#Rugby – Fed1 / G.Aguillar (Macon) : «Pour l’instant, il faut être lucide et accrocher le wagon de la Nationale 2!»

On est aller faire un tour en Saône-et-Loire avec le manager de l’AS Mâcon Rugby, Guillaume Aguilar, pour prendre la température de cette poule 2 dite « de la mort ». Cette icône du rugby bourguignon, qui dirige les taureaux mâconnais depuis bientôt 3 ans ne cache pas sa joie d’enfin pouvoir faire une saison en intégralité dans cette fédérale1 haletante et très homogène. A quelques heures d’affronter Bedarrides Chateauneuf du Pape, coach Aguillar nous livre son sentiment sur ce début de championnat.

 

 

La dernière fois qu’on t’avait eu en interview, tu étais un peu comme une âme en peine. Sans match ni championnat, tu étais un peu dépourvu de ta passion qu’est le rugby et j’imagine que là, tu as la banane de pouvoir referrailler avec les copains de la poule 2 appelée  » poule de la mort  » ?

 

Oui, très content parce qu’en plus, il y a un challenge énorme avec cette poule de la mort qui, tous les week-ends, a son lot de surprises avec des défaites ou des victoires un peu inattendues. Il y a aussi l’ogre de cette poule, Hyères-Carqueiranne, qui fait un peu des misères à tout le monde donc c’est un énorme challenge à relever. Nous, nous avons connu des hauts et des bas, en ce moment, nous sommes plutôtdans une semaine de haut puisqu’on a fait un très bon match contre Berre mais on va à Bédarrides donc je pourrai te dire lundi si on est toujours dans le haut ou si on a fait un match moyen ou pas. En tous cas, je suis très content d’avoir pu retrouver les terrains pour pouvoir s’entraîner et jouer de vrais matchs de championnat plein de suspens et avec tout ce qui comporte un match tels que le côté stratégique, la pression, la tactique, tout ce qui fait le pourquoi de ce métier-là. 

 

En parlant de ce déplacement à Bédarrides, ça ne va pas être une partie de plaisir car, on le sait, Bédarrides joue vraiment à 16 ? 

 

On le sait et les résultats parlent pour eux. C’est une très grosse équipe qui a une grosse mêlée, un gros pack de devant, des 3/4 qui vont très, très vite avec, en plus, un chef d’orchestre que l’on connaît bien. J’ai joué avec lui à Mâcon, on l’a connu contre nous à Chalon donc, c’est quelqu’un que l’on connaît très bien et qui est très dangereux à qui il ne va pas falloir beaucoup laisser de temps pour prendre des options car c’est un joueur redoutable et très intelligent. Aujourd’hui, en plus, il a la maturité de mener son équipe donc non, ça ne va pas être une partie de plaisir, il va falloir faire le meilleur match possible. Mais, comme on l’a déjà dit, c’est à la fin du bal que l’on paye les musiciens donc on verra bien mais, en tous cas, essayer de faire le match le plus complet possible, que ce soit sur la conquête ou dans le jeu et que le meilleur gagne. S’ils ont fait un bon match et qu’ils sont meilleurs que nous, on n’aura rien à redire, c’est pareil pour tous les matchs, il ne faut pas avoir de regret. Ce qu’il y a de pire dans un match et dans une carrière de sportif, c’est avoir des regrets et se dire qu’on aurait pu faire ceci ou cela, il faut tout donner pendant 80 minutes et on fera les comptes à la fin. 

Si tu comptais Arnaud Vercruysse comme 16, moi je parlais du public donc on va dire qu’ils jouent à 17 car, à Bédarrides, il y a quand même aussi un gros public ? 

 

On connaît ces publics-là, ces publics du sud qui sont toujours très virulents et on sait qu’on va arriver en terre hostile à Bédarrides mais ça a aussi son côté motivant. C’est quelque chose qui motive toujours d’être parfois un peu hué et pour moi, c’est quelque chose de positif dans le sens où ça te permet de te motiver d’autant plus et ça n’est pas forcément négatif. On est loin de nos bases, on n’a pas forcément plus de pression que ça puisque personne ne s’est imposé à Bédarrides et si on le fait, ça sera bonus mais si on perd là-bas malgré tout, ça ne sera pas une grosse désillusion. On va faire le meilleur match possible et on verra. 

