#Rugby – Nationale / Titouan Cazedepats (Suresnes) : «On est passé d’un club qui était à 90% amateur il y a 5 ans à un club pro!»

Le 3/4 francilien Titouan Cazedepats nous a accordé un entretien quelques heures avant d’aller défier Valence Roman Drome Rugby lors de la 18ème journée de Nationale. Celui qui a tout connu dans le club juché sur le Mont Valérien, nous a livré son vécu avec le RC Suresnes commençait en fédérale 2 et qui voit les altosequanais s’installer dans les équipes de Nationale. Ce joueur de sevens formé au Stade Français nous donne aussi son opinion sur la saison du RCS.

 

 

Pour Suresnes, un gros défi s’annonce ce week-end : aller dans la Drôme défier VRDR ? 

 

Oui, un gros défi, on est parti aujourd’hui pour jouer Valence et attaquer ce bloc de 4 matchs. On joue ce soir à 19h donc il va falloir qu’on soit prêt et on y va pour faire la plus belle partie possible avec de l’engagement et être prêt sur nos bases. 

 

On sait que le staff et le président vous avaient donné un objectif en début de saison, celui d’être entre la 8e et la 6e place, et la 6e de préférence car au bout, il y a la timbale des play-offs. Ce bloc est primordial pour rester dans ces clous-là car, en cas de mauvais bloc, vous dégringoleriez irrémédiablement ? 

 

C’est exactement ça. Pour l’instant, on est dans les clous pour être entre les 8 et 6, il faut donc absolument que l’on gagne le maximum de points sur ce bloc-là et qu’on puisse bien finir la saison. Il restera 5 matchs derrière donc on compte vraiment sur l’engagement de tout le monde pour pouvoir être le plus performant possible sur les matchs à venir et ça commence effectivement ce soir. 

On attaque quasiment le dernier tiers de la saison et, dans une saison, il y a toujours de grandes satisfactions mais aussi des regrets. Quelles sont les satisfactions et les regrets de Suresnes ? 

 

Tu me prends un peu de court là-dessus mais je pense que la satisfaction, c’est d’avoir prouvé cette année qu’on avait notre place en Nationale puisqu’on a largement rivalisé avec bon nombre d’équipes. On voit que c’est un championnat où tout le monde peut battre tout le monde et, en l’occurrence, nous aussi on a pu le prouver en allant gagner deux fois à l’extérieur. La satisfaction, c’est ça, je pense que le club est rassuré sur l’image que l’on renvoie et je pense que tout le monde respecte le Rugby Club Suresnes aujourd’hui. La déception que l’on peut peut-être avoir, c’est que l’on puisse parfois manquer un petit peu de régularité sur nos résultats et laisser échapper des matchs à notre portée qu’on aurait peut-être pu gagner en se préparant un peu mieux ou surtout en abordant les matchs avec un peu plus de sérénité et de pragmatisme, je dirais. En tous cas, c’est comme ça que je vois les choses. 

 

En parlant de pragmatisme, on a quand même l’impression qu’il y a une dose de pragmatisme bien plus grande que l’année dernière où vous aviez un côté un peu plus joueur et esthète, un peu  » rugby champagne  » ? 

 

Effectivement, Suresnes a toujours été une équipe historiquement très joueuse. Ce schéma de jeu et cette façon de jouer ont été renforcés par l’arrivée d’Alexandre Compan il y a deux ans qui a toujours orienté le jeu sur ce type d’attaque. Aujourd’hui oui, on a vraiment gagné en pragmatisme grâce notamment à deux choses, la première étant notre expérience en Nationale au plus haut niveau qui grandit puisque c’est notre 2e saison à ce niveau-là donc, comme je le disais tout à l’heure, je pense que l’on aborde les matchs avec plus de sérénité. La deuxième chose, c’est qu’on a été rejoint par un certain nombre de joueurs qui ont une expérience un peu plus capée du haut niveau et qui nous permettent d’avoir plus de sérénité et de stabilité et d’être pragmatiques comme on vient de le dire. 

Jouer à côté d’Antonie Claassen doit aussi être une fierté ? 

 

C’est clair. C’est un très grand joueur avec un très grand palmarès et une très grande carrière donc, effectivement, on essaye d’apprendre le maximum à ses côtés. Il inspire beaucoup de respect et c’est une grande fierté pour nous de jouer avec lui. 

