#Rugby – Fed1 / Le triptyque oloronais (EP2) : « On a un maillot et des supporters à respecter. »

Second acte de notre triptyque Oloronais, aujourd’hui avec le Président du club Béarnais, Laurent Malié et son vice président Pierre Séréna. Dans cet épisode le président du FC Oloron et son bras droit nous raconteront de l’intérieur, la lutte pour le maintien en fédérale 1 l’an dernier et nous présenteront le nouvel encadrement technique pour cette saison. Nos deux compères, n’en oublient pas de faire échos aux valeurs intrinsèques de ce rugby basquo-béarnais et pyrénéen qui souffrent de la mutation économique de ce sport. Sur les bords de l’Adour, on continue à se battre pour une identité rugbystique locale bien ancrée, avec ce sentiment qu‘ irrémédiablement les temps changent. Focus sur le FCO, un club dont le cœur bat pour un maillot et ses aficionados.
Crédit photo http://www.larepubliquedespyrenees.fr
Pierre Serena reprenons cet entretien, en vous posant une question un brin image d’Épinal : entre équipes pyrénéennes, il y a un petit défi, un petit challenge dans le challenge , non?
PS : Oui, challenge, défi. Je pense que ce sera compliqué partout, de toute façon, il ne faut pas se leurrer. Les premiers matches, tout le monde le sait, c’est déterminant, prendre le bon train, prendre le bon wagon pour bien commencer la saison. Je pense que, dans les premiers matches , il va y avoir de l’intensité, de l’engagement et ça va piquer comme on dit. Donc, il va falloir répondre présents d’entrée parce-que, le 14 à Saint Pée, on reçoit Albi et on sait très bien qu’Albi a pris des leçons de cette année. Je pense que c’est marqué à l’encre noire, des défaites à Oloron, des défaites à Nafarroa. Je pense qu’ils auront une année de plus en Fédérale 1, beaucoup plus outillés que l’année dernière. Donc, c’est un début de saison quand même difficile pour nous Oloron, on ne s’en cache pas, mais passionnant et aussi déterminant. Parce-que, s’il s’avère dans les trois premiers matches, on peut espérer deux victoires, je pense qu’on signerait, ce n’est pas Laurent qui va me contredire, on signerait de suite. Mais bon, on va se contenter d’abord de bien préparer les trois matches amicaux qu’on a, d’essayer de voir que le groupe monte vraiment en pression pour être prêts le 7 à Pamiers où ce sera compliqué. Mais déjà, un bon résultat à Pamiers, ça nous lancerait sur de bons rails. 

