#Rugby – Fed1 / V.Clément (Castanet) : «J’avais envie de tester des idées un petit peu nouvelles!»

En poule 3 l’Avenir Castanéen et son néo manager, Vincent Clément, bataille tous les week-ends avec les équipes tarnaises et du midi toulousain. Dans cette fédérale 1 qui vit son dernier exercice dans le format actuel (brassant clubs à sociologie amateur et semi Pro), les gars de l’ex capitaine emblématique du SC Albi, sont en apprentissage perpétuel du fait de leur jeunesse et d’un noyau dur estudiantin. Mais celui qui a aussi porté le maillot de Colomiers et du LOU, veut conjuguer à Castanet son envie de tester des préceptes nouveaux dans l’ovalie et le besoin du club de la périphérie toulousaine en développement sportif. Pour ce héros de l’épopée Top 14 du SCA, habitué à arracher le maintien de haute lutte, s’aventurer dans un club jouant le fond du classement ne l’effraie point. Pour lui, le public et le contexte de la fédérale 1 sont un endroit idoine pour mettre en place des choses nouvelles et préparer des projets plus sur le long cours que sur l’immédiateté sportive. Alors que la quarantaine arrivant il se plis en plus d’anciens coéquipiers en fin de carrière (K.Boulogne) ou sur les bancs des entraîneurs (P.Guicherd), Vincent Clément voit cette saison sans descente comme une aubaine pour faire mûrir et grandir cette vaillante équipe de l’avenir Castanéen.

 

Vincent Clément Manager Avenir Castanéen / Crédit photo Avenir Castanet

 

Après une belle carrière en Top 14 et en Pro D2 sous les couleurs d’Albi et du LOU, tu viens de définitivement basculer sur le coaching. On t’a vu faire un intérim dans des conditions un peu ubuesques au Sporting Club Albigeois et là, tu t’es lancé dans une toute autre aventure, au cœur du rugby amateur à Castanet. Qu’est-ce qui t’a amené à plonger dans cette aventure ? 

 

J’ai tout simplement terminé ma licence STAPS il y a deux ans et j’avais enfin le diplôme pour entraîner. Je ne cherchais pas forcément car j’étais impliqué, et je le suis toujours, dans mon boulot mais un jour, j’ai reçu un message du président de Castanet que j’ai rencontré et avec qui le contact est bien passé. Il m’a proposé le projet et ce dernier m’a de suite convaincu, de travailler avec une équipe et un groupe jeune et, effectivement, d’entraîner une équipe en Fédérale était vraiment le public avec lequel j’avais envie de travailler. J’avais envie de tester des idées un petit peu nouvelles et je trouvais que c’était le meilleur public pour réaliser ces choses.

 

Quelles sont ces idées nouvelles que tu aimerais tester et mettre un peu dans le laboratoire de Castanet ? 

 

Ce sont des choses qui me sont venues au fur et à mesure de ma carrière pro. C’est très repris actuellement, les entraînements à haute intensité que j’avais connus sur la fin à Lyon et cette possibilité de travailler le physique au sein du rugby, de développer tous les paramètres de force et de vitesse, des choses qui sont transférables directement sur le terrain. Ce sont des choses qui m’étaient déjà venues vers la fin de ma carrière, que j’avais aussi travaillées quand j’ai repris mes études et que j’avais envie de tester. 

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Pour toi, la découverte du monde amateur, puisque le club de Castanet est purement amateur, c’est un saut dans le grand bain car tu as fait toute ta carrière dans le monde pro mais là, c’est un nouvel univers que tu découvres à 40 ans ? 

 

Tout à fait, je découvre la Fédérale 1 comme mes joueurs (rires). C’est un groupe très jeune et il y en a beaucoup qui ne connaissent pas et en plus, avec la pandémie pendant deux ans, ce sont des joueurs qui ont été un peu mis sur le côté ou, en tous cas, qui n’ont pas pu trop se sensibiliser à la Fédérale 1.  Tout comme eux, je découvre ce championnat et, en effet, il faut un petit temps d’adaptation car, même s’il est amateur, il n’est pas forcément très facile à utiliser quand on vient du monde pro et qu’on a été habitué à s’entraîner toute la journée avec de nombreux leviers pour intervenir sur la performance. On a finalement que 3 séances à partir de 19h avec des joueurs qui sortent d’une journée de boulot donc ce sont des paramètres à prendre en compte et il est sûr que ce n’est pas évident. 

 

A ton avis, quelle est la sociologie de cette Fédérale 1 maintenant que tu as les mains dans le cambouis ? 

 

Je suis assez surpris par le niveau, dans le bon sens du terme bien sûr. Je pense qu’il y a beaucoup d’équipes qui ont profité de ces deux ans pour énormément se renforcer ce qui n’a peut-être pas été le cas de Castanet car on est resté sur cette politique de miser sur des jeunes et notamment les étudiants qui viennent sur Toulouse. On tombe face à des athlètes aguerris alors que nous, nous sommes encore dans une phase de développement pour la majorité du groupe et donc, parfois, cela crée un déficit qui est un peu difficile à combler. 

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 Il n’y a pour l’instant qu’une victoire sur 10 rencontres. Ça doit quand même être dur de faire garder la foi et le moral à tes troupes ? 

