense que ça va être très serré, très homogène. 

 

Comment avez-vous vécu à Trélissac cette subtilité de non-promu dans cette poule ? Comme une injustice ou alors c’est passé comme une lettre à la poste ? 

 

Non, je me mets à la place de la Fédération, le problème pour moi est insoluble. Dans notre poule, si on met des équipes qui sont promues, ça veut dire qu’au niveau géographique, on fait exploser la poule. Donc, on aurait dû aller jouer contre Drancy ou prendre une équipe comme Fleurance à côté de nous. Nous, on est un peu placés au milieu entre le nord-ouest et le sud-ouest, on est un peu à cheval, on est un peu les plus hauts. Du coup, je pense que c’est un problème qui est très compliqué à gérer pour la Fédé. Là, ils ont fait au niveau géographique, ça va faire plaisir au trésorier parce qu’il y a des matches moins loin donc, moins de déplacements la veille, etc. 

 

Et puis, il y a quelques derbys qui vont remplir les caisses ? 

 

Oui, Bergerac, on les avait chaque année en Fédérale 1. Il y a Marmande aussi qui est quand même un derby puisqu’avant, le comité était Périgord-Agenais et Marmande était avec nous donc c’est un club qu’on connaît bien également. Malheureusement, on a perdu les deux bordelais, Langon et Saint-Médard. C’est pour ça aussi qu’au niveau géographique, ça posait problème, un casse-tête chinois pour tout le monde. Donc, j’espère que ça remplir les caisses mais surtout que ça va remplir les points au classement. C’est le plus important (rires). 

 

Vous récupérez aussi, les clubs de la Côte Basque, Anglet et Saint-Jean-de-Luz, avec Tyrosse sur la Côte Landaise. Je pense surtout à Saint-Jean-de-Luz, ce sont des clients, on l’a vu l’année dernière, c’est une équipe qui a un certain supplément d’âme. 


Oui, quand on voit les équipes qu’on a, quand on voit Saint-Jean-de-Luz qui a fait un quart de finale avec des moyens très réduits et qui joue très bien au rugby, on les connaît parce qu’on les avait joués et qu’on avait eu la chance de les éliminé en quart de finale il y a deux ans l’année où on a fait la finale. On a Dax dans la poule, Cognac qui, je pense, est plus qu’équipé, Rennes qui est en grosse construction avec un gros projet, vous avez Nantes qui est une très grosse équipe aussi. 


Niort aussi


Niort qui a fait un très bon recrutement.


Qui, sans faire beaucoup de bruit, fait son petit chemin?


C’est ça, quand vous voyez qu’un joueur comme Antoine Lescalmel signe à Niort alors qu’il est titulaire en Pro D2 et joue tous les matches, buteur dans un club. Même s’il veut se rapprocher de son pays car je crois qu’il est rochelais, ce n’est pas non plus anodin de voir des joueurs comme ça dans des clubs comme ça. Quand on regarde un peu, je ne compte pas beaucoup de petites équipes. 


La venue de Lescalmel, c’est symptomatique de cette Fédérale 1 qui tend de plus en plus à aller vers les codes de la Pro D2 ? 


Oui, c’est exactement ça. On a joué ce week-end contre Bédarrides et en N°12, c’était Thierry Brana qui est connu dans le rugby français, avec qui j’ai eu la chance de jouer à Montpellier, et leur ailier à droite, excusez du peu, c’était Timoci Matavanou qui a fait des ravages en Pro D2 et en Top 14 et qui là se trouve en Fédérale 1. On a joué en ouverture de Clermont-Lyon mais en fait, Matavanou aurait très bien pu jouer le match d’après. J’ai lu votre papier sur l’interview que vous avez faîte de l’entraîneur de Mazamet qui est Mr Guicherd si je ne me trompe pas, c’est vrai que la course à l’armement est une bonne définition et que quand on voit David Smith à Narbonne, on est de plus en plus sur un autre pallier. 


Ou une paire de centres Petre/Mafi à Albi pour le match contre Blagnac, ça dépareillerait pas en Top 14?


