#Rugby – ProD2 / Romain Barthélémy (Grenoble) : «C’est vraiment à Albi que j’ai commencé le rugby professionnel!»

Prochain Épisode : Martin Doan (Montpellier)

Aux pieds des Alpes l’ex-capitaine Albigeois, Romain Barthélémy alias  » Barthé « , est l’invité de notre 3eme épisode des « Jaunes et noirs évoluant en ProD2/Top14. L’ex ouvreur et 3/4 centre du club tarnais n’a rien perdu de son franc-parler et de son affection pour le club de la cité épiscopale. Aujourd’hui de retour dans sa ville natale au FC Grenoble (Pro D2), Romain Barthelemy garde un souvenir mémorable de son épopée en terre basque, l’emmenant a connaître tant les joutes de Top 14 que la ferveur entourant l’Aviron bayonnais. Mais entre un punchline envoyé au président des résidents du stade Jean Dauger, et un récit du « Putsch Albigeois » de 2017, ce grenoblois de naissance et azuréen d’adoption ne manque pas de rendre hommage à deux coachs du SC Albi qui l’ont marqué : Henry Broncan et Ugo Mola. Louant aussi les valeurs humaines d’Arnaud Méla son dernier coach en jaune et noirs, Romain Barthélémy garde un attachement profond avec Albi, un club qui l’a vu se révéler au grand jour du professionnalisme.

Crédit photo Instagram Officiel R.Barthélémy

 

Après être passé par le Sporting Club Albigeois et avoir fait les beaux jours de Bayonne en Pro D2 et en Top 14, une nouvelle aventure a commencé pour toi puisque tu t’es expatrié à Grenoble. Qu’est-ce qui t’a amené à faire ce choix ? 

 

Il y a eu plusieurs raisons, la première étant que Bayonne me l’a un peu mise à l’envers. En Septembre, j’étais l’un des premiers joueurs à qui ils devaient faire une prolongation de contrat, le temps passait, ils prolongeaient d’autres joueurs alors que j’étais le premier en tête pour une éventuelle prolongation et il ne se passait rien, à chaque fois, ils me disaient  » la semaine prochaine, la semaine prochaine « . Ensuite, je me suis luxé l’épaule et ils me disaient  » attend, tu es blessé et il faut que tu reviennes  » ce que je fais début Janvier avec deux bons matchs de reprise et malgré qu’ils auraient dû me faire l’offre, je n’avais toujours pas de proposition concrète. Ça m’a un peu gavé et je suis allé voir de mon côté ce qui pouvait se passer ailleurs, Grenoble était vraiment intéressé depuis un petit moment et j’avais eu Fabien Gengenbacher plusieurs fois au téléphone. Bayonne ne voulait pas accélérer les choses, j’ai appelé Fabien pour lui dire que je partais et comme par hasard, à ce moment-là, j’ai eu un contrat de Bayonne mais pour moi, le mal était fait. Ils ne m’ont pas forcément respecté par rapport à ce que j’avais pu donner au rugby à Bayonne pendant les trois saisons où j’étais l’un des joueurs qui jouait le plus régulièrement voire même le plus utilisé car la première année en Pro D2, j’étais le joueur qui jouait le plus puis régulièrement titulaire sur les deux années d’après. J’ai eu un petit différent avec le président, c’est la vie d’un sportif puis Grenoble s’est manifesté et j’ai eu une belle proposition sur trois saisons. J’arrive à un âge un peu avancé, j’avais 4 heures de route pour aller voir ma famille et, comme je suis né à Grenoble, c’était un besoin important de mon côté de me rapprocher d’eux et de suivre ma femme. 

 

Il y a quand même eu une croisée des chemins puisque tu as retrouvé Bayonne il y a deux semaines et que tu passes à la fin la pénalité de la gagne pour Grenoble qui a fait du bien au classement. Il fallait avoir un gros cœur et une grosse paire de couilles pour la passer ? 

