#Cyclisme – TDF / Alain Rey : « Chaque fois que le tour passe à Albi, il se passe quelque chose. »

Entretien avec Alain Rey un des grands passionnés de la petite reine et de la ville d’Albi évidemment.
Alain Reye, tu es le speaker officiel du SCA, du Rodez Aveyron Football, du motocross de Castelnau de Lévis, du circuit d’Albi et même des animations organisées par la ville d’Albi. En clair, tu es l’homme orchestre du sport albigeois. Alors Alain, on sait qu’en plus d’être un speaker, tu es un passionné invétéré de sport. Qu’on te parle de Formule 1, de motocross, de rugby à XIII, de rugby à XV ou de vélo, tu es incollable. Certains à Albi t’appellent la machine en référence à ta mémoire et à ta culture G sportive innommable parce-que c’est vraiment quelque chose qui est ancré en toi, une vraie passion pour le sport en général. Tu as même limite un musée à domicile où tu conserves des archives de presse ou des archives en tous genres. Alain, on va essayer aujourd’hui de parler avec toi de sport, surtout de cyclisme et de ce Tour de France qui s’annonce à Albi. Déjà, avant de partir sur le Tour de France, une petite présentation sur ta passion. Comment est née cette passion du sport qui est invétérée ? 
Déjà, merci Loïc de m’accueillir dans ton média . C’est toujours un plaisir, tu le sais. Cette passion du sport, c’est depuis tout petit. J’ai la chance d’avoir une mémoire énorme et de me rappeler tout ce que je fais, quasiment jour après jour depuis que j’ai 3 ans 1/2, 4 ans. Donc, voilà, je n’ai pas de mérite, ça aide fortement c’est sûr. C’est facile dans ces conditions là de mémoriser et de pouvoir relater 3 à 4 décennies après, voire 5, des évènements qui se sont passés. C’est vrai que je suis passionné par tout un tas de sports, par la vie en général et par 5, 6 disciplines phares que sont le rugby, le rugby à XIII, la moto, le motocross, la Formule 1 et le vélo bien entendu. Le vélo avec ce tour de France que la ville d’Albi va accueillir durant trois jours. 
Tu parles pas du foot, mais même le foot, tu y tâtes. 
Si pardon, je savais que j’oubliais une discipline bien sûr. 
Surtout que tu as un fiston qui a un certain niveau en foot
Voilà. Le plus petit de mes deux garçons, enfin celui qui fait quand même 1m87, plus petit par l’âge mais grand par la taille et quelque part un peu par le talent aussi, évolue en équipe 1 à l’US Albi. Voilà, j’ai oublié le football, une de mes passions aussi puisque j’ai conservé comme tu disais les premiers magazines de Onze avant que ça ne devienne Onze Mondial.