 

Comment assimiles-tu cette équipe du VRDR, qui est quand même l’une des plus belles si ce n’est la plus belle équipe de Nationale ? 

 

Pour moi, c’est l’une des trois meilleures équipes de la poule, pas forcément la meilleure mais l’une des trois meilleures. Pour les avoir joués à l’aller, ce que je leur reconnais, c’est vraiment une très forte stabilité à la fois en conquête, dans leur jeu qui est assez direct, on sent qu’il y a assez peu d’approximations. On aborde ce match très, très sérieusement, d’autant plus à l’extérieur. 

Dans la suite du menu, il y a la réception de Blagnac, dont on sait que c’est une équipe très difficile à manœuvrer suivie d’un déplacement en terre tarnaise à Albi. C’est loin d’être simple ? 

 

En effet, ça fait deux ans qu’on joue Blagnac et on a toujours du mal à gagner ces matchs. On a réussi à gagner chez eux l’an dernier mais ensuite, on reste sur deux défaites consécutives face à cette équipe. Comme on le dit, ce sont 2 / 3 matchs qui vont être charnières et très intenses sachant que la 4e rencontre de bloc se fera face à Soyaux-Angoulême. Donc, on a vraiment un bloc très costaud et il va falloir que l’on soit très sérieux pour ne pas passer à côté. 

 

Le déplacement à Albi sera aussi compliqué ? 

 

Je ne sais pas, je ne pars pas de ce postulat-là (rires). Je pense qu’on est tout à fait capable d’aller gagner n’importe quel match donc, pour l’instant, on se concentre à court terme sur les deux matchs à venir, en particulier sur celui de ce soir puis sur celui de Blagnac. On verra ce qui se passera à Albi, dans quelle dynamique nous serons à ce moment-là et quel sera notre niveau de confiance. Je pense que c’est un match qui est totalement abordable qu’on peut aller gagner. 

Toi qui fais maintenant partie des anciens du RC Suresnes puisque c’est la 5e saison, tu as vécu l’année dernière où vous étiez partis tout feu tout flammes. Lors de l’arrêt des compétitions en Octobre, vous étiez dans les trois premiers mais ensuite, il y avait eu une dégringolade progressive jusqu’au fond du classement. Est-ce qu’il y a des moments où vous, les cadres du vestiaire, vous mettez un peu des piqûres de rappel en disant  » attention à ne pas tomber dans les mêmes travers  » ? 

 

Pour l’instant, ce n’est pas le sujet. J’entends effectivement le lien avec l’an dernier mais aujourd’hui, on ne se situe pas dans une situation de crise, loin de là. Juste avant le bloc de 3 matchs, il me semble qu’on était sur 4 victoires consécutives donc on est dans une situation de confiance. On est en effet là pour relever tous les points d’attention et faire en sorte que l’on gagne les matchs pour qu’on rebascule dans une dynamique positive mais nous ne sommes pas en train de ressasser les erreurs du passé. On essaye de se détacher de ça et on pense vraiment qu’on n’est pas dans une situation de crise aujourd’hui. On aborde vraiment le bloc assez sereinement, on croit en nous et en nos qualités. On en reparlera peut-être dans 4 matchs mais à l’instant T, on se sent bien et on essaye de ne pas trop évoquer l’an dernier car pour nous, il n’y a pas forcément de lien direct. 

 

En tant que taulier du RCS, tu as vu évoluer ce club de la Fédérale 2 jusqu’à la Nationale. Comment peux-tu nous décrire cette évolution et quelles sont les perspectives d’avenir ? 

 

Le club est en pleine évolution depuis 5 ans, une évolution qui est importante mais surtout très rapide. On est passé d’un club qui était à 90% amateur lors de sa première année en Fédérale 1 il y a 5 ans à un club qui se dirige vraiment aujourd’hui vers une structuration professionnelle. Ce que je retiens dans ce club, c’est qu’on conserve un état d’esprit qui ressemble bien à Suresnes et qui est le même qu’au moment où je suis arrivé, avec vraiment un esprit de respect, de convivialité mais aussi d’humilité. C’est ça qui me plaît dans ce club-là qui, je pense, est aujourd’hui entre de bonnes mains. L’objectif annoncé par les présidents Laurent Piepszownik et Olivier Pouligny est vraiment de continuer à structurer le club, il y a un travail important qui est fait de leur part, de la part de la direction, de Mathieu Blin et des coachs. Le club va continuer à se structurer à la fois sur son effectif mais aussi sur toutes les infrastructures qu’il y a au Mont Valérien à Suresnes. Donc, d’un point de vue rugby et d’un point de vue structuration du club, j’y vois beaucoup d’ambition et beaucoup de belles choses à venir.

