#Rugby / Henry Broncan : « Une époque que je croyais révolue »

Vendredi 31 mai, lors de notre émission nous avons échangé, avec le « sorcier gersois  » au cœur jaune et noir , Henry Broncan . Ce dernier est revenu avec son analyse toujours clairvoyante, sur cette double confrontation entre Albi et Rouen, qui lui laisse un sentiment de colère froide. L’ex coach d’Auch, Tarbes, Agen et Albi s’est livré dans un entretien sans concession.

On imagine que vous avez suivi la demi-finale aller entre Albi et Rouen et surtout la fameuse demi-finale retour entre Rouen et Albi qui a fait mal de polémiques. A froid, on est vendredi, on est une semaine après ce match, qu’avez-vous pensé de ces deux matches, surtout du dernier qui a fait coulé beaucoup d’encre ? 

Sincèrement, j’aurai voulu le revoir à tête reposée parce que, à la fin du match, j’étais vraiment très en colère contre l’arbitrage et Mr Cardona. Après, toujours pareil, il faut savoir prendre un peu de recul et j’avoue que j’aurais pu très, très bien  le revoir mais, j’ai pas eu encore l’envie, la force de le faire parce que, j’avais pas envie de me faire mal tout simplement. J’ai envoyé un texto à quelques amis dès la fin de la rencontre, des amis d’Albi mais aussi des amis d’ailleurs et, surtout, j’ai reçu des textos de gens qui sont pas du tout albigeois, qui savent tout simplement que j’ai passé quatre ans là-bas et qui m’ont dit  » arbitrage scandaleux  » mais bien avant d’ailleurs les 20 dernières minutes., qui m’ont dit :  » Mais Albi ne gagnera pas ce soir « , voilà. Et, si je le répète encore une fois, j’ai pas voulu retourner le couteau dans la plaie comme on dit et revoir ce match parce que j’ai l’impression qu’on était …
Qu’on était pas invités
Une époque que je croyais révolue quand même, un petit peu quoi. Après, je le répète, je laisse à Mr Cardona le bénéfice du doute. Je peux très bien me tromper, je n’ai jamais été arbitre, je n’ai jamais été capable d’arbitrer. Peut-être que c’est lui qui avait raison mais le sentiment général que j’ai ressenti de la part de gens qui, je le répète, n’ont rien à voir avec le Sporting, c’est :  » Ils se font voler, ils se sont faits rouler  » etc, à la fin de la rencontre.  Mon fils est en Angleterre, c’était plutôt quand il était à Tarbes un adversaire bien sûr du Sporting, mais dès la fin du match, il m’a confirmé. Il m’a dit :  » Mais qu’est ce que c’est que cet arbitrage ? « . 
Le sentiment qu’ont les supporters albigeois, les joueurs albigeois, c’est surtout qu’on avait l’impression qu’ils n’étaient pas invités pour ce match, qu’il y avait des forces, on va dire supérieures, qui n’en voulaient pas. Bon, on ne va pas jeter non plus l’opprobre. 
Je pense qu’il y a du y avoir quand même une très forte pression avant la rencontre. Quand j’entends Szarzewski qui dit  » Je souhaite que ce soit Rouen qui gagne  » sur la chaîne l’Equipe. Ce stade qui était archi-plein bien sûr. 
C’était la belle image. Ce stade plein, c’était la belle image du soir. Je veux dire, il y a pas eu beaucoup de belles images mais ça, c’était la belle image. 

Oui mais ça c’était très bien mais l’impression vraiment que tout était fait pour que, il y a avait du monde à Albi le vendredi précédent quand même. Et l’impression que, en gros, je suis du sud alors je me méfie toujours de mes sentiments par rapport à tout ça, mais on a déjà eu dans le passé cette impression qu’il fallait que dans le nord, on ait des équipes de rugby. D’ailleurs, Vannes réussit très, très bien. Mais l’impression un petit peu qu’il faut qu’il y ait du rugby en première division, enfin au moins chez les pros. A Lille, à Strasbourg, on a vu ce que ça a donné jusqu’à maintenant quand même. Bon, l’impression un petit peu qu’il faut que le rugby s’étende, gagne de nouveaux adeptes, de nouveaux licenciés dans des régions où il n’a pas encore pénétré ou très peu pénétré. Et je sais très, très bien que le rugby est venu de Normandie et est né là-bas. 
