#Rugby – Nationale / J.Colliat (Chambéry) : «Si on accroche une 6e place, ça sera déjà une très belle saison!»

Le directeur général du SOC Rugby, Johan Colliat, nous a évoqué la structuration du club savoyard et la feuille de route pour cette seconde saison dans l’antichambre de la Pro D2, à quelques heures d’affronter Albi lors de la 6 eme journée.

 

Crédit photo Philippe Gervasoni

 

Après une belle carrière de rugbyman au poste de demi-de-mêlée, vous êtes entre autres passé par Bourgoin et bien sûr le SO Chambéry, vous avez continué dans le rugby en prenant ce poste de directeur général du SOC. On va revenir sur votre carrière qui s’est arrêtée en finale face à Nevers, en Fédérale 1 Elite. C’est un beau souvenir mais, en même temps, il manquait peut-être un peu  » le sel dans la soupe  » par rapport à cette finale, à savoir le titre et la montée en Pro D2 ? 

 

C’est vrai que, quand on vit une aventure comme celle-là, c’est toujours une déception quand ça s’arrête. Mais il faut être réaliste, je pense que le club avait besoin de se structurer en-dehors du sportif et que, finalement, c’est un mal pour un bien qu’on ne soit pas monté à cette époque-là. 

 

Comment vous est venue l’idée de basculer en tant que DG ? Souvent, les joueurs essaient d’entraîner ou de partir dans le coaching mais vous avez choisi une autre voie, qu’est-ce qui vous y a amené ? 

 

J’étais sur de la gestion de projet au Crédit Agricole et quand Michel Ringeval a proposé au président de recruter un directeur, ils se sont tournés vers moi. Donc, j’ai pris deux ans de disponibilité au Crédit Agricole et à la fin de ces deux ans, j’ai définitivement démissionné pour continuer dans l’aventure. 

Vous commencez en tant que DG dans une année très compliquée, la dernière de la Fédérale 1 Elite, et où vous avez été obligé de revoir vos finances puisque la DNACG vous avait pris  » la main dans le sac « . Ce n’est pas simple pour une première année ? 

 

Non, surtout que je suis arrivé en milieu d’année puisque j’ai pris mon poste en Février 2018. On avait été retoqué par la DNACG qui voulait nous envoyer en Fédérale 2 pour des raisons financières donc il est sûr que ça a été un début compliqué. De là est partie une restructuration, on a essayé de rééquilibrer les cellules sans baisser le budget c’est à dire en diminuant la masse salariale sportive pour la passer sur de l’administratif et la formation. Forcément, ça a fait chuter l’équipe de niveau parce qu’on avait fortement baissé la masse salariale mais en essayant de rééquilibrer les cellules, on essaye de monter petit à petit et de façon assez homogène au niveau du club. 

 

Quand on parle de la mésaventure de l’année 2017 / 2018 avec votre président Yves Garçon, il dit que c’est surtout un mal pour un bien. Ça vous a permis de repartir d’un très, très bon pied ? 

 

Je ne sais pas si c’est un mal pour un bien mais ce qui est sûr, c’est qu’on n’était pas prêt, ni financièrement ni au niveau des structures, pour monter. Le sportif tirait très clairement le club vers le haut mais le reste du club n’était pas prêt malgré un travail sans faille des dirigeants bénévoles, il faut bien le préciser. Ça ne suffisait pas, il fallait embaucher des salariés pour pouvoir le faire : aujourd’hui, on a 50 salariés et malgré toute la bonne volonté de nos bénévoles, ça restait quelque chose de très compliqué. Donc, il était certain qu’il fallait passer sur une nouvelle dynamique pour revoir nos objectifs dans les années à venir. 

Après deux saisons dans une Fédérale 1 de brassage, vous avez embrayé avec la création de la Nationale, dont vous avez été parmi les premiers clubs à en faire la genèse. Qu’est-ce qui vous a poussé à y aller ? Vous n’aviez pas la crainte de revivre ce qui s’était passé en Fédérale 1 Elite au début des discussions ? 

