A l’aube d’un 8e de finale de Fédérale 1 aller à domicile face à Issoire on va faire un tour du côté du stade Laborie et de l’UAG avec Kevin Girou, l’ouvreur des Gaillacois qui espère enflammer avec ses coéquipiers le public rouge et noir .

Comment débute ton histoire avec Gaillac ?
Elle débute il y a 7 ans via une connaissance, un de mes amis ostéopathe connaissait bien Rémy Aliaga qui, à l’époque, était le préparateur physique du club. De bouche à oreille, ça s’est fait comme ça, je vivais à Toulouse, j’étais reparti jouer en Lot et Garonne, à Casteljaloux et je voulais me rapprocher de la région toulousaine tout en trouvant un club plutôt à mon image, assez familial. Ça s’est fait naturellement comme ça, il y a maintenant 6 / 7 ans.

Souvent, quand on pousse le portail du stade Laborie, on rentre dans une famille qu’on a beaucoup de mal à quitter ?
C’est vrai que c’est un club qui est hyper attachant, qui véhicule beaucoup, beaucoup de valeurs, avec un public qui est extraordinaire et encore plus en ce moment pendant les phases finales. On a aussi une grosse équipe de bénévoles, les joueurs ont tous été très, très accueillants dès le début et je pense que ce qui fait notre force, c’est qu’on est tous très exigeants les uns envers les autres et ça pousse tout le monde vers le haut. Du coup, après, c’est très compliqué de quitter ce club, on voit qu’on a très peu de départs tous les ans.

Tu as fait une petite pause l’année dernière. Est-ce que ça n’a pas été dur de voir les copains faire une belle épopée humaine ?
C’était une pause un peu forcée pour moi l’année dernière car j’avais de gros soucis physiques et notamment avec une hanche. Début 2022, j’avais pris la décision de me faire opérer durant l’été de la même année et de me faire poser une prothèse en métal sur la hanche droite donc pour moi, je devais arrêter le rugby. Ça a été dur, la mort dans l’âme parce-que pour moi, ça devait être terminé et puis, l’année dernière s’écoulant et suivant une rééducation assez classique, j’ai vu que je retrouvais des sensations et mon chirurgien m’a dit » si tu veux réessayer de jouer, on peut essayer « . Je suis parti à Capbreton 3 semaines au mois de Janvier, l’envie et le corps étaient là donc j’ai décidé de rejouer l’année dernière et j’ai fini la saison avec Dorian Gerbeau qui jouait avec nous avant et qui était à Verfeil, en régionale 1. Je me suis dit que j’allais reprendre une licence avec lui pour finir la saison et ça s’est bien passé. J’ai vécu l’aventure de loin et c’est vrai qu’ils ont fait une saison qui est extraordinaire pour le club, c’était quelque chose autour duquel on tournait depuis quelques années et je pense que c’est aussi la consécration et l’arrivée à maturation de ce groupe avec également l’an passé, l’apport de quelques éléments venus de la cité voisine qui ont fait beaucoup de bien. C’est quand même une grosse ossature d’un groupe qui s’est construit sur des années et qui a récolté le fruit de son travail.

Là aussi, vous avez encore renversé l’ordre établi du côté de Gaillac car vous êtes promus et que tout le monde disait que Gaillac allait jouer le maintien mais vous vous êtes retrouvés en barrage à domicile contre Peyrehorade. C’était déjà un premier gap et une étape de plus de franchie ?
C’est vrai qu’en début de saison, on ne savait pas trop où on allait tomber ni où on mettait les pieds. Je pense qu’on avait une équipe quand même costaude de par le recrutement de l’année dernière mais il y avait de nouvelles règles donc il y a eu cette phase d’adaptation qu’il a aussi fallu prendre en compte. On a vu qu’en gardant notre identité ce qui, je pense, a fait notre force, ça nous a permis de gravir les échelons tout au long de la saison et de croire de plus en plus à ces phases finales, plus l’année avançait, plus on y a cru. Je pense qu’on n’a jamais renié le jeu offensif et puis, on a quand même une équipe qui est très, très solide défensivement avec des gars qui ne lâchent jamais rien et à part le » faux-pas » de Lavaur à la maison, on a su préserver Laborie inviolable, on a gagné 4 fois à l’extérieur. Aujourd’hui, on a récolté le fruit de ce travail avec ce barrage à la maison, c’était, je pense, très important pour le club de le passer et pour moi, personnellement, c’était aussi un petit souvenir car quand j’ai arrêté il y a deux ans, c’était sur un barrage perdu alors qu’on était largement favoris face à Tricastin et où on avait réalisé, moi le premier, une piètre performance. Aujourd’hui, ce cap-là a donc été passé, Issoire arrive, ils sont premiers et c’est une équipe, on le sait, rompue au jeu de la Fédérale 1 mais on sait que quand on met le maillot à Gaillac, et surtout à Laborie, ça transcende beaucoup de monde. Je pense que ça va être une belle fête cet après-midi et qu’on va avoir la volonté de rester invaincus à Gaillac en 2024.

Et puis, ce rôle de petit poucet certes invité en 8e de finale face au 1er Issoire, va à merveille à Gaillac. Vous adorez avoir ce rôle d’outsider ?
C’est vrai que ça nous va bien et qu’on aime bien jouer là-dessus et même dans nos motivations. On est un petit peu ce territoire et ces gars qui se battent tous les dimanches, on a tous de l’ambition mais on se le garde entre nous et recevoir un gros, c’est toujours plus valorisant. La semaine dernière, Peyrehorade est une équipe que l’on a prise avec beaucoup d’humilité car c’est une équipe qui nous ressemble un peu, qui joue beaucoup au rugby et franchement, je leur tire mon chapeau car ils nous ont vraiment bougés, ils nous ont déplacés. On a réussi ensuite à mettre la main sur le ballon et ça s’est bien passé et je pense qu’aujourd’hui, ça va être un match différent, peut-être un peu plus fermé face à une équipe beaucoup plus costaude en conquête, forte sur les bases, une vraie équipe de Fédérale 1 je pense. Ça va ressembler à des matchs comme Mazamet, Saint-Sulpice sur Lèze, des costauds, du coup, on va reprendre notre rôle de petit poucet et oui, ça nous va bien.

La Mouette, alias Théo Aussibal, n’était pas un peu mazouté après la 3e mi-temps de Peyrehorade ?
Tu me poses une question un peu décalée. Je ne suis pas trop resté après cette 3e mi-temps, je suis parti raisonnable mais je crois que oui, La Mouette aime bien être un peu mazoutée et ce n’est pas que sur celle-là de 3e mi-temps mais il assure le dimanche donc on ne peut rien lui dire (rires).

Merci et on te souhaite un beau 8e de finale face à cette belle équipe d’Issoire
Merci à toi.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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