 

Il est sûr que ce match me tenait à cœur, comme le match aller d’ailleurs où l’on avait perdu à domicile. Je crois qu’on a eu beaucoup de réussite sur le match retour, j’ai déjà la chance que mes collègues m’offrent la pénalité et j’ai en plus la réussite puisque je la mets donc, tant mieux. Bien sûr que ça fait plaisir, d’autant plus que j’ai eu un début de saison assez compliqué avec Grenoble où je n’ai pas fait les performances que j’espérais donc ça m’a aussi fait du bien à moi personnellement. 

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Pour revenir à Bayonne, ces trois ans à l’Aviron ont quand même été une belle parenthèse malgré le happy end que tu aurais préféré avoir. Tu commences en Pro D2, vous allez en Top 14, ça se termine par un match homérique entre Bayonne et Biarritz qui restera dans la légende du rugby français et c’est quelque chose qui restera ancré dans ton cerveau toute ta vie ? 

 

Honnêtement, j’ai passé de belles saisons à Albi mais ce sont sûrement les plus belles à Bayonne. J’arrive la première année, on est champion de France, on fait une super 2e année en Top 14, où le Covid nous a arrêtés mais on fait de bons matchs et quand on s’arrête, on est 8e ou 9e au classement donc la saison était bien partie. Malheureusement, il y a cette dernière année où je me suis blessé de mon côté donc j’ai raté la fin de la saison avec Bayonne mais quand je jouais au début, c’était aussi un plaisir de jouer en Top 14 contre quasiment les meilleurs joueurs au monde, contre de belles équipes et dans de grands stades. Ça a forcément été quelque chose de très enrichissant pour moi, d’avoir connu ça sera une fierté et je suis très heureux de mes trois années à Bayonne.

 

La première Pena Baiona a dû être quelque chose d’extraordinaire ? 

 

C’est certain ! Je l’avais connu avec Albi car, quand Bayonne était descendu en Pro D2, l’année de Mauricio Reggiardo il me semble, je l’avais vécu en tant que visiteur. En plus, on fait une belle année la première saison, Yannick Bru arrive et d’entrée, on reçoit Brive. Je me souviens que le stade était plein pour l’ouverture du championnat de Pro D2, on avait fait un gros match qu’on avait gagné et ça a de suite pris avec le public, c’était incroyable. Il y a deux choses dont je suis content : avoir connu le pilou-pilou avec Toulon et la Pena Baiona avec Bayonne, les deux au stade. 

La boucle est bouclée. On va maintenant parler de Grenoble car, en début de saison, on voyait les pronostiqueurs et les suiveurs vous placer très haut dans le classement et dans les favoris pour les 6 premières places, ça n’est pas tout à fait le cas après 6 mois de compétition . Cette saison est un peu plus compliquée que prévu, comment l’assimiles-tu ?

 

Nous les joueurs, et moi le premier, on n’a pas fait un bon début de saison. On est en dents de scie, on arrive à faire des performances assez incroyables à l’extérieur et, a contrario, perdre à domicile contre des équipes qui sont censées être un peu inférieures à d’autres chez qui nous sommes allés gagner comme Vannes ou Bayonne. On est une équipe à réaction, en dents de scie et qui me fait penser un peu à Albi, car un peu comme le SCA à une époque, on n’y arrive pas à domicile où on tremblait un peu. Il faudrait arriver à enclencher cette dynamique d’enchaîner 2 / 3 victoires d’affilée pour essayer de prendre de la confiance mais c’est vrai qu’aujourd’hui, la situation n’est pas celle qui était prévue en début de saison. Ce ne sont pas du tout les ambitions que le club avait car, au vu de l’effectif, c’était normal d’aller chercher une place dans les six premiers. C’est une saison où l’on va apprendre, ce qu’il faut surtout, c’est sauver le club et se maintenir car aujourd’hui, nous sommes dans une situation très délicate donc il faut que nous, les joueurs, en prenions conscience et qu’on soit prêt à relever le défi chaque week-end car là, tous les points vont être importants. Il reste 10 ou 11 matchs mais il y a quand même situation d’urgence. 

 

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Tu as un attachement familial assez particulier à ce club de Grenoble ? 

 

Mon père y a joué et moi, j’y suis né. C’est un club mythique qui, un peu comme Bayonne, fait l’ascenseur depuis des années entre la Pro D2 et le Top 14. C’est là où je suis né donc ça me fait plaisir de découvrir cette ville et ce stade qui est magnifique car le stade des Deux Alpes est très beau. 

