#Foot – N2 / D.Graves (Canet) « En terme de frissons j’en ai eu plus contre Pau que contre Marseille »

Auteur d’une très belle prestation le week-end dernier contre Pau, le portier du Canet RFC, Damien Graves, a contribué en grande partie à la qualification des siens pour les 64èmes de finales de la Coupe de France. Une qualification qui fait écho au parcours des Catalans la saison dernière, éliminés en quart de finale.

Crédit Hervé USAP – Canet RFC

Le week-end dernier, lors du septième tour de Coupe de France contre Pau, tu sors deux ballons lors de la séance de tirs au but. On peut dire que tu es l’un des héros de ce match…

Le héros oui parce que ce sont des tirs au but. Pour un gardien c’est soi ça se passe bien, soi ça ne se passe pas bien. Mais dans tous les cas, même si ça ne se passe pas bien. Ce n’est jamais de sa faute. Tant mieux que ça se soit passé comme ça. Après, c’est la victoire d’un groupe puisqu’on revient au score alors qu’on était menés 2-0. Il fallait le faire et revenir à 2-2. L’équipe a fait le taff, et moi j’ai fini derrière.

Vous éliminez Pau, pensionnaire de Ligue 2. On peut dire que les années se suivent et se ressemblent lorsque l’on se souvient de votre parcours la saison dernière jusqu’en quart de finale en ayant notamment éliminé l’OM ! Objectif égaler cette épopée ?

Ça va être dur. Déjà, il faut prendre match après match. C’est déjà très bien et c’est encore un exploit d’avoir passé ce tour. A Canet les années se suivent et se ressemblent oui. Ça fait des années qu’on fait des exploits comme ça où on fait tomber des clubs pros et où on va loin en Coupe de France. Après au niveau des émotions, je pense que le club aime cette Coupe, et nous les joueurs nous l’aimons aussi. Surtout que cette année, il y a pas mal de nouveaux qui ne connaissent pas. Eux aussi le disaient après le match, c’était tellement joyeux qu’ils y ont également pris goût.

Oui j’imagine que même si le tour n’était pas aussi poussé que contre l’OM l’an dernier, les sensations sont les mêmes !

Oui clairement. En plus, là ce qui est encore plus beau c’est qu’on avait le public avec nous. Forcément, vu le scénario où on revient de loin en étant menés 2-0, au stade tout le monde pensait que ça allait être compliqué. Ce premier but de Toufik (Ouadoudi) nous sort la tête de l’eau et qui remobilise tout le monde : les joueurs et le public. C’est vrai qu’en revenant sur le terrain, on était un peu endormis. On n’a forcément senti d’engouement quand nous sommes rentrés. Dès qu’on a marqué ce but, ils ont commencé à pousser et à y croire avec nous. Les sensations sont les mêmes que contre Marseille. Je n’ai pas envie de dire plus car éliminer Marseille, c’est magnifique, mais en terme de frissons j’en ai eu plus contre Pau que contre Marseille.

C’est vrai que contre l’OM, certes vous éliminez un monument, mais vous n’êtes jamais menés au score ni vraiment inquiétés…

C’est ça qui fait mon discours. Émotionnellement, et au niveau des frissons, j’en ai eu plus contre Pau que contre Marseille. Ça parait bizarre de dire ça, mais à aucun moment on n’est inquiétés contre Marseille. Je crois que contre l’OM, j’ai une parade à faire en deuxième mi-temps, mais sinon, je n’ai pas été inquiété. On a maîtrisé notre match. A 1-0, on ne doutait pas, à 1-1 on n’a jamais douté, ni à 2-1. En plus, il n’y avait pas les supporters. Si il y avait eu les supporters, je ne t’aurais peut-être pas dit ça. J’aurais dit autre chose. Sentir les supporters pousser, même après leurs buts, ça met quelques frissons quand tu es sur le terrain.

En Coupe de France place donc aux 64èmes de finale (retrouvez le tirage ici) , après les sensations d’une équipe pro, vous allez vous frotter à une équipe de La Réunion. Encore des sensations uniques !

