#Rugby – Nationale / M.Bonello (Albi) : «On est en construction!»

Retrouvez l’intégralité de la conférence de presse de Mathieu Bonello quelques heures avant la rencontre en terres franciliennes face au RC Suresnes, lors de la 7eme journée de Nationale.

Est-ce l’euphorie après dimanche et la victoire contre Chambéry ?

 

MB : Non, ce n’est pas l’euphorie. On est fier de ce qu’on a fait, les joueurs sont contents ainsi que nous, le staff, c’est un super résultat mais ce n’est pas l’euphorie. Ce n’est qu’un match et j’avais même dit que si on le perdait, il en restait 20 derrière mais on ne va pas dire que c’était la finale avant l’heure maintenant que l’on a 5 points. Par contre, on est content parce qu’on a mis les ingrédients et surtout un fort état d’esprit et sur ça, je suis fier des joueurs. Ce sont eux qui se sont pelés ce match donc bravo à eux. 

 

On a senti beaucoup de tension et d’émotions mêlées avant, après et durant ce match. Ça reste quand même un premier carrefour maintenant que l’on est au quart de la saison ? 

 

MB : Il est sûr que c’était un carrefour car Chambéry était premier et tu n’es pas premier par hasard. Pour nous, et c’est normal, il faut de la patience car c’est un nouveau projet et on n’avait pas fait que des matchs aboutis en restant sur notre faim sur pas mal de rencontres. Là, les joueurs se sont lâchés, même s’ils ont eu un peu de mal au début mais petit à petit, plus le match avançait, plus on se lâchait donc, c’est une bonne chose que d’avoir pris ce tournant de la bonne façon. Mais, encore une fois, si le résultat avait été négatif, ce n’était pas fini non plus, nous sommes donc satisfaits mais aussi méfiants à la suite du programme qui nous attend.

 

Ça envoie aussi un message aux autres équipes en disant  » attention, Albi est bien là « . Vous allez peut-être être un peu plus attendus ? 

 

MB : Plus attendus, peut-être, je ne sais pas mais en tous cas, on marque forcément le territoire à la maison et ça, c’est quelque chose d’important. Il faut que la maison soit quelque chose de fort et on ne l’a pas fait pour faire passer un message mais on l’a surtout fait pour nous et pour récompenser le travail que font les joueurs. 

 

Tu parles souvent aux joueurs ainsi qu’à la presse d’une nouvelle histoire et d’un nouveau livre. A la fin de ce bloc, peut-on déjà parler de la fin d’un nouveau paragraphe ou chapitre ? 

 

MB : Oui, c’est la fin d’un nouveau paragraphe. J’avais dit qu’on ferait le bilan au bout de ces 4 matchs, il nous en reste 1 et aujourd’hui, le bilan n’est ni positif ni négatif, il n’est pas fini et il sera donc fait ce dimanche soir. Aujourd’hui, on a fait de bonnes choses mais aussi des moins bonnes et ce soir, on saura où on se situe. Il y aura déjà 6 matchs soit quasiment la moitié de la phase aller et on aura un premier aperçu. 

 

Vous allez à Suresnes sans pression ? 

 

MB : On y va sans pression pour y faire un bon match de rugby mais surtout, on y va pour continuer à écrire notre livre. Chaque match va construire un peu plus notre équipe, notre jeu et notre esprit donc, on y va pour encore amener une pierre de plus à l’édifice. 

Même si tu n’y étais pas, Suresnes reste un mauvais souvenir l’année dernière puisqu’Albi y avait perdu, une défaite inattendue va-t-on dire

 

MB : J’en ai entendu parler mais pour moi qui étais en Ile-de-France l’an dernier, Suresnes est une grosse équipe. Ils ont de bons joueurs et c’est toujours très compliqué d’aller gagner chez eux donc moi, ça ne m’avait pas surpris plus que ça. Et puis, comme j’ai demandé de ranger le livre, je ne m’appuie pas sur ça, c’est une nouvelle aventure pour les joueurs avec de nouveaux joueurs mais c’est dur d’aller s’imposer là-bas. 

 

On repart sur les mêmes bases, ils sont encore pénibles ? 

 

MB : C’est exactement ça, c’est toujours compliqué là-bas, vraiment. Autant à l’extérieur ils peuvent parfois avoir un peu plus de problèmes, mais comme nous car ils ont fait comme nous, ils sont allés gagner à Cognac lors du premier match autant là-bas, c’est toujours très dur. Je pense qu’on va avoir une grosse partie aujourd’hui. 