Ca, c’est collector

C’est sorti en 1976, pendant l’épopée des verts avec Curkovic, Piazza, Rocheteau, Larqué, Synaeghel, Sarramagna. 
Allez, on va basculer sur notre sujet du jour, car ça va être la grande fête du vélo en terre albigeoise. Pour toi qui est un grand amoureux de la ville d’Albi, ça doit te ravir parce que le tour de France va arriver dans notre belle ville, le 15 Juillet en provenance de St Flour. Il y aura une journée de repos aux pieds de la Cathédrale ce qui va permettre à tous les médias de France, de Navarre et du monde entier de faire un grand focus sur la cité épiscopale et le segala . Et le lendemain, il y aura une étape magnifique qui va partir d’Albi en sillonnant par Castelnau,les côteaux et les vignobles gaillacois et le Cordais, puisque ça remontera par Cestayrols , Noailles, Cordes, Bruniquel, Larroque, Castelnau de Montmiral, Gaillac, Lavaur pour aller basculer après à Toulouse, direction la capitale d’Occitanie. Donc, trois jours en terres albigeoises et en terres tarnaises. Pour Albi, c’est une aubaine, tant médiatique que sportive, ça pourra aussi mettre en avant toute la richesse du vélo albigeois. Je pense à Albi Vélo Sport, à l’Occitan Cyclisme Formation et à bien d’autres clubs qui font le vivier du vélo tarnais. Mais, l’histoire du vélo, d’Albi et du Tour de France n’est pas d’aujourd’hui. C’est une longue histoire Alain ? 
Oui, tout à fait puisqu’Albi a accueilli le tour pour la première fois en 1953. Bon là, j’étais pas né les 3 ou 4 premières années. 
Je comprends bien
Mais, cette histoire est tellement belle qu’il faut souligner que, chaque fois que le tour passe à Albi, il se passe quelque chose. En 1953 donc, c’est la première des 22 victoires d’André Darrigade, celui qu’on surnommait  » le lévrier des Landes  » et qui vient d »ailleurs de fêter ses 90 ans en avril dernier. Notre ancien André Darrigade qui sera champion du monde quatre ans plus tard et qui reste toujours considéré comme un des plus grands routiers sprinters de tous les temps. Darrigade qui terminera 2e une nouvelle fois à Albi deux ans plus tard en 1955, avec le maillot tricolore sur les épaules, au cours de l’étape Millau-Albi remportée en solitaires, avec plus de 20 minutes d’avance, par le néerlandais Daan De Groot. Donc, voilà pour les deux premières étapes d’Albi. 
Alors, ce sont deux premières que tu n’as pas vécu mais on connaît ta passion, tu as un peu recherché ce qu’il s’est passé. Il y a d’autres anecdotes par rapport à ces deux premières étapes qui se sont passées ? Des abandons, des faits de course ? 
Non, non, sans plus. On retrouvera les coureurs à l’aube de l’année 60, en 1959 au cours de l’étape Saint-Gaudens/Albi et là, victoire du suisse Rolf Graf avec le lendemain, les coureurs qui rejoignent Aurillac avec un français qui va s’imposer dans le chef-lieu du département du Cantal, c’est Henry Anglade qui terminera 2e à Paris en 1959, derrière Federico Bahamontes surnommé à l’époque  » l’aigle de Tolède « . L’espagnol qu’on retrouvera deux autres fois sur le podium final à Paris en 63 et 64 derrière Anquetil et Poulidor. 
Et qui pendant longtemps, avant que Richard Virenque ne le détrône, était le recordman du maillot à pois
C’est ça, tout à fait. C’était un très, très grand grimpeur Federico Bahamontes, le roi de la montagne avant l’avènement, avant même Richard Virenque, de l’éclosion de Lucien Van Impe. Qui lui a décroché le maillot à pois avant notre français. 

Après, dans les années 60, il va y avoir des étapes mythiques du tour de France qui vont arriver à Albi avec des évènements qui ont marqué la légende du tour. 

Oui, tout à fait. Il faut savoir que les trois prochaines arrivées d’Albi, en 1968, 71 et 75, vont se dérouler sur le circuit d’Albi, sur le circuit du Séquestre. 

Un circuit qui était naissant à l’époque, qui venait juste d’ouvrir ses portes. 

Qui avait cinq ans et tu as raison de le rappeler, en 1968, cette première arrivée du Tour de France sur le circuit du Séquestre, elle est chargée d’émotions parce que, quelques mois auparavant, sur la ligne de départ de ce grand prix d’Albi voitures, on retrouve en première ligne notamment, Jackie Stewart, Jim Clarke, Jochen Rindt. Ca, ça fait six titres de champion du monde de Formule 1. 

Et le papa de Damon Hill aussi

Oui, et en seconde ligne, on retrouve Jack Brabham, Denny Hulme, Graham Hill comme tu le dis, John Surtees, Clay Regazzoni, Piers Courage. Excuse moi du peu. 

Un parterre de stars

C’est exactement comme si aujourd’hui, on se retrouvait avec Hamilton, Button, Vettel, Raïkonnen, Leclerc, Verstappen, 

Ca aurait de la gueule

C’est vraiment énorme de pouvoir se remémorer et savoir cette richesse au niveau du sport qu’a pu procurer à tous les gens de la région.

C’est une histoire comme on m’a raconté depuis tout petit. Mon père ayant à peu près ton âge, il avait une dizaine d’années quand il y a eu cette course et il en garde des souvenirs impérissables d’avoir vu ce parterre de stars à Albi. C’était quasiment inimaginable pour beaucoup d’entre nous même si Fangio était venu faire un petit tout aux Planques, à l’ancien circuit, au circuit des Planques qui a eu sa part de légende avec un circuit urbain assez réputé. 

