#Rugby – Nationale / Mathieu Bonello (Albi) : «Je ne suis pas inquiet, ce n’était juste que des matchs de préparation.»

Le manager du Sporting Club Albigeois a effectué sa première conférence de presse de la saison, alors que le championnat de Nationale re-débute, ce samedi à Blagnac pour les tarnais. Au delà de revenir sur l’actualité générale du club, Mathieu Bonello a réitéré sa confiance à son groupe malgré une dernière rencontre amicale face à Graulhet balbutiante. Pour les albigeois et leur coach, le Monney Time débute de ce soir au Stade Ernest Argeles.

Blagnac Vs Albi (J1 – Nationale ) une rencontre à suivre en direct radio dès 17h40 en cliquant ci dessus :

https://le-mag-sport.com/2022/09/03/directrugby-suivez-des-17h40-le-live-blagnac-vs-albi-nationale-j1/

Crédit photo Pierre Bras

On est reparti pour une 2e saison, le tome 2 du livre, après une présaison où il y a encore eu beaucoup de mouvements. Tu nous fais un petit bilan de ces mois de Juillet / Août où il y a encore eu beaucoup de changements au SCA ?

 

Je suis arrivé un peu tardivement la première année, on avait quand même changé pas mal de joueurs aussi mais ma venue s’est faite un peu dans la rapidité. On a maintenant un an de pratique avec Alex donc on a décidé de renouveler et rajeunir le groupe, il y en avait besoin mais j’ai été très content du groupe que j’ai eu pendant un an. Il a performé et n’est pas arrivé à ce niveau de compétition par hasard mais on avait besoin de renouveler et d’apporter de la fraîcheur donc on trouvait que, dans ce tome 2 comme tu le dis, c’était le bon moment pour prendre un virage et ça a été un choix voulu de notre part. 

Est-ce que ce sera aussi un virage dans la philosophie de jeu pour un changement à ce niveau au Sporting ?

 

On va bien sûr évoluer mais quand tu es entraîneur, le plus important est de s’adapter aux bonhommes qu’on a. Aujourd’hui, on a essayé de rentrer des joueurs qui vont un peu correspondre à ce jeu-là, il est certain qu’on aimerait le faire un peu évoluer mais il va falloir aussi le faire par étapes car il y a d’abord l’intégration. Quand tu changes la moitié de l’effectif, c’est dur de repartir et d’être efficace de suite donc il va vite falloir à trouver cette osmose et je crois que les 50% qui restent de l’année dernière ont quand même construit un esprit et une équipe et il n’y a pas rien. 

Est-ce que c’est justement ce manque de liant qui a fait que le dernier match de préparation contre Graulhet t’a laissé sur ta faim ? 

 

Pas du tout, je dis juste une chose, c’est que les matchs amicaux sont une chose et que le championnat en est une autre. On a pris des équipes qui se sont envoyées contre nous et il faut les féliciter de leurs matchs, nous, on n’a pas été exceptionnel, il faut le reconnaître mais je ne suis pas inquiet, ce sont juste des matchs de préparation.

En définitive, le match qui t’a le plus donné satisfaction est celui contre Béziers ? 

 

Tu l’as bien résumé, il n’y a pas besoin d’être un connaisseur pour savoir ce qui s’est passé sur les 3 matchs. Quand tu es joueur de rugby ou quand tu es foot et que tu joues la Coupe de France, le petit poucet tombe parfois la Ligue 1 et pourquoi ? Ils ne sont pas forcément meilleurs mais ce jour-là, sur l’envie, sur un match, c’est ce qui s’est passé. On pensait le match un peu plus simple et on se l’est rendu compliqué alors que contre une Pro D2, tu sais que si tu n’y es pas, tu vas en prendre 50 donc tu te resserres et tu y es. Ça, c’est depuis la nuit des temps et là, je l’ai encore plus vu ce qui m’a donné beaucoup, beaucoup d’enseignements pour mes futures intersaisons. 

L’enjeu est justement de retranscrire cet état d’esprit sur la saison puisque contre Béziers, vous étiez le petit poucet mais ça ne sera pas tout le temps le cas ? 

