#Rugby – Fed1 / Le triptyque Oloronais (EP1): « Il ne nous faut plus parler du passé, car sinon on n’avance pas! »

Dans notre série de portraits estivaux sur les clubs de fédérale 1, nous avons décidé de nous arrêter en 3 actes sur un club qui fut il n’y a pas si longtemps un des cadors du championnat , mais qui actuellement se restructure autour d’une nouvelle équipe dirigeante, pour affronter les mutations qui traverse le 3eme échelon du rugby français. On va, donc faire un petit tour dans le Piémont Pyrénéen, au Béarn, en trois étapes pour aller voir le club d’Oloron Sainte-Marie, avec Laurent Malié son président et Pierre Serena son vice-President. Dans ce sympathique club , bastion du « rugby terroir pyrénéen « , vous découvrirez dans ce premier épisode, comment Laurent Malié et Pierre Serena, entre rengaines nostalgiques et rugby en perpétuelle évolution, tentent de donner un avenir et une ambition au FCO.
Crédit photo larépubliquedesPyrénées.fr
Laurent Malié,vous êtes le président du FC Oloron pour la seconde saison. Déjà, comment s’annonce cette nouvelle saison ? Il y a quelques restructurations au sein du club ? 
LM : Bonjour à tout le monde. C’est avec plaisir qu’on se lance encore dans une nouvelle bataille pour cette saison 2019-2020. Le club a subi quelques changements, vous aurez l’occasion d’entendre la voix de Pierre Serena, qui est le vice-président et qui est venu me rejoindre avec bonheur. On forme une équipe, un nouveau couple prêt à travailler et à tout donner pour le FCO. C’est notre devise, c’est laisser le club tel qu’on l’a connu et le faire grandir parce-que, si on ne grandit pas, on reste petit voire on s’écroule. Donc, notre objectif, c’est vraiment de laisser le club tel qu’il a été et le faire progresser au niveau qu’est celui de la Fédérale 1. 
Et puis, avoir un vice-président délégué au sportif, ça doit être une volonté de votre part pour être un peu plus efficient, plus efficace ? Quand on est à plusieurs, on va toujours plus loin ? 
LM : Exactement. Dans les structurations du club, donc l’an dernier puisque c’est effectivement ma 2e année, c’était simple. C’était avoir un pôle sportif, un pôle administratif et un pôle financier, ce qui a été mis en place l’an dernier mais qui, au bout du bout, n’a pas forcément marché suite à des gens qui ont démissionné ou qui sont partis du club. Donc, on a été obligé de repartir sur une nouvelle structuration. Effectivement, Pierre a plus d’aptitudes ou d’appétences que moi sur la partie sportive même si, ce sportif, ça me démange aussi. On s’est partagé le club et on travaille en symbiose. Je le laisserai parler de la partie sportive mais voilà, on fonctionne à deux et on est deux dans l’intérêt du club et pour le club. 
La perche est tendue, on va maintenant donner la parole à Pierre Serena. Pierre, bonjour. Alors, comment vous êtes-vous lancé dans l’aventure humaine et sportive du FC Oloron ? 
PS : Déjà, j’ai joué pendant 10 ans et j’ai porté pendant 10 ans ce maillot. C’est vrai que j’avais beaucoup de peine de voir que le club était à la peine. Pas régresser mais disons qu’on n’avait pas suivi le train parce-que le train de la Fédérale 1 augmente chaque année et nous, ça fait 10 ans qu’on stagnait. On pensait que tout était acquis, que tout allait fonctionner comme il y a 10 ans et aujourd’hui, le club est à la peine et je me devais de donner ce que je peux faire au club. C’est à dire comme Laurent : du temps, des idées et puis du bénévolat parce qu’on a passé de bonnes années dans ce club. 
Un brin d’huile de coude comme on dit
PS : Oui, c’était normal de venir donner un coup de main parce-que, il y en a tellement qui explique comment il faut faire, il y en a tellement qui ont la solution mais qui ne donnent jamais de coup de main que j’ai dit voilà. Je ne vais pas tout révolutionner, je ne vais pas tout changer et apporter un coup de pouce pour le club. On s’entend bien avec Laurent, on fonctionne bien. Maintenant, c’est le sportif qui nous dira si on a raison ou pas parce que c’est toujours le terrain qui commande, qui décide. 
Vous nous parliez de cette Fédérale 1 il y a 10 ans. En 10 ans, elle a beaucoup évolué. Financièrement bien sûr, ça on y reviendra avec le président Malié mais aussi sportivement. Le curseur s’est élevé ? 
PS : Bien sûr, ça n’a rien à voir. Quand j’entends certains qui reparlent du passé, moi, ça ne me parle même pas. J’en parle pas parce-que ça va pas beaucoup plus vite, c’est deux fois plus entraîné, ça tape beaucoup plus fort. Il y a beaucoup de différences donc je ne parle même plus des années qu’on a connu où on jouait le haut de tableau parce que ça n’a rien à voir. Et, quand on parle du passé, je dis très souvent  » il ne faut pas parler de passé parce-que ça veut dire que le club n’avance pas « . On se ressasse toujours les bons souvenirs mais on regarde jamais devant et ça, c’est le danger de tous les clubs. Donc, il faut regarder toujours de l’avant et jamais se dire  » Nous à l’époque, nous ceci, nous cela « . Ca n’a plus rien à voir donc c’est pour ça que je n’en parle jamais. 
