#Rugby – Nationale / J.Primault (Chambéry) : «Il faut arriver avec les dents qui rayent le parquet!»

Focus sur le SO Chambéry Rugby qui pour sa seconde saison en nationale est en tête du championnat et se déplace, ce dimanche à Albi. Capitaine pour ce match, l’ex talonneur du Stade Nantais, Julien Primault nous a éclairé sur le début de saison canon des savoyards, la transition avec une saison dernière marquée par le sceau du Covid et les ambitions des éléphants pour cette 6 eme journée en terre tarnaise.

Crédit photo Philippe Gervasoni

Julien, tu entames ta seconde saison au SOC Rugby en terre Chambérienne avec déjà du galon qui a poussé sur les épaules puisque tu as remplacé en tant que capitaine une légende du SOC ?


Oui oui. Alors là actuellement je suis capitaine pour aller affronter Albi à l’extérieur, mais il y a deux réels capitaines qui sont mis au repos ce week-end. Là le blason je le prends pour le week-end. Nous sommes cinq à avoir un peu la main sur le capitanat et comme ça être directement un lien fort du staff. A l’époque, c’est Damien Vicente qui a tenu le capitanat pendant pas mal d’années. Douze à Chambéry je crois. C’est un bon brassard qui est donné. C’est toujours sympa d’être le garant de l’équipe de Savoie.

J’imagine que Damien Vicente a dû faire un peu la transition. Il ne doit pas être très loin du club et doit vous donner quelques conseils …

Oui il s’occupe toujours de la relation. Il a un poste au club. On le voit souvent le matin. On le voit avec les partenaires. Il a une grosse relation entre les joueurs, le staff et puis les partenaires. Il est toujours au sein du club. Jusque-là, on ne l’a pas trop vu amener son expérience de capitanat. Mais nous l’avons côtoyé avec Andra (Bardos) qui est le capitaine de Chambéry cette année. Actuellement, vu qu’on a joué avec lui Andras, Danré (Gerber) et moi, on sait sur quoi s’établir et on sait sur quoi travailler.

https://www.debardautomobiles.com

On a l’impression que depuis quelques années, et la dynamique n’est pas récente, ça fait quand même quelques cinq-six ans, que les collèges de capitaines et les groupes de vie ont le vent en poupe. Le capitaine et le vice-capitaine à l’ancienne c’est fini c’est plus un pool de capitaines dans le vestiaire.

Le rugby c’est du combat, c’est un collectif. C’est très dur que tout se joue sur les épaules d’une seule personne. Que des décisions se jouent. Au fil de la saison, il peut y avoir de la blessure, des échecs et donc du coup des changements. Avoir un pôle de deux personnes qui ont un lien avec le staff, il faut plusieurs têtes. En plus nous avons chacun notre vision du rugby. On a souvent des 10 capitaines avec des talonneurs. Il y a les avants, les trois-quarts, il y a deux types différents de rugby au sein d’un même effectif. Il faut avoir toute cette vision pour que ça marche. Capitaine emblématique, ça a toujours existé, mais il y a toujours des sous-leaders qui sont là et qui font aussi le travail à côté.

Tu es jeune encore mais on va parler du futur. On va parler des talonneurs qui sont souvent capitaines, mais aussi qui sont souvent entraîneurs. En Nationale, on le voit avec Mathieu Bonello, l’entraîneur d’Albi, ou Benjamin Noirot, l’entraîneur de Dijon. Un jour entraîner pour toi, c’est quelque chose que tu envisages ou une fois que tu auras fini ta carrière, tu ranges les crampons et tu fais une croix sur le rugby ?

Je ne sais pas du tout. A l’heure actuelle, je suis jeune, tout est relatif. J’ai déjà les cheveux blancs et j’approche des 28 ans donc il y a plus jeune que moi. Entraîner c’est un métier aussi. Il faut passer des diplômes, il faut avoir une communication, une méthodologie assez importante. On l’apprend en côtoyant les personnes qui nous entraînent et le niveau rugbystique qu’on connait mais je ne suis pas sûr que ça soit ma philosophie de vie sur ma fin de carrière. J’ai un passé où je travaillais. Je faisais de la conduite de travaux dans le bâtiment, je faisais ça dans l’immobilier, je ne suis pas sûr que d’être entraîneur ça sera ma finalité.

On va parler de ta première année à Chambéry, l’année dernière. Tu es arrivé dans une année où Chambéry a vraiment subit de plein fouet le covid. Entre les matchs reportés, les épidémies, vous avez vraiment mangé votre pain noir l’année dernière !

