#Rugby – Fed1 / V.Carbou (RC Suresnes): «D’ici 2 ou 3 ans, faire partie du sommet de la Fédérale 1»

Vincent Carbou, coach principal du RC Suresnois est de ces enfants du « Rugby Cassoulet » montés au-dessus de la Loire pour tâter de l’ovalie francilienne. Club émergeant de fédérale 1, la Team du 9.2, vient de ranger les oriflammes de l’amateurisme, pour endosser la tunique des légions professionnelles, via une SASP créée il y 6 mois de cela. Fort de nouvelles ambitions et d’un nouveau statut, le club du « Commissaire Broussard », tient à garder son identité mixant fibre formatrice, mixité sociale et sens de l’hospitalité. Pour cette rare terre viticole d’Île de France, l’arrivée de 12 joueurs pros dans les valises des deux nouveaux présidents, est une cuvée pleine d’espérance. Focus sur Vincent Carbou et ses redoutables gars des Hauts de Seine, qui risquent de bousculer l’ordre établi de la fédérale 1 dans les années à venir.

Vincent, pour Suresnes, c’est une 3e année consécutive en Fédérale 1. On va dire que, pour ce club de la région parisienne, l’appétit vient en mangeant puisque les ambitions sont en train de grandit crescendo à Suresnes ? 

 

Tout à fait, c’est en train d’évoluer progressivement, en fait depuis deux ans. On a réussi à se maintenir en Fédérale 1 en étant totalement amateur, l’année dernière aussi et cette puis cette année, on a l’arrivée de 12 professionnels. En fait, il y a deux personnes dont une qui est issu du milieu de rugby qui est Olivier Pouligny, qui jouait au Racing avant, et Laurent Piepszownik, qui sont les deux présidents et qui sont venus implanter une SASP l’année dernière. Donc, cette année, on a pu avoir le renfort de 12 joueurs professionnels et d’un staff aussi à temps plein : un entraîneur des avants et du centre de formation ainsi que le préparateur physique qui est à temps plein. Ça change progressivement mais, cette année, de façon conséquente. 

 

Donc, grosso modo, une SASP s’est mise en place avec un budget de combien pour Suresnes, pour essayer d’aller au bout de ses ambitions ? 

 

Cette année, on devrait être à 1M8 sachant qu’on doit avoir 800 000€ qui sont alloués à l’école de rugby donc à l’association et une partie aussi de presque 300 000 au Campus, qui correspond en fait au centre de formation des clubs fédéraux. Donc, c’est un club très axé sur la formation, très, très axé sur la formation. 1M8, ça peut paraître un peu beaucoup, mais, lorsqu’on voit tout ce qu’on donne à la formation, en fait, c’est un budget je dirai positif en Fédérale 1. 

 

Ça tombe bien, ça me tend une perche pour la question que j’allais poser. Il y a un autre club qui est très formateur en Ile-de-France, c’est Massy, ce n’est pas très loin de Suresnes. Vous aussi êtes sur le créneau de la formation. Comment faîtes-vous maintenant pour vivre côte à côte en Fédérale 1 et qui plus est dans la même poule ? 

 

Comment on fait ? Il y a quand même un vivier en Ile-de-France. Je suis originaire du sud-ouest et il y a quand même un vivier en Ile-de-France au niveau des joueurs qui est très important. Il y a actuellement 4 clubs qui se positionnent dans le haut-niveau de la formation et ce n’est pas de trop. Avant, il y avait Bobigny qui le faisait aussi. Il n’y a pas de problème au niveau des joueurs, il y en a suffisamment. Maintenant, Massy redescend en Fédérale 1, malheureusement cette année. Nous, on aura à cœur de les rencontrer, d’autant plus que le directeur du rugby à Massy cette année, c’est celui qui entraînait nos 3/4 avec l’équipe première l’année dernière et qui est Morgan Champagne. On aura forcément à cœur de le retrouver. 

 

Et avec un Tarnais qui est monté à Paris, Mathieu Bonello, l’ancien entraîneur de Lavaur, qui va essayer d’amener la patte tarnaise à Massy. 