Il y a des joueurs, on se demande des fois ce qu’ils foutent là (rires) ! On se demande comment ils ont atterri là. C’est comme ça, la Fédérale 1 est vraiment en mutation à ce niveau-là et les clubs comme les nôtres s’accrochent du mieux qu’ils peuvent en espérant tenir le plus longtemps possible. Mais, c’est vrai qu’on tient sur un fil quand on voit les noms qu’on vient d’égrener ensemble. 


Les leviers que vous actionnez, on imagine que ce sont déjà les valeurs du rugby village. Trélissac s’est toujours affirmé en tenant du rugby village mais pas que, j’imagine? Il y a sûrement la formation et une vie de groupe qui est un peu à part à Trélissac ? 

 

Oui parce-que nous, on a beaucoup de joueurs qui travaillent donc c’est trois entraînements par semaine. Ce sont des entraînements courts parce-que quelqu’un qui a travaillé toute la journée à faire de la plomberie, c’est compliqué de lui envoyer 2h30 d’entraînement dans le nez 3 à 4 fois par semaine. Du coup on gère ça, on demande énormément d’exigences aux joueurs mais sur des séquences très courtes et humainement, ça se passe très bien. Après, ce n’est pas parce qu’on est copains, même si on peut dire que ça se passe bien, même si on peut dire la vie de groupe etc, la seule réalité, c’est qu’il faut savoir bien jouer au rugby aussi. Si t’es copains, que ça se passe bien mais que c’est compliqué de jouer au rugby, ça ne tient pas longtemps. Donc, on essaie quand même de professionnaliser du mieux possible ce qu’on peut faire puisque nous non plus, entraîneurs, on n’est pas en capacité d’être pros et on travaille à côté. Donc, on essaie du mieux possible avec les moyens qu’on a et pour l’instant, on ne s’en sort pas trop mal, on n’est pas trop à plaindre. 

 

Et puis, ça donne une certaine fraîcheur d’esprit de travailler à côté, de ne pas être tout le temps le nez dans le guidon du rugby ? 

 

C’est ça parce-que, du coup, on ne voit que les côtés positifs et pas les côtés négatifs du monde professionnel où chacun va jouer un peu pour sa pomme. Nous, on a cette chance-làd’avoir peut-être plus de sourires à l’entraînement mais on a l’inconvénient d’avoir moins d’analyse technique, moins de temps de préparation pour les matches, etc. Et moins de travail pour les joueurs sur le terrain donc forcément, sur une saison totale, on ne luttera jamais à armes égales avec des clubs comme Dax, Albi ou Rouen la saison dernière. Mais après,,l’année dernière on a battu Rouen, je n’ai jamais demandé à mes joueurs de battre Rouen 25 fois ou 22 journées. Je leur ai demandé de ne battre Rouen qu’une fois. C’est comme ça qu’il faut le voir. 

 

Ça a été un des sommets de votre saison ce match contre Rouen qui a été assez haletant ? En plus, c’était le dernier match des phases régulières, ça a été un beau cadeau fait au public de Firmin Daudou 

 

Il faut prendre en considération le fait qu’ils aient changé l’équipe mais bon, dans le 15 qui a commencé, il y en avait quand même 10 qui étaient sur la feuille de match de la demi-finale. Donc, il y avait une équipe que tous les clubs auraient aimé avoir, il n’y avait quasiment que des joueurs professionnels. Et on a fait un bon match, et on a réussi à gagner. Après, j’aurai préféré qu’on puisse passer le 8e de finale contre Narbonne parce-que là, on l’avait vraiment mérité, on avait été meilleurs que notre adversaire sur les deux matches. Malheureusement, parfois dans le rugby, il y a aussi une part d’impalpable qui rentre en jeu. Mais c’est vrai que ce match de Rouen a été sympa pour tout le monde. C’est une belle histoire pour un club comme Trélissac d’aller tomber le futur champion de France et l’ogre de la division. 