Oui avec Germain Burgaud qui est à Angoulême, nous sommes arrivés de Nantes mi-juillet, quand le Stade Nantais s’est effondré, on a été recrutés sur le fil. Arrivés dans un club où l’effectif était jeune. L’entraîneur-manager assez compétent, mais c’est vrai que très compliqué début de championnat avec des matchs contre certaines grosses équipes, Massy, Bourgoin, on allait à Nice. Du coup accrocheurs, mais sans réussir à faire la différence et sans réussir à aller chercher cette victoire. Nous avons fait pas mal de matchs perdus, mais avec le point de bonus défensif à peu de choses près. L’épisode covid qu’on a connu avec le confinement pendant l’hiver, nous a coupé la fin de saison où nous aurions pu se rassurer sur des clubs plus à notre portée. Du coup, nous sommes repartis sur une phase retour où nous avons retapé du coup les quatre-cinq gros clubs qu’on avait déjà joué. Après pour aller s’accrocher sur un wagon de milieu de poule, c’était assez compliqué.

https://www.debardautomobiles.com

Après, il y avait quand même une quasi course contre la montre. Vous avez eu trois voir quatre matchs de retard contre des équipes qui n’avaient pas eu des épidémies de covid. C’est compliqué dans la tête quand on a déjà trois-quatre matchs de retard, de voir ce classement qui reste quasiment figé ?

Bien sûr, tu t’accroches, mais tu sais que même si tu as des matchs en retard, quelques clubs en avaient aussi. Toi tu es cloué au bas du tableau à essayer de remonter, de grapiller tous les week-ends et à essayer de voir comment les jambes fonctionnent, comment on peut aller chercher. On a fait de grosses performances. A Albi, on échoue à peu de points il me semble qu’on pend le bonus défensif avec une équipe un peu remaniée parce qu’il y avait pas mal de pétés à ce moment-là. On jouait avec les tripes et le cœur, malgré que tout n’était pas parfait. Assez compliqué de rattraper le retard de tout ce qu’on avait subi à cause du covid. Mais il n’y avait pas que ça. Les défaites de peu de points ne rapportaient pas assez de points aussi.

Pour rebondir sur ta réponse. L’année dernière, beaucoup d’observateurs ont estimés que vous auriez mérité de gagner à Albi. Vous allez garder des éléments, des ADN de ce match où vous aviez fait trembler Albi avec un temps assez spécial, c’est-à-dire du vent aux quatre coins du terrain. Est-ce que vous avez gardé quelques éléments de cette performance que vous aviez fait à Albi ?

Le groupe a vraiment totalement changé chez nous. Nous avons eu quinze départs, et un peu plus d’arrivées. Le staff a changé. Ceux qui étaient là et l’ont joué l’année dernière, on sait comment joue Albi. On le voit c’est une équipe très puissante avec de gros porteurs de balle, des joueurs qui sont capables de faire la différence. On sait que sur des terres comme ça, quand on se déplace, la chose principale ça va être l’envie. C’est primordial contre des équipes qui sont très puissantes comme Albi. Nous, c’est ce qu’on avait réussi à faire l’année dernière, c’était justement les faire douter sur l’engagement. On se donnait pour défendre notre ligne et on n’avait rien lâché. L’ingrédient qu’on avait fourni l’année dernière, on va essayer de le remettre ce week-end.

Cette équipe d’Albi, et cette équipe de Chambéry. Il y a un peu des analogies. Les deux équipes ont été remaniées en profondeur. Ce sont de nouvelles histoires qui s’écrivent pour ces deux clubs.

Oui bien sûr. On le voit, ce sont deux nouvelles puissances mais deux nouveaux gros volumes de joueurs. Ils doivent être une quarantaine de joueurs et ne doivent pas être trop blessés. Ce sont des effectifs qui peuvent tourner se tirent vers le haut. C’est vrai qu’en plus, on est tous les deux dans une bonne dynamique. Le tout ça sera de ne pas la perdre. Chacun de notre côté, on va essayer d’aller tirer ce qu’il faut pour aller gagner le match, malgré qu’on soit en terre extérieure.

https://www.eurinvest.fr/wave-park

J’imagine que cette semaine vous avez dû en bouffer de la vidéo d’Albi, des cinq premiers matchs qu’ils ont faits. Quel est ton analyse sur ce début de saison d’Albi. Comment tu regardes ces cinq premiers matchs et les qualités et les faiblesses du Sporting Club Albigeois ?

On l’a vu pas mal. Après nous nous étions recentrés sur nous car nous avions eu quelques échecs. Je pense qu’Albi a dû faire aussi la vidéo et a vu les points sur lesquels ils pouvaient s’appuyer pour nous attaquer. Déjà, on le voit, il y a une ligne de trois-quarts très puissante. On sait que de toute façon, aller jouer un match à Albi ça va passer par une grosse défense et un gros collectif parce que gros porteurs de balle. Les relances sont belles. Ils ont pas mal de lancements en touche où ils peuvent surprendre l’adversaire et marquer sur un temps de jeu. On les a un peu épiés. On va être préparés à essayer de bien défendre et on verra ce qui se passe sur le pré après.