 

Non, je crois que c’était quelque chose qui était maîtrisé parce qu’on avait eu le temps de revoir notre budget et d’être à l’équilibre sur ce dernier. La preuve, nous avons fini l’année dernière dans les 16 clubs éligibles à la Pro D2 donc je dirai que nous n’avions pas de crainte car nous savions ce que nous pouvions faire. Je pense qu’il ne faut pas faire d’excès de vitesse et que si, à un moment, on ne peut pas dépasser un certain seuil de masse salariale et bien, il ne faut pas le dépasser. On a des budgets à l’équilibre et je dirai qu’à partir du moment où c’est le cas, on fait du mieux que l’on peut avec la partie sportive mais au moins, on n’a pas le risque de retomber dans les mains de la DNACG parce qu’on ne respecte pas le cahier des charges. A partir du moment où on sait qu’on équilibre notre budget, on n’a pas de crainte de faire partie d’une surveillance. 

 

 Lors de cette première saison de Nationale, vous avez dû aussi écoper avec des huis-clos et un arrêt partiel du championnat. Ça n’a pas dû être simple pour le Directeur Général que vous êtes avec du chômage partiel, plein de démarches administratives mais également des interrogations ? 

 

Il est certain que ça a été très compliqué mais ça a été la même chose pour tous les clubs. Compliqué parce qu’on intègre une poule où, il faut le dire, on a été rattrapé puisqu’on finit dans les 18 premiers nationaux et ils nous mettent dans les 14 parce qu’il y a eu des désistements devant nous. On est passé de la 18e place à la 14e puis l’objectif était de finir dans les 12 premiers puisqu’à l’époque, on ne savait pas qu’il n’y aurait pas de descente donc, si on faisait le calcul, il fallait encore gagner 6 places pour passer de la 18e nationale à la 12e. Il est sûr que le huis-clos n’est rien venu arranger et heureusement que nous avons eu la solidarité de nos partenaires dans des moments comme ça parce-que sinon, on serait dans une situation très, très compliquée. 

 

On va maintenant parler de cette saison qui a commencé à merveille puisque vous êtes leader de la Nationale, le club un peu locomotive de ce championnat. Beaucoup disent que le retour de Cyril Villain est quand même en grande partie la cause de ce regain d’énergie du SO Chambéry. Cyril Villain était votre coach quand vous étiez joueur, est-ce que vous avez un peu milité pour qu’il revienne ? 

 

Oui, bien sûr. J’avais travaillé très longtemps avec Cyril, je crois qu’il m’avait entraîné pendant 10 ans, je savais les compétences qu’il pouvait avoir et ce qu’il pouvait apporter au club donc, quand on a appris le départ d’Antoine Nicoud, j’ai été très, très content que ça se goupille comme ça, c’est tombé à pic, il était libre à Grenoble et de notre côté, Antoine partait à Pau. Il est sûr que Cyril fait du bon boulot tout comme son staff qu’il ne faut pas oublier car ils sont plusieurs entraîneurs et préparateurs physiques donc, pour l’instant, ils font du bon boulot et nous, notre objectif reste quand même la 6e place. Ce n’est pas manquer d’ambition que de dire ça mais on était 18e, on visait la 12e l’année dernière et on a fini 12e donc cette année, on aimerait encore gagner 6 places et finir 6e de poule. Il est vrai que le début de championnat nous est très favorable mais on sait qu’on va rentrer dans des phases plus difficiles, qu’on a de la chance pour l’instant car on n’a pas trop de blessés et qu’il faut rester objectif sur la saison entière. Je pense que si on accroche une 6e place, au vu des écuries qui se montent et qui sont face à nous, ça sera déjà une très belle saison.

L’année dernière, vous veniez à Albi en position de relégable et vous jouiez le maintien même s’il n’y avait pas de descente sportive. Quatre mois après, vous êtes leaders de Nationale, vous avez quand même fait un bon petit bout de chemin ? 