 

Alors, vous me tendez la perche sur ce match de Narbonne. Il a été évacué ? Parce qu’il y a eu beaucoup de frustration et de déception car ça s’est joué à un cheveu pour ne pas dire plus. 

 

Oui, il a été évacué. On l’a analysé pour essayer de ne pas recommettre les mêmes erreurs. On ne peut pas se permettre de passer 35 minute dans les 22m adverses sans marquer ne serait-ce qu’un essai. Et un essai nous propulsait en quart de finale. Quand on voit comment on dominait, on se demande encore comment on a réussi à ne pas marquer. Après, Narbonne a bien joué le coup, ils ont gagné et tout le mérite leur revient, ils n’ont rien volé. Maintenant, la chance qu’on a, c’est que notre équipe a été énormément modifiée sur un nouveau cycle. On a une dizaine de joueurs qui sont partis, notamment des anciens qui étaient là depuis des années, qui arrivaient en fin de course dans ce club là et qui avaient besoin de se restructurer dans des clubs un peu moins de haut niveau avec moins d’entraînements pour des raisons familiales, physiques, etc ce qui est complétement compréhensible. On les a remerciés et on a pu essayer de reconstruire. Du coup, cette frustration est évacuée puisque beaucoup de joueurs n’auront pas joué ce match au coup d’envoi contre Marmande le 8 Septembre. 

 

Et puis, ça permet de reconstruire une équipe, on va dire, en adéquation avec la nouvelle Fédérale 1 puisque l’ancienne génération avait connu le summum de cette finale de Fédérale 1 face à Lavaur, malheureusement perdue pour Trélissac. Mais entre-temps, il y a eu une mutation de la Fédérale 1 et peut-être que certains joueurs se retrouvaient plus dans l’ancienne Fédérale 1 que dans la nouvelle. Maintenant, vous allez pouvoir rebâtir avec des joueurs qui sont en osmose avec les nouveaux préceptes qu’il y a en Fédérale 1, plus professionnels ? 

 

C’est ça. On a bâti avec des joueurs et surtout avec des profils de joueurs qui collent un peu plus avec ce que veut la Fédérale 1 d’aujourd’hui. C’est vrai que ça a évolué, il y a beaucoup plus de vitesse, beaucoup plus d’intensité. On voit moins de matches  » à l’ancienne « , au combat, à la bagarre générale au bord des talanquères.  On avait des joueurs qui avaient 33, 34, 35 ans et qui avaient été habitués un petit peu à ça. Du coup, c’était difficile aussi pour nous de les amener vers une modification de leur sensibilité rugby parce-que pendant des années, on leur a inculqué ça et ils le faisaient par cœur, parfaitement, et ça nous a propulsé jusqu’en finale. Là, on repart sur un nouveau cycle, avec des joueurs peut-être plus mobiles, plus jeunes, avec des idées de jeu un peu différentes donc nous, on s’adapte aussi, on fait du mieux possible en espérant que ça prenne rapidement. 

 

Il y a aussi une réforme qui a eu lieu cette saison, c’est celle des espoirs. La date butoir, la date limite pour être espoir a été abaissée d’un an. Pour vous, ça a été un atout, ça a été le premier des recrutements de récupérer cette génération qui se retrouvait obligé de trouver une équipe première ? Ou alors, ça a été assez complexe comme certains clubs professionnels de pouvoir garder tout le monde ? 

 

Nous, l’inconvénient que l’on a, c’est qu’on est un peu à cheval entre le club d’Agen, de Bordeaux et de Brive autour. C’est difficile d’aller chercher les girondins : un joueur qui sort de l’UBB, qui a des qualités, ira plutôt sur Langon, Saint-Médard, Arcachon voire même sur le Cognacais ou en remontant vers Niort, ce qui est compréhensible, même si Langon et Saint-Médard sont descendus. Les joueurs d’Agen vont plutôt aller sur le Midi-Pyrénées du coup, on est un peu plus proche de ce qui se fait sur Brive. On a récupéré deux jeunes 3e ligne espoirs de Brive qui ne passaient pas le cut avec l’équipe première et qui dû à l’âge, se sont retrouvés à chercher des solutions autres. Donc, on a récupéré des joueurs de ce profil-là, on a récupéré aussi un joueur de Colomiers qui jouait en espoir aussi. Quand vous prenez des joueurs des espoirs, vous savez que vous prenez des joueurs qui sont prêts à courir, prêts à mettre de l’intensité et le niveau de la Fédérale 1 est bien plus intense et bien plus rude physiquement que le niveau espoir. Après, il faut que le joueur s’adapte mais on espère que ça va fonctionner et que ça va nous permettre d’avoir la meilleure équipe possible sur le terrain. 