 

Effectivement mais c’est un peu mon rôle et celui du staff d’être clair dans les objectifs. On a pris très tôt conscience que l’objectif de qualification serait difficile à aller chercher et on a plutôt mis le curseur sur la progression et sur la transformation que l’on avait envie d’accompagner avec tout le staff au niveau de la maturation des joueurs afin qu’ils prennent conscience de l’exigence et du niveau que requiert cette Fédérale 1. Donc, on est dans un objectif d’accompagnement et de développement et tout le monde est conscient de ça même s’il est vrai que perdre commence un petit peu à peser sur le moral. Mais il n’y aucun match où l’on est sorti du terrain en se disant qu’on n’était pas à notre place ou qu’on n’était pas invité, je prends pour exemple la performance de la semaine dernière. Il y a toujours eu des bonnes choses mais nous avons des points faibles qui sont très, très faibles qu’on essaye de corriger mais, à ce niveau, ça prend un petit peu de temps pour le faire. 

 

Selon toi, le  » projet Castanet  » est un projet sur du long terme, sur un, deux ou trois ans pour que ce groupe arrive à maturation ? 

 

Oui mais c’est toujours conditionné au fait que ce sont des étudiants. Il y en a toujours un qui part faire un stage et je ne les ai pas forcément sur la durée car ils sont en plein dans leurs études et qu’ils sont amenés à bouger pour trouver leur premier emploi qui ne sera peut-être pas sur Toulouse. C’est compliqué d’envisager des projets à moyen terme sur ce club car, d’une année sur l’autre, l’effectif est amené à beaucoup évoluer. 

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Quand tu étais capitaine du Sporting Club Albigeois, le club était le petit poucet du Top 14 et là, tu es manager du club petit poucet de Fédérale 1. C’est un statut que tu aimes bien ? 

 

Je ne le fais pas exprès (rires). C’est vrai que, quand je suis arrivé à Albi, on a embrassé ce rôle de petit poucet avec les autres joueurs et cette idée de renverser ce qu’on nous prédisait. J’ai aussi été très content de partir à Lyon après où je suis tombé sur un club qui était vraiment très, très bien structuré, en plein développement pour devenir le club qu’il est aujourd’hui. Pour Castanet, je le redis, je n’étais pas en recherche d’un club mais c’est un club qui était à côté de chez moi, le contact est vraiment bien passé avec le président et le public mais je n’ai pas cherché un autre petit poucet (rires). 

 

Tu as parfois râlé à cause du côté aseptisé du professionnalisme où il n’y avait plus trop d’âme avec les supporters, avec Castanet, tu as dû retrouver des valeurs ancestrales du rugby telles que la convivialité, la fraternité ou encore les gens au bord des talanquères. Ça doit te faire du bien, comme une petite bouffée d’oxygène ? 

 

Je ne sais pas, je ne me rappelle pas que je râlais sur ce sujet (rires). J’aime beaucoup être avec mon groupe, j’aime beaucoup être avec ces jeunes, c’est un fait indéniable mais je me suis toujours gardé d’émettre un jugement sur les différents modèles du monde pro et du monde amateur. En étant un peu dedans, j’en vois aussi les limites et c’est parfois plus facile de gérer des relations avec des joueurs quand il y a un contrat qui est formalisé et pas qu’un engagement moral et la poignée de mains. Je sais ce que le professionnalisme apporte aussi comme simplification dans les rapports humains tout en étant également parfaitement conscient de toutes les valeurs très fortes qui sont véhiculées par le monde amateur.

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Est-ce que la réorganisation de la pyramide des compétitions fédérales avec la création de la Nationale 2 et des divisions 1, 2 et 3 par la Fédération Française de Rugby va permettre à Castanet de se retrouver dans un championnat où il sera plus à l’aise, avec des équipes plus calibrées comme ton club ? 

 

Oui, forcément, mais cette saison nous permet quand même d’en faire l’apprentissage et d’avoir un avant-goût de ce qui nous attend la saison prochaine. Si on fait le compte, ça veut dire que la moitié de la poule se retrouvera possiblement à nos côtés et, pour l’instant, on reste quand même dernier de cette poule donc, ça nous mettrait peut-être en milieu de tableau de la future division. Il est sûr que ça correspond plus à notre niveau mais je pense que ça demande quand même une petite adaptation et un petit réajustement mais je ne vais pas faire de commentaire car je n’ai pas envie de rentrer dans des polémiques qui ne sont plus les miennes. Je pense que dès le lendemain, je regretterai ce choix et je n’en ai pas envie (rires). 

 

Ça a dû te faire bizarre d’avoir Kevin Boulogne en face de toi, lui sur le terrain et toi de l’autre côté de la barrière ? 

 

Non, même pas et en plus, il a été un peu absent contre nous (rires). Ce n’était pas son meilleur match même si je sais qu’il est très performant cette année avec Graulhet, comme toute l’équipe de Graulhet d’ailleurs. Il y a des choses qui semblent plus naturelles que d’autres, celle-ci en faisait partie et cela ne faisait pas plus bizarre que ça. Ce qui m’a fait bizarre, c’est plutôt de croiser la Guiche sur le banc contre Mazamet, c’était plus sympa. 

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Question symbolique : est-ce qu’il y a du Eric Béchu dans le Vincent Clément entraîneur ? 

 

Oui mais, de toute façon, il y a tous les entraîneurs que j’ai croisés et toutes les saisons que j’ai passées. Il y a forcément des choses relatives à ce qu’Éric m’a amené, je ne pourrai pas les définir mais je ne peux pas dire le contraire non plus. 

 

Merci pour cette interview et on ne te souhaite que du bonheur avec l’Avenir Castanéen

 

Merci à toi

Propos recueillis par Loïc Colombié

Article en partenariat avec :

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