 

Est-ce qu’on peut éventuellement les comparer à Massy au niveau du bassin parisien ? 

 

MB : C’est une équipe qui veut être une place forte du rugby en Ile-de-France et ils bataillent aujourd’hui avec Massy. Ils ont peut-être un peu moins d’histoire ou d’historique puisqu’ils sont montés crescendo alors que Massy est déjà passé par la Pro D2 mais c’est un club qui est vraiment en devenir, qui monte fort, qui a de très grosses ambitions, qui structure à tous les étages et qui vient de faire un nouveau terrain, un synthétique dernière génération. C’est un club qui, pour moi, essaye de s’imposer en Ile-de-France comme un bon club de la région, c’est certain. 

L’année dernière, c’était une équipe qui envoyait du jeu aux 4 coins du terrain. Maintenant qu’ils ont le synthétique, ça va encore plus accentuer cet aspect ? 

 

MB : Je pense qu’ils ont appuyé là-dessus aussi et qu’ils ont demandé ça parce-que ça leur allait bien dans le jeu. On voit que c’est la même chose donc on sait également à quoi s’attendre. Je les connais, je me rappelle qu’on avait galéré contre eux et que ça avait été le premier match perdu lors de ma première année à Massy. C’est une belle et grosse équipe et, honnêtement, le match sera difficile. 

 

Le rugby francilien est un grand village et du coup, pour toi, c’est un peu le retour au village après 4 mois ? 

 

MB : Oui, ça me fait quelque chose de revenir là-bas même si je ne connais pas du tout Suresnes bien que ça reste en Ile-de-France. J’en ai beaucoup entendu parler et c’est avec plaisir que je reviens dans ce coin car, comme je l’ai dit, ça a été une super aventure. 

 

Avec deux joueurs que tu connais bien, Thomas Bordes et Quentin Dauvergne ? 

 

MB : Il y a deux joueurs de Massy qui ont signé là-bas que je connais bien, un 2 et un 9. J’ai beaucoup de respect pour ces deux joueurs, on a passé du temps ensemble mais on sera adversaire dimanche et on boira un coup après le match, peu importe le résultat. 

 

Vous envisagez une éventuelle défaite à Suresnes ? 

 

MB : C’est plus que possible. Pour nous, à l’extérieur, on parle d’abord de l’esprit, je ne mets pas aux joueurs la pression de gagner à tout prix à Suresnes. On est en construction et aujourd’hui, l’ambition du staff est de construire les matchs les uns après les autres et à l’extérieur, c’est très dur. En Nationale, peut-être qu’on pouvait dire l’année dernière  » on va gagner ci, on va gagner là  » mais je pense que cette année, on ne sait pas à quoi s’attendre au niveau des résultats sur tous les matchs. Donc pour nous, même si on y perd, on n’y jouera pas la saison non plus.

C’est l’un des plus gros déplacements et on sait que les transports jouent sur la condition physique des joueurs. Vous y allez comment, en bus ou en avion ? 

 

MB : Non, pas en avion, on va y aller en bus ou peut-être en train. On est en train de le décider mais il sûr que ce ne sera pas en avion. 

 

Tu as amené deux avants lors de la conférence de presse. C’est un message envoyé à Suresnes ? 

 

MB : Pas du tout. Pour être très transparent, Carole propose, choisit et valide et j’ai entièrement confiance en elle. Là, elle s’est dit que les avants avaient besoin d’être présents mais en tous cas, il n’y avait pas de lien sur le sportif et je suis très content qu’elle ait choisi des avants.

Au niveau de la discipline, ça va aussi un peu mieux ? Il n’y a pas eu de carton jaune contre Chambéry

 

MB : Il faut le noter, bravo aux joueurs. On a aussi beaucoup travaillé dessus la semaine dernière mais comme pour la mêlée, la discipline, c’est tous les week-ends. La discipline, c’est la maîtrise, la connaissance de la règle en premier et je me dis qu’à ce niveau, tu dois connaître la règle pratiquement à 100% mais il faut que l’on ait de la maîtrise. On en a eu beaucoup plus et on a fait beaucoup moins de fautes, même s’il y en a encore eu en première mi-temps mais beaucoup moins en seconde et surtout, pas de carton jaune. C’est le 1er ou le 2e match sans carton en sachant qu’on a une moyenne de 2 cartons par match et ça change la donne car quand tu joues à 14 presque toute une mi-temps au lieu de tout un match à 15, c’est peut-être l’adversaire qui craque. Donc, c’est vraiment un point positif mais encore une fois, il faut être très précautionneux de dire que ça y est, c’est réglé et c’est bon. Non, là, de nouveau ce week-end, à l’extérieur, il faudra une discipline exemplaire et c’est la maîtrise qu’il faut que l’on travaille, ce que l’on fait. On met des choses en place à l’entraînement pour gagner en maîtrise et j’espère que l’on va maintenir ce cap-là sur les matchs qui arrivent. 