 

La réforme aussi sur le nombre de joueurs étrangers, pour vous, est-ce un handicap ou est-ce que ça permet vraiment de donner la chance aux jeunes JIFF dans un championnat de Fédérale 1 qui est vraiment maintenant une antichambre de la Pro D2 ? 

 

Pour moi, ce n’est pas un handicap, on pourrait même encore baisser la limite du nombre de joueurs à mon avis. Je suis d’accord pour que le niveau professionnel ait droit à avoir des joueurs étrangers parce-que ça tire nos jeunes joueurs vers le haut mais le niveau  » amateur  » qui est le nôtre ou le niveau Fédérale, quand on voit ce qu’il se fait dans d’autres pays et notamment l’Angleterre où, dès la 2e division anglaise, vous avez des équipes 100% anglaises. Et nous bizarrement, on a une équipe de France en difficulté donc pour moi, il vaudrait mieux que les équipes dans notre profil à nous ne soient pas vouées à avoir des joueurs professionnels, des étrangers. Malheureusement, du fait de ce fonctionnement depuis des années, il y a certains postes où vous ne trouvez pas de joueurs français aptes à jouer de suite. 

 

Pilier droit par exemple

 

Ah pilier, il n’y a pas beaucoup de joueurs français de ce niveau-là prêt à tenir la mêlée, à courir, à plaquer. Les français qui sont bons, ils sont au-dessus ou sinon intouchables pour des clubs comme nous. Du coup, on a un joueur sud-africain en 1ère ligne car on est obligé. On a un N°8 sud-africain qui vient d’arriver. Même si on penche vers avoir des français, c’est une certitude parce-que nous, on ne peut pas faire autrement et qu’on n’est pas un club voué à être professionnel, car qui dit joueurs étrangers dit professionnalisme. Aujourd’hui, nous, malheureusement ou heureusement car ça fait partie de notre force, on n’est pas capable de faire ça. Mais l’abaissement de la limite ne me pose pas de problème. Certains clubs la contourneront, de façon indirecte ou directe, mais nous ça ne nous posera pas de souci. 

 

On va passer sur cette saison 2019-2020. Les objectifs pour Trélissac, c’est de retoucher le Du Manoir, d’essayer d’aller faire une belle aventure sportive et humaine ou alors on peut s’envisager en trublion qui viendrait changer l’ordre établi des Dax, Cognac, et autres équipes qui visent le Jean-Prat ?

 

Tant que l’arbitre n’a pas sifflé, ce n’est pas fini, il faut le voir comme ça. Nous, l’objectif prioritaire, c’est de fidéliser le club en Fédérale 1, d’essayer de se maintenir. On marche par étapes, on dit aux joueurs qu’il faut qu’on se maintienne, si possible le plus rapidement possible. Après, on ira chercher autre chose, on ira chercher de la qualification si on est en capacité de le faire. Et à partir du moment où vous êtes qualifiés, moi je dis toujours aux joueurs que le seul objectif des équipes qui sont qualifiées, c’est d’aller chercher le titre ultime à chaque fois. Toutes les équipes qui s’engagent en course veulent ça. Moi, je suis un compétiteur, je veux que mon équipe joue tous ses matches pour les gagner. Après, on sait très bien qu’on ne joue pas dans la même course que Dax ou Cognac dont vous parliez. On n’est pas invité à ce niveau-là, on n’est pas en capacité d’aller jouer les phases finales pour la montée. Mais, je veux qu’on montre un beau visage et qu’on puisse déjà dans un premier temps se maintenir et après,  se qualifier, ce serait toujours bien et intéressant pour le club. 