La semaine dernière, à Dax, que vous avez joué en première journée, tous les joueurs de Dax quand on leur demandait comment était cette équipe de Chambéry. Ils disaient tous que vous étiez capables de courber l’échine pendant de longues minutes et puis attendre l’opportunité d’avoir un temps faible de l’équipe en face pour sortir de la boîte. Ça vous correspond bien ça ?


Oui c’est vrai que c’est ce que nous dit notre manager Cyril (Villain). On a tendance à avoir des phases, je ne dirais pas de doutes, mais de temps faibles qui peuvent durer un peu. Souvent on peut prendre des points sur ces temps faibles. Mais on essaye d’en prendre le minimum. De se recentrer sur une grosse défense, laisser jouer l’adversaire et généralement on arrive à les passer sans se prendre 40 points mais ça peut facilement durer vingt minutes. C’est ce qu’on essaye de faire, lorsqu’on a un souci dans le jeu, on essaye de se recentrer en défense, de courber l’échine et derrière, on arrive à forcer notre jeu.

https://www.eurinvest.fr/wave-park

Le retour du gourou Cyril Villain au SOC, ça peut être quand même quelque chose qui a participé à ce très beau début de saison des Chambériens ?


Absolument. Il a construit une équipe, un staff cette année avec des joueurs vraiment très intéressants qui ont été recrutés. On a un staff avec Julien Brugnaut devant qui est assez compétent et qui maîtrise le sujet parce qu’il a quand même quelques piges au haut niveau. Derrière, c’est aussi bien équipé. En soi, le staff et son arrivée ne sont pas anodins sur ce qu’on arrive à produire sur les matchs gagnés.


L’année dernière, vous arriviez à Albi avant-derniers, en train de jouer pour un maintien honorifique puisqu’il n’y avait pas de relégation du point de vue administratif et sportif. Cette année vous arrivez à Albi en leader de la Nationale, ça va très vite le rugby quand même.


Bien sûr. Pour l’instant ça nous est favorable. Nous avons eu un début de championnat peut-être moins compliqué que d’autres clubs puisque nous avons joué deux fois à domicile sur les trois premiers matchs donc nous avons engrangé des points. Après ça rassure. C’est un tout. Quand tu as la gagne qui passe, tu as envie d’y rester. Après, on sait que les matchs à l’extérieur, c’est complètement différent. Ça peut dépendre de pas mal de facteurs, d’un arbitrage, de faits de jeu sur des essais non-construits qui peuvent arriver vite. D’un côté ou de l’autre d’ailleurs. Dans les deux cas, il faut arriver avec les dents qui rayent le parquet et après, soit on maîtrise notre sujet et ça passe, soit l’adversaire maîtrise son sujet et ça ne passe pas. Mais je pense que ça va être un gros match.

https://www.roux-carrosserie.fr


On avait eu ton président, Yves Garçon, qui nous avait donné les objectifs du SOC rugby c’est-à-dire les six premières places. On avait vu quelques supporters de France et de Navarre, et surtout de Nationale un peu ricaner sous cape, maintenant que cinq matchs sont passés que vous êtes leaders, on va dire que le levier de l’orgueil a sûrement un peu marché et vous avez sûrement un peu fait fermer des bouches comme on dit.


Moi pour ma part je ne suis pas trop réseaux sociaux donc je ne sais pas trop ce qui se passe ou ce qui se dit sur nous. Tout ce qu’on savait, c’étaient les exigences amenées par le staff, qui étaient d’aller chercher des phases finales. Après on savait que toutes les équipes cette année, avaient recruter. Quelques stars sont arrivées cet été dans chaque club. Il y avait une ambition mais on ne voulait pas mettre la charrue avant les bœufs. On s’est dit, on prend match par match. On voit ce qui va, ce qui ne va pas. Quand on s’est mis à gagner, on s’est dit qu’on allait essayer de garder cette lancée.


Dernière question. Quel est pour toi le mot d’ordre pour ce match au sommet entre le leader de Nationale, et un des prétendants aux play-offs ?


Le mot d’ordre ? Ça va être combat. Albi a de très gros joueurs. Nous, nous avons de très bons défenseurs. Ça va attaquer dans tous les sens. Je pense qu’il va y avoir de gros impacts. Le mot d’ordre pour ce week-end ça va être le combat.

Propos recueillis par Loïc Colombié

Article en partenariat avec :

http://les-freres-lecointre.fr
https://www.aristow.com/fr/
https://maisonpeinture.fr

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s