C’est vrai. Dans le port du Havre, comme le football, il est arrivé de nos amis anglo-saxons. Il a traversé la Manche pour venir s’exporter avec brio en France. Par contre, vous n’avez pas l’impression quand même, dans ce match polémique qui n’a pas été la meilleure pub pour la F1, on sait que Thierry Murie nous dit souvent de faire la promotion de la F1 mais là, c’est un peu compliqué de faire la promotion de la F1 avec un match comme ça et toutes les polémiques qu’il y a autour. Il y a deux perdants parce qu’Albi se retrouve dans la panade, dans une grosse incertitude administrativo-financière et avec un certain ressenti, et puis, Rouen aussi est perdant dans cette histoire parce que, ils montent par la petite porte alors que c’est un club qui se structure, qui a un joli projet. Il faut pas jeter tout aux orties à Rouen, il y a un joli projet, il y a des investisseurs qui bossent bien. Mais, en montant comme ça, ils vont se traîner cette réputation comme un sparadrap. Dès qu’ils vont aller jouer à Montauban, à Béziers, ils vont se faire chambrer je pense, quelque chose de pas mal. 
Après, vous savez, on est dans une société quand même où on oublie très vite. Là-dessus, je ne me fais pas d’illusion. Je pense que l »année prochaine, ils risquent de se faire chambrer un petit peu mais après, on pense à autre chose. Dans notre pays, il y a toujours un sujet d’information qui rassemble les gens autour. Non, le problème, un petit peu, c’est pour Albi qui avait investi beaucoup sur cette saison, qui avait rien laissé, un match aller vraiment impeccable et qui a longtemps été impeccable aussi au match retour, avec une touche supérieure, remarquablement bien organisée, les contres, etc
Avec un Mathieu André des grands soirs
Exactement. André, Calas, tout ça mais très bien soutenus, avec une défense féroce. On sentait que les rouennais ne pouvaient pas marquer. Tout ça, c’était très bien et on sentait le travail d’Arnaud et de ses co-entraîneurs. Un travail remarquable, c’est une équipe qui était vraiment prête pour cet affrontement là et il me semble que Albi, il me semble je le répète encore une fois, je ne suis pas un arbitre, mais il me semble qu’Albi a été au moins, j’utilise le terme désavantagé. Je ne dis pas que les pénalités contre Albi n’étaient pas justifiées, il y en avait quelques unes. Il y a eu quelques fautes grossières dans l’alignement albigeois en particulier, à un moment donné justement d’André. Il y a eu cette tape en touche quand même aussi de Caminati. 
Oui, mais qui arrive après un hors-jeu qui fait bouleverser le sens du match
Alors, ce hors-jeu, ça a été presque le bouquet de ce match. Un arbitre quand même du niveau de Cardona, avec des juges de touches, je ne sais pas quelles étaient les recommandations qu’a fait Cardona à ses juges de touches. Il est très possible qu’il ait dit  » C’est moi qui arbitre tout seul, vous ne bipez que pour des brutalités « . Mais, un hors-jeu aussi manifeste …
Un double hors-jeu en plus
Oui, je pense que même un arbitre de séries régionales l’aurait vu.
Surtout que c’est sous ses yeux. Sa réponse, quand Mathieu André l’interpelle juste après l’action :  » C’est possible mais je ne le perçois pas. » Une défense assez hâtive, on va dire. 
Alors, disons qu’il était dans un mauvais soir ce soir là où que l’éclairage de Rouen n’était pas suffisant. 