 

Oui, parce-que l’année dernière, vous n’étiez pas loin du Jean-Prat. Vous avez un peu calé à la fin sur la dernière marche mais les premières marches avaient été bien escamotées. 

 

On était bien mais on a une problématique qui s’appelle le budget et qui veut dire qu’on a moins d’effectif. Quand vous avez 25 à 26 joueurs de très bon niveau, capables de batailler pour être dans les 2/3 premiers tous les week-end ça passe mais ça passe jusqu’au moment où vous avez 4 suspendus + 3 blessés et que vous allez à Cognac, comme on l’a fait, avec 8 ou 9 joueurs qui n’avaient pas trop l’habitude de l’équipe première et la sanction a été assez rude puisqu’on a pris 60 points. Quand vous jouez comme ça et que vous sentez que ça commence à tirer sur les organismes … Après, l’enchaînement des deux saisons a été dur puisqu’on avait joué la finale l’année d’avant. Moi, j’aimerai qu’on soit capables de faire ce qu’a fait Saint-Jean-de-Luz parce-que pour moi, Saint-Jean-de-Luz a fait des choses qui font qu’ils ont réalisé la meilleure saison de Fédérale 1. Quand on voit le potentiel qu’elle a sur le terrain et financier …


En rapport budget/terrain, oui, il n’y a pas mieux


C’est ça. Pour moi, aujourd’hui, si on devait faire le meilleur entraîneur, ce n’est pas Richard Hill qui amène Rouen au titre. C’est peut-être l’entraîneur de Saint-Jean-de-Luz  ou l’entraîneur de Blagnac qui arrivent à les amener où ils sont allés. 


L’entraîneur de Saint-Jean-de-Luz Eric Balhadère qui maintenant est l’entraîneur d’Anglet. Donc, vous allez vous y frotter cette saison avec Trélissac


Je l’ai croisé il y a deux ans en quart de finale et j’avais vraiment apprécié le jeu de son équipe. Ses intentions, sa façon de coacher, sa philosophie, j’avais trouvé ça très intéressant et ça se ressent sur le terrain et ça se ressent dans les tribunes. On sent des gens qui apprécient le jeu que fait l’équipe et si on pouvait nous, tendre vers ça, on serait les plus heureux parce-que les gens sont heureux dans les tribunes, ils voient du beau jeu et en même temps, il y a la gagne avec donc tout est réuni pour voir des beaux dimanches. 


Après, vous nous parlez de l’année dernière où vous n’avez pas eu trop le temps d’avoir une vraie coupure et une prépa optimum puisque la saison s’était finie très tard et avait repris très tôt. Si on fait l’analogie avec Lavaur, vous ne vous en sortez pas trop mal. Lavaur comme vous tombent au premier tour en Du Manoir mais par contre, en termes de casse, je pense que vous avez été un peu plus épargnés. Lavaur, en phases régulières, ils ont fini les dernières journées quasiment en roue libre avec une flopée de suspendus et surtout, énormément de casse. 


Ça, c’est sûrement le secret de Mathieu Bonello qui a dû tirer sur la corde de ses joueurs, le connaissant. 


Ca fait peut-être partie de la donne oui, qu’il a trop tiré sur la corde


Le connaissant, je sais qu’il a dû tirer sur la corde. Mais après, il a réussi à tirer le maximum de ses joueurs, il a réussi à les aider pour aller chercher un bouclier. Je pense qu’il fera du très bon boulot à Massy, j’en suis persuadé. Mais c’est vrai qu’il a été difficile d’enchaîner. Cette année, en repartant sur un nouveau cycle, les joueurs ont eu deux mois de vacances du coup on a repris tard. C’était un souhait de notre part, on voulait reprendre tard pour leur laisser l’esprit libre. On a une préparation qui est courte mais ça nous permet de mettre de l’intensité puisque les joueurs avaient été au repos donc j’espère que ça pourra nous permettre d’engranger des points rapidement parce qu’on a un début de championnat avec un calendrier qui est très compliqué. 

