#Rugby – Nationale / Alexis Armary (VRDR) : «Combat, engagement, agressivité et ne rien lâcher jusqu’au bout!»

Ce pur produit du rugby bigourdan formé au Stado Tarbes PR, fils du grand Louisou Armary, devenu capitaine du Valence Romans Drôme Rugby nous fixe le ton de ce choc de la 21eme journée de Nationale entre le VRDR et le SC Albi. Rencontre avec le 3eme ligne du club dromois, qui après avoir goûté à la Pro D2 espère bien participer activement à la remontée du club du président Beaugiraud, mais qui n’oublie aucunement ses origines pyrénéennes et son enracinement profond avec la bigorre.

Alexis Armary – Crédit photo : Jrk.oyo-rugby01

 

Après de nombreuses saisons passées au bercail à Tarbes, tu t’es exilé dans la Drôme à Valence-Romans pour devenir maintenant l’un des tauliers du vestiaire ? 

 

C’est ça, j’en suis à ma 3e saison dans la Drôme après en avoir passé 8 à Tarbes en terre bigourdane. 

 

On va commencer par ses origines bigourdanes car c’est quelque chose qui te colle à la peau. Chez les Armary, la bigorre est séculaire ?

 

Je suis le premier Armary à avoir joué à Tarbes et pour mon papa, c’était plutôt Lourdes qui, à l’époque, était à haut niveau et ça ne se faisait pas de partir de Lourdes pour aller à Tarbes (rires). Moi, je suis parti à Tarbes à l’âge de 16 ans, j’y ai joué jusqu’à 24 et c’est aujourd’hui ma 3e saison à Valence-Romans. 

On va en profiter pour faire un petit clin d’œil à Lourdes, club de Fédérale 2 qui a un peu de mal. Ça doit te faire mal au cœur de voir le club de ton père vivre des moments un peu plus difficiles qu’avant ? 

 

Il est sûr que le Lourdes d’aujourd’hui n’est pas le Lourdes d’hier. C’est dû au professionnalisme et aujourd’hui, c’est un peu compliqué de sortir la tête de l’eau si on n’a pas les reins solides financièrement. C’est certain que c’est triste de voir Lourdes à ce niveau-là mais maintenant, c’est malheureusement le rugby des grandes villes et Lourdes ne peut pas assumer financièrement ce statut. 

 

Le rugby des grandes villes et même des grandes agglomérations voire des territoires comme Valence-Romans Drôme Rugby ? 

 

Exactement, c’est vrai que Valence-Romans est une agglomération avec la fusion de deux clubs historiques et, quelque part, c’est bien d’avoir fait ça car c’est ce qui a sauvé le rugby à haut niveau dans la Drôme. C’est quelque chose que nous, malheureusement, on n’a jamais réussi à faire en Bigorre avec les grands clubs qu’ont été Lourdes, Tarbes, Bagnères et Lannemezan. Aujourd’hui, on a plusieurs clubs qui sont à des niveaux moyens alors que si on avait réussi à faire un club départemental en Bigorre, je pense qu’on mériterait d’avoir un club à haut niveau. 

Parle nous un peu de l’ADN de ce club des damiers. C’est un club qui est récent en termes d’entité VRDR mais qui, comme tu le disais, a quand même jouxté deux grands bastions de l’ovalie ? 

 

Oui, deux villes que sont Valence et Romans avec deux histoires différentes, deux grandes histoires même. Il y a Valence, le VS, qui a eu de grands joueurs comme, pour n’en citer qu’un Elie Cester, qui est aussi occitan, qui a été capitaine du VS et de l’équipe de France. Et il y a le club de Romans qui a également sorti beaucoup, beaucoup de grands joueurs, je pense par exemple à Philippe Saint-André qui a été joueur et sélectionneur de l’équipe de France. Ce sont deux grands clubs. 

 

Parlons de ces deux saisons en Pro D2. La première s’est terminée plus tôt que prévu et pour la seconde, vous vous êtes battus jusqu’à la dernière minute pour accrocher le maintien. Qu’est-ce que tu retireras de ces deux saisons en Pro D2 ? 

