#Cyclisme- TDF / Occitanie : Le 14 juillet, jour de Fête, jour de gloire !

Tout coureur cycliste, rêve de participer un jour au Tour de France. Parmi ceux qui ont ce privilège, quelques uns aspirent à le gagner, d’autres rêvent de décrocher un maillot distinctif, enfin pour les autres gagner une étape peut équivaloir à conquérir le Graal, cela ressemble à  l’aboutissement absolu d’une carrière réussie.

Pour un français, gagner une étape lui assure la reconnaissance médiatique, la certitude  de participer aux lucratifs critériums d’après Tour, mais aussi une revalorisation salariale auprès de son employeur et une notoriété dans la discipline. Mais obtenir cette victoire un 14 juillet, jour de la Fête Nationale, c’est l’assurance d’avoir en plus de la victoire, le grand frisson qui fait entrer le vainqueur dans la légende du Tour.

A ce stade, il faut reconnaître que l’Occitanie est particulièrement gâtée… Outre les champions occitans vainqueurs le 14 juillet comme le tarnais Laurent Jalabert par 2 fois en 1995 à Mende, puis en 2001 à Colmar, ensuite c’est  le lotois David Moncoutié, en 2005 à Dignes les Bains qui l’emportera.,  

Une grande partie  des succès français obtenus par nos héros tricolores le jour de la Fête Nationale, se déroulèrent en terre occitane.

Warren Barguil en 2017 l’emporte à Foix (09), Laurent Brochard l’emporte quand lui à Loudenvielle (65) en 1997. Le fantasque Vincent Barteau remporte l’étape qui partait de Montpellier pour rejoindre Marseille en 1989.

Difficile donc de choisir entre tous ces exploits cyclistes, lequel mettre en évidence, celui  qui a retenu notre attention, c’ est le 14 juillet 1970… En voici la raison.

L’étape se déroule entre Saint-Gaudens et La Mongie, nous sommes dans la 18 ème étape du Tour, Eddy Merckx domine de la tête et des épaules ce Tour de France, il remportera 8 étapes, et les français ont connu la gloire, avec deux néophytes, le sprinter nantais Cyrille Guimard (Gan) lors de la première étape en ligne, et avec le nordiste  Alain Vasseur (BIC) lors du  12ème  jour de course. 

Chez les Peugeot, le Tour a mal débuté. Ferdinand Bracke pour le général  et Gerben Karstens pour les sprints,  ont déclaré forfait quelques jours avant le départ. C’est  un jeune de 22 ans qui est appelé contre toute attente à découvrir l’épreuve Reine. Ce n’est pas un inconnu des aficionados de la bicyclette. Chez les amateurs il a été 2 fois Champion de Bourgogne, Champion de France Amateur sur  route en 1968, la même année il remporte le Grand Prix de France, et en 1969 une étape du Tour de l’Avenir.

Dès ses premiers pas chez les professionnels ce garçon longiligne a donné une petite leçon dans la course de côte du Mont Faron, un contre la montre individuel de début de saison,  en battant deux immense stars de l’époque, et anciens vainqueurs du Tour, de France … Felice Gimondi (1965) et Roger Pingeon,(1967) rien que ça ! 

Ce 14 juillet 1970, la France va découvrir celui  qui deviendra  5 ans plus tard, le tombeur de Merckx,,  ramènera le maillot jaune sur les Champs-Elysées par deux fois en 1975 et 1977, et deviendra le consultant cyclisme sur France2,  puis sélectionneur de l’équipe de Franc.

14 jullet 1970: Bernard Thévenet se révèle au grand public.

Il fait un temps de chien en ce 14 juillet 1970, et les coureurs savent que dans ces conditions franchir les cols de Menté, Aspin, Peyresourde pour finir par la Mongie ne va pas être une partie de plaisir. C’est le français Gilbert Bellone (Sonolor-Lejeune) qui lance la course, il va passer presque toute la journée en tête.

Derrière, Merckx cadenasse la course Zoetemelk (Mars-Flandria) , Van Impe (Sonolor-Lejeune)  Petterson (Ferretti), Van den Bossche (Molteni), suivent le maillot jaune et Thévenet  (Peugeot-Michelin) reste dans les roues, il a terminé 5 ème au Mont Ventoux, un bourguignon est obstiné,  il doit bien avoir une idée qui lui trotte en tête.

A 8 km de l’arrivée, Thévenet porte une attaque tranchante, il part seul. Aucune réaction des adversaires du jour, qui semblent tous et sans exception  marqués par la journée… Thévenet rejoint  Bellone qui rêvait toujours de remporter une 2 ème étape après sa victoire de 1968,. Thévenet  dépose le coureur de Grasse, il poursuit seul son effort. Derrière, Van Impe ce pur grimpeur titille Merckx qui semble un peu moins bien que les autres jours. 

