#Rugby – Nationale / Y.Garçon (Chambéry) : «Je rends un club financièrement positif et admissible à jouer l’accession en Pro D2!»

Retrouvez notre entretien « Grand Format » exclusif avec le désormais ex-president du Club Savoyard. Aux pieds des Alpes, Yves Garçon, a conduit les destinées de Chambery durant 8 ans avec des grandes joies (titre en Jean Prat, 2 finales d’accession Pro D2, ou encore sa participation à la création de la nationale) mais aussi des peines (soucis avec la DNACG en 2017/2018, la pandémie Covid-19 ou encore certaines distensions récentes avec des membres de son conseil d’administration.). Ce désormais retraité de la présidence du SOC Rugby, mais invétéré supporters des éléphants nous a livré son bilan, les raisons de son départ lors de la dernière assemblée générale du club et ses espérances en l’avenir (construction nouveau stade, création SASP, Grand club des Savoie). Rencontre avec un passionné de ski qui laissera une trace dans ce club dont l’emblème sont les cîmes du Mont-Blanc

 

A la stupeur générale, car personne ne l’avait vu venir, on a appris que lors de l’Assemblée Générale du SOC Rugby, tu avais décidé d’arrêter ton mandat de président. Qu’est-ce qui a motivé cette décision ? 

 

Cette décision n’est pas venue subitement à l’Assemblée Générale mais elle a été prise une quinzaine de jours avant. J’ai rencontré les historiques du club et nous avons eu un différend sur le management du club, un différend déjà apparu un an auparavant. Il est revenu sur le tapis et j’ai fait du Gambetta, j’ai préféré me démettre plutôt que de me soumettre et j’ai dit que je trouvais performant le management que j’avais mis en place et, finalement, les résultats le prouvent. Ils voulaient un management différent, j’ai dit que je préférais partir et tout simplement partir en laissant le club dans de très bonnes dispositions et sportives et financières. 

 

On sait aussi que tu as eu quelques petits soucis de santé il y a quelques problèmes. Est-ce que c’est quelque chose qui a également joué dans ta décision ? 

 

Non, absolument pas. Les petits soucis de santé que j’avais sont de la mécanique et ça se répare donc, une fois que la mécanique est réparée, tu sais que derrière, tu peux repartir d’une façon aussi  » efficace « . 

 

On peut quand même s’attendre à continuer à voir Yves Garçon au stade Mager soutenir les Eléphants ? 

 

C’est déjà arrivé dimanche dernier contre Tarbes, j’étais là en simple supporter et c’est toujours aussi intéressant. Le côté qui est un peu manquant, c’est que tu n’as pas la même adrénaline ni surtout la même pression. Tu vas là-bas en tant que supporter donc tu as l’adrénaline mais tu n’as pas l’obligation du résultat qu’a normalement un président ni celle des finances pour voir s’il y a un petit peu de monde mais bien évidemment, je reste un très, très grand supporter du club de Chambéry. 

https://debardautomobiles.com

On va dresser le bilan de tes 8 années de mandat qui est quand même un très beau bilan : un trophée Jean Prat, deux finales de Fédérale 1 Elite soit aux portes de la Pro D2, une 3e place actuelle au championnat au moment où tu quittes tes fonctions. On peut dire que tu peux partir la tête haute ?

 

Tu as oublié un titre de champion de France en Belascain la même année où on gagne le Jean Prat. Sportivement, c’est effectivement un bilan satisfaisant mais je rajouterai quand même autre chose : nos U16 et nos U18 jouent au plus haut niveau national donc c’est quand même une reconnaissance de la formation qui a été mise en place. Donc en effet, sportivement, c’est bien. 

 

Et même économiquement. Il y a 4 ans, le club de Chambéry a connu des soubresauts économiques mais tu as su le remettre sur de bons rails avec aujourd’hui les satisfécits de la Fédération puisque le SOC faisait partie des clubs éligibles à la Pro D2 ? 

 

Déjà lorsque j’ai repris le club, c’était dans des conditions délicates, très délicates même. On a mis du temps à le reconstruire mais c’est vrai qu’il y a 4 ans, on a eu les foudres de la DNACG et là, par contre, on s’est tous serré. On a vraiment fait un gros travail d’équipe pour arriver à sauver le club, on s’est battu parce qu’on aurait dû être rétrogradé mais nous, nous étions conscients de la justesse de nos arguments. Donc, nous sommes allés jusqu’au CNOSF et on a eu gain de cause ce qui était déjà une satisfaction et aujourd’hui, en effet, je rends le club avec une situation financière positive et un club admissible à jouer une accession en Pro D2. On peut dire que le bilan économique sur ces 8 ans est plutôt également satisfaisant.