 

Bien sûr mais la chance qu’on a, c’est que les joueurs savent que tous les matchs sont durs en Nationale et ça, c’est la grosse satisfaction. Ils savent que tous les matchs sont durs et qu’ils seront tous bataillés à la maison comme à l’extérieur donc même si on est dans les clubs qui vont compter dans la Nationale, on est très bien placé pour savoir, sans faire de dessin et rapport aussi à l’année dernière, qu’il n’y a pas de petite équipe. 

Tu vas affronter Blagnac que tu as joué deux fois l’année dernière qui, via la presse, joue déjà à fond la carte du petit poucet en disant grosso modo  » on va en prendre 50 contre Albi, ils sont déjà en Pro D2 « . Comme tu le sais, ils fêtent leur centenaire donc ils vont être particulièrement motivés et revanchards par rapport à ce qui s’est passé l’année dernière puisque tu les as tapés et chez eux et à domicile ? 

 

Oui et puis, c’est une forme de derby, c’est le match le plus près que tu as à préparer. C’est l’année de leur centenaire, on connaît les valeurs qu’a Blagnac donc je sais qu’ils seront prêts et que ce sera un gros match à l’extérieur à jouer, je n’ai pas de doute là-dessus. Donc, on peut avoir des ambitions mais en tous cas, on sait où on va et on sait dans quel pays on va être samedi. 

Eric Escribano a un peu donné le ton de ce derby en vous mettant la pancarte de favori dans le dos et en disant  » Albi est légitime pour monter en Pro D2, Mathieu Bonello ne va plus pouvoir le cacher « . Qu’est-ce que tu en penses ? Est-ce que, pour toi, c’est un peu de l’intox d’avant-match ? 

 

J’ai beaucoup de respect pour Éric, c’est quelqu’un avec qui je m’entends bien. Il tient les propos qu’il veut tenir, je ne l’ai pas du tout pris mal, au contraire. Oui, on est dans un club qui a de l’ambition mais on est dans un club qui reconstruit et qui a pris un virage, qui est en train de construire un centre d’entraînement, qui renouvelle son staff et ses joueurs donc c’est aussi quelque chose qui prend du temps. Aujourd’hui, dire qu’on n’a pas d’ambitions serait mentir mais, indépendamment, est-ce qu’on pourra l’avoir dès cette année ? Je pense qu’on aura plus de réponses au mois de Décembre parce-que la Nationale s’est encore épaissie. Tu l’as dit, il met la pancarte de favori sur Albi mais je sais très bien qu’il aurait pu faire ça si je l’avais reçu au Stadium mais ce n’est pas le cas en allant à Blagnac, on connaît les matchs qu’ils font là-bas. 

Le rugby est un sport de répétition, il faut répéter, répéter, répéter les gammes. En ayant beaucoup changé les joueurs, le petit défaut est que vous êtes un peu en retard par à ça alors que Blagnac a peu changé de joueurs donc on peut s’attendre à ce qu’ils soient un peu au-dessus en ce qui concerne le liant ?

 

C’est certain quand tu changes moins de mecs. Là, le but était un gros renouvellement pour ensuite tomber dans un renouvellement  » normal  » et j’ai espoir pour les années futures car, quand on est entraîneur, on prend le temps et, si on garde notre groupe et qu’on amène entre 3 et 8 joueurs, ça ne se voit pas. Donc, il faut accepter qu’on va manquer de liant au début mais je ne vais pas commencer à m’en servir comme excuse car je pense que les joueurs doivent être en capacité. On a assez bossé sur plein de domaines pour pouvoir montrer des choses intéressantes, plus en tous cas que ce qu’on a montré pendant l’intersaison. 

Comment est-ce que tu as fini la prépa ? 