Tout à fait. Et donc, pour en revenir au vélo et à 1968, c’est le vainqueur de l’édition précédente, Roger Pingeon qui s’impose sur le circuit d’Albi. Je crois qu’il devance Walter Godefroot, le sprinter belge. 

Oui, qui après, a été le directeur sportif de la Telekom de Jan Ulrich dans les années 90-2000

C’est ça. Et cette étape, bien évidemment, elle est marquée par un drame puisque le grandissime favori du tour en 1968 n’est autre que Raymond Poulidor qui est âgé de 32 ans en 68 puisqu’il est né en 36. Raymond Poulidor qui est donc archi-favori et qui malheureusement, est renversé par une moto de presse entre Graulhet et Gaillac. Raymond Poulidor qui va finir cette étape très attardé avec fracture du nez, des ecchymoses sur tout le corps, tuméfié. Il prendra néanmoins le départ de l’étape le lendemain matin vers Aurillac. 

Après une nuit tumultueuse parce qu’il a énormément souffert. Il était à l’Hostellerie Saint-Antoine et il a énormément souffert et il a failli ne pas prendre le départ même. 

C’est ça. Malgré tout, il enfourche son vélo le lendemain direction Aurillac et là, malheureusement, à l’issue de cette étape Albi/Aurillac, il est contraint à l’abandon à l’hôtel où il loge avec son équipe, un hôtel, ça ne s’improvise pas, qui s’appelle  » Le Terminus « . Voilà pour cette année 68.

Une année qui restera dans la légende du Tour de France parce qu’on voit tous cette image de Raymond Poulidor arrivant sur le circuit d’Albi avec la tête ensanglantée, avec du sang caillé sur la joue. Ce sont des images qui frappent, qui ont crées la légende des forçats de la route. 
Tout à fait. Ca nous rappelle Bernard Hinault à Saint-Etienne en 1985 je crois, renversé dans des barrières à quelques centaines de mètres de l’arrivée. Et, pour ce qui est de la deuxième arrivée au circuit du Séquestre, c’est le dimanche 11 Juillet 1971. Il doit faire 39,5° au thermomètre, chaleur étouffante donc et l’ambiance, elle est électrique puisqu’Eddy Merckx a été dépossédé de son maillot jaune 48h auparavant par Luis Ocana dans l’étape Grenoble/Orcières-Merlette. Il accuse un retard de7’34 » à Albi. La veille, dans l’étape Orcières-Merlette/Marseille, il va livrer un effort surhumain pour ne reprendre qu’1’26 » à l’espagnol. Un effort qui verra les coureurs arrivés bien en avance de l’horaire programmée et avec une équipe espagnole KAS qui sera repêchée par Jacques Goddet et Félix Lévitan. Tout ça pour revenir au chrono d’Albi où Eddy Merckx ne va reprendre que 11 petites secondes à Luis Ocana. Là, c’est à l’arrivée où l’ambiance devient de plus en plus électrique en dehors de la température extérieure qui est étouffante. 