Pour parler d’un autre sujet, vous pouvez nous parler un petit peu du nouvel encadrement technique et sportif à Oloron ? 
PS : L’encadrement technique a changé au niveau de la préparation physique avec l’arrivée de Jérémy Lafon qui vient aider Maéva, la préparatrice physique de l’année dernière, qui reste en place. Avec aussi un changement à la tête des avants : Philippe Ebel a arrêté et Stéphane Zampar, qui entraînait Coarraze-Nay depuis 4 ans, nous a rejoint pour les avants. Avec Pierre Chadebech qui reste pour entraîner derrière, pas de grands changements. 
Pierre Chadebech était arrivé l’année dernière en mission sauvetage. On peut parler d’un sauvetage réussi?
PS : Oui, sauvetage réussi. Tu dis sauvetage, bien sûr qu’il a fait du bien, c’est une évidence. Il y a toujours, comme tout le monde dit, le choc psychologique
 mais le choc psychologique vient aussi du fait que les joueurs doivent prendre conscience de se prendre en charge aussi. C’est bien beau de dire  » oui, c’est la faute à l’entraîneur, c’est la faute à celui-ci, c’est la faute à celui là  » mais enfin, quand les joueurs le veulent, ils le peuvent aussi. On a vu sur la fin que les joueurs, quand ils donnent tout, quand ils calculent pas, on a été capables de mettre 30 points à Marmande alors que Marmande jouait le match de la qualification. On a chaviré Valence d’Agen à la maison donc voilà. Oui, il y a eu du changement, oui, il y a un changement aussi avec Stéphane Zampar mais je crois aussi qu’il y eu une attitude des joueurs et un respect pour le maillot et tout ce qui fait que l’état d’esprit doit être positif pour faire avancer le groupe. 
Alors, ça me permet de rebondir aussi avec Laurent Malié. Cet épisode du sauvetage, où à un moment donné, ça a quand même été dur pour Oloron. En tant que président d’un club de Fédérale 1, comment ça se vit ? 
LM : C’est pas facile, on passer par tous les états. Ce que je peux rajouter, par rapport à l’an dernier, je pense qu’il faut qu’on se serve, enfin moi personnellement, je me sers beaucoup de ce qui s’est passé pour l’améliorer et se dire qu’il y a des choses qu’on a moins bien faites et d’autres qu’on a plutôt bien faîtes. Souvent, les gens s’imaginent qu’on gère un club au jour le jour, au coup par coup mais non, ce n’est pas tout à fait comme ça. Moi, je suis plutôt formaté avec mon activité professionnelle où j’essaie de me servir des feedback comme on dit sur ce qu’on pourrait améliorer. C’est sûr que l’an dernier, c’était une mission sauvetage. Mission sauvetage réussie comme tu l’as dit Loïc mais souvent, dans la tête des gens, on l’oublie. On oublie que la partie était pas gagnée d’avance, qu’elle était compliquée. Compliquée avec un changement d’entraîneur des lignes arrières en plein milieu de saison au moment où on était dans le plus dur. Des blessés, avec encore des blessés qui n’ont pas encore récupéré, des blessés importants qui sont venus se cumuler au changement d’entraîneur. Des résultats difficiles avec un moment mémorable qui, je pense, restera longtemps dans ma vie de président, avec ce match d’Anglet où je ne vais pas m’appesantir dessus. 
Qui a fait couler l’encre on dira
LM : Oui, il y a beaucoup, beaucoup trop à dire mais comme je dis, j’ai tourné la page. J’espère juste que, pour le monsieur qui était au milieu du terrain, ça lui servira et ça lui a aussi servi à grandir pour les années futures. J’en retire une très mauvaise image et un très mauvais souvenir parce-que, ce match là, je pensais me le tirer comme un boulet jusqu’à la fin de la saison. Quand on regarde, Valence d’Agen qui était une pas mauvaise équipe, elle descend parce qu’elle était la mieux classée de tous les relégables mais on a repêché la poule dans laquelle le relégué administratif était désigné. Donc, si on n’avait pas gagné à Marmande, on ne serait pas en Fédérale 1 cette année. Ce sont des évènements qui marquent et qui me font dire que tous les matches sont à prendre. Il n’y a pas de match à galvauder, il y a toujours des points à récupérer, il y a toujours à s’accrocher, il y a toujours à vendre chèrement sa peau. On a un maillot à respecter, on a des supporters à respecter. Comme l’a dit Pierre et des joueurs qui nous ont quittés cette année, comme à certains je leur ai dit :  » C’est collectivement qu’on s’en sort et pas individuellement « . Mais la vie de rugbyman est faite aussi que, quand on joue en Fédérale 1, on a vite envie de rebondir en Pro D2 et c’est un petit peu le challenge qui nous accompagne et que l’on voit cette année. Les joueurs ont envie de se relancer pour de suite rebondir en Pro D2 parce que, quand on dit Pro D2, c’est professionnel. Et c’est vrai que tout joueur qui joue en Fédérale 1 aspire à vouloir jouer plus haut. Moi, c’est ce que je leur souhaite mais ne brûlons pas les étapes. Tous les jeunes qu’on a recruté et qui ont un super état d’esprit, c’est à eux de bosser, c’est à eux de montrer que et ils y arriveront si ils se mettent dans le moule d’une équipe, ils vont arriver à tirer le maximum de l’équipe et le maximum de leurs compétences. C’est comme au travail en fait, c’est un travail d’équipe. Trop souvent, le joueur de rugby pense que le rugby, c’est individuellement que ça se joue. Et bien non, non. Notre survie l’an dernier, elle s’est jouée collectivement. Il y a des joueurs qui, individuellement, étaient au dessus des autres. Ils ont réussi  à se mettre collectivement au niveau de l’équipe mais peut-être un peu tardivement en fin de saison. Mais, c’est ce qui nous a permis de se sauver donc, il faut se servir de ça. 
Etre groupés, être solidaires, c’est un peu quand même les valeurs de toute la vallée pyrénéenne et de toutes les zones de montagne. Ca fait partie d’un instinct de survie ? 
LM : Oui mais , comme je le disais Loïc, oui, mais on s’aperçoit quand même que le joueur de rugby change. Et, même dans nos vallées, même dans nos montagnes, le joueur de rugby change. L’écosystème rugbystique fait que, le joueur de rugby, et bien c’est tout un contexte, c’est tout un environnement, c’est aussi tout un club. On est obligé aussi de faire avec ces paramètres là où les joueurs ont envie de progresser, ont envie de jouer plus haut. A nous de les accompagner, à nous de les amener à mais on a aussi besoin que eux soient avec le club. Ca, il ne faut pas qu’ils l’oublient. 
Et malgré cela, Pierre Serena avait l’air de me dire que ça n’existait plus trop la suprématie pyrénéenne. Ce n’est plus un levier pour aller motiver les joueurs ou ça l’est moins ? 
LM : La suprématie pyrénéenne, on a de la suprématie interne mais, on l’a bien vu, nous, sur notre recrutement local, on ne peut plus dire qu’on vient à Oloron parce qu’Oloron est en Fédérale 1. C’est ce qui me gêne un peu. On représente quelque chose c’est à dire un club qui est historiquement une place forte de la Fédérale 1. Economiquement, on n’est peut-être pas une place forte comparativement aux autres clubs de la région et on sait que c’est sur quoi on doit travailler. Malheureusement, l’écosystème rugbystique ne fait pas que les choses se font naturellement. Donc, on va travailler pour montrer qu’on est encore un club du niveau de Fédérale 1 et pour de très longues années, qu’on amène de nouvelles idées. Avec Pierre, c’est ce sur quoi on travaille. On va amener de nouvelles idées pour montrer qu’on est au niveau de la Fédérale 1, pour montrer aux jeunes de la région qu’on va les accompagner pour progresser encore et que les gens, les jeunes surtout nous accompagnent. Alors, en cadets/juniors, on a un nouveau vent qui arrive et je suis très content de ça. Les meilleurs jeunes de la région commencent à revenir vers nous et nous aussi, on amène les meilleurs jeunes vers la Section. Parce qu’il ne faut pas oublier que, notre moteur dans la région, c’est la Section Paloise. D’ailleurs, dans la Section Paloise, et bien, il y a le FC Oloron. Donc, essayons de faire en sorte que le rugby béarnais se porte de la meilleure façon. C’est un travail pas d’une seule année, ni de deux années mais de plusieurs années. 