 

Quand on a pris ce match, on revenait de quelques jours de repos, on avait repris la veille donc je connais le contexte dans lequel on a joué ce match mais c’était voulu. Je préférais faire une opposition contre une équipe plutôt qu’entre nous car je sais que quand on revient de repos, les mecs ont envie et je préférais ça. La prépa a franchement été hyper positive, l’état d’esprit du groupe est génial mais ils l’ont bâti l’année dernière, les 60 % qui restent l’ont construit et l’ont bâti. Donc, les bâtisseurs de l’esprit sont là et aujourd’hui, les nouveaux s’y greffent et comme en plus il y a de la jeunesse, ils s’y greffent facilement. Au bout de 15 jours, j’avais l’impression que le groupe vivait depuis 3 mois et ça, c’est une vérité mais, encore une fois, la seule vérité c’est aussi de partager du terrain et des matchs. Qu’est-ce qui va leur faire leur expérience ? C’est de jouer des matchs, d’en perdre et d’en gagner, j’espère qu’ils vont plus en gagner qu’en perdre mais ça va leur construire leur histoire. Par contre, l’esprit et l’âme n’ont pas changé parce-que j’ai changé tel ou tel mec, ce sont eux qui l’ont bâti et la plupart sont là. En fait, ils l’ont repris et continué puisqu’on a quand même fait une aventure l’année dernière, on est allé loin dans la compet donc ils l’ont repris avec beaucoup d’enthousiasme. C’est quand même ce que je ressens dans cette intersaison. 

Par rapport à cette jeunesse, quel va être le match contre Blagnac ? En mode  » j’envoie des jeunes s’aguerrir  » ou plutôt des vieux ou un mixte ? 

 

Ce sera mixte. Il faut que ce soit un mixte car envoyer des jeunes pour envoyer des jeunes, ça n’a jamais aidé personne, ni les jeunes, ni personne. Par contre, ce dont je suis convaincu, c’est que ce match de Blagnac n’est pas une fin en soi mais c’est le début d’une aventure. Cette dernière a démarré début Juillet mais c’est le premier match officiel de cette équipe et derrière il y a un bloc de 4 donc passons une paire de blocs. Je prends toujours cet exemple mais qui est vrai : regardez qui il y a en Pro D2 aujourd’hui et ce que ces clubs-là ont fait en début de saison l’année dernière. Massy, deux défaites de rang et trois pour Soyaux-Angoulême mais ils sont en Pro D2 aujourd’hui. Le championnat est long, 26 journées et je me rappelle de ce qu’on disait du début l’année dernière. Oui, c’est mieux d’être devant mais la saison est longue donc, c’est un premier match à Blagnac et on n’y jouera pas notre vie. 

Tu pars un peu dans l’inconnu avec ce premier bloc car il y a Hyères-Carqueiranne et Rennes, deux équipes que tu connais nettement moins bien que les autres ? 

 

Exactement, ce sont deux nouvelles équipes que tu ne connais pas bien. Il y a aussi des équipes de la poule que l’on connaissait qui se sont vraiment bien renforcées et qui ont changé de braquets, on le sait et on le voit. Mais, comme je vous expliquais le petit et le gros, il n’y a parfois pas que des vérités et l’année dernière, des gros budgets et des gros clubs qui sont passés à la trappe. Il faut prendre cette saison avec beaucoup de joie de vivre, une nouvelle aventure et, comme tu le dis, un tome 2. Ce n’est pas un nouveau livre mais un tome 2, il faudra le construire et je suis convaincu qu’en le construisant, il y a des beaux jours qui vont arriver et, j’espère, rapidement. 

A part Vincent, qui est un blessé longue durée, et qui récupère de son petit pète, tu bénéficies de 100% de ton effectif ? 

 

Quasiment, oui, on a Louis Decrop qui est incertain. On est assez content, on a fait une prépa qui était par moment difficile mais je pense qu’on a su alterner le très difficile et le  » tranquille « . Moi, je suis convaincu que ce n’est pas parce qu’une prépa est difficile que tu gazes ni que c’est parce qu’elle n’est pas difficile que tu ne gazes pas, c’est sûr et certain. Par contre, quand tu la passes et qu’elle est assez difficile, ça te crée quand même de la confiance car tu te dis  » j’ai bossé  » et quand tu n’as pas trop de mecs pétés à la sortie, c’est que tu as bien planifié. Tu peux les péter dès l’entraînement ou le match suivant mais ça veut dire que, jusque-là, on est dans les clous donc on est content de pouvoir avoir tout l’effectif. Ils sont un peu moins nombreux derrière puisqu’on espère quelques rentrées mais devant, ils sont nombreux. Je l’ai voulu car, au début, tout le monde aura plein effectif mais on sait très bien qu’après, quand les mois vont passer, celui qui tient la route est celui qui a des blessés mais dont l’équipe tient toujours la route en termes de niveau. Il faut faire notre bonhomme de chemin, je suis convaincu qu’il faut plus se regarder nous que les autres, travailler dans notre coin, prendre du plaisir car le plaisir est important pour moi et refaire vibrer les supporters et le Stadium comme ils nous ont enflammé en cette fin de saison. Je leur donne rendez-vous pour faire une bonne saison avec nous, il y aura des moments difficiles, d’autres plus faciles mais, encore une fois, c’est tous ensemble que l’on réussira. C’est l’unité qui sera le maître mot. 

