#Cyclisme / TDF : 14 juillet 1968… Albi-Font-Romeu, un motard ruine les espoirs de Raymond Poulidor.

1962 : Victoire de Jacques Anquetil… Poulidor termine 3 ème
1964 : Victoire de Jacques Anquetil… Poulidor termine 2ème 
1965 : Victoire de Felice Gimondi … Pouidor termine 2 ème 
1966 : Victoire de Lucien Aimar… Poulidor termine 3 ème.
En ce de Tour de France 1968, les observateurs, les coureurs, le public savent que ce Tour de France est promis à Raymond Poulidor. Jacques Anquetil est sur la fin, Merckx n’est pas encore arrivé… Et puis, le Tour 1968 sera un Tour propre, la mort de Tom Simpson l’année précédente sur les pentes du Mont-Ventoux hante les organisateurs. Les tricheurs seront chassés.
Le  départ du Tour 1968 à lieu à Vittel, tout un symbole.
Charly Grooskost est le vainqueur des 2 premières étapes, puis les belges Eric de Vlaeminck et Walter Godefroot s’illustrent sur leurs terres, Herman Van Springel s’empare du maillot jaune.
Les succès s’enchaînent pour les français, Georges Chappe, Jean Dumont, André Desvasges, Gilbert Bellone… Les Pyrénées approchent, Poulidor n’a pas bougé une oreille, l’équipe de France A amoindrie pour les exclusions pour dopage de Jean Stablinski et José Samyn, semble tout de même surpuissante.
Les Pyrénées sont dominées par Van Springel, Pintens et Van Rycheghem,
Georges Vendenberghe (Belgique B) porte le maillot jaune depuis la 5 ème étape.
En ce 14 juillet 1968, les positions sont claires, le classement est dominé par des coureurs certes brillants, mais qui semblent pas, avoir les 3 semaines dans les pattes. Seuls le hollandais Janssen et le belge Van Sporingel sont des candidats au titre. 
Tous les observateurs s’accordent à reconnaître que le grand vainqueur de la traversée des Pyrénées est Raymond Poulidor 6 ème au général, et qui a pris en moyenne 2’30 d’avance à tous les adversaires directs.
Font-Romeu, voit partir le peloton sous un soleil radieux, avec une légère tramontane, direction Albi, pour 220 km d’une étape de transition qui semble ne présenter que des avantages pour récupérer des efforts des 3 derniers jours;
L’échappée matinale se forme les favoris sont au chaud. soudain, dans la plaine du Lauragais les coureurs croisent  une connaissance locale, celui que les anciens appellent   le « vent des fous »…
Effectivement le vent d’Autan, s’invite dans la course… Une bordure se forme, Poulidor, Pingeon, Janssen, le maillot jaune Vandenberghe  sont à l’avant. Tous rêvent de remporter la victoire sur le circuit automobile du Séquestre.
Vers Damiatte (81),  et alors que cette première bordure, a pris une avance substantielle, l’ardoiser doit indiquer aux fuyards les écarts constatés.
Le pilote de la moto remonte le groupe quand soudainement, victime d’une rafale de vent, et pour éviter des spectateurs sur la bas coté, sa roue se plante dans la rainure du fossé destiné à évacuer les eaux de pluie, devant lui Raymond Poulidor qui tourne le dos à la scène, est percuté par la roue avant de la moto. Il est projeté au sol, sa tête s’écrase sur le bitume , il se relève, les genoux en sang, les bras et avant-bras entaillés. Ses équipiers de l’équipe de France attendent Poulidor, qui enfourche sa bicyclette.
Les adversaires du jour Pingeon en tête ne lui font aucun cadeau, Ils accélèrent, profitant de l’aubaine, sans aucune élégance, ils attaquent un homme blessé.
Poulidor et ses fidèles roulent pendant 50 km pour essayer de rentrer,, sur le groupe de devant. Finalement les dégâts en temps sont minimes. Poulidor accuse une minute de retard à l’arrivée au Séquestre.
Les dégâts corporels sont colossaux. Marcel Bidot son directeur sportif est atterré… Poulidor est conduit aux soins, mais au fond de lui, il sait que cette étape a sonné le glas de ses espérances. Son épouse présente à l’arrivée, tout aussi abattue que son champion d’époux déclarera « Raymond ne gagnera jamais le Tour »..
Une fois les premiers soins réalisé , Poulidor regagne l’hôtel Saint -Antoine qui héberge l’équipe de France,
La nuit fût courte, et douloureuse.
Le lendemain matin les coureurs se lèvent, Poulidor sait que pour lui ce sera très compliqué, voire impossible. Il est courbaturé, maché, broyé, ses blessures sont purulentes.
Il se présente Place Saint-Cécile, pour prendre le départ, ses adversaires ne reconnaissent pas l’idole de la France. Il  ressemble à un boxeur qui a terminé son combat la veille au terme des 12 rounds. Il ne peut pas parler, et donc ne peut pas s’alimenter convenablement. Il a aussi un pouce cassé.
Il prend tout de même le départ en ce 15juillet 1968, en direction d’Aurillac. Au terme de cette étape, arrivé à son hôtel, il annonce à Marcel Bidot, qu’il ne peut continuer dans ces conditions. Ils tombent dans les bras l’un de l’autre, et pleurent… 
C’est la première en fois en sept participations que Raymond, abandonne le Tour, et ses rêves de l’emporter enfin. 
Bien longtemps après, Poulidor déclarera que ce n’est pas tant d’avoir perdu le Tour 1968 qui le meurtrira dans cette mésaventure, c’est de constater que le motard qui l’a renversé, n’a jamais cherché à prendre de ses nouvelles après la chute… 
 
1969 : Victoire d’Eddy Merckx… Poulidor termine 3 ème 
1972 : Victoire d’Eddy Merckx… Poulidor termine 3 ème
1974 : Victoire d’Eddy Mercks… Poulidor termine 2 ème 
1976 : Victoire de Lucien Van Impe … Poulidor termine 3 ème
Giséle son épouse avait raison le 14 juillet 1968 à Albi, Poupou ne gagnera jamais le Tour. 
Mais l’essentiel est préservé, il  est toujours vivant, et pour l’éternité. 
Raymond Poulidor est une icone.
LeBorgne.

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