 

Oui mais je reste objectif et réaliste sur le classement provisoire que l’on a aujourd’hui. On sait très bien qu’Albi a une très, très belle formation et que, sans dénigrer aucune équipe, ils ont peut-être eu un tirage un peu moins favorable que le nôtre mais on sait à quoi s’attendre cet après-midi. Il est sûr qu’on ne va rien lâcher mais on est conscient qu’il y aura une très, très belle équipe face à nous. 

 

On va également parler du budget de Chambéry. De quel ordre est-il ? 

 

2M7.

 

C’est un budget qui est plutôt dans les canons hauts de la Nationale ? 

 

Bien sûr mais il y a une chose qui, pour moi, est très, très claire : il est très compliqué de comparer les budgets avec ce qu’il se passe sur le terrain. Nous, nous avons décidé de beaucoup investir sur l’administratif donc nous avons une grosse masse salariale sur l’administratif car nous sommes 10 salariés sur ce secteur. Après, on a décidé d’investir sur la formation avec 4 salariés à plein-temps sur la formation. Après, forcément, il en reste moins sur la partie sportive pro mais il n’empêche que oui, si on ne compare que le budget club, ça reste un budget qui est intéressant et qui, si je ne dis pas de bêtise, nous met à peu près à la 6e position. Mais aujourd’hui, si on devait vraiment comparer ce qui se passe le dimanche en équipe première, il faudrait comparer les masses salariales des joueurs et là, je pense que si on ne comparait que cette dernière, on serait peut-être un peu plus bas parce qu’on a fait beaucoup d’investissements à côté. 

Un des outils qui vous manque pour un jour tendre vers la Pro D2, c’est le stade. C’est un sujet que vous devez quasiment suivre au jour le jour ? 

 

On le suit au jour le jour car en plus, c’est un sujet intéressant qui évolue tous les jours et ça y est, les piliers sont posés et la première dalle va suivre. Il y avait également un projet qui nous intéressait qui est celui du centre de formation, on a acheté un bâtiment qui est derrière le stade donc, notre centre de formation et notre stade seront livrés en Janvier 2023 ce qui nous laisse aussi le temps de continuer à progresser sportivement autant que sur les autres cellules du club pour arriver dans le nouveau stade dans les meilleurs conditions. 

 

A la fin de ce bloc, à quelle position du SO Chambéry serez-vous un DG satisfait ? 

 

Aujourd’hui, j’estime que si on arrive à rester dans les 3 premiers à la fin de ce bloc-là, je serai très satisfait. Ce que j’essaie surtout, c’est de lisser les émotions sur l’année parce-que c’est vrai qu’on aurait tendance à être euphorique après ces 5 matchs car on en a gagné 4 et qu’on a pris 15 points sur 15. Mais ce qu’il ne faut surtout pas, c’est que je sois déçu le jour où on perd deux matchs de suite donc j’essaie de lisser les émotions sur l’année. Aujourd’hui, je suis satisfait de tout le travail qui est accompli au niveau du club et du sportif et j’espère qu’à la fin du bloc, on sera le plus haut possible. 

Avec quelles ambitions venez-vous à Albi ? Essayer de marquer les esprits ? 

 

Je crois qu’aujourd’hui, ce serait clairement manquer d’ambition que de dire qu’on y va pour perdre. On a encore un gros match la semaine prochaine contre Soyaux-Angoulême donc le but est de faire le meilleur résultat possible à Albi et d’essayer de défendre notre place. Mais je le redis, nous sommes conscients de l’écurie qui est face à nous ce dimanche. 

 

Un regard général sur cette Nationale et sur votre équipe ? 

 

Je trouve que c’est une poule qui est très, très intéressante et qu’elle permet d’évoluer à un niveau qui est quand même élevé. Elle permet aussi de préparer les joueurs à la Pro D2 car il y a quand même plus d’homogénéité dans les équipes. Je suis très content parce qu’elle attire du monde et je suis très content que cette division existe. 

 

Merci et on vous souhaite un bon match au Stadium Municipal

 

Merci beaucoup.

Propos recueillis par Loïc Colombié

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