En parlant d’avenir, on a vu la signature de David Auradou, une des légendes du rugby français qui arrive à Suresnes. C’est aussi un ancien du Stade Français, un club que tu as connu, qu’est-ce que ça t’a évoqué lorsque tu as appris cette nouvelle ? 

 

Pour être très honnête, on essaye aujourd’hui de se concentrer sur la saison actuelle. La signature de David est une décision de la direction mais la venue de David est dans la même réflexion que ce qu’on évoquait tout à l’heure à propos d’Antonie Claassen. Il y a beaucoup de respect qui sort de ce joueur-là, il a joué au plus haut niveau dont en plus au Stade Français, moi qui suis issu de la maison. Je ne le connais pas personnellement, on n’a pas encore tous eu d’échanges avec lui donc on reste concentré sur notre saison et on verra ce qu’il se passera par la suite d’ici la fin de saison. 

 

Tu as été formé au Stade Français pour ensuite éclore au RC Suresnes. On peut imaginer qu’il y ait d’autres passerelles qui se créent entre le Stade Français et le RC Suresnes, même si vous êtes géographiquement plus proches du Métro Racing ? 

 

C’est en effet l’optique. J’ai joué au Stade Français pendant 12 ans jusqu’en espoirs, je me suis retrouvé au Rugby Club Suresnes à l’époque où on était très loin de ce projet-là, on était vraiment dans une dynamique ‘ amateurs de haut niveau ». Mais oui, je pense qu’aujourd’hui, Suresnes a tout intérêt à développer des passerelles importantes entre les clubs formateurs de la région, à savoir le Stade Français et le Racing. On voit que c’est ce qu’ils font aujourd’hui, il y a d’autres joueurs issus du Stade Français qui jouent à Suresnes comme Quentin Dauvergne, Arthur Proult, j’en oublie sûrement mais ce sont les deux personnes qui me viennent à l’idée. Donc oui, je pense qu’il faut que Suresnes continue à s’appuyer sur la formation parisienne tout en sachant que le club développe aussi de manière très approfondie et se structure très bien sur son école de rugby. Il n’y a pas longtemps, on a fait un petit entraînement en commun avec les U18 et on a vu qu’il y avait vraiment de la qualité chez les jeunes donc c’est vraiment de bon augure pour la suite.

On a vu qu’il y avait beaucoup de joueurs de Seven à Suresnes. Est-ce que tu as déjà pratiqué le rugby à 7 ? 

 

Tu tombes bien avec cette question (rires). J’ai beaucoup joué avec Seventise, une association montée par des amis à moi qui sont Alexandre Rousset, Julien Blanc et Maxence Blanc, asso parisienne mais qui regroupe beaucoup de joueurs tout autour de la France. Donc, j’ai beaucoup, beaucoup joué, le rugby à 7 a vraiment fait partie de ma formation et il y a deux ans, j’ai eu la chance de jouer pour les Barbarians lors du Super Seven. Ce n’est pas toujours simple de combiner les exigences en termes de calendrier et de préparation physique du rugby à 15 avec la possibilité de jouer au rugby à 7. Mais je reste persuadé que c’est une discipline qui doit continuer à se développer et que les joueurs aujourd’hui, quel que soit leur style de jeu ou quel que soit leur poste, ont tout intérêt à jouer à 7 car ça permet vraiment de déjà prendre du plaisir mais aussi de se développer techniquement niveau rugby. C’est vraiment un sport fabuleux et j’ai d’ailleurs hâte de pouvoir y rejouer (rires). 

 

Quel est le mot d’ordre au RC Suresnes pour cette fin de saison ? 

 

Se faire plaisir, bien finir, respecter notre engagement d’être entre 8 et 6 et pouvoir ramener le maximum de victoires avec ce groupe-là.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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