Une arrivée que tu as vécu, celle-là

Oh oui, oui, là j’étais au circuit. Et Eddy Merckx va porter une double réclamation. Il va voir Jacques Goddet et Félix Lévitan. Il ne comprend pas comment on a repêché l’équipe KAS. Je crois que, dans cette équipe de mémoire, il y a José-Manuel Fuente, Lopez-Carril. Donc, c’est une équipe espagnole qu’il soupçonne fortement d’aider, de collaborer avec l’équipe BIC dont le leader n’est autre que Luis Ocana. Il va également porter une réclamation en accusant le leader espagnol et le porteur du maillot jaune Luis Ocana de s’être abrité derrière des voitures de l’ORTF. Il va même menacer les organisateurs de quitter le Tour de France en ce dimanche 11 Juillet 1971. Malheureusement, vous le savez tous, Luis Ocana va perdre son maillot jaune dans des conditions tragiques.
Dans le col de Menté!
Voilà, dans le col de Menté deux jours après ou le lendemain même
Le lendemain
Je crois que c’est le 12, oui, c’est ça. Luis Ocana est victime d’une terrible chute où, lorsque les premiers médecins arrivent sur les lieux, ça fait penser à la chute dont a été victime quelques années plus tôt le français Roger Rivière dans le col du Perjuret. On craindra le pire pour Luis Ocana qui, heureusement, s’en tirera avec de grosses, grosses contusions mais qui néanmoins, sera contraint à l’abandon. 
Surtout que c’était dans des conditions avec de la pluie, du brouillard, un orage pyrénéen qui arrive très subit, très brutal. 
Il faisait nuit à 16h. L’après-midi, il faisait nuit quasiment. Et voilà, cette chute qui a emporté Luis Ocana dans le ravin et l’a contraint à l’abandon. 
Puis, ce qui fait marcher aussi la légende, c’est qu’il n’y a jamais eu trop d’images. Il y a des bribes d’images et donc une narration qui est un peu diverse et touffue. Certains disent qu’il est d’abord tombé puis s’est relevé et a été re-percuté par un autre coureur puis un autre est venu s’enchevêtrer dessus. Personne n’a jamais su le décrire précisément. C’est assez obscur et ça fait partie de la légende de se dire  » Comment ça s’est passé, qu’est ce qui s’est vraiment passé ? « . Certains disent qu’Eddy Merckx, entre autres, l’a percuté, sans faire exprès bien sûr, aucune cause d’intentionnalité mais ça crée aussi ce mythe qu’il y a autour de la chute de Luis Ocana et qui lui a valu d’avoir une plaque magnifique dans le col de Menté. Tous les gens qui passent dans le col de Menté, quand vous passez dans le sens en arrivant de Saint-Béat pour remonter vers le col de Menté, vous avez une plaque dans l’un des derniers virages en bas, parce qu’il était pas loin. Il était à 2, 3 km de la fin du col de Menté. Surtout qu’après s’annonçait le portillon, un petit crochet par Saint-Béat, Lez, l’Espagne et le portillon avec tous les afficionados espagnols qui, passez-moi l’expression, allaient  » le pousser au cul « . Il y a avait de grandes chances que Luis Ocana finisse de gagner son tour de France ce jour-là. 
Cette année là, il était imbattable. D’ailleurs, une nouvelle fois, 48h après Albi ou le lendemain, pardon, après Albi, Eddy Merckx dit avec beaucoup de loyauté  » J’ai perdu ce tour de France, ce n’est pas moi qui l’ai gagné « 
Il n’a pas voulu porter le maillot jaune je crois le lendemain
Au départ de l’étape, il n’endosse pas le maillot jaune qui lui revient bien évidemment puisqu’il est alors second au classement général. Voilà pour cette anecdote de 1971. On a fait un petit crochet bien sûr sur l’étape qui a suivi celle d’Albi. 
On ne pouvait pas ne pas le faire Alain, ce crochet sur l’étape du Col de Menté
Tout à fait. Et ceci pour se retrouver quatre ans plus tard, en 1975, toujours sur le circuit, dernière arrivée sur le circuit du Séquestre où c’est le futur champion du monde néerlandais de chez GAN je crois, Gerrie Knetemann qui l’emporte au sprint devant l’italien Giovanni Calvacanti. Et le lendemain, les Albigeois peuvent voir, ils sont plus accessibles bien évidemment qu’aujourd’hui, il n’y avait pas ce village de départ. D’ailleurs les coureurs partent de très bonne heure, je crois qu’ils sont partis à 8h30 le matin. 
