#SportStory – Cyclisme / Robert Forest : Une discrète élégance.

L’ancienne région Midi-Pyrénées a été riche en champion cyclistes. Des noms illustres qui font l’orgueil du cyclisme national de Sylvain Marcaillou à Lilian Calmejane en passant par Jacques Esclassan, Laurent Jalabert, Frédéric Moncassin David Moncoutié, Didier Rous, Laurent Roux, Stéphane Barthe, Anthony Pérez, Mathieu Perget, Julien Loubet.
Aujourd’hui, nous revenons sur la carrière exceptionnelle de Robert Forest.
Une génération dorée en Midi-Pyrénées.
Les coureurs qui avaient autour de 20 ans en Midi-Pyrénées au début des années 80, avaient tous et  sans exception un dénominateur commun : le talent.
1961 a vu naître Vénancio Téran, Patrick Sarniguet, Christian Chaubet, Robert Forest, en 1962 sont nés Joel Versolato, Philippe Andouard, en 1963 Hervé Doueil, Henri Abadie, Jean Marc Manfrin, Sylvain Bolay.
L’équipe Midi Pyrénées lors la Route de France 1983, remportée par Robert Forest. De gauche à droite, Robert Forest, Hervé Doueil, Joel Versolato, Sylvain Bollay, Vénancio Téran. 
1983 marquera le tournant de la carrière de Robert Forest. Le sociétaire du Saint Alban Omnisports Cycliste est sélectionné avec son comité régional pour participer à la Route de France. Cette épreuve disparue en 1990 avait été fondée par le journaliste Jean Leulliot (père fondateur de Paris-Nice) et son parcours était dessiné autour de Vichy, elle franchissait le Puy de Dome. On l’appelait « le petit Tour de France », elle était réservée aux coureurs amateurs qui rêvaient de franchir le Rubicon du professionnalisme.
Déjà en 1980, du haut  de ses 19 ans , Robert Forest termine 12 ème de cette épreuve par étapes.En 1981, il termine 3 ème de la classique Tarbes-Sauveterre, en 1982 il prend la 3 ème place du CLM individuel du Ruban Granitier Breton.
La saison 1983 sera SA saison. Après avoir terminé 4 ème du Grand Prix des Gorges de l’Aveyron, 7 ème du Tour du Roussillon et 18 ème de Paris Roubaix amateurs, Robert Forest est le leader de la sélection régionale qui s’aligne sur la Route de France du 7 au 11 juin 1983.
Il termine 2 ème  de la 2 ème étape, 4 ème de la 5 ème étape, et 5 ème de la 4 ème étape. Sa régularité   lui permet d’endosser le maillot de leader au terme de la 4 ème étape, il remportera le classement général de l’épreuve devant le charentais Michel Jean et le lyonnais Bernard Faussurier.
Il rejoint au palmarès de l’épreuve Raymond Mastrotto, Lucien Aimar, Régis Ovion, Michel Laurent, Bernard Vallet, ou Robert Millar
Quelques semaines après, il s’aligne au Grand Prix de France un CLM individuel de 58 km, épreuve comparée au Grand Prix des Nations, il remporte le chrono devant le normand  Philippe Bouvatier et l’angoumoisin Eric Dudoit. 
Au terme de cette saison 1983 historique (il est le seul coureur à avoir remporté la Route de France et le Grand Prix de France la même année), il est engagé par la grande équipe Peugeot après avoir remporté le Grand Prix de Saint-Chinian.
Les années professionnelles de Robert Forest peuvent se décomposer en 3 grandes périodes.
Les années Peugeot de 1984 – 1986 puis Z-Peugeot en 1991
Néo-pro chez Peugeot, sa première saison est un modèle du genre, elle classe le coureur parmi les grands espoirs du cyclisme français. Vainqueur du CLM par équipe de l’Etoile des Espoirs, il finit 6 ème de l’épreuve enlevée par son leader Gilbert Duclos-Lassalle. Il termine 9 ème du Tour de Midi Pyrénées enlevé par son autre leader Pascal Simon. 
Dans le Trophée des Grimpeurs dominé par Marc Madiot devant Laurent Fignon, il prend la 9 ème place.
Mais cette première saison professionnelle est marquée par sa victoire d’étape au Grand Prix du Midi Libre dont le classement général est remporté  par son équipier de la Peugeot Dominique Garde.
En 1985, pour sa 2 ème saison chez Peugeot, il est 6 ème du Tour de Catalogne, 8 ème de Paris Bourges, 9 ème du Tour du Haut-Var et 10 ème du Critérium International.
Il participe à son premier Tour de France, dont il prendra la 16 ème place en terminant 2ème  français derrière Bernard Hinault,   mais surtout prendra la 4 ème place du classement général du meilleur jeune.(maillot blanc).
En 1986, sera sa  dernière année chez Peugeot, et marquera un premier tournant dans sa carrière professionnelle, ses performances sont une 5 ème place au classement général du Grand Prix du Midi Libre, et une 18 ème place à la Flèche Wallone.
Il reviendra ensuite en 1991, dans la maison Peugeot alors associée avec Roger Zannier promoteur de la marque de vêtements pour enfants Z, pour encadrer Greg Lemond, Robert Millar et Gilbert Duclos-Lassalle.
Les années Fagor 1987-1988 et 1989 et son aventure Café de Colombie en 1990.