 

Les Tarnais, ils sont partout, vous le savez bien. 

 

C’est la diaspora, c’est comme les Aveyronnais à Paris. 

 

Voilà, oui, presque (rires). 

 

Pour Suresnes, objectivement, quelles vont être les ambitions pour cette saison ? Aller tutoyer le Du Manoir et faire un beau parcours en Du Manoir ou de suite aller très haut et ferrailler avec les Massy, Dijon et Chambéry ? 

 

Non, on va déjà essayer de se qualifier, de faire un bon début de saison, pas comme l’année dernière. Après, partant de là, on verra si on peut avoir d’autres ambitions. Mais déjà, c’est être dans les 6 d’ici la fin de la phase aller

 

Vous nous parliez de recrutement, de 12 joueurs professionnels qui sont arrivés. Vous pouvez nous donner l’étalage des noms ? Il y a des noms un peu ronflants en Fédérale 1 ? Parce qu’on voit qu’il y a plein de clubs qui font venir d’anciennes gloires du Top 14. Est-ce qu’il y a d’anciennes gloires du Top 14 ou de Pro D2 à Suresnes ? 

 

Alors, il y en a eu, qui sont venus en fait se reconvertir professionnellement. L’entreprise des deux présidents qui sont arrivés notamment, a embauché aussi pas mal de monde donc il y a eu une optique de reconversion. Mais cette année, on a plus misé en fait plus sur des jeunes de talent, de jeunes de Fédérale 1 qui nous semblaient parfois au niveau au-dessus de la Fédérale 1, qu’on a intégré en fait en jeunes professionnels. Le but, c’est de les garder pour, d’ici deux, trois ans, peut-être justement faire partie du sommet de la Fédérale 1. 


Donc, c’est une ambition un peu comme Blagnac, avec un horizon 2022/2023 pour grandir sereinement et arriver à structurer le jour où vous voudrez atteindre vos ambitions c’est à dire monter en Pro D2 ? 

 

Voilà, tout à fait, exactement. 

 

Il y a des exemples d’autres clubs qui vous ont inspiré à Suresnes pour structurer ? Je pense à Rouen ou à Valence-Romans-Drôme-Rugby qui ont monté des projets très rapidement et qui sont arrivés très vite à toucher le but. Ça vous inspire ou alors vous vous inspirez plus de clubs comme Blagnac ou comme Bourg ? 

 

Ça m’inspire forcément, on va dire, dans tout ce qui concerne le non-sportif. On s’en est inspiré, forcément, on regarde ce qui se passe à côté. Sur le sportif en fait, moi, il y avait un aspect qui me tenait assez à cœur, c’était l’équité de pouvoir être titulaire à la composition d’équipe. Ce qu’on a fait en fait, c’est que sur les 12 joueurs professionnels, ce ne sont principalement que des avants. Ce qui permet en fait qu’ils continuent à se tirer la bourre pour être titulaires. Et souvent, c’est pour ça que je me différencie un peu des autres clubs, on a 12 ou 13 joueurs, répartis du 1 au 15 qui fait que, l’équipe titulaire, c’est un peu le groupe pro. Et ça, c’est quelque chose qui me dérangeait un petit peu donc on est partis avec beaucoup plus d’avants professionnels et les 3/4 suivront ensuite, si les résultats le permettent et suivent, d’aller chercher des professionnels. Et, ce qu’on a fait ensuite, c’est que l’année dernière, on avait que des joueurs pluriactifs. On a eu des joueurs qui ont pu se mettre à peu à disposition dans leur boulot pour être à temps plein chez nous cette année. Donc, on a recruté au niveau des joueurs professionnels, je dirai 5/6 à la louche, et 5/6 actuels qu’on avait avant, qui étaient pluriactifs avant et qui se sont tournés professionnels cette année. 

