#Rugby – Nationale / Henri Guillaume Gueydan (Bourgoin) : «Ça va mieux mais il ne faut pas s’enflammer non plus!»

En Berjallie, le CSBJ et son président Henri-Guillaume Gueydan sont au cœur d’une opération commando pour le maintien en Nationale. Celui qui a pris les destinées du club isérois depuis bientôt 4 ans nous a accordé un entretien grand format pour faire un point sur la situation sportive mais aussi sur l’évolution du fond de dotation mis en place avec le soutien de Pascal Papé ou encore le chantier de la nouvelle tribune Nord. Celui qu’on surnomme « HGG » à Bourgoin fait aussi une introspection sur les erreurs commises cette saison et les points d’amélioration qui pourrait amener ce club légendaire du rugby français à réenclencher une dynamique positive.

 

 

A Bourgoin, vous avez vécu un début de saison quasiment catastrophe et noir mais, avec le printemps, on a l’impression que des bourgeons sont en train de renaître du côté de Rajon ? 

 

Ça va mieux que sur le début de saison mais il ne faut pas s’enflammer non plus. Mais c’était positif et, en tous cas, on sent un autre élan du côté du groupe, on reste sur une belle victoire face à Nice, il faut confirmer et que l’on gagne à tout prix un match à l’extérieur car on reste tremblant à l’extérieur. Ça passe souvent très, très près mais on n’y arrive pas alors si ça pouvait être ce dimanche face à Cognac, ce serait vraiment très, très bien. Je pense qu’ils sont à peu près dans le même état d’esprit que nous, ils jouent leur survie donc ça va être un match compliqué.

 

Avant de parler de ce match contre Cognac, on va revenir sur celui face à Nice. C’était peut-être le déclic attendu pour se réconcilier avec le peuple ciel et grenat qui attendait juste une étincelle pour que la flamme renaisse ? 

 

Il était essentiel que l’on fasse un match comme ça mais tout le monde était concerné et on a mis tous les ingrédients. On a perturbé les Niçois en 1ère mi-temps, ils étaient beaucoup mieux en 2e mais on a défendu très fort et ça nous a souri. 

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Aujourd’hui, c’est face à Cognac dans un match quasi à 8 points contre une autre équipe qui joue le maintien et sa survie dans cette Nationale ? 

 

Il restera 8 matchs derrière pour nous mais c’est bien sûr une rencontre très, très importante. Comme tu le dis, c’est à 8 points et malheur au perdant, il va falloir mettre tous les ingrédients pour enfin gagner un match à l’extérieur ce qui serait bien. 

 

Surtout que, quelques semaines après, s’annonce un Bourgoin / Dijon, qui avait été reporté pour cause de Covid, qui là-aussi vaudra son pesant d’or ? 

 

Oui mais à ce moment-là, on sera beaucoup plus près de la fin (rires). Il ne restera pas beaucoup de matchs après le 9 Avril donc, pour l’instant, on n’y pense pas et déjà bien se concentrer sur Cognac pour essayer d’enchaîner ensuite. On n’a encore jamais fait deux victoires consécutives cette saison et on va essayer de tout faire pour ça. 

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Quels ont été les leviers actionnés par Pascal Papé et surtout par Sébastien Tillous-Bordes pour un peu réenclencher une dynamique vertueuse ? 

 

Ce sont surtout Sébastien et Grégoire. Ils ont essayé plein de choses, refaire du travail sur la cohésion, continuer le travail qu’ils font sur le fond de jeu et le système de jeu. Il y a eu un déclic dans les têtes, on a réussi à gagner contre Aubenas début Janvier ce qui a fait du bien mais, malheureusement, on a perdu la semaine suivante à Tarbes et pas de belle façon ce qui a refait un peu douter. On n’a pas pu jouer contre Dijon mais la semaine d’après, contre Massy, on a fait un match plein où on a vraiment fait douter les Massicois et là, les joueurs se sont dit  » mais en fait, on est capable « . C’est beaucoup dans les têtes, de toute façon, on savait depuis le début que c’était beaucoup, beaucoup dans nos têtes et que les joueurs qui étaient chez nous avaient les moyens de faire quelque chose. Donc, il faut enchaîner des matchs de la même intensité que ce qu’on a pu faire à Massy et chez nous contre Nice. Ça passera par-là, si on fait des demi-matchs, ça va être très, très compromis. 

 

On a aussi l’impression que vous êtes revenus aux fondamentaux berjalliens avec du combat, de l’agressivité et, certes, un jeu un peu moins aéré mais plus pragmatique et efficace ? 