Ou trop fort, peut-être que ça éblouissait, on sait pas, qui sait
Il était peut-être un peu fatigué aussi. Vous savez, la fatigue, ça existe chez tous les hommes. 
Ca fait perdre la lucidité. 
Après, je pense qu’il y a eu une pression énorme quand même de Rouen, que ça a été une pression sur ce club, très, très forte. Est-ce, pourtant Mr Cardona, qui est un arbitre très expérimenté quand même, très, très expérimenté, comment s’est il laissé prendre par cette pression ? Je ne l’explique pas. Moi, j’ai eu vraiment à la fin du match, le sentiment qu’Albi était floué et qu’il fallait que Rouen monte. Maintenant, je le répète encore une fois, je n’ai pas revu le match, je voudrais faire très attention à ce que je dis. Mais, mon sentiment a été partagé par beaucoup de monde. Les supporters albigeois, c’est tout à fait normal qu’ils aient le même sentiment que moi. Mais moi, quand même, par rapport à Albi, j’ai pris du recul. Ce match là, nous étions bien installés, nous étions 3 ou 4 copains, on a regardé ça ensemble. C’était une bonne soirée, vous voyez ce que je veux dire mais la soirée nous a mis en colère. Alors qu’on venait de manger, on était vraiment heureux et la soirée nous a mis en colère.  
Je l’ai compris quand vous nous avez envoyé le texto. Vous n’êtes pas habitué à faire des textos aussi vif et quand j’ai vu Henri Broncan et la nature du texto, qui était très simple :  » Scandaleux « , j’ai compris que ça vous avait touché parce que vous êtes pas le genre à réagir à chaud, à vif. 
Je sais que, ça aurait été une équipe différente, ça aurait été la même colère, je vous le garantis. N’importe quelle équipe de France aurait subi ce même arbitrage, je crois que j’aurai été en colère. Je suis capable encore de me mettre en colère, un sentiment d’injustice quoi. Après, je sais pas, il doit y avoir une explication. C’est pas à moi de la fournir. Est-ce qu’un arbitre peut se justifier ? Moi, je sais pas si il peut le faire. Ca m’est arrivé dans ma carrière, vous savez, d’avoir des arbitres que j’ai critiqués. J’en ai vu deux qui se sont pas dégonflés, qui sont venus à la vidéo dans le club où j’étais à ce moment là, qui se sont assis et qui nous ont expliqué tout simplement  » Là, j’ai sifflé pour ci, là, j’ai sifflé pour ça, là, il n’y avait pas ceci, il n’y avait pas cela « . Moi, je pense que, Mr Cardona, s’il était courageux, il recevrait chez lui les joueurs du SCA, il leur expliquerait son arbitrage. 
Et puis, ça lui ferait du bien peut-être à la conscience aussi
Oui, oui, bien entendu. Bien entendu parce que quand même, 
Ca reste un être humain derrière
Tout à fait et je le répète encore, peut être qu’il a été pris par cette ambiance du stade de Rouen. Peut-être qu’à la mi-temps … Je ne sais pas. Je trouve difficilement une explication à cet arbitrage d’autant que Mr Cardona a quand même la réputation d’être certainement un de meilleurs arbitres de France. 
Et en plus, il y a eu une communication derrière qui a été déplorable, que ce soit de la ligue ou de la FFR, avec Paul Goze le lendemain qui dit pendant la finale de Pro D2  » Rouen en Pro D2, cela fait parti de la stratégie de la LNR d’installer des nouveaux territoires « . C’est une vérité, c’est une réalité mais, le dire à ce moment là, ça met de la confusion sur la confusion. 
J’espère que Mr Goze n’avait pas vu le match parce que, s’il a vu la rencontre, c’est d’une maladresse 
Sans nom
Et même sans avoir vu le match, le fait de dire que c’est Rouen qui devait monter et qu’il était heureux que Rouen soit monté et qu’Albi ne soit pas monté, enfin, ça sous-entendait ça, c’est pas intelligent, quoi. 