 

La première saison a été très compliquée en termes sportifs car on venait de monter et à ce moment-là, il n’y avait pas de Nationale, on arrivait de Fédérale 1 classique. C’était un championnat très hétérogène et une année où le club du VRDR avait vraiment dominé le championnat et n’avait pas vraiment affronté de grandes équipes, à part en finale. Quand le club est arrivé en Pro D2, ça a été des matchs durs, de grosses écuries et donc une année compliquée avec beaucoup de défaites. Par chance, grâce au Covid, on a pu avoir une seconde chance avec une deuxième saison qui a vraiment été différente où on a été un peu moins surpris par l’intensité et le niveau de jeu. On a quand même fait une saison assez correcte et malheureusement, ça s’est un peu joué sur la fin de saison et on n’a pas réussi à se maintenir. C’est dommage mais ce n’était pas non plus une fin en soi pour le club car c’était un club assez jeune, un club surtout très jeune en Pro D2, qui connaissait la Fédérale et qui avait déjà prévu que ça pouvait arriver. Il n’y avait pas d’obligation à rester en Pro D2, je connais des clubs de Pro D2 pour qui, s’ils descendent, ce sera très compliqué de se restructurer alors que ce n’était pas le cas pour nous. 

L’avantage maintenant, c’est qu’il y a la Nationale. Après avoir fait les 2/3 de ce championnat, on peut dire que cette Nationale a de la gueule ? 

 

C’est vraiment différent de la Fédérale 1 classique. A l’époque, j’avais connu la poule Elite, j’y avais joué deux saisons quand j’étais à Tarbes, et c’est vrai que quand on était retourné au format classique de la Fédérale 1, j’ai trouvé qu’on avait fait un pas en marche arrière. Donc, c’est très intéressant d’avoir remis ça en place car ça permet justement aux équipes qui accèdent à la Pro D2 d’avoir un niveau plus intéressant en Nationale et d’être mieux préparé à la Pro D2. 

 

Mathieu Bonello, le manager du Sporting Club Albigeois, disait en conférence de presse que le VRDR était un club encore câblé Pro D2. Tu confirmes ? 

 

Câblé Pro D2, je ne sais pas. C’est vrai qu’on a gardé le même fonctionnement que l’année dernière et oui, on a cet objectif qui a été dit par les présidents en début de saison qui est de remonter en Pro D2. Donc on se donne les moyens de nos ambitions et c’est important. 

Est-ce que pour toi, le capitanat est quelque chose qui vient récompenser tout le travail que tu as fait en Pro D2 avec VRDR ? Tu n’es pas un enfant du pays ni un pur produit de la formation drômoise mais on te donne le capitanat donc c’est quand même une consécration ? 

 

Je t’avoue que, quand je suis arrivé au club, ce n’est pas quelque chose auquel je pensais. A l’issue de la première saison, j’ai été très flatté quand on me l’a proposé pour la seconde en Pro D2. C’est à la fois un honneur mais également quelque chose d’assez lourd à porter, ce n’est pas facile tous les jours mais on s’accroche. 

 

Parlons un peu du début de saison de VRDR. Vous avez commencé tambour battant en mode rouleau-compresseur et puis, il y a eu un trou d’air un peu avant et un peu après les fêtes. Comment est-ce que tu l’as analysé ? 

 

Je pense qu’on avait fait une très, très bonne préparation physique tant sur le plan physique que tactique. On fait trois matchs amicaux dont deux contre des équipes de Pro D2 donc je pense qu’on a été très bien préparé, voire même qu’on était peut-être un peu plus prêts que les autres sur le début de saison ce qui nous a été favorable. Après, peut-être que le soufflé est un peu retombé ou que les autres équipes se sont mises au diapason mais ça a été un peu plus compliqué à une certaine période. Depuis le retour des fêtes, en 2022, on a réussi à enchaîner 6 victoires jusqu’à la défaite du week-end dernier. On s’était vraiment remis au boulot sérieusement en appuyant sur notre stratégie et c’était très bien, il faut continuer comme ça. 