Pierre Bazzo Manager de la Fagor engage Robert Forest pour être l’équipier de choix d’Eric Caritoux et Jean René Bernaudeau. Il retrouve ses amis occitans Christian Chaubet  et Henri Abadie.
La saison 1987, sous le maillot rouge et blanc de la marque d’électro ménager, consacrera Robert Forest. En effet, il remporte sur la terre de ses ancêtres,  la 11 ème étape du Giro. Il terminera 28 ème du classement général confirmant sa performance du Tour de France 1985. Il participera à son 2ème Tour de France.
En 1988, la Fagor accueille dans ses rangs Stéphen Roche mais aussi l’ancien vainqueur de Milan-San Remo 1982 le rennais Marc Gomez. 
Robert Forest croisera dans cette équipe un certain Vincent Lavenu qui sera son directeur directeur  sportif quelques années plus tard.
1989 marquera sa dernière saison chez Fagor, il participera à son 3 ème Tour de France, et sera un équipier apprécié et dévoué de Stéphen Roche.
Son abnégation pour le travail de l’ombre, aux cotés de son leader irlandais attirera l’œil aiguisé du toulousain Norbert Vincent, manager, promoteur de l’équipe Café de Colombie, et pionner dans la découverte de talents en Colombie. Robert Forest est engagé pour épauler les Lucho Herrera, Hernan Buenahora ou encore Alvaro Sierra pour la saison 1990.
Pas satisfait de ses performances et de cette expérience sud américaine, Robert Forest rentrera au pays  et s’engagera avec un jeune directeur sportif en devenir,  plein d’idées et  enthousiaste, à savoir Vincent Lavenu.

Les années Chazal- Mure & Vanille 1992  et 1993… sa tragique fin de carrière.
Vincent Lavenu au terme de sa carrière cycliste chaotique , crée son équipe. Il avait connu Robert Forest, Christian Chaubet et Henri Abadie chez Fagor. Naturellement, il se tourne vers les 3 occitans pour créer une écurie professionnelle en engageant au passage Patrice Esnault ou encore Laurent Biondi qui deviendra ensuite son directeur sportif adjoint
Robert Forest est le leader naturel de cette formation. Il sera un électron libre.
Robert Forest comme à chacun de ses passages dans des nouvelles équipes ne manque pas de rendre la confiance qui lui a été accordée.
En 1992, il remporte la 2 ème étape du Circuit de la Sarthe.
Au terme des 5 étapes qui composent le Tour du Vaucluse, Robert Forest écrit la plus belle page de sa nouvelle équipe en remportant le classement général du Tour du Vaucluse 1992.
Il est un des favoris de la Classique des Alpes 1992 dont il se classera 17 ème.
A l’issue de cette épreuve, il prend la route  pour regagner Saint-Alban (31). A quelques kilomètres de son domicile, certainement fatigué par les efforts de la journée et par le long trajet, le véhicule sort de la route. Robert Forest est très grièvement blessé. Sa vie ne tient qu’à un fil.
Les rumeurs les plus sombres concernant sa santé circulent, et le peloton français, les journalistes, les organisateurs, ses supporters  sont très  inquiets.
 Après plusieurs mois de convalescence, Robert Forest sort de son coma  et  retrouve peu à peu l’usage de ses membres… Il ne reprendra pas la compétition cycliste, mais gagnera sa plus belle épreuve, remportant la bataille pour la vie.
En 1993, toujours sous contrat avec son équipe, et alors qu’il lui sera impossible de recourir, Robert Forest est conservé dans l’effectif. 

Robert Forest : Un homme fidèle, généreux et engagé.
Robert Forest au milieu de ses amis cyclistes. De gauche à droite Francis Dupouey, Michel Frédrigo, Robert Forest, Jean-Marie Valade,Daniel Barjolin, Michel et Serge Perin, Christian Fauré.
Pendant le Tour de France 2003, Martin Malvy président de la Région Midi-Pyrénées, remettait à Robert Forest dans les locaux du conseil régional en présence de Bernard Thévenet, Bernard Hinault, Gilbert Duclos-Lassale, Christophe Capelle et Laurent Jalabert, le Trophée d’Or.
Ce trophée vient honorer et récompenser l’engagement de l’homme et du sportif, au bénéfice de l’association « un maillot pour la vie », dont il est un des parrains. Il n’est pas rare de voir Robert Forest aux cotés des enfants malades dans les Hôpitaux toulousains  de Purpan et de Rangueil, mettant sa notoriété au service des personnes en souffrance.
Robert Forest n’aura connu qu’un seul club, le Saint Alban Omnisports dont il est encore un membre actif.

Ses équipes 

Tour de France

4 participations

Tour d’Italie

3 participations

  • 1987 : 28e, vainqueur de la 11e étape
  • 1989 : 52e
  • 1992 : abandon (12e étape)

Tour d’Espagne

1 participation


Le Borgne 

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