Un mot sur les recrues Backhouse et Robinson qui ont fait un gros match ? 

 

MB : C’est une super satisfaction. On m’avait déjà posé la question de savoir quand est-ce qu’ils rentraient et j’avais dit que je les faisais rentrer un peu petit à petit, par doses homéopathiques, et on très content de ça avec Alex. Ils ont fait un bon match, l’équipe a fait un bon match et quand c’est le cas, l’individu a tendance à être bon mais il faut aussi y aller mollo car il y a des joueurs qui sont là depuis le 5 Juillet et qui font le boulot. Ce n’est parce qu’ils arrivent que les autres ne comptent pas donc ils se le gagnent petit à petit et il faut également qu’ils apprennent le projet de jeu, les touches et ça, ça n’est pas facile. En fait, avec Alex, on a décidé de ne pas les lâcher de suite dans les matchs comme ça déjà parce-que les 38 autres ont gagné du temps de jeu pendant tout l’été et depuis le 5 Juillet donc, c’est au mérite mais aussi à la connaissance du projet. Donc, on y va modérément dans l’intégration des recrues, bien sûr qu’on aurait préféré qu’il y ait tout le monde le 5 Juillet mais ça n’était le cas donc on est quand même très content de les rentrer petit à petit car ça amène de la fraîcheur à l’équipe et au groupe. On espère que ça va continuer. 

 

On voit qu’ils ont du rugby ? 

 

MB : Exactement mais, comme je l’avais dit, je suis très content du recrutement que l’on a fait même s’il a été un peu tardif, on ne va pas revenir dessus. Je suis très content des joueurs que j’avais et avec les deux, je suis fier de l’équipe que j’ai, content de l’équipe que l’on a. On a essayé de ne pas recruter pour recruter et ça, c’est important. Quand on me demandait où ça en était, on a mis du temps et peut-être parfois perdu 15 jours à des moments mais pour essayer de trouver un bon candidat et c’est vrai que, pour l’instant, on est content. Je pars du principe que la recrue ne doit pas te faire le nombre mais qu’elle doit t’amener quelque chose de différent que tu n’as pas dans ton équipe et pour l’instant, c’est le cas même s’il y en a d’autres qui vont rentrer, le dernier argentin va arriver la semaine prochaine et j’aurai l’ensemble de l’effectif à ma disposition. On espère donc que l’on conservera cette dynamique le plus longtemps possible. 

 

Il y a eu quelques blessés contre Chambéry ? 

 

MB : Oui, les deux 15 se sont un peu blessés et sont incertains pour le match. Quentin a fait une commotion donc lui, il est out et Enzo est incertain, on prendra la décision au dernier moment. 

 

Caminati doit trépigner d’impatience ? 

 

MB : C’est parfait ! C’est vrai que ce sont trois arrières de métier donc ça fait beaucoup dans un effectif mais finalement, quand il y a des blessés comme ça, on est content d’en avoir trois. C’étaient aussi les choix que nous avons fait la semaine dernière, on essaie d’être le plus honnête et le plus transparent avec les joueurs sur ce qu’ils donnent sur le terrain. Si tu mérites, tu y es, il n’y a pas d’âge, pas d’ancienneté au club, pas de nouveaux, pas de vieux mais il y a juste une performance. C’est le terrain qui guide nos choix d’équipe et rien d’autre. 

Cela fait maintenant 5 mois que tu es au club, on voit émerger des préceptes de management. Quand on fait un bilan, tu donnes les compos très tard, tu as une approche des transferts qui ressemble beaucoup au foot et, comme un manager à l’anglaise, tu t’occupes un peu de tout. Tu t’imprègnes des préceptes du foot, tu n’es pas fermé sur un rugby à l’ancienne ? 