Ah oui, quand même. Au chant du coq. 
Voilà, presque. On a pu voir, enfin moi personnellement j’y suis allé, et j’ai pu voir de près Gimondi, Poulidor, Thévenet, les frères Santy, Van Impe qui m’a donné une carte postale de l’équipe Gitane-Campagnolo que je conserve bien évidemment. 
Dans ton musée?
Voilà, c’est ça, où on voit d’ailleurs les stagiaires dont un qui n’a que 21 ans à l’époque et qui s’appelle Bernard Hinault, avec les cinq tours de France qu’il remportera bien sûr par la suite. Et voilà, les coureurs partent par la rue Mariès, moi, je suis allé me positionner sur les marches du cloître Saint-Salvi. Et là, j’ai le souvenir d’Eddy Merckx, entouré par ses coéquipiers de la Molteni qui partent en direction du Super Lioran. Eddy Merckx qui porte pour l’avant-dernier jour ce maillot jaune qu’il aura porté, je crois, durant 96 journées de mémoire, et qui en sera dépossédé le surlendemain dans l’étape Nice/Pra-Lou par le français de la formation Peugeot, Bernard Thévenet. Voilà pour l’arrivée de 1975. 
C’est la fameuse édition où Eddy Merckx prend le coup de poing dans le foie ? 
C’est ça. Eddy Merckx que tout le monde insulte, que tout le monde va charrier. C’est un peu les dérives du sport malheureusement que l’on connaît. Comme a subi Bernard Hinault en Italie. 
Ou Chris Froome actuellement qui est très décrié. Il fera pas le Tour de France mais il est très décrié par les passionnés de vélo parce-qu’il est un peu trop hégémonique. Lance Armstrong a connu la même chose, Indurain a connu la même chose et même  » le grand Jacques « ,  » Maître Jacques « , Monsieur Anquetil a subi les mêmes quolibets
C’est ça. Voilà pour le Tour à Albi au circuit. Le Tour qui revient dans le Tarn en 1991. 
Alors là, je vais faire une parenthèse. Moi, c’est mon premier tour que j’ai vécu en 91. Il partait d’Albi. Il était arrivé à Castres, si je me rappelle bien, la veille et il partait d’Albi le lendemain. Je l’avais vécu, je m’étais placé à Ambialet, juste avant le tunnel d’Ambialet. Je l’avais vécu avec mon père et mon grand-père, j’avais 6 ans, et ce sont les premières images que j’ai du Tour de France en réalité où moi, je ne guettais qu’un homme, qu’un coureur, c’était Claudio Chiappucci qui était mon idole d’enfance et de jeunesse. 
Donc 91, comme tu le dis, avec l’arrivée à Castres la veille et Bruno Cenghialta qui l’emporte. Et le lendemain, les coureurs partent vers Alès où, à Alès, c’est Moreno Argentin qui va s’imposer. Et à nouveau, le Tour à Albi trois ans plus tard, avec une arrivée en 1994 sur le Vigan avec l’arrivée victorieuse de Bjarne Riis, leader de la formation Gewiss qui remportera le tour deux ans plus tard mais qu’on ne reconnaîtra pas puisqu’il a perdu entre temps les cheveux. 
Les cheveux et puis un taux d’hématocrites qui a enflé du double, on va dire. 
Voilà, quelque chose s’est passé. On comprend pas trop mais bon, il aura eu l’honnêteté d’avouer s’être chargé et on ne lui a pas enlevé sa victoire officiellement. 
Alors moi, ce tour 1994, j’étais sur Lice-Pompidou à l’arrivée, arrivée qui se jouait devant l’ancien Conseil Général, actuel Conseil Départemental et devant les grilles du Préfet du Tarn. La ligne d’arrivée était juchée là. Il y avait deux choses qui étaient connexes autour, enfin qui faisaient partie des anecdotes qui se murmuraient dans tout Albi. Déjà, la déception des Albigeois et des Tarnais d’avoir vu Laurent Jalabert chuter gravement et lourdement à Armentières, dans le début de l’épreuve et donc abandonner. Tout le monde se faisait une joie de voir arriver Laurent Jalabert dans son département mais il n’a pas eu le loisir de pouvoir le faire. Et puis, le matin même, il y avait un grand favori qui avait abandonné. C’était un de mes chouchous avec Claudio Chiappucci, Tony Rominger avait du abandonner et qui, l’année d’avant, avait fini second du Tour de France, derrière Miguel Hindurain. 