Oui, et côté FFR, on n’a pas été bien plus adroits puisque Bernard Laporte n’a rien trouvé de mieux que d’aller à Rouen deux jours après. Mardi dernier, à Rouen, pour un rendez-vous qui était certes prévu à l’avance mais où il a félicité la montée de Rouen. Là pareil, Bernard Laporte, en tant que tarnais, dans la préfecture du Tarn, ça a été mal vécu. C’est normal que Bernard Laporte aille à Rouen, c’est peut-être aussi normal qu’il félicite Rouen. Peut-être que le tempo était pas le bon et, toujours pareil, c’est assez maladroit et ça arrange pas les choses. Ca met de l’huile sur le feu. 
Ce que je ressens quand même, avec ce que vous me dîtes, de la part de Goze, de la part de cette visite de Laporte à Rouen le mardi, c’est quand même d’une extrême maladresse. Je pense que, que ce soit Goze, que ce soit Laporte, ils n’ont pas du voir le même match que nous. Ou ne l’ont pas vu, tout simplement. Moi aussi je suis heureux que Rouen soit monté, bien entendu. Mais pas comme ça, pas comme ça. 
Ils méritaient une toute autre montée. Parce qu’ils ont un beau projet, ils ont mis les moyens mais ils méritaient de monter avec les honneurs. L’année dernière, Albi a perdu contre une grande équipe de Rouen, là, Albi a été éliminé face à une toute petite équipe de Rouen. 
Tout à fait. Il faut savoir que le capitaine de Rouen Dastugue, est de chez moi. Il a été formé dans mon club, le club dont je suis le manager à l’heure actuelle. Il est de chez moi, c’est l’enfant chéri de notre pays. La famille Dastugue était plus d’une trentaine au match aller à Albi, ils sont montés là bas également à Rouen. C’est une très grande famille de rugby de chez nous. J’ai eu son frère au ? occitain, j’ai eu son père comme arbitre, comme délégué, comme dirigeant. C’est vraiment une super famille de rugby qui est extrêmement méritante. Mais l’an dernier, il faut savoir que je l’ai félicité après sa qualification parce qu’elle était méritée, elle était belle et ils nous avaient fait vraiment une excellente impression. Je l’avais donc félicité après sa qualification mais là, mais aucune envie. Et pourtant, c’est un garçon formidable. On l’aime beaucoup dans notre pays. Mais là, je ne l’ai pas félicité pour la montée de Rouen et je ne le ferai pas parce que je trouve que cette montée, elle est injuste. 
Alors, il y en a un aussi qui est très frustré, c’est Arnaud Méla. Avant le match, il avait promis à ses joueurs  » Les gars, si vous prenez pas d’essai, il peut rien nous arriver.  » Malheureusement, Albi n’a pas pris d’essai mais avec le nombre de pénalités, le nombre de fois où Albi a été sanctionné, la qualif s’est envolée. Pour un coach comme ça, quand on fait un serment à ses joueurs en disant  » les gars, si vous respectez ça, il peut rien nous arriver  » et que derrière, les faits de match ou le contexte prouvent l’inverse, c’est un peu dur à vivre pour un entraîneur. Vous qui avez été entraîneur, j’imagine que vous avez vécu ça ? 
Bien sûr que ça doit être très, très dur à vivre pour Arnaud. Après, s’il regarde les images de ces deux matches, il peut être fier quand même du travail qu’il a accompli à Albi. Ca, je vous garantis que c’est équipe vraiment … Je les avais vus, je crois que c’était le premier match de la saison, perdre à Tarbes. C’était je crois le premier match, non ? 
Oui, oui, tout à fait, où mon collègue Didier Revellat était venu vous voir en tribunes. 