Le temps se gâte à nouveau les coureurs font face au crachin, au froid, à l’altitude et parfois ils disparaissent dans les nuages… A 3 km de l’arrivée, un certain Robert Chapatte jonché sur sa moto  de reporter pour le compte d’ Europe1, arrive à hauteur du coureur de la Peugeot, et lui dit : « Petit, tu vas gagner,  derrière ils sont tous cramés… ». 

Les spectateurs massés sur le bord de la route malgré les intempéries, encouragent Thévenet, ils portent le bourguignon au sommet à La Mongie, lui qui n’avait jamais grimpé un col des Pyrénées connaîtra un premier frisson de gloire naissante.

Merckx arrive avec 1’06 de retard, il est  meurtri  par les conditions atmosphériques et déclarera tout simplement à Pierre Chany du journal L’Equipe  » Ce Thévenet il faudra désormais se méfier de lui »… Prémonitoire!

Bernard Thévenet vainqueur à La Mongie le 14 juillet 1970.

14 juillet : Delisle, Thévenet, Labourdette, unis à jamais

Bernard Thévenet rejoint son compagnon de l’écurie Peugeot, un certain Raymond Delisle, lequel , avait connu, l’année précédente,   la joie de lever les bras le  14 juillet 1969. Il gagnera en solitaire avec le maillot de Champion de France sur les épaules (seul coureur à ce jour a avoir fait un tel exploit) c’était la 16 ème étape du Tour 1969, Castelnaudary- Luchon … L’ Occitanie encore et toujours à l’honneur pour la Fête Nationale.

La veille, Raymond Delisle, spécialiste des longues échappées,  avait été giflé en plein peloton par son leader Roger Pingeon, qui lui reprochait d’avoir roulé dans une échappée. Delisle était un gros moteur, même Merckx craignait ce garçon capable de tout sur un vélo.

Raymond Delisle (maillot tricolore) et vainqueur le 14 juillet 1969 à Luchon, avec son ami Désiré Letord porteur du maillot jaune.

En 1971, un an après son succès, Thèvenet,,connaîtra une défaillance dans la grande étape pyrénéenne dans des conditions atmosphériques identiques. Ce jour là,  c’est le béarnais d’Oloron-Sainte-Marie, Bernard Labourdette sous le maillot orange cerclé de blanc,  de l’équipe du Baron Bich, qui remportera devant Eddy Merckx, l’étape Luchon- Gourette en solitaire, comme Delisle et Thévenet, il donnera à la France un triplé historique de victoires le 14 juillet.

Bernard Labourdette vainqueur à Gourette le 14 juillet 1971.

14 juillet 1975 : Un Nanard Révolutionnaire

Lors de sa première victoire dans le Tour de France 1975, Bernard Thévenet remportera une deuxième victoire le 14 juillet dans l’étape Barcelonnette-Serres-Chevalier.. Ce jour là, il n’a pas la tunique  mythique et emblématique maillot de la Peugeot sur les épaules. En ce 14 juillet, Thévenet porte le maillot jaune de leader du Tour de France. La veille, dans l’étape Nice-Pra Loup, le bourguignon a porté une seule attaque à 2.5 km de l’arrivée, Merckx en jaune, craque, et abandonne le maillot tant convoité au nouveau héros national… 

On ne le sait pas encore, mais le 13 juillet 1975 est le dernier jour de Merckx avec un maillot jaune du Tour de France sur les épaules.

Le lendemain, Thévenet se présente en héros au départ de Barcelonnette. Il grimpe en tête l’Izoard, Merckx fidèle à sa réputation et fier comme un champion,  attaquera le maillot jaune dans la descente du col de Vars, mais Zoetemelk et Mariano Martinez refuseront de relayer le  belge qui a retrouvé son beau maillot de Champion du Monde…

Dans la dernière ascension, Thévenet porté par le public, au moral indestructible lâche au train Merckx… Il rattrape Joop Zoetemelk (Gan-Mercier) , et remporte avec le maillot jaune une victoire qui le fait entrer pour toujours dans la légende. 

Le plus bel hommage à  Thévenet est à lire de la bouche de Merckx : » En sport, il n’y a pas de miracle, c’est le plus fort qui gagne, il ne faut pas se faire de cinéma. Je ne crois pas à une défaillance de Thévenet d’ici à Paris. J’étais l’homme à battre. Durant cinq ans on a guetté ma défaillance. il fallait que je sois battu un jour. »

Le Tour de France à  fait sa Révolution en ce  14 juillet 1975 !  

Le Borgne.

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