#Rugby – Fed1 / Renaud Gourdon (Dijon): « Il y a encore beaucoup de route et le chemin est long. »

Crédit photo Charente Libre
LC: Renaud tu nous as fait trembler au mois de mai pendant 150 minutes avec ses vaillants bourguignons du Stade Dijonnais. Renaud, on s’était quittés à l’issue de cette qualification du SCA face au Stade Dijonnais. Un match qui avait été un des plus enlevés des play-off de Fédérale 1. J’imagine que, pour toi, il y a eu un moment un peu où il a fallu décompresser et passer à autre chose parce-que vous avez fait une saison extraordinaire. On voyait qu’il ne manquait pas grand chose pour que vous passiez un cap au dessus. Mais, j’imagine aussi que maintenant, vous êtes lancés vers cette saison 2019-2020 qui laisse de belles perspectives pour le Stade Dijonnais ? 
RG: Tout à fait, il a fallu basculer donc, ça s’est fait tranquillement. Comme tu le dis, on a réalisé une très bonne saison, une excellente saison. Il a pas fallu grand-chose mais on est tombés aussi sur une très bonne équipe d’Albi, qui a su se montrer réaliste dans les derniers instants à domicile. On a vu d’ailleurs qu’elle a fait une très jolie fin de parcours et qu’elle aurait peut-mérité d’aller un peu plus loin. D’un autre côté, on continue à travailler sur les mêmes bases que la saison précédente. Puis, on a déjà basculé bien évidemment sur la nouvelle saison avec forcément des objectifs qu’on voudra un peu plus ambitieux que la saison passée. 
LC: Comme on dit, l’appétit vient en mangeant
RG: C’est ça. Si, la saison passée, on n’avait pas forcément prévu de nous retrouver dans la cour des grands, on a essayé de rivaliser et maintenant, l’objectif, ce sera aussi d’essayer de les battre. Donc, on va travailler dans ce sens-là. 
LC: Et par rapport à la saison passée, si il y avait des petits détails à changer sur cette fin de saison en play-off, il y a des choses que tu changerais ou alors tu resignes pour quelque chose d’identique ? 
RG: Si on arrive déjà à réaliser la même saison, ce sera déjà bien. Maintenant, il faut amener cette expérience qu’on a eu, même si elle a été courte, en play-off. Elle nous a permis de nous rendre compte un petit peu du chemin qu’il reste à parcourir, notamment sur la gestion des temps forts et des temps faibles. Sur la capacité aussi à maîtriser certaines situations, à se montrer moins fébriles. Voilà, il y a pas mal de petits secteurs sur lesquels on doit travailler et nous améliorer mais on va s’atteler à ça durant la saison régulière, tranquillement. On sait aujourd’hui où on pêche et on va essayer de combler ces petits déficits pour essayer d’aller un petit peu plus loin que cette saison. 
LC: Pour toi, en tant que manager, le mois de juin, c’est le mois des vacances mais pas que, parce qu’il y a le mercato et il y a eu du mouvement au Stade Dijonnais. 16 arrivées, 14 départs, il y a eu un petit brassage qui s’est fait, un renouvellement d’effectif. Comment as tu géré ce moment crucial pour cette saison 2019-2020 ? 
RG: Plus précisément, c’était 15 arrivées pour 13 départs. Il y avait bien sûr les départs qu’on avait prévus et puis ceux qu’on avait un peu moins prévus. Donc, on a quand même perdu quelques garçons sur des postes clé. On perd notre charnière et deux finisseurs qui partent en Pro D2 donc ce sont des garçons qu’il va falloir remplacer. On a essayé de le faire en ramenant des garçons qui vont essayer de nous amener une valeur ajoutée à ce collectif. Le meilleur recrutement, c’est essayer de garder un maximum de garçons, c’est ce qu’on s’est attelés d’abord à faire. Ensuite, il y en a d’autres qui sont partis sous d’autres cieux. On aurait bien aimé garder les 4 joueurs, j’ai envie de dire, un peu clé de l’effectif. 
LC: Jules Soulan entre autres ?
RG: Oui, Jules qui était avec nous depuis deux saisons, Thibaut Dufau qui nous avait rejoint de Perpignan qui est reparti, le petit ailier Thomas Guigon qui est parti aussi du côté d’Aix-en-Provence qui était un de nos meilleurs marqueurs d’essais et Quentin Pilet que j’avais récupéré de Soyaux-Angoulême et qui aussi va voler sous d’autres cieux à Vannes. Voilà, ce sont des garçons qui étaient importants dans notre effectif. Maintenant, c’est le sport professionnel, on sait que ça peut se passer comme ça. Moi, je suis très content s’ils arrivent à rebondir sur le niveau supérieur. Nous, de notre côté, on va continuer notre bonhomme de chemin pour éviter que, justement la saison prochaine, il y ait cette hémorragie. Pour cela, il va falloir répondre sur la saison. Après, du côté du recrutement, on a essayé d’aller chercher des garçons qui, aujourd’hui, nous permettraient de combler un certain déficit qui peut être de densité, qui peut être d’expérience, qui peut être de profondeur de banc. Je pense que l’on a globalement réussi le recrutement que l’on souhaitait. 