C’est ça, Tony Rominger, il abandonne aux alentours de 15h exactement, dans les vignobles gaillacois. Et cette étape, elle est marquée également par la mésentente des coureurs de l’équipe Festina. Parce-que, cette équipe, elle est composée d’Alex Zulle (NDLR ONCE) avec l’autre suisse Laurent Dufaux (Ndlr ONCE). Cette équipe, elle est composée de grands noms du cyclisme puisqu’il y a Luc Leblanc notamment qui sera champion du monde deux mois plus tard. Il y a également Laurent Brochard (NDLR CASTORAMA) qui sera champion du monde en 97 et il y a celui que vous connaissez tous et toutes, Richard Virenque qui s’est illustré après dans la montagne. Il y a aussi celui qui a porté le maillot jaune pendant 10, 11 jours, dans ce Tour de France deux ans auparavant, en 1992, c’est Pascal Lino. Et Pascal Lino est longtemps 5e de ce tour et il y a une mésentente entre Luc Leblanc, Virenque, Lino, ça va laisser quelques traces. Rien à voir certainement avec l’équipe Festina qui fera la une quatre ans plus tard en 1998, dans ce qu’on a appelé bien évidemment  » L’affaire Festina  » avec son directeur sportif Bruno Roussel et son médecin Willy Voet qui ont été entendus par la police à cause de produits stupéfiants et des anabolisants pris par les coureurs et bien évidemment, le retrait immédiat de la course de tous les coureurs de cette équipe Festina à l’époque. 
Enfin, c’était un procédé généralisé mais Festina ont été les premiers à être prit. Ce sont eux qui ont, on va dire, essuyer les plâtres d’un scandale qui était généralisé. Le Tour de France et le cyclisme étaient un peu gangrenés par un dopage organisé qui avait vu entre autres Bjarn Riis monter, deux ans auparavant, des pourcentages phénoménaux avec des cadences folles. On se souvient des réflexions que peuvent faire les commentateurs sur France TV où ils sont stupéfaits, où ils ne peuvent pas trop le dire parce qu’ils ont quand même un certain devoir de réserve mais c’était une période où c’était plus du vélo chimique que du vélo naturel. 
Malheureusement, oui c’est ça. Et pour revenir au Tour de France et à Albi, il y a un départ en 2005. 
Il y a avant, une arrivée aussi en 99 avec Salvatore Commesso comme vainqueur , non?
Pardon, oui, oui, oui, sur l’avenue Albert Thomas au 244 exactement, pour être encore plus précis. Oui, oui, effectivement, en 1999, c’est Salvatore Commesso qui l’emporte devant Serpellini. Les coureurs arrivent de Saint-Flour d’ailleurs et c’est l’abandon ce jour là du tarnais, d’un autre tarnais, Christophe Bassons, qui va dénoncer lui aussi le dopage et notamment les substances prises par le leader de l’époque, Lance Armstrong. Voilà, c’est le Tour de France à Albi avec de nouveau des péripéties. C’est le Tour de France à Albi. Ils avaient la mer cette année là en 99 et comme tu l’as dit, c’est la victoire de Commesso, Salvatore Commesso, le champion italien. 
Tout à fait. Alors, entre le départ de 2005 et l’arrivée de 99, il y a une étape qui ne passe pas par Albi mais qui fait Gaillac/Cap Découverte, un contre la montre aussi qui restera dans la légende. C’est la seule fois où on a cru que Lance Armstrong, malgré toutes les substances qu’il prenait, allait vaciller dans ce contre la montre qui monte au parc d’activité , Cap Découverte qui ouvrait ses portes. Sous un soleil de plomb puisque c’était la canicule 2003, l’une des canicules les plus redoutables qu’il y ait eu en France.  
Dévastratice. C’est ça, on est en 2003 et c’est l’étape Gaillac/Cap Découverte qui fait 47km, je crois bien. Et c’est la victoire de Jan Ullrich, de l’équipe Deutsche Telekom.