 

Le fait d’avoir commencé à mettre les premières pierres ou les fondations du futur stade de Chambéry doit aussi être une fierté pour toi ? 

 

Le gros travail a surtout été fait au niveau des politiques. En fait, le facteur déclenchant, entre autres, s’est fait quand on a joué la finale d’accession contre Nevers car ce jour-là, la Mairie s’est rendu compte que si le SOC continuait dans ses performances rugbystiques, il faudrait un stade à la hauteur des ambitions du club. C’est vrai que nous avions raté l’accession en Pro D2, et heureusement d’ailleurs parce-que sinon, je pense que ça aurait été compliqué au niveau des équipements que l’on avait et de réaliser un équilibre financier. On aurait peut-être pu mettre le club un petit peu en danger mais il est vrai que tout ça a fait que la Municipalité, que je tiens à remercier en l’occurrence, a dit  » non, il faut que l’on fasse un équipement sportif « . Ce n’est pas uniquement pour le club de rugby mais également pour celui de foot et du football américain. Pour nous, c’est important car ça va donner un stade avec 5 000 places assises et 2 000 places debout soit un stade de 7 000 places et je pense que ce sera vraiment un outil qui sera nécessaire si tu veux un jour évoluer au niveau supérieur. 

https://www.eurinvest.fr/wave-park

Dans ton mandat qui a duré 8 ans, il y a eu de belles satisfactions et des projets qui ont été lancés. Est-ce que tu as des regrets ou bien des choses que tu aurais aimé faire différemment ou que tu n’as pas eu le temps de faire ? 

 

Il y a toujours des choses que l’on aurait aimé faire et qu’on n’a pas pu faire. On a toujours le projet qui est en cours de faire une SASP mais c’était un peu prématuré de le faire donc il va mûrir et mis en œuvre pour que la SASP soit active à la fin de la saison. On est aussi en train de faire le centre de formation donc ce sont toutes des choses qui ont été commencées, ça veut dire que le club a acquis de quoi faire un centre de formation labellisé, qui est d’ailleurs maintenant requis par la Fédé pour les clubs visant monter au niveau supérieur. On aurait peut-être aimé anticiper un petit peu toutes ces choses-là mais nous n’en avions pas la capacité. Comme nous avions un stade qui était très vétuste, le club a plutôt investi dans des équipements qui lui appartiennent comme de faire un grand chapiteau pour faire venir les partenaires car, en l’état actuel des choses, c’est quand même compliqué. Ce que j’aurai aussi aimé, c’est de plus féminiser notre conseil d’administration car c’est sous ma mandature que nous avons récupéré les filles de rugby de Savoie et ça, j’en suis très fier. Ça a été très compliqué au début au sein du club parce-que les gens se demandaient pourquoi on prenait des filles mais ça, j’en suis vraiment content et j’aurai développé les filles encore un peu plus. Le petit regret que j’ai également malgré tout, ce sont les rapprochements avec les clubs voisins car mon vrai rêve, et je ne sais pas si ce sera possible un jour, c’est d’arriver à faire un grand club des Savoies mais ça, à mon avis, c’est peut-être un vœu pieux. Économiquement parlant, si tu as le club des Savoies, tu as une vraie force vive. 

 

Un peu à l’image de ce qu’a fait VRDR ? 

 

Oui, un petit peu à cette image-là. Mais là, il faut déjà arriver à convaincre les politiques, ce qui est déjà quelque chose de compliqué, car il faut qu’ils nous aident. Je pense que si les Savoies se dotent réellement d’un club de rugby, et évidemment que je pense que ça devrait être Chambéry, je crois qu’économiquement, il y a moyen d’avoir un club évoluant en Pro D2 de façon normale, sans forcément se battre régulièrement pour ne pas descendre. Économiquement, il y a les moyens dans les deux Savoies qui sont deux départements riches, tous deux en excédents budgétaires. C’étaient donc plutôt des vœux mais sur lesquels je n’ai pas avancé d’un seul centimètre (rires). 

 

J’imagine aussi que durant ces 8 années, tu as fait de belles rencontres en Nationale, en Fédérale 1, dans le monde du rugby en général et dans le rugby savoyard en particulier ? 