LC: Il y a quelques petits paris dans ce recrutement ? Je pense au jeune Lagarde, qui est très, très performant à 7 et qui a envie de montrer qu’à 15, il laisse pas sa part au chien. C’est un petit pari mais, s’il est réussi, ça pourrait faire banco ? 
RG: Oui mais on en prend beaucoup des paris depuis trois saisons sur des garçons Je rappelle que Jules Soulan, avant de signer à Colomiers, avait 20 minutes de temps de jeu à Agen. Depuis deux ans, il ne jouait pas, c’est devenu un des meilleurs buteurs de Fédérale 1. Un garçon qui s’est affirmé en Fédérale 1 également, le petit Thomas Guigon a débuté à Dijon en équipe première. Le petit Dufau, qui est parti à Aix, ne jouait pas à Perpignan. Il était N°3 mais n’avait pas de temps de jeu. On prend des paris sur la jeunesse mais aussi sur des potentiels et on va continuer de le faire. D’abord, parce qu’on n’avait pas les moyens des grosses écuries d’aller chercher des joueurs confirmés et qu’aujourd’hui, c’est notre façon de faire. On est plus des formateurs, des bâtisseurs plutôt que d’aller chercher des garçons, même si on en a pris deux ou trois, des garçons qui ont déjà une grosse expérience. Mais je vois que ça s’arme fort, notamment les derniers jours, avec les arrivées de Smith sur Narbonne entre autres, les arrivées des garçons qui viennent chez vous, comme Benjamin Petre je crois. Ce sont des garçons qui ont de grosses expériences et qui forcément, vont élever le niveau du championnat de Fédérale 1. C’est très bien parce qu’on se rend compte que c’est un championnat qui devient très attractif. Il l’était déjà, ça va l’être encore un peu plus et encore un peu plus relevé donc, c’est que du bonheur. 
LC: On est en route vers une Pro D3 quasiment ? 
RG: Oui, c’est une Pro D3 qui est masquée mais elle existe. Aujourd’hui, si elle n’existe pas, c’est parce que la ligue n’en veut pas mais pourquoi elle n’existerait pas demain ? Ca fait partie des sujets de conversations qui font débat tous les ans. 
LC: Ca ferraille sec dans les rucks à la Fédé quand on parle de ce sujet d’habitude ?
RG: Oui, après, je sais pas ce qu’il en sera demain. Aujourd’hui, on sait qu’il va y avoir encore 10 à 12 équipes, peut-être 15, qui vont ferrailler pour une montée en Pro D2. Pourquoi ces 10 à 12 équipes demain, ne formeraient pas un championnat ? Si ce n’est pas Dijon, ça en sera une autre. Il n’y en aura pas 50 mais il y a toujours 10 à 12 équipes qui sont capables aujourd’hui de jouer du très haut niveau en Fédérale 1 comme on a pu le voir sur les matches de phases finales. Et je pense qu’elles ont encore un peu plus le niveau. 
LC: Et puis cette année, il n’y a pas ces deux gros mastodontes qu’étaient Rouen et le VRDR, qui plombaient un peu l’équité sportive puisqu’ils avaient des budgets colossaux. Là, il y a un pack ramassé d’une douzaine, dizaine d’équipes. Il risque d’y avoir des play-off en Jean Prat et même en Du Manoir qui vont être très, très intéressants ? 
RG: Oui, je le pense aussi. L’an dernier, il y a avait deux équipes avec des budgets qui étaient déséquilibrés mais c’est comme ça. Aujourd’hui, ces deux équipes sont montées ce qui semble, malheureusement, dans la logique des choses. Mais, le championnat cette année va vraiment être ouvert parce-que les écuries tournent, j’ai envie de dire, autour de 1M, 1,5M, 2M, 2,5M. Il n’y aura pas des équipes à 4M, 5M et donc du coup, on va retrouver malgré tout des effectifs qui seront sensiblement identiques même si il y a quelques écuries je l’ai dit, comme Narbonne, qui se sont équipées très cher. 
LC: Et dans la poule de Dijon, car on a vu que les poules sont sorties il y a quasiment deux semaines, comment tu la juges et qui seront pour toi les forces en présence pour le Jean Prat ? 