Je crois que c’est Bianchi cette année là?

Pardon, oui, peut-être, au temps pour moi. 
J’étais un grand fan de Jan Ullrich donc …
Oui, oui, oui, autant pour moi. Avec leur maillots bleus, oui, oui, exact. Et donc, c’est Ullrich qui l’emporte devant Lance Armstrong. Il fait une chaleur étouffante comme tu le dis et on a eu ce contre la montre dans le Tarn, avec ce chrono individuel entre Gaillac et Cap Découverte. 
Et Ullrich qui revenait à quelques dizaines de secondes d’Armstrong ce qui, à quelques jours de l’arrivée du Tour de France, a mis un suspens haletant. 
C’est ça et donc

Et donc 2005 pour c’est un départ ?

Ensuite, on se retrouve en 2005 avec l’étape Albi/Mende, donc Albi ville de départ, avec pour l’anecdote la victoire de Marcos Serrano. C’est un coureur espagnol. Je crois que le second, c’est Cédric Vasseur, dont le père Alain a fait le Tour de France dans les années 70. Et en 3e, un clin d’œil peut-être à l’histoire, c’est le fils d’Eddy Merckx, c’est Axel Merckx qui terminera 3e de cette étape. Et, on fait un petit pas en avant, vers 2007, deux ans plus tard. Là, c’est le contre la montre Albi/Albi qui passe par Villefranche d’Albigeois et Ambialet. 
Avec une série de chutes dans la descente à Ambialet
Ce contre la montre, oui, comme tu le dis. Le leader, c’est Michael Rasmussen, le danois de la Rabobank, qui va chuter à 4 reprises, notamment avant Ambialet. 
Sous une pluie battante?
Oui, la pluie se met à tomber aux alentours de 12h, 12h30. Et c’est également Andreas Klöden qui va au tapis, de la formation Astana. 
Vinokourov aussi va au tapis mais pas de la même manière
Chute à répétitions pour tout un tas de coureurs. Une étape qui est marquée par la victoire d’Alexandre Vinokourov de la formation Astana qui sera déclassé quelques heures plus tard et cette fois-ci, tous les projecteurs sont braqués sur Albi. Vinokourov est exclu à son tour du Tour de France pour dopage. 
Ah je croyais que c’était un excès d’eau claire qu’il avait fait, moi. (Rires)
Peut-être que, comme on était dans le Tarn, et qu’on a tourné à gauche à un moment donné pour aller à Ambialet, peut-être a t’il saisi une bouteille de Mont Roucous qui lui a été préjudiciable, je ne sais pas. (Rires)
Seuls les dieux du cyclisme le savent ça
Le Kazak est exclu du Tour de France. Il perd le bénéfice de l’étape qui revient à l’Australien Cadel Evans. Michael Rasmussen lui, sera déchu, contraint d’abandonner. 
A quelques jours de l’arrivée, il est déchu. 
Oui, oui, à quelques jours de l’arrivée, il est contraint de rendre les armes pour suspicion de dopage. Et, cette étape, elle est marquée également par celui qui était un petit peu le chouchou des français à l’époque, c’était Christophe Moreau, le champion de France en titre avec le maillot bleu, blanc, rouge sur les épaules, qui terminera à plus de 10 minute de Cadel Evans. Voilà pour cette étape qui, également, a fait parler d’elle puisque comme je te le disais, sur les journaux télévisés de 20h, nous avions toutes les TV du monde entier braquées sur Albi. 
Au pied de la Cathédrale Sainte Cecile qui plus est.
Comment faire une bonne pub pour la ville ? 
Ca a dû permettre de faire la promotion d’Albi et du dossier UNESCO puisque, quelques années après, Albi a été classée à l’UNESCO à juste titre. C’était une juste récompense pour notre belle ville et son beau patrimoine.
Trois ans plus tard effectivement, en 2010, le 31 Juillet si mes souvenirs sont bons, la ville était classée à l’UNESCO, patrimoine mondial pour cette très, très belle ville d’Albi que nous avons la chance d’habiter. 
Tout à fait, et donc la dernière arrivée à Albi, tu peux nous la narrer?
Et pour terminer cette histoire du Tour de France avec Albi, on se retrouve en 2013 avec une étape classique. Je crois que les coureurs partent de Montpellier et elle arrive cette étape également avenue Albert Thomas. Et c’est Peter Sagan qui l’emporte, Peter Sagan donc vainqueur à Albi en 2013. Je crois qu’il est champion du monde. Voilà, mon cher Loïc, ce résumé on va dire de l’histoire du Tour de France à Albi où il se passe toujours quelque chose. 
L’avantage avec toi, c’est que, quand tu le racontes, c’est toujours avec une passion débordante, ce qui ne gâche pas au charme de tes dires. Allez, une dernière petite question, on va faire le jeu des pronostics. Qui vois tu gagner en arrivant de Saint-Flour ? Tu nous parlais de Peter Sagan, avec la petite bosse juste avant l’arrivée qui devrait se jouer au sprint puisque c’est une étape qui a été cochée par beaucoup de sprinters. Cette arrivée à Albi, il a la gueule de l’emploi ? 
Moi, j’aimerai évidemment comme des milliers d’albigeois et d’albigeoises, assister à la victoire du local et du leader de la formation Total Direct Energie, l’albigeois Lilian Calmejane. Mais évidemment, beaucoup de coureurs ont dû cocher depuis quelques temps cette étape qui n’est pas si facile que ça parce-que, venant de Saint-Flour, à la sortie de Rodez pour enchaîner du côté de Tanus en passant non lui de l’Eder avec cette côte de l’Alaric qui est classée 3e catégorie, il peut se faire quelques petits écarts. Même si après, on est sur un faux plat descendant bien évidemment jusqu’à l’arrivée d’Albi. 
Et puis après, comme on disait en introduction, l’étape Albi-Toulouse va mettre à l’honneur le vignobles gaillacois, les côteaux du Tarn ainsi que les bastides du Cordais et des alentours. Ca va être une promotion de l’ouest du Tarn qui va être XXL, qui peut quasiment permettre à tout ce beau patrimoine qu’on a et ces bastides et ces fortins au cœur du département, a qui sait, être classé à l’UNESCO, on aimerait bien en avoir deux classé à l’UNESCO. Dans le Tarn, on est gourmands. Et puis, ça va surtout être une belle promotion de ce territoire qui est atypique et toujours plein de surprises. 
Tout à fait, surtout que la ville d’Abi va bénéficier de la journée de repos le mardi 16 juillet donc mardi prochain. Evidemment, c’est un coup de projecteurs avec tous les touristes qui seront présents qui vont profiter également de cette journée. C’est un évènement dont tout le monde rêve bien évidemment quand on aime le sport et le vélo en particulier. Avoir le Tour de France trois jours dans sa ville, c’est magique. Voilà, on y a droit, c’est franchement l’occasion également de remercier peut-être aussi bien évidemment la municipalité d’Albi  avec son maire et son premier adjoint qui entretiennent des relations privilégiées avec Christian Prudhomme, le directeur du Tour de France. 
Avec aussi le Conseil Départemental avec André Fabre, qui est un très grand proche de Christian Prudhomme et Christophe Ramond, le président, qui est un grand passionné de sport. 
Bien sûr, on associe toutes les personnalités politiques qui contribuent à la venue de cette épreuve mythique, 3e évènement planétaire dont on va pouvoir …