 

Un club de rugby, ce sont des joueurs, un staff mais aussi une identité de club. On sait que votre club évolue au Mont Valérien, il y a quand même une racine assez forte dans ce club. Comment pouvez-vous décrire ce club du RC Suresnois ? Est-ce que jouer dans un lieu aussi symbolique et chargé d’histoire que le Mont Valérien, ça donne un supplément d’âme, ça donne quelque chose d’à part ? 

 

Moi, quand je suis arrivé au Mont Valérien, il y avait une dimension combat qui était évidente. Après, je pense qu’il faut s’intéresser au logo pour l’identité. Figurez-vous que c’est une grappe de raisin donc là, les joueurs professionnels vont faire les vendanges cette année parce qu’il y a des vignes à Suresnes, c’est dans l’ouest de Paris, c’est un des rares endroits. Les vignerons, les valeurs du rugby qui ont pris dans le Narbonnais, dans beaucoup d’endroits comme ça, on retrouve ça à Suresnes donc, c’est assez surprenant de retrouver ça à Paris. L’autre aspect sur le logo, c’est le saxophone, en fait, il y a une bandas qui évolue. Donc, au niveau de l’état d’esprit, les vignerons, la bandas, au niveau des valeurs, je pense ça nous change pas trop depuis le sud. C’est un club dont je dirai que c’est une terre d’accueil. Moi, j’ai toujours été agréablement surpris par l’accueil que j’ai eu dans ce club et qu’on essaie de pérenniser. Ensuite, l’identité, c’est qu’on essaie au maximum que les jeunes jouent dans ce club, d’où me fait qu’on investisse autant dans la formation. 

 

Avec le côté vigneron, vous serez comme des coqs en pâte quand vous irez à Beaune ou à Mâcon, du coup ? 

 

Ah, on aime beaucoup ces déplacements, c’est sûr. Le rugby là-bas, il est rude mais l’après-match, il est toujours sympa. 

 

On est d’accord, c’est une terre d’accueil la Bourgogne, ce sont des clubs très accueillants que ce soit Dijon, Mâcon ou Beaune. Mais revenons sur le RC Suresnois, et son identité. Dans le jeu, sur le terrain, elle se transpose de quelle manière? 

 

On a une équipe qui joue beaucoup. Le 92, on va dire que c’était au début associé à du beau jeu. C’est une équipe très joueuse Suresnes, ça l’a toujours été. Moi avant, j’avais fait 7 ans au Stade Français sur la formation chez les jeunes et c’est vrai qu’il y avait un vivier, notamment dans le 93, dans le 94 qui fait qu’on a des physiques très importants qui viennent de ces banlieues-là et qui viennent enrichir aussi la culture suresnoise. C’est très intéressant d’avoir ces gens qui sont mélangés, et bien gérés, ce qui est parfois compliqué aussi, cela amène à une performance globale très intéressante. 

 

Sur les réseaux sociaux quand, on se renseigne sur ce club de Suresnes, il y a la mention qu’historiquement, dans les années 70/80, vous étiez un club un peu  » bourgeois « . D’après ce que vous me dîtes, ça s’est un peu lissé, ça s’est un peu gentrifié tout ça ? 

 

Tout à fait. A la base, ça avait un peu cette réputation et en Ile-de-France d’ailleurs, les gens ont toujours voulu battre Suresnes parce qu’ils ont toujours dit que c’était un club privilégié. Là, aujourd’hui, avec l’arrivée des deux nouveaux présidents, c’est sûr qu’on a plus de moyens que les autres mais avant, je parle d’il y a 5 ans, ce n’était pas forcément le cas quand on était en Fédérale 2. Donc oui, on a fait beaucoup d’envieux en Ile-de-France maintenant, lorsqu’on est dedans, on s’aperçoit que, je parle encore il y a 5/6 ans, on était sur le même pied d’égalité que les autres. Par contre, on a su aller chercher des gabarits qu’on n’avait pas forcément, sur lesquels on a misés clairement qui, au début n’étaient pas bons au rugby mais avaient des physiques hors-norme. Au début, quand j’étais au Stade Français, c’est ce qu’on disait, nous les Fidjiens, on les a dans les banlieues en France. La solution, c’est de les former, on a vraiment des gabarits hors-norme. 

