#SportStory – Rugby / Nationale 2 (Langon) : Lucas Hernandez au cœur du brasier.

Le pilier langonnais Lucas Hernandez , livre depuis de nombreux jours avec ses camarades de la caserne de Langon, un combat loin des terrains de rugby : tenter d’endiguer le mégafeu qui ravage l’ouest de la Gironde. Ce joueur de devoir, véritable guerrier qui a écumé avec le club rouge et blanc, les pelouses de Fédérale 1, de Nationale et de Nationale 2, fait partie de la véritable armée de pompiers, montée au front pour lutter contre les affres des flammes et tenter de sauver le moindre mètre carré. «Brancardo » comme le surnomment certains de ses coéquipiers Langonnais, vit cette mission de Sapeur-pompier comme une véritable vocation au service d’autrui depuis de nombreuses années, et c’est tout naturellement qu’il mène ce combat contre cet incendie hors normes, qui par certains aspects, lui rappelle les âpres batailles jonchant une rencontre de rugby. Alors que la préparation a débuté il y a quelques semaines et la reprise de la saison pointe le bout de son nez d’ici un gros mois, Lucas Hernandez joue avec ses coéquipiers soldat du feu, un match face aux flammes, avec le sens de la dévotion et la résilience qui caractérise le métier. Entretient avec un héros du quotidien qui alterne entre le brasier de Gironde et sa passion du rugby de haut niveau.

Lucas Hernandez luttant contre le feu / Crédit photo SDIS 33 Langon

 Lucas, on te connaît comme un valeureux guerrier qui porte haut les couleurs du Stade Langonnais, mais ces derniers jours tu as troqué tes habits de rugbyman pour ceux de combattant du feu, pour lutter contre le mégafeu qui ravage la Gironde.

C’est vrai que ce sont deux univers différents, mais finalement assez proches sur certaines valeurs. Que ce soit sur un terrain de rugby ou face à un incendie, il faut être capable de se dépasser, de garder son sang-froid et surtout de faire confiance à ceux qui sont à nos côtés. Ces derniers jours, ma priorité était clairement ma mission de sapeur-pompier. C’est une situation exceptionnelle et forcément marquante, mais je suis fier d’avoir pu apporter ma contribution aux côtés de tous les collègues mobilisés.

Comme sur un terrain de rugby, ce combat ne peut se gagner qu’avec un esprit de résilience et de solidarité qui caractérise particulièrement les sapeurs-pompiers.

Complètement. Dans ces moments-là, le collectif prend tout son sens. On peut être très fort individuellement, mais face à un incendie de cette ampleur, personne ne peut travailler seul. Il faut compter sur son binôme, son équipe, les autres engins et l’ensemble du dispositif. C’est cette solidarité qui permet de tenir dans la durée. Ce sont des valeurs que je retrouve également dans le rugby : le courage, l’entraide, le sacrifice pour le collectif et le fait de ne jamais rien lâcher.

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J’imagine que ces derniers jours ont dû être rudes avec des cadences effrénées pour combattre ces incendies hors norme ?

Oui, ce sont des journées particulièrement éprouvantes, aussi bien physiquement que mentalement. Les heures s’enchaînent jours et nuit entre ma vie professionnelle et les pompiers, les conditions sont difficiles avec la chaleur, la fumée, le terrain..La fatigue s’accumule forcément, mais sur le moment on ne pense pas vraiment à ça. On reste concentré sur la mission qui nous est confiée. Et puis, quand on voit l’ampleur du dispositif et le nombre de sapeurs-pompiers mobilisés, on se dit qu’on fait partie d’une véritable chaîne de solidarité.

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En outre de combattre le feu, il y a aussi un enjeu humain pour sauver les biens des résidents qui peuvent voir une vie entière partir en fumée ?

Oui, et c’est probablement l’une des choses les plus marquantes. Derrière une maison, ce ne sont pas simplement des murs : ce sont des souvenirs, une histoire, parfois une vie entière. Quand on intervient pour protéger une habitation, on sait ce que cela représente pour les personnes qui vivent à l’intérieur. Il y a évidemment la priorité absolue de stopper ce feu, mais protéger les habitations et les biens fait aussi partie de cette mission. Voir des habitants inquiets ou obligés de quitter leur maison est forcément quelque chose qui nous touche.

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Dans ta carrière de pompier, c’est la première fois que tu combats un incendie aussi conséquent ?

Oui, c’est clairement un engagement particulier. J’ai déjà été confronté à des feux de végétation, mais être engagé sur un incendie d’une telle ampleur, avec autant de moyens et sur une durée aussi importante, c’est forcément différent. C’est une expérience très marquante pour un sapeur-pompier volontaire. Ce sont aussi des interventions qui permettent d’apprendre énormément.

Tu nous parles de ta vocation de pompier et de la caserne dont tu dépends ?

Je suis sapeur-pompier volontaire au SDIS de la Gironde et je dépends du centre de secours de Langon. J’ai toujours considéré cet engagement comme quelque chose de très important. Être pompier volontaire, c’est donner de son temps pour venir en aide aux autres, parfois dans des situations particulièrement difficiles. C’est une véritable vocation, mais c’est aussi une formidable aventure humaine. On crée des liens très forts avec ses collègues et on sait qu’on peut compter les uns sur les autres lorsqu’il faut partir en intervention.

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La préparation pour la prochaine saison a débuté. Comment arrives-tu à jongler avec tes missions de pompier, ton job de policier municipal et le fait d’être joueur en Nationale 2 ?

C’est beaucoup d’organisation et forcément beaucoup d’investissement, j’essaie de faire de mon mieux afin de pouvoir gérer ma vie de famille et le reste.

Le sport m’aide énormément pour être opérationnel chez les pompiers, notamment sur le plan physique et mental. Et inversement, je retrouve dans le rugby beaucoup de valeurs communes avec le monde des sapeurs-pompiers : le collectif, la solidarité, le dépassement de soi et le fait de ne jamais abandonner. Après, il faut aussi savoir écouter son corps parce qu’en cumulant tout ça, la récupération est essentielle.

Dernière question, un mot sur la saison passée avec Langon et sur celle qui va débuter d’ici quelques semaines avec la reprise de la Nationale 2 ?

La saison passée a été une belle aventure avec pas forcément la fin que nous attendions. Jouer en Nationale 2 avec le Stade Langonnais, c’est quelque chose qui compte énormément pour moi, car j’ai eu la chance de vivre des moments exceptionnels.

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Maintenant, il faut rapidement se tourner vers la nouvelle saison. La Nationale 2 est un championnat très exigeant et il faudra repartir avec beaucoup d’envie et d’humilité. Nous avons une nouvelle poule qui vas être très différente de l’année dernière, notamment avec tout ces déplacements. J’ai hâte de retrouver les copains, le terrain et l’ambiance du stade. On va tout faire pour être à la hauteur du maillot et de ceux qui nous soutiennent.

 

Propos recueillis par Loïc Colombié

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