Le week-end dernier justement, face à Blagnac, chez les Caouecs, au stade Argelès où on sait qu’il est toujours difficile d’aller se déplacer, ils l’ont prouvé en allant arracher la victoire dans les dernières secondes. Ça a quand même dû être rageant pour vous ? 

 

Oui, très rageant. Félicitations à Blagnac parce-que, comme tu le disais, ils n’ont rien lâché et ils sont allés se la chercher. Nous, on a un peu bâclé la fin de match et je pense qu’on peut s’en vouloir de l’avoir perdu. C’est un match qu’on n’aurait jamais dû perdre si on avait bien géré cette fin de rencontre. 

 

Arrive ce soir le match face à Albi. Au match aller, vous aviez mis  » une démo  » au SCA en termes de pragmatisme et de réalisme, vous étiez venus faire quasiment le match parfait à l’extérieur. Il faudra remettre ces ingrédients pour rééditer cette performance ce samedi à Pompidou ? 

 

Albi est une grosse équipe du championnat, une équipe que, personnellement, je connais bien pour l’avoir beaucoup joué avec Tarbes avec beaucoup de joueurs que j’ai connu quand j’étais à Tarbes. C’est une équipe qui est à sa place et on va devoir faire un gros match pour les battre et essayer de repasser devant au classement. 

Cette seconde place est quand même primordiale car elle vous évite de faire des barrages et vous donne aussi l’avantage du terrain pour le match retour de la demi-finale. C’est un gros tournant que de prendre cette 2e place ? 

 

Je pense que ça reste un avantage sur les autres places, si on finit 2e, on a un match de moins et ce serait vraiment le top. Ce n’est pas non plus une fin en soi, si jamais il faut jouer les barrages, on les jouera mais c’est quand même peut-être un peu plus confortable de terminer 2e. 

 

Qu’est-ce que vous redoutez le plus de cette équipe d’Albi ? Sa conquête, son pack ? 

 

Il est certain que c’est un gros paquet d’avants avec aussi des joueurs très intéressants, je connais bien le petit Théo Vidal qui est lui aussi bigourdan. Ils ont un milieu de terrain qui est très costaud avec Taiso Lea’ana qui a aussi joué ici, au VRDR. C’est une équipe qui est très complète et qui, comme je le disais, est à sa place, il faut que l’on arrive peut-être à faire le même match que celui qu’on fait chez eux en étant pragmatique et en scorant quand il le faut. 

On va te poser une question plus personnelle. Tu es le fils d’une légende du rugby et ça ne doit pas être simple car on doit souvent te comparer à ton père ? 

 

J’avoue qu’il y avait plus de comparaison quand j’étais dans les Hautes-Pyrénées car il est sûr que mon nom ne passait pas inaperçu. Ici, je passe plus incognito (rires). J’ai beaucoup de fierté pour mon père car je l’admire beaucoup pour ce qu’il a fait et ce qu’il est. Ce n’est pas du tout un fardeau que d’être le fils de Louisou Armary. 

 

Quel va être le mot d’ordre pour ce choc de la 21e journée entre VRDR et Albi ? 

 

Ce sera beaucoup de combat, d’engagement, d’agressivité et ne rien lâcher jusqu’au bout.

 

Merci et on te souhaite un bon match 

 

Merci à vous.

Propos recueillis par Loic Colombié

Article en partenariat avec :

Un commentaire sur “#Rugby – Nationale / Alexis Armary (VRDR) : «Combat, engagement, agressivité et ne rien lâcher jusqu’au bout!»

  1. Félicitations pour cette belle saison avec Valence -Roman ! Ton analyse sur le rugby Bigourdan est tout à fait exacte : à force de regarder son nombril chaque club Bigourdan s’est pissé sur les pieds … et n’a pas pu faire mieux que « patauger dans la bouillasse » , et dans la médiocrité ! C’est bien dommage car , il y a de très bon jeunes qui émergent tous les ans , mais qui partent faire les beaux jours d’autres clubs de l’ovalie !
    Je te souhaite toute la réussite pour cette fin de championnat , en gardant de très bons souvenirs de tes débuts rugbystique à Argeles Gazost puis à Tarbes … avec tes potes Paul et Robin !
    Bises et à un de ces jours
    Patou

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