Partant du constat de cette mutation de la Fédérale 1 et des gros calibres ou même des anciens bastions professionnels qui sont venus garnir le plateau ou des clubs comme vous, Oloron, qui jouiez le haut du tableau il y a quelques années. Maintenant, vous vous retrouvez à jouer, on va dire, le du Manoir ou des fois le maintien ce qui n’était pas le cas il y a quelques années. Comment faîtes vous pour attirer de nouvelles ressources sportives. Ca doit quand même être compliqué de jouer des coudes face à des armadas comme Narbonne, Albi, Dijon ou Cognac et j’en passe. 
LM : Oui, si je peux répondre, juste deux mots avant de laisser la place à Pierre. Nous, dans notre paysage béarnais ou basquo-béarnais, parce qu’on n’est pas loin du Pays Basque, quand Pierre parle de 10 ans, qu’il ne faut pas regarder il y a 10 ans, moi j’en suis même à dire que, d’une année sur l’autre, ça évolue très vite, très, très, très vite. Et peut-être même trop vite pour les clubs qui ne sont pas préparés. Moi, j’ai des exemples précis, sur des choses qui ont vraiment changé. A tel point, je le donne juste à titre d’info, on a voulu faire un recrutement local. Quand je dis local, on est dans des régions où l’activité économique n’est pas celle d’Albi même si on a des entreprises florissantes dans la région oloronnaise, mais on a voulu recruter local, avec les meilleurs jeunes de la région. Au bout du bout, on s’est un peu brûlés les ailes parce qu’on n’a pas été aussi attractif que ça et comme je le dis, de façon très polie, c’est que l’écosystème rugbystique fait qu’il y a des métriques qu’on n’arrive plus forcément à maîtriser. Et oui, l’aspect financier est quelque chose qui nous a bridé cette année et on s’est d’ailleurs expliqué avec nos joueurs en interne. On avait un pilier belge l’an dernier et là, on a récupéré un 3e ligne néo-zélandais et notre recrutement n’est pas terminé. C’est vrai qu’on a été obligé d’aller chercher sur d’autres terres parce que l’écosystème rugbystique a beaucoup changé. On ne regarde pas dans le rétroviseur mais il faut quand même se rappeler du rétroviseur, de la vision qu’on avait il n’y a pas si longtemps. Et ça évolue très, très, très vite. Quand je dis très vite, et pour en terminer, preuve en est, le monde des agents a pénétré le joueur de Fédérale 1. Le joueur de Fédérale 1 est un joueur à qui on demande de l’exigence au niveau entraînement, au niveau préparation physique. C’est sûr que tout est tiré vers le haut. Alors, on le sait, je ne vais pas refaire mon discours de l’an dernier, jouer contre Albi, jouer contre Tarbes, jouer contre Blagnac, nous, ça nous intéresse parce qu’on veut savoir ce qui se fait de mieux en Fédérale 1. C’est ce qui nous pousse à progresser. On progresse dans notre communication, on progresse dans notre façon de manager le club. Et je pense qu’il n’y a que comme ça, en se confrontant à des équipes qui sont un peu plus structurées, qui regardent vers le haut, qu’on va arriver à progresser. Alors oui, ça évolue vite mais à nous aussi d’évoluer. 
Pour donner un élément d’explication quand même, qui est assez probant, le déficit structurel du Sporting Club Albigeois lié à la descente de Pro D2 à la Fédérale 1 a été comblé par la mairie par une subvention de 458 000€, qui était exceptionnelle. 458 000€, ça représente le budget d’Oloron. Vous m’arrêtez si je me trompe. 
LM : Loïc, puisqu’on a de bons échanges cordiaux et j’espère qu’ils vont continuer longtemps. Quand j’ai reçu le message que tu communiques sur la vie, l’activité albigeoise, mon premier réflexe a été en effet de me dire que c’était pratiquement le budget d’Oloron. Ce qui situe la différence entre le club d’Albi et d’Oloron. Mais, la différence existe financièrement, la différence existe rugbystiquement  mais, pendant une heure et demi, la preuve en est l’an dernier, et bien la différence, elle n’y était pas. Donc, on va essayer de reproduire ça cette année. Ca sera encore plus difficile parce que, je me rappelle encore de Arnaud qui était très déçu du match après Oloron et qui est venu à la réception parce qu’il me connaissait je pense. Il avait pas très envie de franchir la porte du club house parce qu’il avait honte pour ses joueurs. Mais, ça fait aussi partie des choses qui font grandir les joueurs. Il faut qu’ils se rendent compte que, dans certains clubs, on est un peu polissés ou un peu plus bichonnés comme on dit dans notre sud-ouest. Il faut qu’ils s’en rendent compte pour s’en servir pour plus tard, Alors, ça n’a pas marché pour Albi l’an dernier. J’espère que cette année, ça leur servira, pour passer vraiment cette marche, j’étais triste pour Albi de ne pas les voir passer cette marche parce que c’est un club que je respecte plus que tout par les valeurs qu’il communique. Même s’il y a beaucoup de différences sportivement et financièrement, je respecte la façon de faire, je respecte la façon de communiquer, je respecte ce club. Donc, on verra pendant une heure et demi cette année et ce sera encore plus difficile parce-que certains joueurs seront encore présent et vont se rappeler de cet évènement là. 
