#Rugby – Fed1 / B.Bagate (Oloron) : «Cette ville, j’ai envie de dire qu’elle pue le rugby!»

Au coeur du Bearn, Benjamin Bagate et son staff bâtissent un nouveau projet sportif à Oloron Sainte-Marie, bastion endormi du rugby hexagonal. Ayant succédé à Pierre Chadebech, l’ex coach de Chambery, Albi ou encore Perigueux s’est imprégné de l’ADN local et de la passion viscérale de l’ovalie, d’un territoire qui n’a d’yeux chaque week-end que pour le « Fécéo ». Dans cette poule 4 de Fédérale 1, où chaque week-end est une âpre lutte souvent teintée de derby, « BenBen » comme le surnomme ses amis, tente de faire basculer le club des co-Présidents Malié et Séréna dans le semi-professionnalisme via le prisme de la nationale 2. À une semaine de la réception de l’ennemi héréditaire, les souletin de Mauléon et a quelques heures d’affronter les Gersois de Lombez Samatan à Saint Pée, le manager du FCO nous livre un premier bilan de son action.

Crédit photo FCO Officiel


Pour tes premiers pas en terre Béarnaise, cette année, tu es tombé dans une poule très régionale, où il y a des derbys tous les week-ends, où ça frotte tous les week-ends. J’imagine que tu dois te régaler.


C’était un peu ce que j’étais venu chercher pour ne rien te cacher. Après l’épisode Biterrois qui a été très douloureux à la fois pour moi et pour les miens, j’étais venu chercher un peu le vrai rugby. Celui qui se passe ici dans cette région du Sud-Ouest. Je savais que ça allait être une poule très homogène et très difficile. Ce qui est le cas avec tous les week-ends, si ce n’est des derbys, des matchs à couteaux tirés. J’étais venu chercher ça, et je ne suis pas déçu de ce côté-là.


Dans cette poule, on sait qu’un week-end, on peut être en dehors des clous pour se qualifier en Nationale 2 et le week-end d’après, on peut vite revenir à la quatrième ou cinquième place. C’est très très serré comptablement !

Oui comptablement tout est serré. Ça s’est resserré sur la dernière journée, notamment nous avec nos deux performances chez des équipes plutôt bien placées que sont Anglet et Fleurance. Maintenant, on voit que d’autres équipes aussi font des exploits, et notamment Peyrehorade, notamment Oloron, notamment certaines équipes qui s’accrochent. Je crois qu’on est à trois-quatre points près, de la quatrième à la dixième place. C’est sûr que jusqu’à la fin de saison, ça va être difficile.

https://debardautomobiles.com

On a l’impression que cette année Oloron, un peu comme le Jurançon, s’exporte bien.

Ecoute, il était temps. On est passé vraiment près de victoires à l’extérieur, notamment à Peyrehorade puisqu’on perd à la 86ème minute. On a été capables de faire des performances intéressantes si ce n’est à Mauléon et à Nafarroa où on n’a pas existé. C’est vrai que ça faisait trois ans que le «Fécéo» n’a pas gagné à l’extérieur. Force est de constater qu’on a été capables de le faire, deux fois d’affilé chez des grosses équipes. Maintenant, il ne faut pas se croire arrivés. Tu sais que ce sport, c’est beaucoup d’humilité et savoir se remettre en question de week-end en week-end et surtout dans cette poule.

On a vu aussi que tu as un peu musclé ton staff avec l’arrivée de Stéphane Barbarena.

Oui j’ai pris cette décision après le match à Nafarroa. On était deux dans le staff avec Thomas Synaeghel qui était encore joueur l’année dernière. Il avait beaucoup de tâches au club à savoir la préparation physique, la touche, la mêlée, le jeu d’avants. Il m’a paru important à un moment donné de densifier le staff avec quelqu’un de compétent qui connaissait le contexte Oloronais. Stéphane a entraîné ici et a démarré ici. Quelqu’un de qualité puisqu’il a été entraîneur des avants de Dax jusqu’à l’année passée. Je l’ai contacté avec Pierre Serena, et on a décidé de le faire venir. Toutes les planètes étaient alignées pour qu’il vienne nous rejoindre. C’est plutôt positif à la fois pour les joueurs et pour moi. Ça me permet d’avoir un regard plus élevé sur les entraînements, sur plein de choses. Quand tu as les mains dans cambouis, c’est toujours difficile d’avoir ce recul nécessaire.

https://www.eurinvest.fr/sites/prod/files/pdf/plaquette-WP-albi-web.pdf

Tu nous parles du contexte Oloronais. Parle-nous un peu de ce club, de cet ADN, de cette institution du rugby Français endormie…

C’est un club qui a des structures intéressantes. La plaine de Saint-Pée comporte plusieurs terrains de rugby avec des tribunes qui ont été réhabilités, des vestiaires tous neufs. En même temps, la vieille tribune qui date des années 1960 fait toute la beauté de ce Stade avec en fond les Pyrénées. Comme tu l’as dit, c’est un bastion du rugby hexagonal qui aujourd’hui essaye de se battre en Fédérale 1 avec ses armes. Economiquement ce côté du Béarn est un peu dévasté. Il y a des problèmes avec les hôpitaux et autres . Mais cette ville, j’ai envie de dire qu’elle pue le rugby. Tous les week-ends, on a les tribunes qui sont pleines. Ça, c’est quelque chose qui est très agréable.