RG: La juger avant, ça serait dénigrer les équipes. Je me rends compte juste que, tous les ans, on dit :  » Il y a des poules fortes, il y a des poules un peu plus faibles « . Je pense que, pour moi, la poule qui va être la plus complexe, c’est la poule où il va y avoir Bourgoin, Bourg-en-Bresse, Hyères-Carqueiranne, Nice, Narbonne. Là, je pense que c’est une poule qui va ferrailler toute la saison et ça va pas être simple. De notre côté, on a  une poule qui est assez ouverte avec 3 ou 4 promus, ce qui est rare d’ailleurs. Maintenant, ce sont des équipes qui sont sur une certaine dynamique positive de Fédérale 2. Il y a des équipes aujourd’hui comme malgré tout Mâcon qui est champion de France en Du Manoir dans notre poule. Une équipe comme Chambéry qui fait toujours partie des meilleures et qui, cette année, ne partira pas avec -8 points et sera donc encore très dangereuse. Bien évidemment, une équipe comme Massy qui descend de Pro D2 va faire partie des meilleures. J’en oublie certaines mais j’espère qu’avec Dijon, on sera en capacité de se hisser sur le haut du tableau. En tous cas, on va travailler dans ce sens. 
LC: Pour finir, on va re-basculer sur le présent. On sait que vous êtes en stage de préparation aux Ménuires. Hier, on a vu qu’il y a eu une mission commando organisée par le Stade Dijonnais. On a la chance d’avoir en studio notre consultant Romain Brunot, qui est notre meilleur espion du Stade Dijonnais puisqu’il fait sa faculté à Dijon donc des fois, il vient jeter quelques yeux à Bourillot pour nous donner les bonnes infos. Mais, à la vie civile, il est préparateur mental, il a peut-être une question à te poser par rapport à ce stage commando. Qu’est ce que ça peut amener et où tu comptes emmener tes hommes ? Romain ?
Monsieur Gourdon, Loïc m’a parlé de ce stage commando. Pour aller un peu loin, parce qu’on sait les vertus justement de ce genre d’expérience, c’est par rapport au suivi annuel. Qu’est ce que vous établissez au niveau de la cohésion, que ce soit la cohésion plutôt sociale ou de la cohésion opératoire ou au niveau de la performance effective des joueurs ? Voilà, qu’est ce qu’il y a un programme sur l’année qui est mis en place à ce niveau là ? 
RG: D’abord, je remets en place, ce n’était pas un stage commando. Il y a eu une journée un peu particulière, ce qu’on appelle une journée un peu spartiate donc ce que vous avez pu voir sur les réseaux sociaux avec du transport de rondins de bois, des parcours un peu combattants à passer. Mais ça, c’est sur une journée. Le stage, c’était d’abord pour nous un stage de cohésion. Il faut digérer l’arrivée de 15 nouveaux garçons et il est important qu’on parle vite ensemble du même discours et qu’on se retrouve très vite sur des valeurs qu’on souhaite communes. Et pour ça, la meilleure des façons, c’est d’apprendre à se connaître et de se connaître dans un contexte qui n’est pas forcément le contexte du stade. Donc, ça fait trois ans qu’on vient aux Ménuires grâce à notre président qui est du coin et qui connaît parfaitement la station. C’est un stage de cohésion qui est varié en terme d’activités et qui nous permet d’apprendre à nous découvrir, à nous connaître, à aussi découvrir des garçons dans des secteurs où ils ne sont pas forcément à l’aise. Ca peut être une ?, ça peut être du ?, ça peut être une rando en montagne, une nuit à la belle étoile, et ça l’est aussi, une grosse soirée avec une bonne bringue. Ca peut être pas mal de petites choses sur lesquelles moi je suis partisan. Et puis ensuite, on va se mettre dès lundi prochain au rugby mais on aura commencé déjà à tisser des liens ensemble, collectif, sur des activités qui nous ont rapprochés je pense. 
LC: Il y avait une image hier sur les réseaux sociaux qui était assez frappante, éloquente. C’est le siège de rondins de bois où on voyait deux molosses en train de scier un rondin de bois et toi, juché sur le rondin de bois, en train de les motiver, en train de les galvaniser. Là, on voyait que le patriarche était de retour. 
RG: Là, il fallait surtout maintenir le rondin de bois donc je me suis mis dessus. Franchement, ce stage est une réussite, on termine ce soir et on rentre demain. Aujourd’hui, c’est la journée un peu plus décontract j’ai envie de dire. Mais voilà, je suis très content d’avoir partagé ça avec mes joueurs et avec les nouveaux et puis, je sens déjà que le ciment commence à prendre. Rien n’est gagné mais on est sur la bonne voie. 
LC: On va te souhaiter qu’une chose, c’est qu’on se rencontre qu’en finale de Jean-Prat, entre Albigeois et Dijonnais. Ca voudra dire que les deux équipes montent main dans la main en Pro D2 et que bourguignons et tarnais pourront faire une belle fête à l’issue de cette saison 2019-2020 qu’on souhaite la plus radieuse au Stade Dijonnais et au SCA. 
RG: Bonne chance aux Albigeois, bonne saison à eux. Puis, de notre côté, on va essayer comme tu le dis de donner le meilleur et si on pouvait se retrouver en finale, ce serait juste magique. 
LC: Le pari est lancé, on verra à la fin de la saison. Comme on dit, c’est à la fin du bal qu’on paie les musiciens, on fera les comptes à la fin. 
RG: Exactement. Il y a encore beaucoup de route et le chemin est long. 

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