On fait un petit retour sur tes années albigeoises avec des hauts, et même des très hauts, mais aussi des très bas et cette saison 2016 / 2017 catastrophe avec la redescente en Pro D2 ? 

 

C’est vraiment à Albi que j’ai commencé le rugby professionnel, j’avais un peu joué à Toulon mais on ne peut pas dire que ce soit vraiment une saison pleine en pro. C’est à Albi avec Henri Broncan que j’ai vraiment fait une saison complète et je n’en garde que de bons souvenirs, tous mes meilleurs amis étaient là-bas et ce qui était fort, c’est que l’on avait un noyau fort avec Julien Raynaud, Mathieu André, Mathieu Peluchon, Malik Djebabblah, Cyriac Ponnau, Malik Hamadache. Ce qui était bien, c’est qu’on était solidaire, on prenait parfois des décisions qui n’étaient pas faciles mais on l’a toujours fait dans l’idée de sauver ce club et j’aurai toujours ce regret-là avec la descente. Je pense qu’on aurait dû réagir plus tôt, on l’a fait un peu tard car on a vu que, quand on a changé le staff, on a fait une fin de saison incroyable mais, malheureusement, on partait déjà de trop loin. C’est sûr que ce sera une grande déception que d’être arrivé en Pro D2 et d’être parti avec le club en Fédérale 1 mais c’est la vie et j’espère vraiment que le Sporting va retrouver sa place qui est en Pro D2 car c’est un club et une ville vraiment magnifiques et je pense que sa place est en Pro D2 et non en Nationale.

 

Lors de cette dernière année de Pro D2 (2016-2017), lorsque vous faîtes un peu ce putsch entre joueurs et que vous décidez de renverser la table comme on dit dans le jargon, comment cela se passe t’il et qu’est-ce qui le motive ?

 

Ce n’est pas facile car nous sommes joueurs et non directeurs du club, on n’a pas les chiffres, les comptes, on ne connaît pas la situation financière du club mais on savait qu’avec Serge Mihas et Philippe Bérot, ça ne passait pas trop entre le staff et les joueurs. Au bout d’un moment, les leaders Julien Raynaud, Malik Djebabblah, Malik Hamadache, Cyriac, Dédé, Peluche, on s’est tous réuni ensemble et on s’est dit  » qu’est-ce qu’on fait ? Ça ne va pas du tout, l’ambiance n’est pas bonne, les entraînements ne nous conviennent pas « . On avait quand même une belle équipe avec un gros potentiel, je pense d’ailleurs qu’on avait une équipe pour être à la bataille dans le haut de tableau, entre la 8e et la 6e place. On s’est qu’il fallait un électrochoc, que malheureusement, on change le staff et qu’on essaye de repartir à zéro. On a eu quelques petits contacts avec Vincent Clément, on savait que ça pouvait l’intéresser de revenir un peu dans le milieu donc, on a clairement dit les choses, on est allé voir le président et exprimé le fait que, s’il voulait qu’on se sauve, il fallait changer sinon on allait droit dans le mur. 

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Se sauver ne passe quand même pas loin car, à l’époque, vous êtes l’équipe qui est descendue avec le plus grand nombre de points ? 

 

C’est ça mais surtout, je crois qu’il restait 10 ou 11 journées quand on l’a fait et qu’on a pris plus de points en 10 ou 11 journées qu’en 19 avant. On a gagné à l’extérieur, on avait gagné tous les matchs qu’il fallait mais le problème, c’est que c’était trop tard, on avait trop de retard, un retard que, malheureusement, on n’a jamais rattrapé. Je suis sûr que si on avait fait ce putsch un mois avant, on s’en serait sorti. 

 

L’année d’après, tu repars en tant que capitaine avec Arnaud Méla qui arrive et qui débarque pour sa première année en tant qu’entraîneur en Fédérale 1 Elite. Vous butez face à Rouen et j’imagine que c’est là-aussi une grosse déception car vous aviez également dans le coffre cette montée en Pro D2 ? 