 

MB : J’aime beaucoup et, pour être très transparent, je côtoie beaucoup d’entraîneurs d’autres sports, le foot, je lis aussi beaucoup de bouquins sur le foot, le handball et le reste. Il est sûr que j’essaie de prendre un peu de tous les sports, c’est mon style à moi, je ne dis pas qu’il est parfait, loin de là (rires). Mais c’est vrai que j’ai des idées fortes et aussi des habitudes fortes, je sais où je veux aller et surtout comment je veux y aller, comment on veut y aller avec le staff. J’essaie de contrôler tout ce qui a trait au sportif car en fait, le résultat est la somme des petits détails du quotidien, tout ce qu’on ne voit pas qui fait le résultat du week-end et du prochain week-end. Avec un nouveau livre, on a tout repris pour faire à notre sauce et c’est aussi pour cela qu’on a peut-être parfois du mal à avoir des performances abouties car il faut laisser le temps aux choses. 

 

Si d’aventure tu montes en Pro d2, c’est 24h avant la compo , faudra s’adapter. (Rires)

 

MB : Franchement, je serai vraiment content d’avoir cette règle ! Ça serait un bon signe, je me dirai  » Mathieu, c’est dommage, tu ne peux pas faire comme tu faisais avant  » mais je serai très content parce qu’on aurait eu un bon résultat (rires). Je vais être honnête, j’ai aussi un peu connu ça dans le rugby un peu à l’ancienne où on les donnait au dernier moment mais mes entraîneurs étaient obligés de le donner en avance. Là, je peux faire autrement, je fais autrement mais je ne suis pas sûr que les matchs se jouent sur ça. Je suis parfois un peu sur ma planète. 

 

Il y a peut-être aussi un peu de superstition ? 

 

MB : Pas tellement sur ça. J’aime garder les choses pour l’équipe et je me dis que ça fait aussi partie de la performance du week-end. Peut-être que je changerai, plus on vieillit plus on devient sage et on entend vos demandes (rires). 

On voit pas mal de talonneurs qui sont entraîneurs dans le rugby pro en ce moment. A quoi tu l’attribues ? 

 

MB : J’en avais déjà parlé une fois et je pense que c’est parce-que c’est un poste important dans une équipe. Tu es souvent un leader, de par l’exemple ou de par ta position à savoir leader de mêlée ou de touche, souvent un leader d’hommes. Les talonneurs sont des leaders d’hommes donc, forcément, quand tu es entraîneur, tu es souvent obligé d’être un leader d’hommes. Je pense qu’on a aussi un poste où l’on est au carrefour de l’aspect mental mais également de l’aspect stratégique et je crois que c’est pour cela qu’il y a beaucoup de talonneurs qui se retrouvent entraîneurs car une fois que tu t’arrêtes, je pense qu’ils ont cette capacité à être des meneurs d’hommes mais aussi orientés sur le rugby et sur la partie technique ou stratégique. Ils ont déjà fait ce travail en tant que joueur pendant beaucoup d’années et, avec tout le respect que j’ai pour les anciens qui me font plaisir quand ils me racontent leurs matchs d’il y a très, très longtemps, mais un peu moins que sur le combat. Donc, je pense que ce poste-là a amené à former des entraîneurs.

Inconsciemment, en tant qu’ancien talonneur, est-ce que Mathieu n’a pas tendance à être un peu plus exigeant avec les talonneurs ?

MB : Mais je suis très gentil avec les talons en touche, ça n’est jamais leur faute (rires). C’est toujours celle des sauteurs ou des lifteurs, du ballon, du vent mais ça n’est jamais leur faute. Je leur enlève beaucoup de pression sur ça c’est à dire que, pour moi, c’est que l’annonce n’était pas bonne ou que le sauteur n’a pas été bon. Quand on commence la vidéo et qu’il y a une touche manquée d’un talon, ce n’est jamais leur faute, ceux qui chargent, ce sont les lifteurs, c’est leur faute. Donc, je leur enlève cette pression-là mais par contre, je suis très exigeant avec eux sur le secteur de la mêlée. J’essaie de me mettre à leur place, de travailler technique avec eux, vraiment pure et dure, je leur fais parfois des séances supplémentaires de technique pure. Je suis content de donner mon expérience, si je peux donner tout ce que j’ai, ça sera avec plaisir. J’essaie de faire passer ça. 

 

Quel est le mot d’ordre ? 

 

MB : Le mot d’ordre de ce déplacement, c’est investissement et confiance. La confiance que l’on a gagné le week-end dernier, il faut la garder, il faut se faire plaisir et s’amuser.

Propos recueillis par Loïc Colombié

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s