Et bien voilà, les progrès qui ont été accomplis par cette équipe sur cette saison. La façon de jouer, le fond du jeu, je le répète, ils jouent très, très solide, un jeu qui était là pour réussir. Je crois que c’est un jeu qu’il faut faire pour monter. En plus, une formidable adaptation à la pluie au match aller,  formidable adaptation alors que Rouen avait été incapable de s’adapter aux conditions atmosphériques ce soir là à Albi. 
C’est un comble que les Normands n’arrivent pas à s’adapter à la pluie. 
Bien entendu, j’y avais pensé. Arnaud a fait un très bon travail, il mérite simplement qu’autour de lui, le club ne lâche pas. Parce que maintenant, comme on dit, le match ne se rejouera pas. Maintenant, il faut préparer déjà demain. Peut-être en mettant un peu moins de pression sur ces histoires de montée immédiate parce que ça provoque des tensions quand même, c’est dur.  » Si on monte pas, attention, il n’y aura plus de travail pour les employés, des joueurs seront licenciés, il faudra qu’ils retrouvent d’autre club, les entraîneurs, etc. « . Il y a tout ça, attention à ça, c’est dur toute une saison à se dire  » attention, il faut gagner, il faut monter, il faut monter, il faut monter « . Et c’est pas étonnant qu’à côté, on monte pas. Il faut préparer l’avenir du SCA avec un peu de sérénité. Albi est quand même une très belle ville, qui a sa place en Pro D2, avec un public à sa place aussi en Pro D2 mais, il faut faire attention de pas vouloir faire trop vite. Il faut réussir à mesurer, faut rester calme. Je crois qu’il y a quand même du soutien logique de la municipalité, le soutien logique des principales entreprises albigeoises. Depuis longtemps, le Stadium n’avait pas compté autant de spectateurs pour le match aller. Donc, il y a tout ça, qui me semble t’il en marche, et il faut profiter de ce regain là même s’il a été cassé lors de ce match de Rouen. Un peu plus de sagesse, là, actuellement. On ne peut pas fabriquer quelque chose avec le couteau sous la gorge, je crois. Au rugby, il faut de la sérénité. Il faut vite que ce club retrouve de la sérénité. On n’est pas montés, et bien, on va essayer de se repréparer, continuer une politique de jeunes. Parce que, quand même, il y a des jeunes qui se débrouillent très, très bien. Quand je vois le petit Séguret marquer avec Lyon dimanche dernier, je me dis que, voilà, il a été très bien formé par mon ami Moroni au club d’Albi. Et puis, il y a d’autres joueurs qui sont dans ce cas là. Il faut continuer, c’est ça le rugby, on repart. On a un moment de souffrance, c’est sûr, surtout quand c’est injuste mais après, justement, la force de notre sport, elle est chez ceux qui sont capables de rebâtir très vite, de repartir très vite. 
Alors, si je peux faire un peu la synthèse de vos propos, vous appelez de vos vœux un projet un peu sur la durée, sur deux ou trois ans comme ça se fait sur beaucoup de clubs, pour que les joueurs puissent travailler dans la sérénité, dans la pérénité ? 
Oui, mais il n’y a pas que les joueurs. Vous savez, dans un club, il y a des entraîneurs bien entendu, il y a des kinés, il y a tous ces employés admirables. Enfin, moi, à mon époque, les filles qui travaillaient dans ce club étaient absolument fantastiques. Je crois qu’il en reste et il y en a d’autres qui sont arrivées. Il y a tous ces gens là qui vivent autour de ce club, qui vivent un petit peu grâce à ce club et qui veulent de la sérénité. On a besoin de sérénité. Après, on peut travailler aussi sur l’injustice de vendredi dernier. 
Ah, ça sera un levier je pense la saison prochaine pour Arnaud Méla. Si Arnaud Méla reste à la tête du navire SCA sportif, je pense que ça va être un levier fort d’Arnaud Méla, de dire un peu comme Eric Béchu lors de la descente : »On nous a volé quelque chose, maintenant, on va aller le récupérer « . 