 

Les coachs ont fait ce constat, tout comme on l’avait tous fait. Le système de jeu ne se mettait pas en place, on s’est dit que, finalement, il était peut-être un petit peu trop compliqué et qu’on n’était ni prêt ni en confiance pour le faire. Donc, ils ont effectivement décidé de simplifier les choses, de faire moins de combinaisons mais de les faire bien et de vraiment y mettre 100% d’engagement. En effet, on se retrouve plus sur les valeurs dont on parle souvent quand on parle du CSBJ vu d’ailleurs mais c’est vrai aussi que le public attend une équipe guerrière plus qu’une grande envolée de 3/4. A la base, ce n’est pas l’objectif de Sébastien Tillous-Bordes, il veut développer du jeu mais, dans un premier temps, on retrouve déjà de la confiance en faisant un jeu plus simple donc, on prend. 

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On va revenir également sur ton périmètre, celui de président. Comment as-tu fait pour garder sous cocotte et sous ton aile tous les partenaires et les sponsors du club ? Car, quand ça va mal sportivement, c’est souvent là qu’il est le plus difficile de garder la dynamique partenariale

 

Ça a été très compliqué, ce sont beaucoup de discussions et ce n’est pas que moi, loin de là mais ça a été compliqué jusqu’à Noël. Il y a eu beaucoup de justifications et d’échanges, certains nous ont dit  » vous avez une équipe de branquignoles « , nous, on répondait  » non, non, ça va venir, on y croit mais on espère juste que ça ne va pas venir trop tard dans la saison « . On a juste essayé de toujours rassurer les gens mais non, ça n’a pas été évident car quand on s’appelle Bourgoin-Jallieu, on est très attendu. On a un public et des partenaires exigeants mais, quelque part, ils étaient quand même confiants en cette nouvelle équipe et ce nouveau staff. Ils avaient envie d’y croire, ça a peut-être aidé, ils ne nous ont pas lâchés. 

 

Pour la première fois en tant que président, tu as un peu subi les affres de ce poste à savoir les lettres anonymes des grands courageux qui viennent cracher leur venin quand tout va mal ? 

 

J’en avais déjà eu auparavant alors que les choses ne se passaient pas mal et là, oui, ça s’est un peu enchaîné sur la fin d’année. C’est comme ça, on ne peut pas y faire grand-chose, j’aurai préféré en discuter avec les gens en question mais je ne vais pas pouvoir le faire. Ou alors, peut-être que je le fais sans le savoir car il se peut que ce soient des gens que je croise (rires). C’est vrai que, sur le moment, ça laisse un goût amer quand on donne tout, on ne peut pas me reprocher de ne pas aimer le club et de ne pas tout faire mais j’ai sans doute raté quelques trucs, c’est le constat que l’on a fait sur les six premiers mois de la saison. 

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Malgré tout, tu as le cuir épais, que ce soit dans le milieu du sport ou dans celui de l’entreprise et tu en as vu d’autres ? 

 

La vie est ainsi faite, ce n’est pas rose tous les jours. Il y avait un film qui disait  » La vie n’est pas un long fleuve tranquille  » et ça s’est confirmé encore une fois. Il faut encaisser, c’est vrai qu’il y a des moments quand ça s’enchaîne en très peu de temps et qu’il y a beaucoup de choses négatives où c’est un peu dur mais après, on rebondit et on avance. 

 

Est-ce que tu peux aussi nous parler des annonces qu’il y a eu récemment et notamment sur le fond de dotations ? Quel en serait le bénéfice pour le club ? 

 