Concernant ces entrées potentielles, est-ce que ça se précise ?  Il y a des pistes ? 

 

Pour l’instant, non. On espère en rentrer une ou deux d’ici le 30 Septembre comme ça, je m’en garde peut-être une puisqu’il y a toujours les  » jokers  » mais j’ai l’impression qu’en Nationale, on peut un peu recruter comme on veut. Je sais qu’il y a des issues, l’année dernière, il y a des équipes qui ont changé leur visage grâce au recrutement. Tant mieux, c’est qu’ils pouvaient le faire financièrement mais je trouve que ça fausse un peu le championnat, comme au-dessus. Je trouve que c’était bien avant, il y avait le système, la date et point, tu avais droit à 2 ou 3 jokers médicaux et pas plus. Je trouve que c’était top car ça permettait à l’entraîneur ou au manager de préparer son équipe à l’intersaison comme il le voulait, avec les aléas des mecs qu’il voulait et qui ne sont pas venus mais, finalement, de faire son équipe et de dire  » où je vais avec ça ? « . Maintenant, c’est  » avec ça  » puis avec  » plus ça  »  et  » un peu plus ça parce-que j’ai une opportunité  »  et  » encore un peu plus ça parce-que l’autre a fait 4 matchs, il en a marre, il veut partir « . Finalement, il y a eu 5 matchs pendant ce temps, les autres ont joué une équipe  » bis  » 5 fois et toi, tu vas les prendre au 6e match et tu vas te faire ratatiner parce qu’entre temps, ils auront changé. Personnellement, je trouve que ça fausse un peu le championnat. 

Tu vas jouer avec la règle ? 

 

Je joue avec la règle comme il faut faire je pense (sourire). C’est quelque chose que je n’aime pas particulièrement mais je suis un peu un vieux de la vieille sur ce point-là. 

Tu nous parlais du foncier et de la prépa. Comment est-ce qu’on arrive à jauger entre le très difficile et le trop difficile ? 

 

C’est toute la limite et c’est le plus dur quand tu es coach. Je fais aussi parfois grâce à mes ressentis par rapport à ce que j’ai vécu quand j’étais joueur mais on a des personnes dans le staff qui sont d’une grande compétence et qui ont l’habitude et l’expérience des groupes donc ils savent la quantification puisqu’ils l’ont déjà vécu. Nous, entraîneurs, on a aussi l’expérience maintenant donc on sait mais l’entraîneur veut toujours pousser et la frontière est fine donc on arrive à quantifier car on a aussi la 2GPS qui nous aide beaucoup et qui nous permet d’avoir pas mal de données pour calibrer les entraînements suivants. C’est aujourd’hui primordial mais c’est aussi le plus dur et les plus grands entraîneurs ou les plus grands préparateurs physiques sont ceux qui arrivent à planifier parfaitement. 

Il y a eu des matchs amicaux à l’intersaison que, j’imagine, tu as dû regarder. Il y a un club qui envoie quand même un gros signal à savoir Bourgoin qui a battu deux fois Bourg-en-Bresse. Est-ce que pour toi, c’est une équipe qui s’inscrit comme l’une des favorites de Nationale ? 

 

Oui, je pense que ce sera l’un des gros favoris de la Nationale, c’est un poids lourd. Quand tu vois le recrutement qu’ils avaient fait l’année dernière et qu’ils refont cette année, ça sent le poids lourd mais on en saura un peu plus d’ici quelques matchs, quand le championnat aura démarré.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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