Bien sûr, exactement. Arnaud était un élève d’Eric Béchu et je suis sûr qu’il va se rappeler de ces moments là, lui aussi. 
Henri, dernière petite question. On sait que, pour l’instant, la SASP du SCA, on ne va pas se le cacher, est en péril.  Les administrateurs du Sporting sont en train de faire des pieds et des mains pour essayer de sauver le soldat SASP, le soldat SCA (Itw réalisée avant l’annonce du maintien de la SASP). Mais derrière, il y a aussi les supporters, le  comité d’animation avec Reynald Brunet entre autres, qui sont au soutien dans les rucks. On sait qu’il y a quelques jours, Yogane Correa, Julien Raynaud, Thibaut Franck et des membres du comité d’animation ont monté une cagnotte Leetchi pour faire un financement participatif des supporters. Ca s’assimile quasiment presque à un club socios. Est ce que vous avez déjà un mot sur cette initiative qui montre que, à Albi, il y a encore un soutien fort, une passion pour le rugby, et puis un petit mot pour vos amis supporters ? 
C’est très bien, c’est très, très, très bien. Il y a eu quelques tensions quand même entre les supporters et le club. Quand je dis tension, c’est entre guillemets, ça devait pas être bien terrible. Mais, je pense que cette défaite et la façon dont elle a eu lieu va permettre à ce club de se resserrer, de regrouper toutes les bonnes volontés et il y en a énormément. Le SCA est un club qui est apprécié et il faut savoir dans tout l’hexagone. Je le répète encore une fois, les gens qui sont venus à la défense de ce club après cette rencontre là, beaucoup sont de très loin et ne connaissent même pas Albi. 
Oui, moi, personnellement, j’ai même eu des messages du président de Bédarrides-Châteauneuf-du-Pape, qui est dans le Vaucluse et qui n’avait jamais rencontré Albi, tout comme du président de Oloron Laurent Maillet, dans les Pyrénées Atlantiques qui avait rencontré Albi, et les deux étaient assez choqués et scandalisés de la tournure de ce match. 
Voilà, et puis j’ai vu que Mme le Maire était là. Ca prouve un attachement à ce club et je pense que ça va permettre de regrouper, de resserrer et de réavancer, de réenclencher, de se resouder parce que je crois justement que, tout ce bloc là, supporters, joueurs, dirigeants, etc, ça va avancer davantage groupé et l’année prochaine, aucun arbitre ne pourra rien y faire parce qu’il y aura tellement de différences entre l’équipe d’Albi et celle qu’elle rencontrera que même le pire des arbitres ne pourra rien faire. 
En clair, vous êtes en train de nous dire qu’il faut faire un gros groupé pénétrant avec les supporters, les joueurs, les passionnés et tous ceux qui aiment ce club jaune et noir pour aller direction Pro D2 ? 
Bien entendu. Vous savez, tout le monde aime le rugby à Albi, beaucoup et je le répète. Après,il y a eu des tensions parce que les gens, quelques fois, n’ont pas su respecter. Ca va permettre à ce club et aux gens qui aiment ce club de se respecter, de travailler ensemble, de travailler encore mieux. 
Allez Henri, je vous laisse peut-être 10 secondes pour passer un petit message personnel à ces supporters jaunes et noirs qui vous aiment tant et qui, dès que vous passez à la radio ou dans la presse quand vous parlez d’Albi, ont les yeux qui brillent parce que vous êtes l’une des idoles de cette tribune Jaumire avec tous ces supporters de la base qui vous aime tant. 
Vous savez, j’ai beaucoup apprécié le match aller.Vraiment, dans des conditions dantesques, il était formidable, j’ai été très heureux de voir autant de monde de retour sur ce stade. J’espère que l’année prochaine, il y en aura encore plus. J’espère aussi que j’aurai l’occasion de venir sur Albi apporter ma petite voix aux encouragements que les supporters prodigueront au SCA. 

Propos recueillis par Loïc Colombié

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s