On sait qu’Oloron a un peu manqué le virage du professionnalisme. C’est là où Oloron est rentré dans le rang du rugby français . Là on voit qu’il y a le virage du semi-professionnalisme avec la Nationale 2. Il est impératif de bien l’appréhender.


Déjà il est impératif d’avoir repris la compétition. Comme beaucoup de clubs après quasiment deux ans d’inactivité, si ce n’est trois matchs en début de saison l’an passée. Après il faut aussi se rendre compte que beaucoup de facteurs rentrent en compte : le facteur économique, le facteur sportif avec déjà un tiers des joueurs qui ont quitté le club à l’intersaison. On est en train de se battre et d’essayer de tout faire pour être dans les huit premiers. Déjà ce n’est pas une chose qui est facile. J’ai la chance d’avoir beaucoup de joueurs pour qui le maillot bleu et blanc et le blason du « Fécéo » représente quelque chose. Déjà, tous les week-ends, ils donnent tout et même si on a connu quelques contre-performances, on ne peut pas leur enlever que ce sont des joueurs qui aiment leurs couleurs. C’est ça le plus important.

https://www.eurinvest.fr/sites/prod/files/pdf/plaquette-WP-albi-web.pdf

Le plus dur, et on vous le souhaite, si d’aventure vous montez en Nationale 2, c’est de garder l’âme du club avec des joueurs qui aiment le maillot, tout en musclant cet effectif.

De toute façon, on n’aura pas le choix. A partir du moment où en termes de finances, c’est difficile, on est bien obligés de faire autrement. Faire autrement c’est faire un recrutement malin, être capables de proposer des emplois. Je crois beaucoup à la pluriactivité dans cette division, qui plus est si c’est la Nationale 2. On verra en temps et en heure. En tout cas, on n’a peut-être pas beaucoup d’argent, mais on a beaucoup d’idées et surtout l’environnement qui est très important et nous permet d’avoir des belles recettes et d’avoir un public qui nous soutient tous les week-ends.

Parlons un peu aussi du match de ce week-end face à Lombez. Quel est l’objectif ?

L’objectif est simple. On a été capables de gagner deux victoires à l’extérieur. Les victoires à l’extérieur ne sont validées que quand tu gagnes à la maison. On reçoit aujourd’hui une équipe qui est derrière nous au classement, qui vient de perdre chez lui. Ils sont un peu dans la même situation que nous l’avons été après le match de Bagnères. Surtout avoir beaucoup d’humilités, faire les choses correctement avec un temps qui va être horrible. Ils annoncent de la pluie. Donc il faudra être capables de faire le boulot à la maison et de battre cette équipe de Lombez qui est une équipe valeureuse. Il ne faut surtout pas les sous-estimer.

https://www.les-freres-lecointre.fr

On va finir avec la cerise sur le gâteau, le cadeau au pied du sapin : le derby entre Basques et Béarnais, le derby à Oloron face à Mauléon dans deux semaines. J’imagine que toute la vallée d’Oloron est en train de se fédérer autour de ce derby parce que c’est toujours une grande fête du rugby, puis une grande rivalité !

Oui, c’est surtout un match qui va venir après celui de Lombez. Moi je ne voudrais pas que les joueurs se trompent de combat et pensent à Mauléon avant de penser à Lombez. On a ce match de Lombez qui est très important pour nous. On basculera dès samedi soir après le match sur ce derby face à Mauléon. On était passés complètement à côté à Mauléon, on avait pris je crois de mémoire 30 points avec le bonus offensif pour Mauléon. A nous de faire ce qu’il faut dans un derby comme celui-là pour à la fois redorer le blason du club et redorer surtout l’orgueil de nos supporters et notre orgueil à nous. On avait été déficients dans tous les secteurs du jeu ce jour-là. A nous devant un Saint-Pée qui sera plein de faire ce qu’il faut pour laver cet affront et puis pour gagner ce match.

La question bonus, un petit clin d’œil à Yves Garçon, ton ancien président à Chambéry qui vient de rendre son tablier.


J’ai beaucoup d’affection pour lui. Je l’ai eu. On a beaucoup échangé à la fois par textos et par téléphone. C’est quelqu’un qui a fait beaucoup pour Chambéry, qui a été un président qui a été là quand le club était en grande difficulté. Il a passé la main, ou on lui a fait passer la main, je ne sais pas. Dans tous les cas, ça me fait un peu de peine pour lui. Je pense qu’il méritait une autre sortie. C’est quelqu’un qui a beaucoup donné et beaucoup fait pour le club encore une fois. C’est quelqu’un avec qui je me suis toujours beaucoup entendu. C’est quelqu’un qui restera important pour moi de mon passage à Chambéry comme Michel Ringeval a pu l’être.

Propos recueillis par Loïc Colombié

https://www.roux-carrosserie.fr
https://debardautomobiles.com

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s