Ca me permet aussi de tendre la perche à Pierre Serena. Dans le recrutement oloronnais, il y a un ancien albigeois qui vient d’arriver, un petit jeune qui monte. 
PS : Oui, Alexandre Hubert qui est arrivé cette année du Sporting Club Albigeois. C’est un jeune qui l’a eu dur cette année à Albi, avec la concurrence, qui s’est blessé et qui n’a pas pu revenir. Le train était passé, il n’a pas pu revenir pour être dans le groupe. Donc, il se relance dans un club où on est quand même très regardé puisque cette année, on a été pillé par des clubs plus huppés que le notre. 
Bayonne entre autres?
PS : Massy, Niort, Bayonne, Montauban. Donc, malgré qu’on ait été dans le dur, on a été regardé. Ca prouve quand même qu’on a des joueurs de qualité, qu’on avait un groupe de qualité. Alexandre, si il ne fait pas le bonheur d’Albi parce qu’ils sont meilleurs, ils sont plus grands, ils sont plus solides, je suis sûr que pour nous, Oloron, il va faire largement l’affaire. Et c’est bien aussi parce que, dans l’état d’esprit, c’est quelqu’un de bien. C’est quelqu’un qui s’est vite intégré au groupe et à la ville. Et je pense que c’est quelqu’un qui, si bien sûr il est apte, si bien sûr il ne se blesse pas, va faire une très bonne saison et c’est ce qu’on lui souhaite, tout simplement. 
Bien sûr, en terme de recrutement, il y a eu d’autres arrivées. Vous pouvez nous en toucher deux mots ? 
PS : Oui, on a récupéré une première ligne entière pour pallier au départ des deux piliers, Anthony Aléo qui a rejoint Montauban et De Clercq, le pilier droit belge qui a signé à l’Aviron Bayonnais. Donc, on a repris une première ligne entière avec l’arrivée de Quentin Asserquet . C’est un retour au club puisqu’il était chez nous chez les jeunes. Il est passé par Pau et Tarbes et là, il revient à Oloron. On a pris un talonneur aussi pour pallier aux deux blessures des talonneurs qu’on avait au niveau des genoux. C’est Thomas Lacorne qui vient de Dax, un jeune, il a 20 ans. Ce sera difficile aussi pour lui car l’apprentissage de la Fédérale 1, c’est quand même assez compliqué, surtout en première ligne. Ca n’a rien à voir avec la catégorie des espoirs. C’est beaucoup plus facile, il faut combattre et c’est surtout au niveau du mental où on peut se juger aussi très rapidement. Et à droite, le retour de Paul Baudoin aussi, qui était passé par Oloron il y a quelques années, qui était donc sur le sud-est à la Seyne sur Mer et qui nous revient pour renforcer l’axe droit. On sait que l’axe droit, en Fédérale 1, c’est primordial. On sait que, si on n’a pas de mêlée, on ne peut pas espérer. Donc voilà, on a essayé de compenser un peu les départs par de nouveaux joueurs avec Alexandre Hubert, avec Cory James Whakatihi, un 3e ligne qui nous vient des espoirs d’Oyonnax, Fabien Pinto Sa Silva qui nous rejoint, qui était un 3e ligne des espoirs de Pau. Après, quelques jeunes derrière qui vont montrer le bout de leur nez mais c’est surtout devant. Le rugby commence devant et il commencera toujours devant. 
C’est le nerf de la guerre.
PS : C’est le nerf de la guerre, c’est la mêlée. Comme a dit Laurent tout à l’heure, le recrutement n’est pas encore terminé. Il pourrait y avoir deux, trois bonnes surprises encore d’ici la fin de semaine ou la fin de semaine d’après. 
On sera attentif et friand de ces bonnes surprises alors
PS : Ah bah oui, peut-être. Et puis, il le faut aussi pour un groupe nouveau on va dire parce que le groupe est en reconstruction. Un nouvel entraîneur, de nouveaux systèmes de jeu peut être à mettre en place, une cohésion à vite trouver parce-que ça démarre le 7 avec un déplacement à Pamiers qui ne sera pas simple, où c’est toujours difficile je pense de s’imposer. 
La suite au prochain épisode de notre triptyque Oloronais!

Propos recueillis par Loïc Colombié

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