Et ce n’est pas compliqué de vivre dans l’ombre de la Section Paloise ? 
LM : Absolument pas ! Je ne m’en cache pas parce que je le dis souvent aux Oloronnais, et, n’en déplaise à certains parce qu’on est souvent avec les matches d’il y a 20 ou 30 ans entre Oloron et Pau où on se tirait la bourre. 
Ca devait être de belles parties de manivelle à l’époque
LM : Oui mais c’est fini de bien longue date, je ne m’empêche pas de le dire. Quand on a joué la descente, il y a certains présidents qui ont envoyé quelques petits messages de soutien. Il n’y en a pas beaucoup mais il y en a certains. Je ne vais pas tous les citer mais il y en a un qui me tient à cœur, c’est Bernard Pontneau, c’est le président de la Section Paloise. C’est des choses sur lesquelles Oloron n’était pas habitué. Moi, j’ai beaucoup travaillé avec les jeunes, avec la Section non professionnelle et ça continue avec Julien Pierre actuellement qui est en charge des jeunes avec Micka Drouard et Jean Laplace également. Ce sont les trois têtes avec qui j’ai eu à échanger cette année. On commence à tisser des liens avec la Section, on commence à en voir les prémices et j’espère qu’on va arriver à monter ce qu’on veut faire. Ce sont des gens que je respecte parce que le Top 14, c’est exigeant. Ca demande beaucoup d’argent et ça demande beaucoup d’implication. Et Bernard Pontneau, bon, moi j’ai eu droit à un article dans les journaux mais lui je pense que c’est démultiplié. On est souvent critiqué mais malgré tout, il y a beaucoup de travail qui est fait derrière. il y a beaucoup d’humain aussi et on l’oublie. J’ai donc beaucoup de respect pour Bernard Pontneau avec qui j’ai tissé des liens. On va essayer de le concrétiser avec nos clubs, avec des actions un peu plus marquées mais ce n’est pas difficile de travailler avec la Section. Ce qu’il faut juste, c’est avoir envie et c’est surtout une histoire d’hommes. A l’heure où on parle beaucoup d’argent, le rugby reste encore une histoire d’hommes, même si l’écosystème autour fait que, parfois, il peut y avoir du bruit. Mais, c’est avant tout une histoire d’hommes et on est en train de le construire et j’espère qu’on va le construire pour de longues années.
La suite lors du dernier épisode de notre triptyque Oloronais!

Propos recueillis par Loïc Colombié

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