#Rugby – Fed1/ Thomas Lacelle SCA: « Il y a une force qui est née »

Le meilleur réalisateur de fédérale, est revenu lors de notre émission du 31 mai 2019, sur cette fin de saison, une certaine frustation dû à l’épilogue malheureux ainsi que l’état d’esprit fraternel qui est né dans le groupe albigeois. Pour l’ailier du Sporting Club Albigeois, qui des mots de son coach, Arnaud Mela, « est courtisé par des écuries de PROD2 et de top14 », cette saison fut un immense ascenseur émotionnel.
On va revenir par ce qui fait mal, pour commencer , ce match retour de la demi-finale d’accession à la Pro D2. Comme on l’a souvent dit, c’était si près, si loin. Puis, il y a un goût rance j’imagine au fond de ta gorge, un arbitrage qui prête à grosse polémique ? 
Oui, là, tu peux le dire. Effectivement, on a du mal à avaler la pilule, un peu comme tout le monde. A chaud, je ne savais pas trop quoi dire et en fait, je me rends compte que là non plus. C’est compliqué, j’évite de regarder le match, de suivre un peu trop les réseaux mais c’est dur quand même. C’est très, très dur de passer à côté de ça. Tout ça fait mal et c’est un peu compliqué. 
J’imagine que le retour de Rouen, comme on le dit souvent dans ces cas là, le bus devait être un grand corbillard géant qui enterrait un peu tous vos espoirs ? 
Là oui, il y avait un mélange de frustration, d’énervement, de déception. C’était assez mitigé. On avait plein d’émotions à faire voir. On voulait parler entre nous quand même , on a parlé avec Arnaud, avec le coach. On savait pas, on était un peu dans le flou. Il fallait des solutions parce qu’on ne savait pas trop ce qui allait se passer et comment ça s’était passé sur ce match. On n’était pas au début tu vois. On savait que l’arbitrage avait été quand même compliqué mais on était plus déçus qu’autre chose. Et, quand on regarde au fur et à mesure ce qui s’est passé, c’est de l’énervement qui repasse par-dessus la déception. Mais bon, c’est comme ça. 
Alors, dans votre malheur, il y avait un bonheur. C’est que le groupe était soudé pour affronter l’adversité, le fait d’être soudés comme ça, on l’a vu lundi aussi, vous avez tenu à vous réunir ensemble, à faire des petites grillades, à jouer un peu à la pétanque, à aller boire un coup ensemble. Ca fait partie aussi de cette marque de fabrique imprégnée Arnaud Méla tout au long de ces deux saisons et ça a marché, ça a infusé puisqu’on a vu que, même dans l’adversité, à des moments où des groupes peuvent exploser, vous, vous êtes encore plus reserrés.  
Oui c’est sûr et ça, ça s’est fait pas d’un coup, ça s’est fait au fur et à mesure. Et depuis quelques mois, on sent vraiment que ça commençait à prendre quelque chose. On était prêts à monter, on commençait à s’envoyer des messages, à faire des trucs entre nous. On était vraiment une bonne bande de copains. Passé une épreuve comme ça en plus, là, maintenant, ça nous soude encore plus et on avait besoin de se retrouver entre nous, de se parler. Ca aide dans ces moments là, ça aide beaucoup. 
Alors, cette force collective qui est en train de naître, on sait que pour l’instant, il y a un point d’interrogation sur le devenir professionnel du SCA. Si d’aventure, les dirigeants arrivent à joindre les deux bouts comme on dit vulgairement, ce groupe, il peut être quasiment inarrêtable l’année prochaine ? Parce que vous avez une force morale, un sentiment de vengeance qu’ont déjà connu vos prédécesseurs. Je pense à la génération Arnaud Méla, Vincent Clément, Seb Pagès, qui étaient descendus par le fait de la Fédé et qui étaient remontés aussi sec en Top 14. Ce sentiment de vengeance, de vol, qu’avait su actionner Eric Béchu, le mentor d’Arnaud Méla. Tu penses que l’année prochaine, si le Sporting a les armes financières pour reconcourir à la Pro D2, vous allez vraiment avoir ce supplément d’âme qui permet de renverser des montagnes ? 
Bien sûr, moi je trouve que c’est évident. Après la saison qu’on a passé, même la première, bon, on perd contre Rouen. La re-deuxième, pareil. Les matches qu’on a eu à Anglet, à Nafaroa, les matches un peu comme ça, toute l’année, ça a quand même pas été facile. On était quand même accueillis à l’extérieur où c’était pas facile du tout. Maintenant l’an prochain, ou même les années qui suivent, on sait où on va. Quand on se déplacera, on saura comment jouer, on saura comment être au niveau de l’état d’esprit. Donc, voilà, ça forme un groupe et ça ne se fait pas d’un coup. Je trouve qu’il y a une force qui est née là, depuis quelques temps et qui va être importante par la suite si le club réussit à rester en F1 ou en tous cas à monter un projet viable. Ca va être très intéressant, oui. 
Bien sûr, il y a eu cet arbitrage qui est très polémique, qui a sûrement fait basculer le match dans le sens du RNR. Mais j’imagine que vous avez quand même, côté joueurs, des regrets sur votre prestation personnelle ? Pour toi, les regrets, où le Sporting a peut-être loupé le coche pour tuer le match ? Parce que, un essai, une pénalité de plus, et ce match pouvait vite être tué. Le RNR partait de très, très loin. 
On a eu un manque de fébrilité quand même. Chaque joueur a fait quand même une petite bêtise. Ce n’est pas un manque d’implication parce qu’on voulait tous quand même réussir. Mais voilà, être fébriles un peu sur quelques ballons, des en-avant, être moins percutants, que ce soit en attaque ou en défense. Ce sont des petits détails. Il y avait 8 000 personnes en plus, ça gueulait de partout, c’était une ambiance assez quand même particulière. Dans ces moments là, dès qu’on a un brin de fébrilité, dès qu’on est un peu moins lucides, eux, ils en profitent à fond. Nous, ça nous empêche de scorer à un moment donné, de pas pousser sur une mêlée, de se tromper peut-être sur une touche. Ca, à la fin, ce sont des petits détails mais ça permettrait sans doute d’avoir eu un essai de plus ou trois points de plus et éviter bien sûr ces dernières minutes, ce qui s’est passé à la fin.Voilà, comme d’habitude, il fallait attendre le moment que l’arbitre nous siffle une pénalité et le coup du sort fait que ça tourne pas du tout en notre faveur.  
On va essayer de finir cette interview sur un registre assez positif. Pour toi, quel est le plus beau moment de la saison du SCA ? Le quart de finale retour face à Dijon où, à un moment donné, on croit le Sporting au fond du seau et Thomas « Kolbe » Lacelle sort de la boîte avec ses copains pour ramener le Sporting en demi-finale ? Ou alors, la demi-finale aller face à Rouen où, à un moment donné, on s’est quand même dit qu’Albi avait un gros orteil en Pro D2 ? 
Un peu les deux. Je pense que, le départ de tout ça, c’est le quart de finale retour parce qu’on perd quand même à Dijon. On se fait un peu taper dessus par tout le monde en disant que ça va être foutu. Et on arrive à revenir du bout du monde un peu parce que c’était mal fait. C’est à ce moment là qu’on a retrouvé le public, qu’on a retrouvé tout le monde et la ferveur a fait que, sans doute grâce à ce match, on a réussi à gagner contre Rouen derrière et passer un énorme moment après. C’est sûr que de gagner contre Rouen à l’aller, c’était vraiment, vraiment sympa. 

Propos recueillis par Loïc Colombié

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