 

Il faut aller les chercher et savoir les intéresser, leur faire mettre le doigt dans le milieu du rugby pour après, que cela fasse de beaux petits. 

 

C’est grâce à ça que Massy a existé pendant très longtemps aussi. Il y avait des personnes sur Massy qui étaient aux avant-gardes pour aller chercher ces gabarits hors-normes, et on a toujours connu en Ile-de-France, quand on les jouait en sélections chez les jeunes, des gabarits qu’on n’avait pas dans le sud-ouest, très, très rarement. 

 

Des beaux poulets de Bresse comme on dit

 

Voilà, exactement. 

 

Une petite question un peu humour. Vous nous parliez du fait que, dans le temps, Suresnes était un peu jalousé. Ne serait-ce pas parce-que vous avez la meilleure sécurité de France puisque, celui qui gère entre autre votre sécurité et qui est président d’honneur, c’est l’ancien plus grand flic de France Robert Broussard ? 

 

Exactement. Le commissaire qui a été responsable de l’arrestation, de Jacques Mesrine

 

Entre autres et pas que puisque, dans sa longue carrière, il a fait des affaires de haut vol. Ca doit quand même donner un petit charme d’avoir le commissaire Broussard comme haut dirigeant, de Suresnes ? Quand vous allez en déplacement, il doit être parfois un peu plus star que les joueurs ? 

 

Totalement, quand on va dans des endroits, il y a des gens qui le prennent en photo. Et puis, c’est une personne qui a su rester simple, qui est avenante, qui a toujours sa barbe blanche bien taillée, ça, ça ne bouge pas, c’est quelqu’un de très agréable. Il y a 3 ans, il nous avait invité à faire un stage au RAID, parce qu’il a créé le RAID, et on va essayer d’y retourner cette année pour le coup. C’était très intéressant en cohésion forcément.

 

Il n’y a pas mieux je pense dans ce registre.

 

Effectivement, oui. C’est un bonhomme qui s’y connaît. C’était très, très sympa. Il nous avait accueillis et ça valait le détour. On a eu de la chance de pouvoir faire ça. 

 

Avant-dernière petite question, le petit jeu des pronostics. Pour vous, quelles sont les 3/4 équipes qui vont batailler pour accéder à cette Pro D2 qui devient de plus en plus chère et dure à attraper ? 

 

Compliqué là. J’ai l’impression que Narbonne est bien parti, Cognac l’année dernière était quand même très, très épais et je sais qu’ils ont continué de recruter. Après, dans les autres poules, je ne sais pas trop. Massy, ils redescendent de Pro D2, ils ont quand même gardé une bonne partie de leur effectif donc je pense qu’eux aussi seront dans de bonnes dispositions. Voilà pour les 3 que je pourrai dire. J’en ai oublié quelques-uns forcément. 

 

De toute façon, cette année, la meute est tellement épaisse que c’est difficile de citer tout le monde. Quand on voit des équipes comme Dijon qui sont en train de s’armer assez costaud!

 

Comme Bourg-en-Bresse aussi! 

 

Bourg-en-Bresse qui a réussi, à garder son effectif à 90%. Ça va être aussi des parties prenantes de la montée en Pro D2 et sans oublier, bien sûr, Albi qui a une grosse revanche à prendre. 

 

Oui, malheureusement pour eux. On va dire qu’ils n’ont pas eu de chance, on le dira comme ça…. 

 

On va finir sur Suresnes. Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour cette saison 2019-2020 ? Quels vont être les maîtres-mots pour le RC Suresnois 

 

Qu’est-ce qu’on peut souhaiter ? Je dirai toujours la santé des joueurs parce-que c’est vrai qu’il y a quand même beaucoup de blessures, ça, il ne faut jamais l’oublier. Après, un peu de réussite, de bons résultats, qu’on arrive à se qualifier et ça ira très, très bien.

 

Propos recueillis par Loïc Colombié

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