 

Ma plus grande fierté, c’est d’abord d’avoir rencontré tous les présidents, d’avoir su gérer et créer un vrai relationnel avec eux, avec les clubs et tous les clubs. Je trouve que ça, c’est vraiment une réussite pour moi parce-que quand je suis arrivé là-dedans, j’étais au Conseil d’Administration mais je ne savais pas trop comment ça se passait. Il y a vraiment eu de très, très belles rencontres avec les dirigeants au niveau de la Fédé même si on s’est parfois un petit peu frictionné mais finalement, tu te rends compte que tu es dans un monde de passionnés. Ça, c’est vraiment quelque chose qui a été très, très fort pour moi et le mot partage était vraiment important pour moi donc je resterai dans le monde du rugby en tant que fervent supporter de ce monde. Mais c’est vrai que j’ai fait de très, très belles rencontres et effectivement une avec Alain (Roumegoux Pdt SCA) avec qui je m’entendais très, très bien et que j’espère revoir s’il vient à Chambéry et qu’il accompagne l’équipe d’Albi.

https://www.eurinvest.fr/wave-park

Je pense qu’il n’y manquera pas. On va évoquer une autre de tes fiertés car tu es modeste et tu ne le dis pas mais tu as quand même fait partie des présidents qui, au cœur du confinement, ont relevé la mêlée pour créer la Nationale. On se souvient de ce titre que nous avions fait dans le #MagSport pour une interview et qui disait :  » je prône une Pro D3  » et deux mois plus tard, Bernard Laporte et Maurice Buzy-Pucheu montaient au front avec Chambéry, Narbonne, Bourg-en-Bresse, Dijon qui étaient dans le ruck. J’imagine qu’aujourd’hui, quand tu vois cette Nationale qui tourne à plein, ça doit te donner la banane ? 

 

Ça me donne surtout une satisfaction de se dire que c’est une marche qui était de fait nécessaire. Je regardais beaucoup de matchs de Pro D2 et quand on voyait les matchs de Fédérale 1, il y avait un gouffre et donc, qu’il y ait un niveau intermédiaire est quelque chose de très positif et je suis très content qu’il ait été créé. D’ailleurs, on se rend compte tous les dimanches que ce niveau est quand même déjà élevé par rapport à la Fédérale que l’on a connue. Ça permet également de se préparer pour ceux qui veulent jouer au niveau supérieur car le niveau de rugby est beaucoup plus élevé. Je suis vraiment ravi que cette  » Pro D3  » ou Nationale ait existé car, sincèrement, c’était pour moi nécessaire. 

 

On va se permettre de te demander maintenant ton regard objectif et hors de la mêlée. Ce mardi, il y a eu une réunion avec tes anciens confrères présidents de Nationale pour décider de sonoriser les arbitres mais aussi de donner le droit d’avoir 4 joueurs supplémentaires jusqu’au 31 Mars, des joueurs qu’on pourrait appeler  » jokers médicaux  » un peu déguisés. Qu’est-ce que tu en penses ? 

 

Je suis pour sur l’aspect de la sonorisation et j’avais déjà dit que c’était positif pour moi. Quant aux jokers médicaux, c’est effectivement une réalité mais, à mon sens, il faudrait qu’ils soient associés à une blessure car, si tu te rends compte en cours de saison que tu pêches à tel endroit ou qu’une recrue n’est pas satisfaisante, c’est un peu déloyal vis à vis des autres clubs mais tu vois bien que tout est toujours associé à de la finance. Nous, nous avons perdu un 3e ligne pour la saison et un joker médical pourrait être très intéressant car là, tu perds ton joueur qui s’est fait les croisés, tu sais que sa saison est finie donc, je suis sincèrement pour ce type de remplacement.

https://debardautomobiles.com

Que peut-on souhaiter à Yves Garçon pour le futur ? 

 

D’abord, que ça continue comme ce que j’ai vécu à titre perso quand la mécanique sera réparée. J’ai une autre grande, grande passion qui est le ski, j’ai fait de la compétition étant gamin, donc, les dimanches où il n’y aura pas de rugby à Chambéry, j’irai faire du ski. Donc, que ça continue bien et qu’à titre personnel, je puisse accompagner par mes encouragements le club à monter au niveau supérieur et surtout de s’y maintenir. 

 

Au nom de toute la rédaction du #MagSport, on te remercie pour tous les moments passés ensemble et pour l’ensemble de ton œuvre

 

Je te remercie et je te dis à bientôt à Chambéry quand Albi viendra. 

 

Propos recueillis par Loïc Colombié.

Article en partenariat avec :

https://debardautomobiles.com

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s