Il y a déjà une volonté de notre part de mettre des actions en place auprès de l’extérieur et de notre territoire, pour parler globalement, mais aussi auprès des autres associations. On a tout ça en tête depuis deux, trois ans mais on ne savait pas comment l’organiser. On avait cette idée de fond de dotations sans trop savoir comment le mettre en place et Pascal nous a pas mal aidé là-dessus car il avait vécu la création du fond du Stade Français donc il savait à peu près comment il fallait faire et il savait vers qui aller pour se faire aider. Ça nous a forcément beaucoup aidé et comme on s’était lancé vers Septembre ou Octobre, ça prend un peu de temps car c’est une forme juridique qu’il faut faire valider en préfecture et ça ne se fait pas en cinq minutes, il y a des délais incompressibles. L’idée est de mener des actions en-dehors du club mais aussi pour le club car il y a des actions qui sont directement liées comme la partie formation et éducation de nos jeunes. Ensuite, il y a des actions vraiment vers les quartiers de la ville pour faire connaître le rugby, en faire la promotion et, pourquoi pas, aller trouver de nouveaux talents. On a deux quartiers un petit peu difficiles à Bourgoin et qui, on le sait, ne sont pas du tout orientés rugby sans doute parce-que c’est culturel. Il y en a un qui se trouve à côté du stade de foot donc on comprend que les jeunes aillent facilement s’inscrire au foot plutôt qu’au rugby mais il faut aussi faire la promotion. On le fait un petit peu au niveau des écoles et on est en train d’accentuer cet effort dans toutes les sections scolaires pour faire connaître le ballon ovale et on va le faire dans les quartiers. Ensuite, on veut aller vers le handisport et le handicap en général car il y a de belles choses à faire. Il y a pas mal de choses à mener, ça ne se fait pas sans argent et pour ça, il faut aller chercher des moyens et le fond de dotations est un moyen assez adapté à tout cela. 

Il y a un club de Nationale qui sait très bien investir les quartiers, c’est Massy. Il faut peut-être aller leur demander la recette ? 

 

Je dirai presque qu’ils ne font que ça (rires). Le stade est en plein milieu de quartiers pas toujours très simples, on en discute quand on se voit mais chaque ville est un peu différente et Bourgoin n’est pas Massy. On n’a pas tout à fait les mêmes problèmes ni la même sociologie. 

 

On va évoquer l’un des projets phares de ton mandat, un nouvel outil pour le club avec cette nouvelle tribune que certains appellent  » la tribune Henri-Guillaume Gueydan « . Où en est-elle ? 

 

Elle avance bien, on devrait finir les travaux fin Juin ou courant Juillet. Les choses avancent normalement mais, même si je suis à l’impulsion, ce n’est pas  » la tribune Henri-Guillaume Gueydan « . Il n’y a rien à cacher là-dessus, on en a vraiment besoin pour la suite, ça va être un outil important les jours de matchs mais également tous les jours de la semaine. On l’attend avec impatience. 

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Autre sujet d’actualité, les fameux points perdus contre Tarbes dans un imbroglio fédéral et administratif sans nom. Où en est l’affaire ? 

 

On a envoyé le dossier au CNOSF il y a quelques jours mais je ne sais pas du tout le temps que ça va prendre pour que l’on ait un oui ou un non. Je n’en ai vraiment aucune idée, on n’a pas d’info là-dessus, si ça sera deux semaines, deux mois ou je ne sais combien (rires). On patiente mais en tous cas, à l’heure actuelle, on ne peut plus rien faire, les dés sont jetés. De toute façon, je pense que ce sera la dernière étape car je ne crois pas qu’il y ait un niveau supérieur. 

 

Vous avez de l’espoir ? 

 

Oui, j’ai des espérances car, pour moi, c’est totalement injuste. On n’a rien fait de mal donc je ne vois pas pourquoi on ne récupérerait pas nos points. 

J’imagine que, que ce soit avec Pascal Papé ou Sébastien Tillous-Bordes, vous avez déjà un œil sur la prochaine saison. Quelles en sont les perspectives ? 

 

En effet et ce, depuis longtemps, surtout quand ça va mal et qu’on se dit  » j’ai peut-être fait des erreurs, qu’est-ce qui ne marche pas, il faudrait trouver tel type de joueur à tel poste « . On y pense depuis longtemps mais, pour l’instant, il n’y a pas tellement de perspectives car quand on est dernier ou avant-dernier du classement, c’est compliqué de faire signer des joueurs car on ne peut pas leur garantir qu’on sera dans cette division l’année prochaine. Donc on prend des contacts mais ça ne va pas plus loin (rires). 

 

Le meilleur que l’on puisse vous souhaiter, c’est de vite accrocher le maintien pour vraiment pouvoir embrayer sur la saison prochaine ? 

 

Il faudrait effectivement que l’on sorte rapidement de cette zone des deux dernières places mais ça ne va pas être simple. On verra dans trois semaines, le 13 Mars, à la fin de ce bloc où on est. C’est justement un peu ce qu’on a dit aux joueurs que l’on approche, de patienter quelques semaines, on a des joueurs intéressés pour venir chez nous mais qui, forcément, veulent être sûrs. Mais, de toute façon, c’est pareil pour nous, si on devait descendre, on ne recrutera pas grand monde ou peut-être si, pour remplacer des joueurs qui ne voudraient pas rester mais ça n’est pas l’objectif. 

 

Propos recueillis par Loïc Colombié

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