Tirer les bénéfices pour le territoire 
Bien sûr. Et je voudrai rajouter que j’aurai le plaisir d’animer le Fan Park qui se trouvera place Lapérouse, devant le Grand Théâtre et côté Monument aux Morts durant les 3 jours avec de nombreuses animations bien évidemment dédiées au vélo, avec des parcours et notamment un record à battre sur le circuit d’Albi où on attend plusieurs centaines de passionnés de la petite reine. 
Et un record du monde de fixie aussi qui va être tenté, 24h sur un vélo, au département, par le champion français de la discipline
C’est ça, dans le hall d’entrée du Conseil Départemental où on aura peut-être l’occasion d’assister à ce record. 
On va donner rendez-vous à tous les passionnés de vélo à Albi bien sûr pour vivre ces trois jours de Tour de France. Ceux qui veulent faire la connaissance d’un des plus grands passionnés sinon le plus grand passionné de sport c’est à dire toi, Alain, je leur donne rendez-vous au Fan Park comme tu dis. Et Alain, à très bientôt sur les ondes de Radio Albigès et les pages du #MagSport pour nous faire vivre ta passion du sport et de la vie d’Albi. 
Merci Loïc et peut-être on se verra tout à l’heure à l’entrée du Stadium puisque j’aurai le plaisir de présenter l’effectif du SCA, tous les joueurs et l’effectif du SCA pour la saison 2019-2020. 
Qu’on espère radieuse et avec la timbale au bout, c’est à dire la Pro D2 à minima et qui sait, si on peut ramasser un titre de Champion de France au passage, on prendra. Ca garnira l’armoire aux trophées. 
Bien sûr, et ça nous consolera de cette monumentale escroquerie arbitrale dont nous avons été victimes le 24 Mai dernier. 
Par le sieur Cardona, il mérite même pas qu’on le cite. Mais bon, c’est fait, c’est fait. Il va falloir maintenant enterrer nos regrets et penser à la saison prochaine, que le SCA porte haut les couleurs d’Albi puis qu’au bout, Arnaud Méla et ses gars aient la gagne. 
Voilà, c’est tout à fait ça. Et vive le sport Albigeois et Tarnais.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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