 

Honnêtement, sur la Fédérale / Nationale, je pense que c’est l’année où Albi avait l’effectif le plus complet car on avait quasiment gardé l’ossature de l’équipe qui était en Pro D2 et qui a fait les beaux jours de la Pro D2avec notamment Mathieu Peluchon et Mathieu André, qui y est toujours. On avait vraiment une belle équipe et on aurait pu faire mieux mais je pense qu’on a eu un peu de mal au démarrage. On ne connaissait pas du tout le niveau de la Fédérale 1, il y avait un nouveau staff, qui était d’ailleurs très bien, avec Arnaud qui est extraordinaire, un super mec. Je pense qu’il a peut-être malheureusement manqué d’un peu plus d’expérience et de vécu commun pour mieux aborder ce début de saison où on était tous un peu dans le flou. Il y avait aussi un peu ce traumatisme de la descente qui n’était pas facile à digérer et je crois que le début de saison a été compliqué même si on s’est bien relevé à la fin. Mais je pense que l’échec est venu de ne pas avoir été 2e pour éviter Rouen car Rouen avait aussi une belle équipe en Fédérale, on aurait pu grappiller une place de plus au classement, se retrouver 2e et avoir un tirage un peu plus facile pour les phases finales.

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Au cours de ton parcours albigeois, tu as eu Ugo Mola, Henri Broncan, Arnaud Méla, Vincent Clément, Mauricio Reggiardo, que des grands noms du rugby. Je suppose que chacun t’a apporté un petit truc ? 

 

C’est certain. Henri Broncan est la bible du rugby, c’était incroyable, Ugo Mola est le nouvel homme fort du rugby aujourd’hui qui est venu à Albi et nous a fait faire une saison magnifique, on fait une demi-finale avec Ugo alors que ce n’était pas prévu au départ, on ne pensait pas pouvoir faire ça et on avait fait une super saison. Il y a toujours une expérience à tirer des saisons qui étaient un peu moins bien avec des décisions qu’il fallait prendre à certains moments qui n’ont pas été faciles mais ça nous fait aussi grandir individuellement sur qui on est et ce qu’on veut. Quoi qu’il arrive, toutes les saisons que j’ai vécues, le fait d’avoir eu plein de staffs différents sont des expériences enrichissantes à titre personnel car on voit plein de choses et ça nous permet de bien comprendre ce qu’on veut, ce qu’on ne veut pas et ce qu’il faut faire pour y arriver. 

 

J’imagine que tu dois regarder les résultats du Sporting Club Albigeois tous les week-end en Nationale ? 

 

Ça, c’est sûr (rires). 

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Quand tu vois l’effectif actuel, il ne reste plus grand monde de ton époque à part Dédé André, Bastien Dedieu, Caillou ? 

 

Il y a aussi Benji Caminati qui est arrivé un peu après mais avec qui j’ai joué un petit peu à Albi mais c’est vrai qu’il ne reste plus grand monde. Mais, à chaque fois, je trouve qu’il y a une équipe compétitive qui, je pense, va déjà arriver à se qualifier puis à faire de belles choses en phases finales après. 

 

Dédé André et Bastien Dedieu approchent bientôt de la fin de carrière. S’ils font un jubilé un jour, on peut compter sur toi pour venir ? 

 

C’est certain, je ne raterai pas le jubilé de Mathieu André ! Il y a aussi Bastien mais je suis très proche de Mathieu, c’est pour ça. 

 

Pour finir, un petit clin d’œil au peuple albigeois au peuple jaune et noir et à tous ces bénévoles qui t’ont accompagné pendant de nombreuses années ? 

 

Je voudrai les remercier car j’ai passé de très bons moments à Albi et d’ailleurs, j’en ai encore qui m’écrivent de temps en temps. J’ai aussi quelques nouvelles de certaines personnes d’Albi et du club donc ça fait plaisir, ça veut dire que les gens m’appréciaient et je les apprécie aussi. Je suis vraiment content d’avoir pu jouer dans ce stade avec ce public incroyable et je leur souhaite vraiment de finir la saison de la meilleure des manières et que les supporters continuent à les supporter et à les encourager car la fin de saison approche et ils auront besoin du peuple albigeois pour remonter en Pro D2. 

 

Propos recueillis par Loïc Colombié

Article en partenariat avec :

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