Moi personnellement, c’est la première fois que je joue une équipe de la Réunion ou d’Outre-Atlantique. Mais oui c’est une découverte pour tout le groupe je pense. Je ne pense pas qu’un seul ait joué contre une équipe de lLa Réunion. C’est une grande découverte. Je pense que ça va être compliqué. Il ne faut pas les prendre à la légère. Ce n’est pas parce qu’on a éliminé Pau que ça sera plus facile, au contraire. Ça va être encore plus difficile que contre Pau. C’est complètement une découverte. On n’est pas habitués. Personnellement, je ne connais pas du tout le niveau ni les joueurs à La Réunion.

On va évoquer un peu le championnat. Vous avez perdu votre fauteuil de leader lors de la dernière journée. Mais sinon, vous avez caracolé en tête quasiment tout le début de saison. Est-ce que disputer ce leadership est en accord avec vos objectifs initiaux ou vous avez un peu l’impression d’être en surrégime par rapport aux objectifs fixés en début de saison ?

Les objectifs du staff et des dirigeants sont de jouer le maintien et de se maintenir le plus rapidement possible. Pour l’instant, je pense que nous sommes dans nos objectifs donnés en début de saison. Après, comme nous dit régulièrement le coach. Ce n’est pas parce que l’objectif c’est le maintien qu’on va se contenter de ça. Là, on y est, donc il faut aller chercher cette première place. Il nous également que nous n’avons pas de pression à avoir. Puisque l’objectif de base, c’est le maintien, on est largement au-dessus de notre objectif aujourd’hui comme on est premiers ex-aequo. Mais voilà, nous sommes compétiteurs. On ne va pas dire qu’on joue la montée, loin de là, mais on prend match après match, et l’objectif, c’est de gagner le plus de matchs possibles. Après, on verra où nous en sommes à la trêve et en fin de saison.

Dernièrement en championnat vous avez eu le lourd revers à domicile contre Bergerac qui vous pique le fauteuil de leader au passage. Qu’est-ce qui vous a manqué durant cette rencontre ?

Je pense qu’il nous a un peu tout manqué. On ne va pas se mentir, on est passé au travers de ce match. Ça arrive, je l’ai dit dans d’autres médias. Ce n’est pas la fin du monde. L’objectif était de se ressaisir ce week-end contre Pau, c’est ce qu’on a fait. Mais c’est vrai qu’après Bergerac c’est une très belle équipe. Nous sommes passés à côté, mais nous avions en face une superbe équipe de Bergerac qui nous a mis en difficulté et qui a réussi à nous faire déjouer. A aucun moment nous n’avons été dangereux. Nous n’avons pas eu d’occasions. Ils ont maîtrisé le match de A à Z. Après, ce penaty qui arrive très tôt à la 3ème minute nous met dedans, et nous tue un peu le moral. Mais après, il n’y a pas d’excuse. Contre Pau, c’est pareil, on a pris un but à la troisième minute et on a su réagir. Il nous a manqué beaucoup de choses je pense.

Ce week-end vous recevez Angoulême., troisième co-leader de la poule. J’imagine que même si la victoire contre Pau a déjà permis d’effacer le revers de Bergerac, vous aurez un objectif rachat sur vos terres contre un concurrent direct au leadership ?

Exactement. Déjà, c’est une bonne chose de les jouer chez nous. Angoulême comme nous l’année dernière était en difficulté en championnat puisqu’ils étaient avant-derniers avant qu’il y ait le covid donc un peu en difficulté. Cette année, c’est une autre équipe. Ils sont premiers ex-aequo avec nous, ça marche très bien pour eux en championnat comme nous. Personnellement c’est une équipe que je ne connais pas parce qu’on ne les a pas joués l’année dernière. Je m’attends à un match très compliqué. Ils vont vouloir venir nous taper. D’autant plus qu’on a sorti une Ligue 2, donc ça va les galvaniser pour nous taper chez nous. Si on fait le même match que le week-end dernier et si on fait ce qu’on fait depuis le début de saison, il n’y a pas de raison que ça se passe mal.