 

Au niveau de la composition de la poule, on parlait des gros calibres qui s’y trouvaient mais il y a quand même un avantage pour Mâcon avec pas mal de derbys : Nuits-Saint-Georges, Beaune. C’est quelque chose qui doit te ravir, ces derbys bourguignons ? 

 

Ça fait toujours plaisir de recevoir des équipes de la Bourgogne même si, aujourd’hui, les derbys bourguignons veulent tout dire et rien dire parce-que tu te rends compte que, que ce soit à Beaune ou à Mâcon, il n’y a finalement pas trop de bourguignons. Mais pour le public, les supporters, les dirigeants, les bénévoles qui ont une histoire dans ces clubs respectifs, c’est toujours excitant et puis, il y a toujours pas mal de gens que l’on connaît en face, que ce soit à Nuits-Saint-Georges ou à Beaune donc c’est toujours agréable. L’objectif d’un derby est de vouloir le gagner et, en général, tout le monde bataille pour le faire et on en a un qui nous attend après Bédarrides, celui de Beaune. On a deux matchs très excitants qui arrivent.

On va aussi parler des objectifs de Mâcon. Tout le monde vous avait mis la pancarte d’équipe qui veut directement monter en Nationale mais peux-tu nous dire quels sont les objectifs réels ? Nationale ou Nationale 2 ? 

 

Au jour d’aujourd’hui, c’était vraiment difficile de se dire qu’on voulait monter en Nationale. Moi, je dis depuis le début qu’on est une belle équipe mais aussi avec de nouveaux joueurs donc on sait que c’est difficile et que ça prend du temps. Peut-être qu’à un moment donné je me suis trompé mais depuis le début, je ne me sens pas de parler directement de Nationale parce qu’on sait que ça va être très dur. Il y a deux places pour la Nationale et quand on voit les résultats que fait Hyères-Carqueiranne en plus des recrues qui arrivent toutes les semaines, on sait déjà qu’il y a quasiment une place pour eux. On a l’impression qu’ils sont intouchables donc ça veut dire que ça va être très compliqué. Si toutefois, on en a l’occasion, on bataillera pour ça mais pour l’instant, il faut être lucide et arriver à accrocher le wagon pour aller directement en Nationale 2 c’est à dire être dans les 4 premiers ce qui va passer par des victoires, par des gros matchs et par de la remise en question chaque semaine.

 

Chaque année, le niveau d’intensité augmente en Fédérale 1 et en Nationale. Mardi prochain, il va y avoir à la Fédération Française de Rugby une réunion avec les présidents de Nationale pour parler de potentiels jokers médicaux en cours de saison mais aussi de sonorisation des arbitres. Toi qui aimerais être en Nationale 2 l’année prochaine, est-ce que ce sujet te rend un peu alerte pour dire qu’il ne faudrait pas oublier la Nationale 2 ? 

 

A partir du moment où on annonce la Nationale 2 comme une catégorie semi-amateur, ça veut dire qu’elle est semi-pro donc, à un moment donné, il va falloir aussi que cette division-là obtienne certaines choses. Aujourd’hui, avec l’intensité des matchs, avec les pépins qu’on a un peu partout et ces deux années de Covid, peut-être qu’effectivement, ces jokers médicaux vont aussi être importants à notre niveau. Quand je dis à notre niveau, on n’y est pas encore mais je pense que, pour la Nationale 2 en tous cas, ça va être quelque chose de presque primordial car aujourd’hui, on se rend compte que les clubs n’ont pas les moyens d’avoir 40 joueurs pros. Ça veut dire qu’à un moment donné, s’il y en a 30 dans un club, ce qui est déjà beaucoup à notre niveau, et que tu as 3 blessés de longue date, tu batailles tous les week-end pour faire une équipe donc oui, pour moi, sur des blessés de longue date, c’est presque indispensable de pouvoir faire venir des jokers. Et puis, ça permet à des joueurs parfois de divisions inférieures, des mecs qui sont encore en Fédérale 1 pour la Nationale 2 ou des garçons qui n’ont pas encore de contrat, de pouvoir en avoir un dans un club de Nationale 2 qui sera une division très intéressante. 