 

Pour finir, on va faire un peu des pronostics et des projections. On voit qu’il y a des clubs qui s’arment dur et épais, je pense à Narbonne ou à Dijon. Pour vous, qui a la carrure pour aller décrocher ce billet de Pro D2 qui est tant espéré maintenant en Fédérale 1 ? 

 

Je pense que la logique veut qu’Albi soit le Rouen de cette saison. Après, Massy, c’est costaud. Ce n’est même pas une question de budget Massy, avec la formation qu’ils ont, ils ont une capacité à renouveler leur effectif chaque année. Ils font l’ascenseur depuis quasiment 10 ans.

 

Ils ne s’affolent pas à Massy?

 

J’avais joué une demi-finale pour la montée contre eux en 2010 ou 2011, 2010 si je ne me trompe pas. Depuis 2010, ils ne font que monter descendre, monter descendre, monter descendre. Donc, ils ont une formation exceptionnelle. Albi, je pense qu’ils ont tellement en travers la demi-finale de cette année qu’ils ne seront pas loin du compte. Et après, vous avez des clubs comme Dax, Dijon qui est très costaud mais moi, si je devais choisir, je dirai Albi ou Massy ou peut-être un club comme Cognac qui peut être je pense une surprise de la saison, même s’il y a aussi Blagnac. Voilà, il y a beaucoup d’équipes. 

 

Ca bosse bien à Cognac. C’est une équipe qui est en train de monter en pression très sérieusement ?

 

Il y a un gros recrutement. Ils restent sur une finale mais ils n’ont pas gagné, du coup, il y a une petite frustration qui, peut-être, réussira  à leur donner un sentiment d’âme. Je pense qu’il va falloir compter avec eux aussi. 

 

Pour conclure, le mot d’ordre pour cette saison 2019-2020 pour le SAT ? 

 

Le mot d’ordre pour nous, c’est de prendre un max de plaisir sur le terrain. Après, les résultats viendront ou ils ne viendront pas mais au moins que nos joueurs prennent un max de plaisir parce-que la saison dernière, on a été peu fatigués en fin de saison, on a commencé à caler. On sentait des joueurs qui étaient en difficulté sur le smile, sur la capacité à sourire en arrivant à l’entraînement. Quand vous commencez à perdre ça, ça devient un peu compliqué. Nous, ce qu’on veut, c’est avoir des joueurs joyeux, heureux de venir à l’entraînement, heureux de jouer pour ce club-là parce-que c’est clairement très sympathique de jouer à Trélissac et donner le max possible pour que tout le monde soit fiers de  nous et on sera fiers de nous à double titre. Donc on espère que ça pourra continuer comme ça. Le rugby, ça reste un sport, il faut qu’il y ait un gagnant et un perdant. Après, les comptes, on les fera à la fin mais au moins, si on prend du plaisir et qu’on peut en donner, ça nous remplira de joie. 

 

En clair, d’abord le plaisir et après viendront les ambitions ? 

 

C’est ça, c’est exactement ça. De toute façon, quand ça devient une tâche trop ingrate de venir au rugby, qu’on ne prend plus de plaisir, je pense que notre sport, il est mort. Si on voit plus le sourire sur les joueurs, et on l’a bien vu en Top 14, on a l’impression que l’équipe qui est championne de France, c’est celle qui a pros le plus de plaisir de jouer ensemble. Donc, j’espère qu’on pourra faire la même chose, je parle en termes d’état d’esprit. Après, on travaillera, on essayera d’être les meilleurs possibles mais toujours avec l’idée de prendre du plaisir sur le terrain. 

 

Merci Sylvain André. C’est toujours un plaisir de vous avoir au micro. Vous défendez avec cœur et passion le rugby de villages et le rugby trélissacois

 

Merci beaucoup, à bientôt. 

Propos recueillis par Loïc Colombié


 

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