On va revenir sur ton parcours personnel. Tu reviens dans ton club formateur, Canet, l’été dernier donc avec juste une ébauche de saison. Là tu rechausses vraiment les crampons, comment tu sens en termes de performances en ce début de saison ?

Ecoute, moi personnellement, je me sens bien. Surtout après ce qui s’est passé ce week-end. Je pense que je suis bien mentalement et physiquement. Je me suis blessé il y a trois semaines. Après le match de Coupe contre Luzenac, je me suis blessé à l’épaule. J’ai raté un mois, mais je suis revenu il y a trois semaines. Je n’ai plus mal à l’épaule et je me sens bien. Je fais de bonnes performances sur le terrain. Je sais que le club me fait confiance, et mes coéquipiers aussi.

On voit que le club monte en puissance : montée du club en National 2 il y a deux ans, le capital financier du club qui a été augmenté cet été. En tant que joueur formé au club, imaginer amener ton équipe en National 1, ça doit te tenter …

Bien sûr mais pas que moi. Je pense que tout le groupe joue pour ça. On joue pour vivre de tels moments. S’il y a une montée en National, je pense que ça serait historique pour le club et ça serait beau pour nous de marquer l’histoire du club. Comme on l’a fait l’année dernière en Coupe de France. Mais c’est vrai que Canet grandit bien. Ça fait cinq-six ans que les dirigeants font ce qu’il faut. Ils ne vont pas trop vite non plus. Dans le foot c’est dangereux d’aller trop vite et de mettre trop de moyens d’un coup. Il font ce qu’il faut pour stabiliser le club. C’est pour ça que l’objectif c’est le maintien aussi et de ne pas se précipiter pour après se casser la gueule. Moi, pour l’avoir vécu il y a cinq ans quand je suis revenu, ça n’a rien à voir avec aujourd’hui. Aujourd’hui, le club est bien plus professionnel avec des installations. Le vestiaire a été changé l’année dernière. Ils nous ont fait un vestiaire tout neuf. On s’entraîne tous les jours. C’est quasiment du pro. On est dans la peau de joueurs professionnels. C’est super intéressant pour la région déjà et puis pour les jeunes. C’est ce que je disais à des jeunes. Quand j’avais leur âge, le plus haut niveau dans le département c’était la DH. Si on voulait forcément faire quelque chose dans le football, il fallait partir loin de chez nous. Aujourd’hui ils ont la chance d’être dans un club qui évolue en National 2. Si un joueur formé au club arrive en équipe première et arrive à jouer en N2, ça peut lui ouvrir des portes par la suite donc c’est vachement intéressant.

C’est vrai qu’en Pyrénées-Orientales, on peut lister Canet en N2, Albères Argelès e N3 voir même St Estève Perpignan qui ambitionne de monter en puissance. C’est un département qui a le vent en poupe !

Après même si c’est un département de rugby avec l’USAP et les Dragons Catalans, il y a toujours eu de très bons footballeurs à Perpignan et aux alentours. Ça a toujours été une terre de footeux. Si on prend les chiffres, je pense qu’il y a plus de licenciés au foot qu’au rugby. C’est juste qu’il manquait des moyens tout simplement. A un moment-donné, s’il n’y a pas des gens qui arrivent et mettent les moyens nécessaire pour faire évoluer un club, les clubs ne vont pas évoluer tout seuls. C’est ce qui s’est passé avec nos dirigeants. Ils ont amené les moyens nécessaires pour faire évoluer le club. Cette évolution de Canet a permis à Albères Argelès d’avoir aussi des ambitions. La concurrence pousse toujours l’autre à vouloir se dépasser. C’est ce qui se passe aujourd’hui avec ces clubs. Canet a montré l’exemple. Argelès veut faire pareil, St Estève veut faire pareil et du coup, ça les pousse à évoluer et à monter en division.

Propos recueillis par N.Portillo

Crédit Jean-Louis Dassonville – CRFC

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