Il y a aussi le risque que les clubs d’en bas se fassent un peu piller via l’attractivité de la Nationale ? 

 

Oui mais, en même temps, c’est ce qu’on a nous aussi connu la saison dernière quand on était en plein Covid et qu’on venait chercher des joueurs chez nous. Et il y en a qui ne sont jamais revenus si tu vois ce que je veux dire (rires) ! Donc oui, c’est le risque pour les clubs inférieurs mais on ne va pas se mentir, si un joueur peut jouer au niveau au-dessus, il va y aller. Après, il y en a aussi qui aiment jouer à leur niveau, avec leurs potes et je le respecte, il n’y a aucun problème, je ne porte pas de jugement sur ces joueurs-là mais en général, les joueurs ont en tous cas envie de jouer à leur plus haut-niveau. 

 

On va aussi parler d’une personne qu’on aime beaucoup au #MagSport, car tu sais qu’on parle de toute la Fédérale 1 et de l’ensemble du territoire mais nous avons un gros ADN tarnais et albigeois, il s’agit de ton adjoint Dédé Hough. Comment va-t-il ? On a l’impression que vous faîtes une bonne paire tous les deux ? 

 

Ça fait trois ans qu’on bosse ensemble. La première année, il était entraîneur des 3/4 quand j’étais encore joueur donc, même si ce n’est pas la même chose, il y a forcément des liens qui se créent au fil du temps. On bosse très bien ensemble, on échange beaucoup sur le rugby mais aussi sur le reste et on s’entend très bien, ce qui est vraiment important. On sait que, dans une équipe, les joueurs doivent être soudés et solidaires mais c’est pareil dans un staff et aujourd’hui, on a trouvé ça dans notre staff avec des moments conviviaux, de déconnade et de travail. Il arrive parfois qu’on ne soit pas forcément toujours d’accord mais un staff qui fonctionne, c’est aussi ça, c’est se dire les choses, arriver à trouver le bon équilibre pour les joueurs mais en tous cas, on ne laisse pas transparaître nos potentiels désaccords même si je t’avoue qu’il y en a peu, en tous cas avec les joueurs. Dédé va très bien, il bosse comme un fou comme tout le staff, on bosse dur chaque jour pour amener cette équipe à son meilleur niveau. Il va très bien, il bosse bien, c’est quelqu’un de passionné et de passionnant. 

Il n’est pas trop frustré par cette règle des 50 / 22 car s’il était encore joueur, il aurait fait des ravages avec cette dernière ? 

 

C’est pour ça qu’on hésite encore à lui faire une licence de joueur (rires). Je pense qu’il se serait régalé avec cette règle parce qu’il le prouve encore chaque semaine à l’entraînement où il arrive à faire de petits jeux avec les 3/4. On s’amuse même parfois tous les deux avant les entraînements, il a un pied en or et il sait s’en servir et effectivement, je pense qu’avec cette règle, il aurait surtout fait des envieux dans toutes les équipes et qu’il aurait pu avoir un gros contrat (rires). Il est vraiment très, très bon sur ça. 

 

On vient de passer la Toussaint, le prochain cap, c’est Noël et la trêve hivernale pour la Fédérale 1. Quel cadeau aimerais-tu avoir au pied du sapin de la part de tes joueurs ? 

 

Surtout qu’on arrive à trouver notre rugby comme on l’a fait notamment contre Berre avec encore un peu plus de réussite et une implication totale. Je crois que le plus beau cadeau que pourrait me faire les joueurs, ou en tous cas le Père Noël, c’est de ne plus avoir de blessé et de compter sur tout mon effectif jusqu’à la fin de la saison pour qu’on puisse batailler et justement atteindre ce meilleur niveau possible pour nous qui, je pense, pourrait nous amener vers de belles phases finales. 

 

On te remercie de nous avoir donné un point de passage pour l’AS Mâcon Rugby et on te souhaite le meilleur pour le reste de la saison

 

Je te remercie, c’est toujours un plaisir

Propos recueillis par Loïc Colombié

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